Désorientale

Couverture du livre « Désorientale » de Negar Djavadi aux éditions Liana Levi

4.307692307

26 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Liana Levi
  • EAN : 9782867468346
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 352
  • Collection : Litterature liana levi
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais... Lire la suite

La nuit, Kimiâ mixe du rock alternatif dans des concerts. Le jour, elle suit un protocole d'insémination artificielle pour avoir un enfant avec son amie Anna. Née à Téhéran en 1971, exilée en France dix ans plus tard, elle a toujours tenu à distance sa culture d'origine pour vivre libre. Mais dans la salle d'attente de l'unité de PMA de l'hôpital Cochin, d'un rendezvous médical à l'autre, les djinns échappés du passé la rattrapent. Au fil de souvenirs entremêlés, dans une longue apostrophe au lecteur, elle déroule toute l'histoire de la famille Sadr. De ses pétulants ancêtres originaires du nord de la Perse jusqu'à ses parents, Darius et Sara, éternels opposants au régime en place ; celui du Shah jusqu'en 1979, puis celui de Khomeiny.
Ce dernier épisode va les obliger à quitter définitivement l'Iran. La France vécue en exilés n'a rien à voir avec le pays mythifié par la bourgeoisie iranienne... Alors, jouant du flash-back ou du travelling avant, Kimîa convoque trois générations et une déesse du rock and roll au chevet de sa « désorientalisation ». On y croise, entre autres, Siouxie, Woody Allen, Michel Foucault, des punks bruxellois et des persans aux yeux bleus, six oncles et un harem.

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Le courrier des auteurs

Négar Djavadi répond à nos questions ! (12/07/2016)

1) Qui êtes-vous ? ! À l'instant où je réponds à cette question, l'auteure d'un roman intitulé «Désorientale». 2) Quel est le thème central de ce livre ? La mémoire. Ce lieu où le passé se dépose pour être englouti ou ravivé, disparaître ou être réinventé. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? Une chanson de Violent Femmes, «I hear the rain», écoutée dans un bazar en Orient. 4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? L'envie de traverser les apparences pour aller voir au-delà des êtres et des choses. 5) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ? Elles ponctuent mon chemin quand je marche dans la ville. Des havres de paix au milieu de la jungle urbaine.

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Les derniers avis

  • 0.2

    La narratrice, d'origine iranienne, patiente dans la salle d'attente d'un hôpital parisien. Pour tromper l'ennui mais aussi parce que les circonstances s'y prêtent (nous comprendrons pourquoi par la suite), Kimiâ laisse s'envoler ses pensées vers l'Iran, son pays de naissance. Elle songe à ses ancêtres, des personnages haut en couleur et revisite son enfance dorée avant que les circonstances politiques ne contraigne sa famille à s'exiler en France.
    Ce roman revêt la forme d'un conte quand la narratrice parle de ses ancêtres. C'est aussi un roman historique qui nous plonge dans l'histoire de l'Iran depuis un siècle. J'y ai vu également un roman d'apprentissage. La jeune exilée, un peu rebelle, doit trouver sa place dans une société dont la culture est aux antipodes de celle de son pays d'origine. D'autres thèmes sont abordés, que je tairai pour préserver le suspense.
    Il faut s'accrocher, au début du roman, car les personnages sont nombreux : des oncles, des tantes, des voisins et voisines... Les noms ne sont pas simples à retenir, surtout en audio mais heureusement, une liste nous est proposée à l'intérieur de la pochette du CD. C'est la première fois que je vois cela, c'est une heureuse initiative. Habituellement, je fais moi-même une liste, quand les personnages sont nombreux et (ou) à consonance étrangère.
    Comme souvent chez Audiolib, un entretien fort intéressant nous est proposé en fin de CD. L'auteure nous éclaire sur sa démarche d'écriture ainsi que sur les aspects autobiographiques (partiels) du roman. Comme Kimiâ, Négar Djavadi a fui l'iran pour la France en traversant à cheval, avec sa mère et sa soeur, les montagnes du Kurdistan.
    Sans être tout à fait un coup de coeur, c'est une lecture que j'ai beaucoup appréciée. Le talent de l'auteure est de parvenir à faire cohabiter harmonieusement les nombreux sujets abordés tout en soignant la forme, très originale. Ce n'est pas pour rien qu'elle a obtenu "le prix du style".

