Désorientale

Couverture du livre « Désorientale » de Negar Djavadi aux éditions Liana Levi

4.315789473

19 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Liana Levi
  • EAN : 9782867468346
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 350
  • Collection : Litterature liana levi
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre.... Lire la suite

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais dans la salle d'attente de l'unité de PMA de l'hôpital Cochin, d'un rendezvous médical à l'autre, les djinns échappés du passé la rattrapent. Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l'histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu'à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu'en 1979, puis celui de Khomeiny.
Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l'Iran. La France vécue en exilés n'a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne... Alors, jouant du flash-back ou du travelling avant, Kimîa convoque trois générations et une déesse du rock and roll au chevet de sa « désorientalisation ». On y croise, entre autres, Siouxie, Woody Allen, Michel Foucault, des punks bruxellois et des persans aux yeux bleus, six oncles et un harem.

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Le courrier des auteurs

Négar Djavadi répond à nos questions ! (12/07/2016)

1) Qui êtes-vous ? ! À l'instant où je réponds à cette question, l'auteure d'un roman intitulé «Désorientale». 2) Quel est le thème central de ce livre ? La mémoire. Ce lieu où le passé se dépose pour être englouti ou ravivé, disparaître ou être réinventé. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? Une chanson de Violent Femmes, «I hear the rain», écoutée dans un bazar en Orient. 4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? L'envie de traverser les apparences pour aller voir au-delà des êtres et des choses. 5) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? Elles ponctuent mon chemin quand je marche dans la ville. Des havres de paix au milieu de la jungle urbaine.

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Les derniers avis

  • 0.2

    Iran, sa révolution, un pays fascinant. Immigration, un sujet très actuel

  • 0.15

    Kimia patiente dans un hôpital français, dans l’attente d’une insémination. Cet enfant elle le veut, mais il lui rappelle aussi sa propre enfance, toutes les fêlures, les manques, les catastrophes qui s’y rattachent, sa vie d’émigrée et la recherche de sa vraie nature.

    A la manière d’un conte, Kimia nous relate l’histoire de sa famille, les Sadr, du fin fond de la Perse à Téhéran, d’une culture féodale à la plus franche laïcité et liberté, sur plusieurs générations. Tous ces mélanges qui font sa personnalité actuelle, de même que son parcours d’exilée.

    Kimia a en effet vécu sa petite enfance en Iran, dans une famille d’intellectuels militants. Ses parents ont oeuvré à en finir avec le régime du Shah, puis à combattre le pouvoir usurpé par Khomeiny. Une vie de manifestes, un quotidien de peur aussi, sous des régimes oppressants. Sa mère a soutenu son père, écrivain opposant, a exposé ses filles tout en les protégeant. Tandis que Kimia et ses soeurs tentaient de vivre leur vie d’enfants.

    A dix ans, pour sauver leurs vies, la mère emmène ses filles jusqu’à Paris rejoindre leur père. Là, entre deux cultures, deux climats, deux histoires, Kimia tente d’avancer en se rebellant, en rejetant, pour finalement se trouver, plus proche des siens qu’elle ne le pensait.

    Le début est assez foisonnant avec ses va-et-vient entre passé et futur, entre les générations, entre les personnages. Petit à petit la mosaïque prend forme, on comprend que toutes ces époques, toutes ces traditions, tous ces contextes font la personne de Kimia enfant, puis adulte, la composent tous.

    On comprend également que cette insémination actuelle cache un lourd secret, de même que « l’EVENEMENT » passé qu’elle évoque à de multiples reprises, avant de parvenir enfin à le dire, est un traumatisme, un acte fondateur pour elle.

    La langue traduit l’urgence à se livrer, à rechercher la vérité ou une vérité, en même temps que la cruauté à se remémorer nombre de moments douloureux et cruciaux.

    Il y a certainement une grande part d’autobiographie dans ce livre, dont la trajectoire de l’héroïne semble si proche de celle de l’auteure. J’y ai aussi vu une fresque de l’histoire du l’Iran, une volonté d’aller à l’encontre des clichés et de mettre l’accent sur ces hommes et ces femmes qui ne veulent que la liberté.

