Baad

Couverture du livre « Baad » de Cedric Bannel aux éditions Points

4.1

10 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Points
  • EAN : 9782757863640
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
  • Nombre de page : 504
  • Collection : Points policiers
  • Genre : Policier / Thriller format poche
Résumé:

À Kaboul, le Qomaandaan Kandar, ancien sniper de Massoud et patron de la brigade criminelle, enquête sur des meurtres d'enfant.

À Paris, la commissaire Nicole Laguna, chef de la Brigade nationale de Recherche des Fugitifs, est sur la trace de l'inventeur d'une nouvelle drogue de... Lire la suite

À Kaboul, le Qomaandaan Kandar, ancien sniper de Massoud et patron de la brigade criminelle, enquête sur des meurtres d'enfant.

À Paris, la commissaire Nicole Laguna, chef de la Brigade nationale de Recherche des Fugitifs, est sur la trace de l'inventeur d'une nouvelle drogue de synthèse.

Deux flics qui n'auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant...

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Les derniers avis

  • 0.2

    Signification du mot « Baad » (qui fait penser à « bad » en anglais), utilisé ici en Afghanistan : « homme mauvais, violent, cruel avec les femmes ».
    C’est aussi le titre du livre de Cédric Bannel (paru en 2016) et qui fait partie de la Sélection Points pour le Prix du Meilleur Polar.
    De plus, et cela est très original, sur le bandeau est inscrit : « Satisfait ou remboursé ». Cela signifie que la Maison d’Éditions est, pour ainsi dire, certaine que l’on aimera ce livre. Dans le cas contraire, il y a les explications pour la modalité du remboursement : étonnante publicité !

    Mais venons-en d’abord à l’auteur qui n’en est pas à son premier ouvrage. Homme d’affaires et écrivain, il veut nous faire découvrir un autre Afghanistan et ses ouvrages sont traduits dans de nombreux pays.
    Dans l’avant-propos, il écrit : « On a tendance à avoir de l’Afghanistan une image relativement simpliste : un pays sinistré, ravagé par les guerres, la pauvreté et le fondamentalisme religieux. A tort. (…) Au-delà de la trame romanesque et policière, j’espère que les lecteurs partageront mon amour de cet Afghanistan-là, avec ses paysages uniques, sublimes et majestueux, et de tous ceux qui y vivent, si attachants en dépit de la violence, du dénuement et de l’instabilité politique ».
    Désolée, cela paraît un peu long et je n’ai pas tout recopié (heureusement) mais je voulais le signifier. Alors, on va voir en quoi consiste cette histoire.

    Le livre est découpé en journées, tournant autour de Badria, la future victime d’un homme « baad » et le premier chapitre correspond à un décompte : « Dix jours avant Badria » pour en arriver à : « Le jour après Badria ».
    J’ai d ‘abord été tout de suite perturbée de voir qu’il s’agissait de petites filles innocentes, violentées. Je n’étais pas certaine de vouloir lire ce livre entièrement, mais, comme d’habitude, j’ai pensé (et espéré) qu’il y aurait autre chose. Effectivement.

    A Kaboul, c’est le « quomaandaan » Oussama Kandar qui est chargé de cette douloureuse enquête : il faut absolument et très vite, retrouver ce fou, ce malade, ce psychopathe, ce pervers… qui tue des fillettes après les avoir achetées à leurs parents qui laissent faire car ils ne savent pas ce qui va arriver à leurs enfants.
    A Kaboul aussi, Nahid tente tout son possible pour préserver sa fille, Badria, à qui l’on veut imposer un mariage forcé.
    A Paris, la commissaire Nicole Laguna doit retrouver un chimiste qui semble avoir inventé une drogue révolutionnaire, surnommée « neige » car rien ne lui est comparable.

