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    Signification du mot « Baad » (qui fait penser à « bad » en anglais), utilisé ici en Afghanistan : « homme mauvais, violent, cruel avec les femmes ».
    C’est aussi le titre du livre de Cédric Bannel (paru en 2016) et qui fait partie de la Sélection Points pour le Prix du Meilleur Polar.
    De plus, et cela est très original, sur le bandeau est inscrit : « Satisfait ou remboursé ». Cela signifie que la Maison d’Éditions est, pour ainsi dire, certaine que l’on aimera ce livre. Dans le cas contraire, il y a les explications pour la modalité du remboursement : étonnante publicité !

    Mais venons-en d’abord à l’auteur qui n’en est pas à son premier ouvrage. Homme d’affaires et écrivain, il veut nous faire découvrir un autre Afghanistan et ses ouvrages sont traduits dans de nombreux pays.
    Dans l’avant-propos, il écrit : « On a tendance à avoir de l’Afghanistan une image relativement simpliste : un pays sinistré, ravagé par les guerres, la pauvreté et le fondamentalisme religieux. A tort. (…) Au-delà de la trame romanesque et policière, j’espère que les lecteurs partageront mon amour de cet Afghanistan-là, avec ses paysages uniques, sublimes et majestueux, et de tous ceux qui y vivent, si attachants en dépit de la violence, du dénuement et de l’instabilité politique ».
    Désolée, cela paraît un peu long et je n’ai pas tout recopié (heureusement) mais je voulais le signifier. Alors, on va voir en quoi consiste cette histoire.

    Le livre est découpé en journées, tournant autour de Badria, la future victime d’un homme « baad » et le premier chapitre correspond à un décompte : « Dix jours avant Badria » pour en arriver à : « Le jour après Badria ».
    J’ai d ‘abord été tout de suite perturbée de voir qu’il s’agissait de petites filles innocentes, violentées. Je n’étais pas certaine de vouloir lire ce livre entièrement, mais, comme d’habitude, j’ai pensé (et espéré) qu’il y aurait autre chose. Effectivement.

    A Kaboul, c’est le « quomaandaan » Oussama Kandar qui est chargé de cette douloureuse enquête : il faut absolument et très vite, retrouver ce fou, ce malade, ce psychopathe, ce pervers… qui tue des fillettes après les avoir achetées à leurs parents qui laissent faire car ils ne savent pas ce qui va arriver à leurs enfants.
    A Kaboul aussi, Nahid tente tout son possible pour préserver sa fille, Badria, à qui l’on veut imposer un mariage forcé.
    A Paris, la commissaire Nicole Laguna doit retrouver un chimiste qui semble avoir inventé une drogue révolutionnaire, surnommée « neige » car rien ne lui est comparable.

    On se retrouve donc avec deux enquêtes et on se demande quel sera le lien entre les deux, si les policiers sont se rencontrer ou pas (et dans quelles circonstances ?) mais on va voir que le combat de Nahid et de Nicole va avoir un thème commun, celui de préserver leurs proches.
    Mais n’oublions pas l’Afghanistan, pays où se trouvent des personnages corrompus (quoique ce ne soit pas le seul pays) – un réseau de drogue – des talibans – le djihab, Daesh et Al Quaïda avec des terroristes (à qui on promet de rejoindre les soixante-douze Pures qui attendent les martyrs) – ce dangereux psychopathe qui aime trop les jolies petites filles – l’horreur de l’extrémisme – le malheur des pauvres gens – des flics qui, par chance, sont décidés à s’impliquer dans leur mission…. Donc, tout un savant mélange orchestré par Cédric Bannel bien documenté sur ce pays que, de toute façon, il aime.
    Un cocktail explosif car dans cette contrée, la mort ne s’annonce pas lorsqu’elle veut frapper ; il y règne des luttes d’influences et d’argent (beaucoup d’argent), un mélange d’ethnies et la loi peut sembler, bien souvent, difficile à se faire entendre.
    De plus, avec ce compte à rebours de dix jours car c’est tout ce qui reste pour résoudre ces enquêtes, le suspense est captivant mais les nombreux rebondissements nous font douter du dénouement.

    On peut lire ici un portrait sans complaisance, très édifiant sur cette région et l’intrigue est très bien menée jusqu’à la dernière page.
    En conclusion, je ne demanderai finalement pas le remboursement du livre à cause des fillettes (je suis une femme et une maman). Mais je comprends pourquoi les Éditions Points sont certaines que l’on va aimer ce livre, puisque moi-même, j’ai réussi à rester immergée dans l’univers de « Baad » (ce qui n’était pas gagné d’avance).

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