  • 0.25

    Le récit commence devant un escalator que le père de Kimiâ refusait de prendre. Pour Darius Sadr, « ce genre de luxe se méritait, sinon c’était de l’abus, voire du vol… L’escalator, c’est pour eux. » Négar Djavadi nous prévient : « ces pages ne seront pas linéaires… La mémoire sélectionne, élimine, exagère, minimise, glorifie, dénigre. Elle façonne sa propre version des événements, livre sa propre réalité. »

    Nous voilà donc embarqués jusqu’aux rives de la mer Caspienne, à Mazandaran où débute cette saga familiale permettant de couvrir l’histoire de l’Iran, au XXe siècle. Petit à petit, nous faisons connaissance avec la famille de Kimiâ alors que celle-ci se morfond dans la salle d’attente de l’hôpital Cochin, attendant la dernière étape d’une PMA (procréation médicalement assistée). Ainsi, les époques vont se croiser, s’entrechoquer, se mélanger parfois dans ce roman dense, très bien écrit et dont la propre vie de l’auteure sert de canevas.
    Nour est la grand-mère paternelle de Kimiâ. Elle épouse Mirza-Ali en 1911. Tous les deux, ils font partie de la bourgeoisie iranienne. Sa grand-mère maternelle, Emma Aslanian, est d’origine arménienne. Avec sa famille, elle a fui la Turquie avant le génocide arménien, en 1915. Darius et Sara Sadr sont les parents de Kimiâ et ont eu deux filles avant elle : Leïli et Mina. Enfin, il y a les oncles numérotés de 1 à 7, les frères de Darius, numéro quatre de la fratrie.
    Au fil du roman, les chocs se succèdent. Darius est un opposant politique heureux de voir la chute du Shah et l’avènement de la démocratie mais cela ne dure pas car la France a abrité un certain Khomeiny, ayatollah, qui revient au pays pour en faire une république islamique : « Depuis que le régime islamique gouvernait ce pays, tous les noms des rues et des quartiers avaient été changés, ayatolahisés, brouillant les repères et les mémoires. »
    Heureusement, Saddeq, Oncle Numéro 2 raconte l’histoire de la famille à Kimiâ et à ses sœurs. Sara, leur mère, voue une passion immodérée pour la France alors que Darius est recherché par la Savak, la police politique du Shah. Nous partageons aussi bien les catastrophes que les moments de bonheur du quotidien d’une famille qui avait tout pour bien vivre mais frappée par le malheur à plusieurs reprises.
    Avant qu’il ne soit trop tard, Sara a pris ses enfants et elle est partie. En route pour Tabriz, à 500 km : « Dans ces rues, des femmes ont été lapidées, des hommes ont été pendus sur la place publique… Rien n’a changé. Comment tant d’espoir a-t-il pu être anéanti ?... On nous a volé notre pays. »
    À pied ou à cheval, dans les montagnes enneigées du Kurdistan, Sara et ses filles passent la frontière Iran-Turquie et, après bien des péripéties, arrivent à Paris, à 5 276 km de Téhéran. En Europe de l’ouest, Kimiâ peut enfin vivre son homosexualité mais rien n’est simple : « Le déracinement avait fait de nous non seulement des étrangers chez les autres, mais des étrangers les uns pour les autres. »

    Désorientale, quel titre superbement choisi ! C’est un roman passionnant, déroutant parfois, extrêmement dense, mais tellement émouvant et utile pour remettre en place ces événements qui ont marqué notre monde et qui continuent d’être d’actualité en Iran et ailleurs.

  • 0.2

    Une fresque familiale épique.

    Kimiâ, une jeune iranienne lesbienne et ex punk —joli cocktail !— se prépare à faire un bébé avec le sperme d’un pote séropo.

    À l’hôpital Cochin, durant les longues heures d’attente qui précèdent son insémination, elle a tout loisir de se remémorer l’épopée étonnante de sa famille, réfugiée politique en France. Entre satire sociale et conte persan, procédant par courts flash back bien dosés, ce beau roman ambitieux au ton très personnel nous plonge dans l’histoire de l’Iran ainsi que dans celle d’une femme en quête d’identité.

    Ce qui m’a particulièrement séduite dans ce roman c’est le ton : l’auteure a écrit avec ses tripes et ça se sent ! Ce qui n’empêche pas une bonne dose d’humour et une sacrée distance : j’ai bien aimé par exemple que Kimiâ, l’héroïne, échappe à cette identité iranienne qui lui colle à la peau en même temps qu’à cette identité française au sein de laquelle elle se façonne.