    On se retrouve donc avec deux enquêtes et on se demande quel sera le lien entre les deux, si les policiers sont se rencontrer ou pas (et dans quelles circonstances ?) mais on va voir que le combat de Nahid et de Nicole va avoir un thème commun, celui de préserver leurs proches.
    Mais n’oublions pas l’Afghanistan, pays où se trouvent des personnages corrompus (quoique ce ne soit pas le seul pays) – un réseau de drogue – des talibans – le djihab, Daesh et Al Quaïda avec des terroristes (à qui on promet de rejoindre les soixante-douze Pures qui attendent les martyrs) – ce dangereux psychopathe qui aime trop les jolies petites filles – l’horreur de l’extrémisme – le malheur des pauvres gens – des flics qui, par chance, sont décidés à s’impliquer dans leur mission…. Donc, tout un savant mélange orchestré par Cédric Bannel bien documenté sur ce pays que, de toute façon, il aime.
    Un cocktail explosif car dans cette contrée, la mort ne s’annonce pas lorsqu’elle veut frapper ; il y règne des luttes d’influences et d’argent (beaucoup d’argent), un mélange d’ethnies et la loi peut sembler, bien souvent, difficile à se faire entendre.
    De plus, avec ce compte à rebours de dix jours car c’est tout ce qui reste pour résoudre ces enquêtes, le suspense est captivant mais les nombreux rebondissements nous font douter du dénouement.

    On peut lire ici un portrait sans complaisance, très édifiant sur cette région et l’intrigue est très bien menée jusqu’à la dernière page.
    En conclusion, je ne demanderai finalement pas le remboursement du livre à cause des fillettes (je suis une femme et une maman). Mais je comprends pourquoi les Éditions Points sont certaines que l’on va aimer ce livre, puisque moi-même, j’ai réussi à rester immergée dans l’univers de « Baad » (ce qui n’était pas gagné d’avance).

  • 0.2

    Barbarie
    Abomination
    Affrontement
    Déflagration

    Le pitch : Kaboul, une 3ème fillette est retrouvée étranglée et poignardée dans la rue. 3 victimes dans 3 bidonvilles différents. L’affaire est confiée au qommandaan Oussama Kandar de la police criminelle, un ancien sniper du commandant Massoud agé 53 ans, haut de 2 mètres, très pieux. Kandar va vite s’apercevoir qu’une 4ème va mourir dans 10 jours s’il ne trouve pas le meurtrier. Dans le même temps, à Paris, Nicole Laguna est enlevée avec sa famille par la Mafia italienne. C’est une ancienne de la DGSE, spécialisée dans la traque de criminels. Le deal est simple. Pour sauver les siens, elle va devoir, faire appel à son expérience et ses ressources pour retrouver un chimiste de génie, Franck X, créateur d’une drogue parfaite apte à casser le marché et le faire basculer des mains de la Cupola à celles de la mafia Russe. Enfin, il y a Nahid, une mère afghane qui elle aussi est prête à tout pour sauver une de ses filles, Badria, la prochaine victime.

    Le temps s’égrène et les pages se tournent. Car, Baad est à 100% une des surprises de 2016. Un véritable page-turner boosté au suspens. L’écriture y très visuelle. Elle nous immerge dans un Afghanistan fait de mœurs et de coutumes, d’ethnies et de clans. Cédric Bannel, enarque atypique connait ce pays. Ça se sent à plein nez. Il nous offre un thriller fort, violent, dans un pays gangréné par la corruption où code d’honneur et corruption, talibans et moujahids, martyres et chefs tribaux, n’ont qu’avidité à l’esprit sous couvert de croyance. La toxicomanie galopante, l’argent, le pouvoir, la drogue, les armes, l’aide internationale chaque élément est minutieusement présent. Écartelé entre modernité et traditions, ce pays où l’état est absent est assurément un des personnages de ce roman. Un lieu extraordinaire où des hommes très baad, s’octroient le droit tuer à tout moment, en tout lieu. Car Baad nous offre un point commun masculin que le personnage soit djihadiste ou mafieux – les bourreaux ont une capacité à torturer, massacrer avec le plaisir le plus simple du monde, tous ceux qui ne représentent rien à leurs yeux. Qu’ils soient femmes, jeunes filles, otages, la violence s’abat sur eux avec une absence déconcertante d’humanité.