    On y découvre aussi une description assez critique de la France et de son ciel gris, de ses habitants individualistes et peu ouverts à l’autre, prompts à faire des raccourcis.

    Le sujet de l’homosexualité est également largement évoqué, considéré comme inexistant par les dirigeants et la société iranienne, plus facilement accepté et vivable dans nos pays d’Europe.

    Enfin, c’est une très belle réflexion sur l’exil et toute la douleur qui en découle, une évocation de la perte des racines au deuil du sol natal et des souvenirs, de l’absence de choix et d’un avenir fait soit de résignation, voire d’abandon ou même de folie et de petite mort, soit d’acceptation ou de réaction. En tous les cas ce qui ressort c’est que l’exil se vit seul, que chacun l’apprivoise ou le supporte à sa manière, mais qu’il marque à tout jamais.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/01/25/desorientale-de-negar-djavadi/

  • 0.25

    Non ce n'est pas "encore un livre sur l'Iran" c'est bien plus. C'est le portrait d'un monde disparu, d'une famille avec grand parents ,arrière grand parents, oncles et tantes aux personnalités et aux destins si divers. On est loin très loin des clichés et de tout orientalisme, on est dans ce monde où l'on peut être tout à la fois occidentale et orientale, composant chaque jour avec des identités multiples même quand l'on veut faire de vous une Désorientale, condition première , croit-on, à une éventuelle intégration. L'écriture est très belle, l'auteur manie à merveille humour et autodérision et le livre est magnifiquement construit.

  • 0.2

    Le début de Désorientale m'a un peu gênée juste le temps que je m'habitue aux enchaînements d'histoires et aux personnages. Mais cette gêne n'a pas duré et une fois entamé je n'ai pas quitté le livre.
    La narratrice nous parle de son histoire, de l'histoire de son pays natal l'Iran, de sa famille, de sa différence qu'il faut accepter et faire accepter aux autres.
    Au delà de l'invitation au voyage de beaux sujets sont abordés avec beaucoup de sensibilité et de façon très juste.
    Désorientale est un très beau roman. Merci aux 68 premières fois de m'avoir permis de le découvrir !

  • 0.2

    Sans être un roman autobiographique, l’auteure puise dans son passé, ses racines, pour construire/cultiver une fiction aux multiples feuillages. L’histoire d’une héroïne Kimiâ en quête d’un destin pendant qu’elle attend dans une salle de l’hôpital Cochin pour une insémination artificielle.
    "Désorientale" est un roman de femmes, celui de Kimia et ses sœurs Leïli et Mina, de Sara, la mère, mais où figurent aussi un père engagé et des oncles numérotés, un roman de son passé, écrit à l’instant présent pour mieux aborder l’avenir, un roman où l’histoire comme les êtres ne meurent jamais car ils permettent de continuer le combat, de résister, de transmettre, de vivre...éternellement.
    Amatrice de musique, Négar Djavadi a conçu son récit comme un disque vinyle, avec deux faces, la A et la B, les deux avec les mêmes notes de fantaisie et de tragédie, des faces alternatives pour rappeler un Iran à la dérive. Cet Iran, cette Perse antique aux 1001 acoustiques où résonnent une forteresse culturelle, diversité linguistique et richesses naturelles. Oui, des richesses sur sol et au sous-sol... comme le pétrole... Justement le pétrole, source de conflits internationaux dont l’auteure sait habilement les narrer par des notes en bas de page. Et de mentionner à plusieurs reprises, le destin de Mohammad Mossadegh, Premier Ministre au début des années 50 qui tenta de nationaliser l’Anglo-Iranian Oil Company mais qui, par un coup d’Etat en 1953, finira le reste de ses jours en résidence surveillée et forcée. L’Iran de Mohammad Reza Palahvi, entre faste... et dictature... Puis l’arrivée de Rouhollah Moussavi Khomeini qui aboutira à l’exil de Négar Djavadi. Et de la protagoniste de "Désorientale" aussi...

