Écoutez nos défaites

Couverture du livre « Écoutez nos défaites » de Laurent Gaudé aux éditions Actes Sud

3.933333333

15 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Actes Sud
  • EAN : 9782330066499
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 288
  • Collection : Domaine francais actes sud
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes... Lire la suite

Un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. Les lointaines épopées de héros du passé scandent leurs parcours - le général Grant écrasant les Confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié se dressant contre l'envahisseur fasciste... Un roman inquiet et mélancolique qui constate l'inanité de toute conquête et proclame que seules l'humanité et la beauté valent la peine qu'on meure pour elles.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Mon premier Gaudé. Pris au hasard sur une table, dans une librairie. Je connaissais l'auteur de nom, mais seulement. Une première rencontre foudroyante. On suit six destins, trois contemporains et en parallèle trois autres destins historique, plongés dans l'Histoire avec un grand "H" et dans l'histoire actuelle. Le récit est clair, on ne trébuche pas sur les phrases. Ce roman a été mon coup de cœur de février 2017.

  • 0.2

    C'est drôle comme je redoutais de m'attaquer à ce roman de Laurent Gaudé !

    La narration est forte, comme dans chacun de ses romans précédents, avec des "envolées" poétiques mais c'est encore une fois le ton juste pour parler d'un sujet difficile : dans la guerre, les victoires ne sont-elles pas aussi des défaites ? Pas celles des vaincus, mais celles aussi des hommes qui tous y perdent quelque chose...

    C'est sans doute ce que démontre ce roman en juxtaposant quatre histoires, quatre épiques morceaux de l'Histoire : la conquête d'Hannibal qui chevauche vers Rome, la guerre de Sécession où Grant futur président des USA gagne le surnom de "boucher", la débâcle du Négus face à l'armée italienne et enfin, la guerre effrayante qui oppose le monde occidental à Daech...

    En lien, la rencontre d'un agent des services secrets français et d'une archéologie, sur fond de destruction du site de Palmyre : une histoire d'amour inaccomplie, fugace. Des personnages fictifs, purement romanesques qui mènent leurs combats personnels en parallèle de ceux des grands personnages historiques : le pari de faire tenir tout cela debout est audacieux et réussi !

    Un très bon roman, puissant et évocateur, servi par une prose éblouissante !

  • 0.2

    Toujours une superbe écriture qui nous emporte à la façon des lames de fond ...juste un bémol il m'a manqué un petit supplément d'âme ... en revanche tous ses autres romans sont des merveilles

  • 0.25

    Ecoutez nos défaites, une ambiance de fin de siècle, à la fois de résignation et de combat. Sensation de dégoût face à la barbarie humaine que ressent Meriem face aux destructions dont elle est le témoin, elle l’archéologue qui a voué sa vie au passé, à la transmission. Face à elle un homme Assem qui doute sur le bien fondé de sa mission, lui le tueur de la République. Il a assisté à de nombreuses batailles défis mais la dernière mission qu’on lui confie celle de retrouver un agent américain Job le fait douter.

    Cette réflexion sur notre monde moderne, bousculé par la violence et le terrorisme, qui fait coexister opulence et misère est entrecoupé de récits de personnages historiques.

    Hannibal ; le guerrier qui a voulu faire trembler Rome, le général Grant et ses batailles face aux sudistes aux EU au XIX e siècle et le dernier roi d’Ethiopie Hailé Sélassié dont le pays et sa personne ne sont qu’un pion au sein des différents conflits mondiaux. Ces destins marqués par les batailles, la mort de masse et les horreurs de la guerre font réfléchir sur le destin des civilisations. La suite sur
    http://eirenamg.canalblog.com/archives/2016/11/26/34612837.html