    Chaque personnage de ce roman est construit. Et ce thriller est riche de personnages, Gulbudin et les autres équipiers de Kandar comme Babour, le scientifique de la Criminelle, le Mollah, le khan, le capo di tutti capi et son tueur qui colle aux basques de Nicole. Chacun est une proie ou un bourreau et tous trainent avec eux leurs passés. Tous, sauf peut-être Malalai, l’épouse de Kandar, gynécologue et militante des droits de la femme dans un pays violent, cruel envers les femmes qui sont au mieux des épouses effacées sous une burqua.

    Baad, maintient toutes ses promesses de la 1ère à la dernière page, le tout rythmé par ce décompte de la prochaine victime qui s’ouvre à chaque chapitre. Rebondissements, intrigues, double enquête, paysage, mères prêtes à tout pour sauver leurs enfants, le lecteur est tenu en haleine. Bref j’ai apprécié.

  • 0.1

    Ce thriller de Cedric Bannel, dans lequel il est question de trafic de drogue, de mafia, de serial killer, d'enlèvement et j'en passe, reprend les personnages de son précédent roman "L'homme de Kaboul", écrit en 2011. Mais pas d'inquiétude à avoir, les deux récits ne sont pas imbriqués, et les personnages sont très bien présentés, en ouverture de l'histoire. le lecteur n'est donc absolument pas perdu lorsqu'il commence les aventures d'Oussama Kandar.
    Ce roman est dense, et suit plusieurs trames en même temps, qui au début ne semblent avoir aucun rapport entre elles. L'auteur maîtrise son sujet, et les étapes, nombreuses de son intrigue. Il fait découvrir un Afghanistan plus vrai que nature, saisissant de réalité, violent. L'intrigue majeure est liée au qomaandaan Kandar, en proie avec un meurtrier des plus lâches, et malsain qui s'en prend à des fillettes.
    L'autre facette du récit est menée par personnage Nicole Laguna. Ancienne de la PJ et autre DGSE, elle pensait trouver le calme dans le privé, jusqu'au jour où sa famille est kidnappée. En échange, elle doit retrouvé un individu, qui gène ses ravisseurs dans leur entreprise. Tel est le deal.
    L'action est bien là, et le lecteur - malgré quelques petites difficultés avec les noms des personnages - se laisse happer dans l'engrenage efficace mis en place par Cédric Bannel. le personnage central de Kandar, est le plus intriguant des héros, incorruptible des temps modernes, au coeur d'un pays bouleversé, il résiste et se bat, avec à ses côtés une équipe efficace et qui y croit.
    Le cadre dans lequel se déroule le récit n'est pas anodin et ajouté une force importante à l'intrigue avec un contexte politique fragile voire dangereux, un pays complexe, en guerre depuis des années. L'originalité de l'auteur est d'avoir choisi de faire de son personnage principal un natif de l'Afghanistan, qui tente en vain de lutter contre le courant, contre la violence, même s'il sait que c'est peine perdue. Il n'hésite d'ailleurs pas à utiliser, à contre coeur, la méthode forte s'il pense que la fin justifie les moyens.
    La place des femmes dans ce pays, est aussi un sujet très délicat à aborder. Traitées comme une denrée périssable, elles n'ont que peu de liberté. Mais grâce notamment au personnage de Malalai, la femme moderne et libre du qomaandaan, l'auteur laisse un léger espoir transpercé cette nasse. (...)

  • 0.2

    Je remercie infiniment La Bête noire – et tout particulièrement Glenn Tavennec et Cécile Ruelle – pour leur confiance. Lorsque je commence un roman de cette collection, j’oublie que les thrillers ne sont pas ma tasse de thé, je laisse de côté mes préjugés, mes réticences, et je m’attends chaque fois à recevoir une énorme claque. Ce roman n’a pas fait exception à la règle. Il est dérangeant, intense, et m’a plongé sans ménagement dans une société en plein conflit. J’ai tourné la dernière page soufflée et épuisée.