    Quand vous refermerez ce livre, vous sentirez comme un souffle de liberté au-dessus de vous, un souffle d’humanité, de générosité pour une fresque familiale racontée avec énergie et une franchise absolue !

  • 0.15

    Ce livre m'a permis de découvrir l'histoire et la vie politique de l'Iran au travers de l'histoire de vie de sa protagoniste... on la suit au travers de ses récits qu'elle relate alors qu'elle entame une procédure de FIV pour pouvoir donner la vie..
    Intéressante incursion dans ce pays et son histoire où l'on sait peu de choses (du moins moi).... Un peu long par moments...

  • 0.25

    Le lecteur entre dans ce livre, comme par effraction dans la tête de la narratrice.
    Hopital Cochin elle attend son tour pour une PMA.
    Rappelez-vous quand vous êtes dans une salle d'attente pour quelque chose de plus important qu'un rhume, votre esprit vagabonde et encore davantage lorsque vous allez devenir parent pour la première fois.
    Le début du livre n'est pas confus, juste diffus, vous vagabondez avec la narratrice dans le foisonnement d'une famille Iranienne où la petite histoire rejoint l'Histoire.

    Kimia est la benjamine, avec sa famille elle a fui l'Iran et est arrivée en France à l'âge de 11 ans.
    Elle nous narre le pays de son enfance, ses racines, les empreintes gardées à travers trois générations, l'exil, l'adaptation et ce pays la France si différent, celui où elle vit puisqu'elle n'est jamais retournée en Iran.

    Au moment le plus intime de sa vie, l'espoir de devenir maman, Kimia d'une manière totalement désordonnée déroule son chemin de vie. Désordonnée, oui mais pas brouillon, juste à la façon dont la mémoire de chacun fait des sauts dans le passé, un souvenir en faisant surgir mille autres.
    La famille orientale est abondante, les oncles sont numérotés et cela m'a fait sourire, mais cela nous permet de mieux appréhender les us et coutumes.
    "Il en va de ces images comme des évènements d'une vie. Associés à d'autres, certains évènements apparemment anodins se charge d'un nouveau sens. Ainsi des liens se créent."

    Jusqu'en 1979, la vie de la famille Sadr se déroule sous nos yeux ensuite c'est la fracture et c'est l'Iran et ses splendeurs, ses terreurs et ses contradictions.
    La famille Sadr et en particulier les parents de Kimia sont des opposants au régime, ce qui va entraîner leur exil.
    "A vrai dire, rien ne ressemble plus à l'exil que la naissance. S'arracher par instinct de survie ou par nécessité, avec violence et espoir, à sa demeure première, à sa coque protectrice, pour être propulsé dans un monde inconnu où il faut s'accommoder sans cesse des regards curieux."
    Avant l'exil il y a les changements dans la vie de famille, mère au travail, père au foyer, qui induit pour Kimia une éducation différente et un lien distendu du côté maternel. Les parents sont surveillés, les descentes fréquentes et violentes de la police secrète, la peur au ventre pour la petite fille de rentrer chez elle et de retrouver sa famille exterminée.
    Le choc de devoir porter foulard et tunique jusqu'aux pieds, sinon c'était l'arrestation et les coups de cravache.
    Il faut fuir pour rester en vie.
    La fuite c'est partir avec sa mère et ses soeurs et être confiées à un passeur sans jamais savoir si l'on arrivera à destination.
    Traverser le Kurdistan à cheval de la neige jusqu'à la taille,par moins vingt-cing degrés, ne pas pouvoir communiquer faute de connaître la langue du passeur.Avoir peur du voyage, de l'arrivée et aussi de se dépouiller de tout ce qui a fait notre vie jusqu'à lors...
    Un père intellectuel, absent au quotidien en Iran et en France pas préparé à recevoir sa famille, une mère qui pense à ceux qu'elle a laissé au pays. La dépression des parents comme une entrave, deux soeurs qui pour l'une trouva sa survie dans les études et l'autre complètement noyer dans cette nouvelle vie.
    Et Kimia, ne veut pas quitter l'enfance, sa soeur ainée met un mot sur ce qui trouble cette identité en devenir : lesbienne.
    Kimia se cherche elle passe par la mode punk , ses outrances et Paris devient sa ville, la France son pays. Mais un pays dont la mémoire essaie d'effacer les cent-dix-sept jours où Khomeyni a été accueilli à Neauphle le château...