    "On a la vie de ses risques mes chatons. Si on ne prend pas de risque, on subit, et si on subit on meurt, ne serait-ce que d’ennui."

    L’homosexualité de Kimiâ la détache de ces deux cultures et la met en opposition avec elles. De fait, cette fille n’est pas tant en exil que dans l’errance, à la recherche d’elle-même et du monde. Et c’est en parlant de la maternité à travers les époques — de son arrière grand-mère, à ses grands-mères et à sa mère— qu’elle évoque son expérience personnelle qui passe par la procréation médicalement assistée.

    Le tour de force de roman c’est d’être à la fois très intime et très politique. Chapeau ! Et difficile de croire qu’il s’agit d’un premier roman tant la construction est savante et le style maîtrisé !

  • 0.2

    Comment vous parler de ce roman qui circonvolutionne à loisirs ?

    Je n’ai pas aimé toutes les histoires racontées, mais j’ai pris plaisir à découvrir la famille Sadr et ce père si particulier.

    Le récit tient plus de l’historique que du littéraire : l’auteure replace chaque événement historique iranien dans son contexte. Pourquoi pas.

    La partie sur l’insémination artificielle m’a moins parlée, même si je comprends le parcours du combattant que la narratrice subit.

    Ce roman décrit en finesse que l’homosexualité a toujours existé, que les mères sont souvent plus perspicaces que ce qu’elles laissent voir, craignant le poids social.

    Un roman sur l’exil, aussi : comment un immigré doit d’abord se défaire de sa culture avant de pouvoir se fondre dans la culture de son pays d’accueil.

    L’image que je retiendrai :

    Celle des pâtisseries et autres plats autour desquels la famille se retrouve toujours.

    http://alexmotamots.fr/desorientale-negar-djavadi/

  • 0.15

    Dans la salle d’un hôpital parisien, Kimiâ Sadr attend un tube dans la main le médecin qui doit procéder à son insémination. Cette attente est l’occasion pour la jeune femme de se remémorer les souvenirs de sa famille et de sa jeunesse en Iran.

    L’auteure dépeint ainsi l’Iran, son Histoire et les traces que celles-ci ont laissées sur ce pays tourmenté. A travers la famille de Kimiâ et cela sur plusieurs générations, le lecteur se retrouve immergé dans la culture iranienne.

    Kimiâ évoque avec nostalgie son enfance mais aussi son exil forcé avec ses parents et ses sœurs en France.

    Un récit agréable mais un peu trop confus et éparpillé à mon goût à cause des nombreuses digressions dans la première moitié du roman. Heureusement, la seconde partie m’a réconciliée avec le livre.

    J’ai apprécié suivre la quête d’identité de Kimiâ à travers l’évocation de ses racines familiales mais aussi son intégration face à la culture occidentale si différente de ses origines.

    Découvert en lecture audio, j’ai beaucoup aimé l’entretien de l’auteure présent à la fin du récit qui est très enrichissant et qui nous permet d’en apprendre beaucoup sur la conception de ce livre.

    Un envoûtant voyage entre Orient et Occident avec cette fresque familiale mêlant passé et présent qui aborde les thèmes de l’exil, de l’identité et de la transmission. Malgré un fil conducteur un peu désordonné, cette lecture reste une belle découverte grâce à la superbe plume de Négar Djavadi qui a su me charmer.

  • 0.25

    nathiec4404 avril 2017

    Un vrai coup de coeur : l'histoire de l'Iran à travers celle d'une famille depuis trois générations. La « grande » histoire de la Perse et celle de la famille se confondent.
    L'auteure évoque la famille, l'exil, l'intégration, la maternité, l'identité sexuelle avec une poésie et une richesse des mots jubilatoires. le récit nous enveloppe et nous transporte entre Iran, Arménie, Turquie et enfin en France. le tout est subtilement mélangé, la chronologie n'existe pas.
    Si le début du récit réclame de l'attention afin s'y retrouver parmi la généalogie de la famille, ce tourbillon nous emmène malgré tout (les petits renvois Wikipedia sont les bienvenus), une joyeuse pagaille à l'image de l'ambiance persane, tout l'inverse de l'individualisme et de la distance polie qui prévaut en occident. J'adore la comparaison entre une salle d'attente en Iran, « joyeux caravansérail » et en France, un l'humour bienveillant à chaque fois.
    Aucun jugement humain, l'auteure tire parti de la richesse de ses deux cultures, son pays d'origine et son pays d'accueil dont elle a si bien adopté la langue et qu'elle manie avec virtuosité.
    Un grand roman que j'aurai plaisir à offrir en espérant communiquer mon enthousiasme !