  • 0.2

    Dans ce roman gigogne qui entremêle la chute de Hailé Sélassié, l'épopée d'Hannibal et la victoire de l'armée de Grant contre les sudistes pendant la guerre de Sécession américaine, se croisent les destins d'une archéologue et d'un agent du renseignement français probablement auteur de l'élimination de Kadhafi. Les récits se font écho mais ils entonnent le même chant, beau et triste à la fois. Le chant de la guerre et de son inéluctable issue : la défaite. Car c'est toujours la défaite qui punit les belligérants. Le général victorieux devra vivre avec les morts, les mutilés, les veuves qu'il laisse dans son sillage. Sa défaite. Elle le rattrapera, et s'il ne comprend pas assez tôt, c'est sa propre mort qui l'interpellera pour lui dire au moment de son dernier souffle : "tu as pensé m'échapper en gagnant la bataille, tu t'es trompé". Le récit est poignant, sa morale universelle : la victoire n'existe pas. Il faut écouter ses défaites pour mieux saisir la fragilité du monde.
    Un seul regret : l'histoire d'amour inachevée, accessoire au milieu du vacarme des armes.

  • 0.15

    Pour moi, Laurent Gaudé c'est "Le soleil des Scorta", les Pouilles, une très belle plume et surtout un auteur consacré en 2004 par l'Académie du Goncourt. Alors forcément, lorsque Écoutez nos défaites est paru, je m'en délectais d'avance. Étais-je vraiment préparée à me confronter à l'horreur des guerres ?

    Assem Graïeb, un agent des services de renseignements français gagné par une grande lassitude est chargé de retrouver à Beyrouth un ancien membre des commandos d'élite américains soupçonné de divers trafics. Il croise le chemin d'une archéologue irakienne, Mariam, qui tente de sauver les trésors des musées des villes bombardées. En contrepoint de cette rencontre, le récit fait retentir le chant des trois héros glorieux : le général Grant écrasant les confédérés, Hannibal marchant sur Rome, Hailé Sélassié dernier empereur d’Éthiopie, résistant au fascisme italien. Quatre époques s’entremêlent, quatre chefs de guerre espèrent la victoire plutôt que la défaite. Mais quand une bataille se gagne au prix de vies fauchées, de corps suppliciés, de terres éventrées, comment prétendre qu'il s'agit d'une victoire surtout lorsque l'histoire se répète sans cesse ? Peut-on réellement vaincre sans se perdre ? Et si finalement la défaite n’avait rien à voir avec l’échec ? Si l'essentiel était ailleurs comme apprendre à perdre, accepter la défaite ?

    Écoutez nos défaites est un roman choral polyphonique ambitieux qui nous interpelle sur le sens du combat, celui de la victoire, et surtout celui de la défaite. Il nous rappelle aussi qu'au bout du chemin, la mort nous attend tous. L'écriture de Laurent Gaudé est toujours aussi puissante, son style toujours aussi lyrique, son amour pour l'Antiquité et son érudition toujours présents.
    Pour autant, Écoutez nos défaites est-il accessible à tous ? Rien n'est moins sûr. Si j'ai apprécié la qualité d'écriture, la construction parfois confuse et le sujet du roman (si tant est qu'il s'agisse bien d'un roman) ne m'ont pas emportée. Est-ce une défaite ? Certainement pas, un rendez-vous manqué tout au plus.

    http://the-fab-blog.blogspot.fr/2016/11/mon-avis-sur-ecoutez-nos-defaites-de.html

  • 0.1

    Il m’a fallu attendre plusieurs jours, après la fin de la lecture, pour décider si ce roman était à la hauteur de mes attentes, et avec le temps la réponse est malheureusement non.

    Raconté à plusieurs voix, mêlant passé et présent, faisant se croiser les récits de chaque personnage, le tour de force est à saluer.

    Pourtant Laurent Gaudé ne fait que reprendre des procédés, des techniques déjà utilisées dans Ouragan ou Danser les ombres, ces précédents romans. Alors, si ça fonctionnait bien dans les autres livres pourquoi, là, ça ne prend pas ? Tout simplement car il manque un peu d’humanité, un peu de cœur, un peu d’âme aux personnages. Dans Ouragan on sentait l’amour de l’auteur pour ses protagonistes et ça faisait toute la force du livre. Dans, Danser les ombres on était au plus près des héros, on vivait à travers eux l’histoire et ça faisait tout le charme hypnotique du roman.