    L'auteur nous offre un magnifique voyage dans son "andarouni" mais fait d'une aventure personnelle quelque chose d'universel, qui nous éclaire sur l'Histoire de notre monde.
    Cette quête de mémoire, celle qui consciemment ou inconsciemment nous façonne pour la vie, l'identité est le fil conducteur de ce roman.
    Et comme la vie c'est tour à tour drôle, triste, ironique, tragique... Ce livre me fait penser à cette phrase : « Un livre à succès n’est pas fait de ce qu’il recèle mais de ce qui s’en est échappé.» Mark Twain
    Un premier roman, magnifiquement maitrisé, car si la narration est "désorientée", la subtilité de ce cheminement jusqu'à la vie, pour laquelle il a fallu se désintégrer et apprivoiser cette identité en devenir fait que ce livre jouit d'une audacieuse humanité.

    Nagar Djavani reçoit Le Prix du Style 2016
    ©Chantal Lafon de Litteratum Amor 22 novembre 2016

  • 0.25

    Tout commence dans la salle d’attente d’un hôpital, lieu de toutes les émotions. Kimiâ, la narratrice de cette belle histoire désorientalement désorientée, attend son tour pour une PMA. Les souvenirs surgissent et entraînent le lecteur dans un tourbillon, une valse sur fond musical iranien , car l’Iran est bien au centre de ce formidable roman , cette douce saga familiale et historique que nous livre Négar Djavadi, en Shéhérazade des Temps Modernes.
    Nous sommes transporté(e)s plusieurs générations en arrière, et d’un coup de baguette magique, surgit Montazemolmolk, truculent bisaïeul, à la tête de son harem de 52 femmes, d’une armée, et accessoirement, de bon nombre de rejetons. Parmi ces enfants, une fille aux yeux bleus, Nour (ce qui signifie « la lumière »), la grand-mère de Kimiâ. Nour donnera naissance à Darius, le père de la narratrice, opposant farouche au régime du Shah puis de Khomeiny et contraint de quitter l’Iran avec sa famille, de fuir la tyrannie, pour venir vivre dans ce Paris-Eldorado aux couleurs annoncées de Liberté, Egalité, Fraternité.
    Kimiâ grandira donc en France, mais n’oubliera pas pour autant ses racines perses, car l’exil laisse toujours des traces douloureuses pour qui le subit. Par exemple, nous découvrons pourquoi Darius refuse d’emprunter les escalators dans le métro parisien. Ecartelée entre cet Iran si différent de celui de son enfance, et cette France dans laquelle elle a dû se désintégrer pour s’intégrer, elle nous raconte son chemin de vie, celui qui l’a amenée, en ce jour précis, dans cette salle d’attente de Cochin, assumant pleinement son désir d’être mère, une mère homosexuelle.
    « Car pour s’intégrer à une culture, il faut, je vous le certifie, se désintégrer d’abord, du moins partiellement, de la sienne. Se désunir, se désagréger, se dissocier. » »
    J’ai beaucoup aimé me laisser porter par la magie de ces pages , tournées avec un immense plaisir, les unes après les autres. J’ai découvert un pays dont, dans le fond, je connaissais bien peu de choses, sans doute déformées par le prisme de ma vision occidentale. Le personnage de Kimiâ m’a profondément émue, tant par sa singularité que par cette immense soif de Liberté qu’elle a chevillée au corps.
    Un très beau premier roman donc, rythmé à souhait, un coup de cœur certain, un voyage « sans bouger de chez soi », sous la plume de cette conteuse envoûtante qu’est Négar Djavadi, auteure en devenir …
    « On a la vie de ses risques. Si on ne prend pas de risque, on subit, et si on subit on meurt, ne serait-ce que d'ennui. »