  • 0.2

    Iran, sa révolution, un pays fascinant. Immigration, un sujet très actuel

  • 0.15

    Kimia patiente dans un hôpital français, dans l’attente d’une insémination. Cet enfant elle le veut, mais il lui rappelle aussi sa propre enfance, toutes les fêlures, les manques, les catastrophes qui s’y rattachent, sa vie d’émigrée et la recherche de sa vraie nature.

    A la manière d’un conte, Kimia nous relate l’histoire de sa famille, les Sadr, du fin fond de la Perse à Téhéran, d’une culture féodale à la plus franche laïcité et liberté, sur plusieurs générations. Tous ces mélanges qui font sa personnalité actuelle, de même que son parcours d’exilée.

    Kimia a en effet vécu sa petite enfance en Iran, dans une famille d’intellectuels militants. Ses parents ont oeuvré à en finir avec le régime du Shah, puis à combattre le pouvoir usurpé par Khomeiny. Une vie de manifestes, un quotidien de peur aussi, sous des régimes oppressants. Sa mère a soutenu son père, écrivain opposant, a exposé ses filles tout en les protégeant. Tandis que Kimia et ses soeurs tentaient de vivre leur vie d’enfants.

    A dix ans, pour sauver leurs vies, la mère emmène ses filles jusqu’à Paris rejoindre leur père. Là, entre deux cultures, deux climats, deux histoires, Kimia tente d’avancer en se rebellant, en rejetant, pour finalement se trouver, plus proche des siens qu’elle ne le pensait.

    Le début est assez foisonnant avec ses va-et-vient entre passé et futur, entre les générations, entre les personnages. Petit à petit la mosaïque prend forme, on comprend que toutes ces époques, toutes ces traditions, tous ces contextes font la personne de Kimia enfant, puis adulte, la composent tous.

    On comprend également que cette insémination actuelle cache un lourd secret, de même que « l’EVENEMENT » passé qu’elle évoque à de multiples reprises, avant de parvenir enfin à le dire, est un traumatisme, un acte fondateur pour elle.

    La langue traduit l’urgence à se livrer, à rechercher la vérité ou une vérité, en même temps que la cruauté à se remémorer nombre de moments douloureux et cruciaux.

    Il y a certainement une grande part d’autobiographie dans ce livre, dont la trajectoire de l’héroïne semble si proche de celle de l’auteure. J’y ai aussi vu une fresque de l’histoire du l’Iran, une volonté d’aller à l’encontre des clichés et de mettre l’accent sur ces hommes et ces femmes qui ne veulent que la liberté.

    On y découvre aussi une description assez critique de la France et de son ciel gris, de ses habitants individualistes et peu ouverts à l’autre, prompts à faire des raccourcis.

    Le sujet de l’homosexualité est également largement évoqué, considéré comme inexistant par les dirigeants et la société iranienne, plus facilement accepté et vivable dans nos pays d’Europe.

    Enfin, c’est une très belle réflexion sur l’exil et toute la douleur qui en découle, une évocation de la perte des racines au deuil du sol natal et des souvenirs, de l’absence de choix et d’un avenir fait soit de résignation, voire d’abandon ou même de folie et de petite mort, soit d’acceptation ou de réaction. En tous les cas ce qui ressort c’est que l’exil se vit seul, que chacun l’apprivoise ou le supporte à sa manière, mais qu’il marque à tout jamais.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2017/01/25/desorientale-de-negar-djavadi/

  • 0.25

    Non ce n'est pas "encore un livre sur l'Iran" c'est bien plus. C'est le portrait d'un monde disparu, d'une famille avec grand parents ,arrière grand parents, oncles et tantes aux personnalités et aux destins si divers. On est loin très loin des clichés et de tout orientalisme, on est dans ce monde où l'on peut être tout à la fois occidentale et orientale, composant chaque jour avec des identités multiples même quand l'on veut faire de vous une Désorientale, condition première , croit-on, à une éventuelle intégration. L'écriture est très belle, l'auteur manie à merveille humour et autodérision et le livre est magnifiquement construit.

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