    Cette histoire à deux voix nous parle d’une société en perdition, un monde rongé par la corruption et le mensonge : l’Afghanistan. D’un côté, nous suivons Oussama Kandar, le qomaandaan afghan chargé d’enquêter sur des meurtres de fillettes. De l’autre, Nicole Laguna, française et ancienne flic réputée, dont la famille a été kidnappée par la mafia italienne.

    Quel livre, les amis ! Je m’attendais à du très bon, évidemment, mais je ne pensais absolument pas tomber sur une histoire aussi éprouvante à tous les niveaux. Cédric Bannel a su construire ses deux intrigues de manière très adroite et sans attendre, j’étais prise entre ses griffes. Impossible de lâcher le roman avant d’en connaître le dénouement. Le rythme est soutenu et c’est tout juste si je pouvais reprendre mon souffle.

    Les personnages – bien que trop nombreux à mon goût – sont une des plus grandes forces du roman. Oussama, chef de la police criminelle, est un peu la colombe blanche au milieu du chaos. Droit dans ses bottes au milieu de la corruption, c’est une personne qui a des principes et des valeurs qu’il porte en lui avec fierté.

    La place de la femme est importante : elles sont fortes, prêtes à tout, quitte à faire justice elles-mêmes. Dans ce pays en souffrance où les femmes ne sont rien, elles ne restent pas tributaires, elles ne pleurent pas en silence… bien au contraire, elles peuvent sortir les griffes pour protéger ceux qu’elles aiment. Alors bien entendu, ça m’a fait mal de voir à quel point certains les asservissent, mais il y a un espoir, une petite flamme qui brille dans les ténèbres.

    Le plus fort à mon sens, c’est que Baad s’ancre dans la réalité. Le dépaysement est total ! En l’espace de 400 pages, j’ai fait un bond de plus de 5000 kilomètres, je me suis retrouvée immergée dans un pays qui n’est pas le mien, dépeint avec une justesse effroyable. L’Afghanistan tel qu’il est réellement, un pays perverti, dévoré par le mensonge, la drogue, et gangréné par la montée de l’extrémisme. Un pays qui tente péniblement de s’en sortir.

    Au-delà du contexte purement fictionnel, Cédric Bannel nous offre la possibilité de regarder ce pays d’une autre manière, et plus au travers d’images et d’informations véhiculées par les médias.

    En résumé, je ne peux que saluer le travail fabuleux réalisé par Cédric Bannel. La plume est tout simplement bluffante, et le réalisme de l’histoire côtoie la puissance d’un récit dur et implacable. J’ai cru à cette histoire de toutes mes forces, je me suis passionnée pour ce pays fragile et en même temps si fort. Les intrigues fouillées m’ont happée jusqu’au dénouement final que j’ai trouvé fabuleux.

    Ma chronique : http://april-the-seven.weebly.com/thriller---polar/baad-cedric-bannel

  • 0.25

    "BAAD" c'est une plongée intense dans un Afghanistan contemporain tiraillé entre mondialisation et tradition. Une sordide affaire d'assassinat de jeunes filles vient semer le trouble dans l'équipe du qomaandaan Kandar. L'horreur sans nom de cet assassin va l'emmener à plonger dans les pires travers de son pays.

    ​En parallèle on découvre Nicole, une mère face à un contre la montre pour sauver sa famille de la mafia italienne. Sa mission: retrouver un chimiste qui élabore une nouvelle drogue à la pureté jamais rencontrée.

    ​Grâce à ces deux intrigues palpitantes, Cédric Bannel nous propose un roman au rythme très soutenu qui prend son lecteur dès le début Difficile de ne pas être subjugué par "Baad", difficile de le poser, difficile de ne pas avoir envie d'enchaîner ces 463 pages en une journée. Vous comprendrez que je suis vite devenu accro à cette histoire.