    Mais là, rien de tout cela, il y a d’abord trop de personnages, trop d’histoires à suivre en petits morceaux, façon puzzle et à la moitié du livre ça agace. Ensuite, il y a les grands sujets de moment, la guerre, les combats, les victoires et les défaites, la stratégie politique, le moyen orient, les pillages d’œuvres d’art etc etc etc , un poncif de tout ce que l’on trouve sur le sujet. Et là c’est carrément ennuyeux

    Alors, oui, il y a le style formidable de Laurent Gaudé, son écriture sublime et si particulière qui permet de s’accrocher sans trop se lasser. Les pages sur le combat de son héroïne, sur la maladie, ses amours, sa tristesse sur les beautés du monde, sont les plus belles pages du livre. Justement car là, l’auteur s’éloigne de ces clichés sur la guerre et le moyen orient, et nous touche au cœur (comme il nous touchait avec Ouragan)

    Les autres évocations (Le général Grant, Hannibal et Halié Sélassié), n’apportent absolument rien au récit, si ce n’est le style de l’auteur (mais là encore, j’ai préféré Pour seul cortège) .

    Les thèmes sont trop « téléguidés » : la victoire mais à quel prix ? la défaite dans quel but au fond ? la guerre contre qui ? contre quoi ? Le roman aurait peut-être gagné à se recentrer sur deux ou trois personnages maximum avec une approche plus chaleureuse que froide. Une pointe de déception donc à la fin de ma lecture.

  • 0.25

    Que de choses en dans un livre pas si épais que cela !!
    L’absurdité de la guerre dans toute sa splendeur. Oui, la victoire se construit de défaites. Cette affirmation tourne en boucle dans le livre de Laurent Gaudé à travers Assem Graïeb, agent des services secrets français, Mariam, archéologue irakienne, spécialisée dans les œuvres archéologiques volées et revendues, Sullivan Sicoh, militaire américain.
    Assem Graïeb part pour une nouvelle mission « A chaque mission il a laissé un peu de lui-même. Alors il se demande, là, à l’arrière de son taxi, quelle sera cette fois la part qu’il devra donner au vent ». Il doit approcher Sullivan Sicoh, parti en vrille-il a fait partie des soldats qui ont neutralisé puis tué Ben Laden à Abbottābād- et décider sa « neutralisation » ou son retour aux Etats-Unis.
    Pour étayer ce roman, l’auteur nous emmène sous les pas d’Hannibal marchant vers Rome, le capitaine Grant, « héros » de la guerre de sécession américaine et le roi des rois, Hailé Sélassié essayant de résister à l’invasion mussolinienne.
    Le livre est un puzzle de toutes ces histoires. Je passe de l’une à l’autre, selon le rythme de l’action, sans césure. Je reconnais que cela est un peu perturbant dans les débuts, mais, je m’y suis fait très vite. C’est, peut-être, la force de ce livre tout comme les descriptions ne cachent rien de la cruauté des scènes de carnage. Il joue sur ces différences, beauté-cruauté, victoire-défaite, histoire-actualité

    Laurent Gaudé offre un roman sombre où la seule éclaircie est la nuit d’amour, surtout son souvenir lumineux, entre Assem et Mariam.
    Les victoires ont le goût amer des défaites pour ces guerriers. Les dialogues que leur prête l’auteur montrent leurs sentiments de honte, fatigue, voire dégoût face à tous ces morts. Les guerres sont toujours sales pour Hannibal« Qu’est-ce qu’ils croyaient tous ? Qu’on obtient des victoires en restant immaculé ? Que l’on peut sortir de tant de mêlées indemne et frais comme au premier jour ? » « Car les hommes sont des pions » dit Grant une vérité digne de Lapalisse. J’ajoute : Tout ça pour ça. Oui, c’est le sentiment qui m’anime en écrivant cette chronique.
    L’écho des batailles gagnées ou perdues par Grant, Hailé Sélassié, Hannibal s’est assourdi pour laisser place à un mythe peut-être, à des personnages historiques sûrement, à des hommes qui ne sont pas morts au combat mais dont on a oublié les morts sur les champs de bataille « Les corps se mêlent les uns aux autres, s’enlaçant dans la mort » qui sont en eux et ne les laissent pas tranquille.
    Il ne faut pas résister mais se laisser emporter par les mots de Jean Gaudé, par la puissance évocatrice de son écriture lucide et cruelle qui ont un en ses temps de terrorisme
    Un livre d’une densité extrême et d’une cruelle lucidité où l’histoire a rendez-vous avec le roman pour une réflexion sur l’absurdité de la guerre, la laideur et l’ambivalence des victoires.
    Un superbe Gaudé