  • 0.2

    L’auteure de ce premier roman nous parle avec beaucoup de délicatesse, humour et réalisme de l’histoire de sa famille : de ses arrières grands parents, grands parents, oncles tantes et parents et ses sœurs. Nous sommes avec elle au début du récit dans la salle d’attente d’un hôpital pour une insémination. Ce projet de grossesse va être le prétexte pour la narratrice de faire remonter les souvenirs de sa vie d’exilée et aussi nous parler de sa famille. Negar Djavadi est d’origine iranienne et on pourrait plus employer le terme de persane ou orientale. Elle va nous parler de sa vie en Iran, de son voyage vers l’exil, avec la traversée des montagnes pour rejoindre la Turquie puis la France, de sa vie en France avec ses parents et sœurs et de sa vie actuelle. Ce livre est très touchant et on suit avec un réel plaisir et intérêt les digressions de l’auteure : on se retrouve dans les murs du harem de son arrière grand père, dans la cuisine de sa grand mère à Kaboul, dans des squats londoniens ou dans les couloirs d’un hôpital parisien. Ce livre nous parle très bien de l’exil et des façons d’essayer de trouver sa place, sa place dans un pays, dans une société, dans une famille. J’ai aimé le côté réaliste, touchant de l’auteure, sa façon de nous parler avec beaucoup de pudeur d’elle mais aussi de ses sœurs, de ses parents. L’exil est un espoir, une souffrance et un combat de tous les jours. Il y a aussi beaucoup d’humour et de référence à la culture. Des personnages touchants jalonnent ce texte, comme la grand-mère qui réussit à éviter la mort de son mari par l’un de ses fils, en évoquant un personnage d’un roman de Dostoïevski. Ce livre m’a fait penser à Persépolis, la BD de Satrapi qui parlait aussi de l’exil et de la vie en Iran et aussi le film « rien de nous trois » de Kheiron. Un de mes coups de cœur des 68premières fois de la rentrée et une lecture qui donne du baume au cœur, malgré un sujet difficile, en ce moment où l’actualité ne parle que de chiffres pour les migrants et que l’on oublie qu’il y a un être humain derrière ces satanées statistiques et quotas ! « A plusieurs reprises, je l’ai entendu dire que la religion, comme la tyrannie, asséchait la capacité d’analyse dans le but d’imposer un unique sentiment : la peur. « La peur est leur seule arme et la révolution consiste à la retourner contre eux » insistait il avec conviction. » « Je cours sans cesse après le présent. Mais le présent n’existe pas. Ce n’est qu’un entracte, un récit éphémère, qui peut à chaque instant être balayé, détruit, pulvérisé par les djinns échappés du passé. » (p186) « S’il faut que les creux et les pleins s’emboîtent pour que les êtres se complètent et cheminent ensemble, mes creux de doute s’emboîtent parfaitement avec les pleins de confiance d’Anna .» (p285) « Voilà ce que j’avais appris d’eux : chacun est libre d’être ce qu’il est, de désirer ce qu’il désire, de vivre comme il l’entend, à condition de ne pas nuire à la tranquillité d’autrui et à l’équilibre général. Un principe de vie à l’exact opposé de la culture persane où dresser des barrières, se mêler de la vie des autres et enfreindre les lois est aussi naturel que la respiration. Mais aussi en décalage avec la rigidité judéo-chrétienne de la culture française où le verbe entrave sans cesse l’action » (p295) « Voilà le drame de l’exil. Les choses comme les êtres existent mais il faut faire semblant de vivre comme s’ils étaient morts » (p301) « On a la vie de ses risques, mes chatons. Si on ne prend pas de risques, on subit, et si on subit, on meurt, ne serait ce que d’ennuis. » (p341)

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