    ​Les deux enquêtes parallèles sont parfaitement construites et s'adaptent parfaitement l'une à l'autre. Le texte est vraiment très fluide, c'est agréable à lire, d'ailleurs les parties défilent à une vitesse folle. Quel plaisir une telle écriture :)

    ​J'ai également beaucoup apprécié la masse d'information que l'auteur apporte quand à la vie en Afghanistan. Corruption, mariages forcés, religion, terrorisme et drogues font encore partie du lot quotidien des afghans. J'ai appris beaucoup de choses, toujours plus choqué à chaque nouvelle découverte. "Baad" a, en plus d'être captivant, la capacité d'être instructif.

    J'avais espéré une fin surprenante. Ca n'a pas été le cas. Petite déception pour cette conclusion attendue. Mais qui n'a en rien gâché mon plaisir de lecture.

    ​"Baad" a vraiment été une excellente lecture, très complète entre suspense, rythme effréné et découverte des mœurs d'un pays. Un roman que je ne peux que vous conseiller vivement pour qui veut passer un bon moment de lecture.

  • 0.2

    J'ai lu ce roman sur ma liseuse et ne vous moquez pas de moi, voici ce qu'il m'est arrivé. J'ai pris consciencieusement des notes sur chaque personnage pendant toute la première partie du roman. Il n'y avait eu qu'une seule note de bas de page, signalée par un "petit 1", mais je n'ai pas réussi à cliquer dessus pour être envoyée en fin de partie, je me suis dit que ce n'était pas grave. J'ai quand même rempli trois pages entières de mon carnet avant d'arriver à la fameuse note de bas de page. Et celle-ci était : "Voir la liste des personnages principaux en fin de roman". No comment... Je vous dis ça au cas où, que vous ne fassiez pas la même erreur que moi ;)



    Résumé

    BARBARIE

    Des jolies petites filles, vêtues de tenues d’apparat, apprêtées pour des noces de sang.
    ABOMINATION
    Deux femmes, deux mères. À Kaboul, Nahid se bat pour empêcher le mariage de sa fille, dix ans, avec un riche Occidental. À Paris, les enfants de Nicole, ex-agent des services secrets, ont été enlevés. Pour les récupérer, elle doit retrouver un chimiste en fuite, inventeur d’une nouvelle drogue de synthèse.
    AFFRONTEMENT
    Il se croit protégé par ses réseaux et sa fortune, par l’impunité qui règne en Afghanistan. Mais il reste encore dans ce pays des policiers déterminés à rendre la justice, comme l’incorruptible chef de la brigade criminelle, le qomaandaan Kandar.
    DÉFLAGRATION
    Nicole et Nahid aiguisent leurs armes. Pour triompher, elles mentiront, tortureront et tueront. Car une mère aimante est une lionne qui peut se faire bourreau.



    Éditeur : Robert Laffont
    Date de parution : 4 mai 2016
    Genre : Policier/ Thriller
    Nombre de pages : 448 p
    Date de lecture : juin 2016

    Mon avis

    Au début du roman, un constat s'est imposé à moi: ça n'allait pas être une lecture facile. Des noms afghans (et donc que je ne retiens pas facilement), beaucoup de vocabulaire inconnu, sans parler de la géographie des lieux, des vêtements et traditions locales. Une lecture exigeante donc, et comme en parallèle je lisais un roman historique de 670p (auquel je n'accrochais pas du tout mais que je continuais car c'est une lecture commune avec une amie, et me permettait de découvrir ce genre littéraire), j'ai failli remettre ma lecture à plus tard. Or, je ne regrette pas d'avoir persisté car même si les personnages sont nombreux, une fois la première partie terminée j'étais tellement dans l'histoire que je ne pouvais plus décrocher.