  • 0.25

    Laurent Gaudé nous offre une œuvre majeure et un travail exceptionnel sur ce qu’est la défaite. La construction du livre est magistrale. Il alterne successivement, tableau après tableau, l’histoire de combats historiques passés (Hannibal, le Negus, Grant) et d’actualité (Ben Laden, Kadhafi, Daesh) avec des combats personnels (l’Humain face à sa conscience, l’amour, la réputation, la maladie, la passion, la mémoire, l’obscurantisme, la politique, la société, l’armée). La défaite n’est pas un échec. On ne s’en relève pas. C’est un engloutissement. Les défaites marquent au fer rouge, façonnent l’Histoire. La défaite d’un peuple, d’une armée, d’un être humain est un anéantissement. Le roman monte en puissance à un rythme cardiaque. Je ne reviendrai pas sur le style et le talent de l’écrivain. Sublime. Je n’ai pas lâché ce livre. Passionnant !

  • 0.15

    ECOUTEZ NOS DEFAITES de LAURENT GAUDE (Eds l’Olivier 2016)
    Résumé Nathalie Bullat 25 09 16
    Cette rentrée littéraire ne se contente pas de raconter de douces romances. Laurent Gaudé d’une écriture sublime peint la folie des hommes, leur envie de domination, à nous imposer sans cesse de nouvelles guerres. Seule la défaite est réelle, la victoire n’est qu’une illusion nous dit-il !même si une guerre est justifiée par une bonne cause..

    Roman d’actualité puisqu’il aborde la guerre au Liban,en Irak et en Syrie contre Daesh.
    Roman historique puisqu’il remonte le temps en évoquant les combats de trois grands généraux.…
    Roman de réflexion sur la relation entre victoire et défaite.
    Roman à la construction complexe « où les époques se mêlent et les cris aussi «

    Heureusement un peu d’optimisme souffle sur ce histoire crépusculaire avec l’idylle d’Assem agent des services secrets français et Mariam archéologue irakienne. Elle recherche les collections pillées au musée de Bagdad, effarée par les destructions de Mossoul et de Palmyre. Ils sont amants. Elle offrira à ASSAM la statut du Dieu Bès et lui un poème de Cavafy « corps souviens toi de l’ardeur avec laquelle tu fus aimé… » Poème qui a de l’importance dans ce roman..
    Autre personnage, le mystérieux Job, ancien membre des commandos américains, qu’Assem doit retrouver…Il a échappé à un lynchage, depuis il a disparu. Serait-il mêlé à la fin de Ben Laden ?
    En parallèle et pour accentuer son analyse Gaudé dresse des portraits richement documentés de trois grands guerriers d’époques différentes. il croise les voix historiques et les voix contemporaines. tout n’est que mouvement et enchaînement de batailles. Le lecteur se promène dans l’histoire avec
    - Le Négus Hailé Sélassié qui a combattu, malgré lui, l’Italie de Mussolini
    - Le Général Grant lors de la guerre de Sécession aux USA où furent massacrées les tuniques bleues
    - Hannibal qui marcha sur Rome avec une armée de Gaulois, de Celtes et d’Ibères…
    Aujourd’hui comme hier, les chefs de guerre se préoccupent peu de la vie humaine. A la différence près que dans les combats actuels ils ne sont plus dans un face-à-face avec l’ennemi, mais dans l’anéantissement, à distance.
    Gaudé explore cette notion de défaite sur un plan militaire mais aussi d’un point de vue philosophique. Quelque soit le résultat d’une guerre c’est toujours une défaite.et nous avons nous-mêmes nos défaites, la vie nous impose des combats à mener.

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