    Deux intrigues parallèles sont présentées. Dans la principale, Oussama Kandar, aussi appelé le Qomaandaan, un haut gradé de la police criminelle de Kaboul, secondé par toute son équipe, se voit confier une affaire qui sort de l'ordinaire: alors que les motifs qui reviennent dans ses enquêtes habituelles sont toujours les mêmes (argent, drogue, sexe, trahison et religion), ici Kandar suspecte l'auteur des crimes d'agir pour un tout autre motif: le plaisir de tuer. Les petites filles retrouvées en habits de cérémonies sont abusées puis assassinées, et devant tant de violence gratuite le qomaandann et son équipe vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour comprendre les motivations du tueur et le démasquer. La seconde intrigue tourne autour d'un personnage, Nicole Laguna, et se situera en France et en Italie principalement. Ancienne agent du gouvernement français, numéro 1 dans la recherche de criminels en fuite, Nicole est enlevée par la Cupola, LA mafia italienne. Très vite, cette dernière découvre que sa famille a aussi été kidnappée. Ses enfants et son mari lui seront rendus si elle retrouve pour Vipere, le chef mafieux, un scientifique qui a mis au point une nouvelle drogue de synthèse et s'apprête à en inonder le marché.

    Deux enquêtes donc, et au lieu d'organiser son roman en chapitres classiques, l'auteur a choisi une autre forme de subdivisions. On apprend au début que la prochaine victime du tueur de Kaboul sera Badria et qu'elle sera tuée dix jours après le dernier meurtre; ainsi seront les parties du livre: "Dix jours avant Badria, Neuf jours avant Badria" etc. A l'intérieur de ces sections, le lecteur peut savoir que l'on passe d'une intrigue à l'autre grâce à de petites * qui séparent les enquêtes.

    Chacune des deux intrigues est captivante, et on veut absolument en connaître les dénouements. De plus, on s'interroge sur le lien éventuel qu'elles pourraient avoir, et ce n'est qu'à la moitié du roman environ que l'on comprend. Le suspense est vraiment là, et les personnages sont charismatiques, des deux cotés. Les hommes d'Oussama ont chacun leur particularité et sont autant travaillés que les protagonistes principaux.D'ailleurs, je n'avais pas encore remarqué le sous-titre de la couverture (une enquête de Nicole Laguna et du Qomaandann Kandar) et pourtant je me suis très vite demandé si ces personnages afghans n'avaient pas déjà été exploités dans au moins une autre histoire, ce qui est le cas, puisque ce deuxième roman a été précédé de "L'homme de Kaboul". Pas d'inquiétudes pour autant, on peut parfaitement lire ce roman sans avoir connaissance du premier. Ma seule interrogation à ce sujet c'est quand j'ai vu que l'inscription portait aussi sur Nicole. En effet, dans "Baad", elle et Oussama ne se sont jamais rencontrés, je me demande donc comment ils étaient reliés dans le premier roman les concernant. Mais j'aurais ma réponse car je compte bien lire "l'homme de Kaboul" un de ces jours.

    Outre un thriller qui nous tient en haleine, je dois dire que ce livre fut pour moi une véritable révélation. En effet, je ne connais absolument pas ce pays qu'est l'Afghanistan et j'ai appris par ma lecture un nombre impressionnant d'informations à ce propos. J'ai souvent été révoltée, triste, étonnée aussi. Les conditions de vie dans ce pays sont vraiment dures, et pour les femmes intolérables. J'ai parfois été choquée aussi, notamment par les méthodes de ces flics qui sont censés être les plus honnêtes et qui chez nous seraient les plus ripoux. La pauvreté et l'omniprésence de la drogue, les guerres incessantes, autant de point qui m'ont marquée profondément. Cet aspect là de la lecture en fait un roman difficile à aborder aussi, et pourtant je suis vraiment contente d'avoir eu la chance de découvrir tout ça.

    On voit bien que l'auteur a passé du temps là-bas et s'est intéressé de près à tous les aspects de ce pays, qu'il a voulu retranscrire dans ce roman. De la beauté des paysages à la psychologie des habitants, en passant par les dégâts causés par les guerres et la condition de la femme, personne ne peut rester insensible à cette évocation d'un pays dont on parle souvent mais que l'on connaît si peu...

    L'écriture se fait à la troisième personne, il y a de nombreux dialogues mais aussi des descriptions, et la narration nous permet de connaître les pensées des personnages aussi bien que leurs actes. A part le vocabulaire spécifique, l'écriture est agréable et fluide. Les personnages sont vraiment étoffés et même attachants, leurs causes deviennent les nôtres, et nous avons l'impression de combattre à leurs côtés.

    Si vous n'avez pas peur d'appréhender un monde nouveau pour vous, comme souvent la science-fiction nous en fait découvrir, avec ses habitants, ses coutumes, son lexique, si vous souhaitez vous plonger dans un roman noir et suivre deux personnages exceptionnels dans leurs enquêtes respectives, alors ce thriller est fait pour vous, n'hésitez plus, lancez vous dans cette lecture passionnante.


    Un thriller obsédant et noir comme je n'en avais plus lu
    depuis "Les fauves" d'Ingrid Desjours...

    http://leslecturesdunespondy.blogspot.fr/2016/07/baad-de-cedric-banel.html

  • 0.2

    BAAD : B-barbarie, A, abomination, A- affrontement,D- déflagration

    D’un côté, le « quomaandaan » Oussama Kandar et son équipe mènent une enquête dans son pays, l’Afghanistan. Des petites filles sont enlevées, torturées, violées, elles sont toujours retrouvées en robes d’apparat .Ils sont sur la trace d’un homme. Ils ont dix jours pour éviter le même sort à la fille de Nahid, Badria. Oussama traque l’assassin dans un pays le plus dangereux du monde.
    De l’autre, une femme, Nicole et sa famille sont enlevées par la mafia italienne. La Copula veut anéantir un homme, chimiste, travaillant pour les russes, qui est en train de devenir le leader de la drogue. Nicole est une ancienne de la DSEG, va devoir trouver cet homme afin de sauver sa famille. Nicole enquête seule, la peur au ventre.
    Deux enquêtes et un lieu commun, l’ Afghanistan, ce pays où la violence est présente partout. les attentats existent.
    Cédric Bannel nous transporte dans un pays dur, entre trafiquants de drogue, djidaïstes. Il explique très bien les causes et les conséquences de la toxicomanie, qui touche toute la population. Il nous livre également sa vision du pays qu’il connait bien.

  • 0.25

    Le qomaandaan Kandar, chef de la police criminelle, est chargé d’élucider le viol, la torture et le meurtre de petites filles d’une dizaine d’années retrouvées dans une étrange tenue d’apparat dans des bidonvilles de Kaboul…
    Kandar a beau être un ancien soldat, tireur d’élite aguerri, pour lui, ces assassinats sont insoutenables et intolérables… on ne touche pas aux enfants… surtout lorsqu’un schéma se détache rapidement de ces morts et qu’il sait que dans dix jours exactement, il y aura une autre petite victime…

    Si nous, lecteurs, connaissons dès le départ le nom de cette petite fille, Badria, Kandar ne le sait pas encore…

    Et Kandar, aussi animé de droiture et de justice qu’il soit, n’a pas que des alliés autour de lui et ses ennemis n’attendent qu’une maladresse ou une inattention de sa part pour saboter son enquête, sa carrière et surtout sa vie…

    A Paris, Nicole Laguna, ancien cadre de la DGSE, est enlevée, ainsi que Martin, son mari, Christopher et Garance, ses enfants. Le chef suprême de la mafia, Alfredo Vipere, lui ordonne de retrouver LE chimiste qui offrira les clefs du monopole mondial de la drogue. Il sait que Nicole est une pointure en matière de recherche de grands criminels. Sa retraite n’y change rien, elle doit mettre la main sur ce Franck X, un fantôme. Sinon, sa famille disparaîtra…

    Mais qu’est-ce qui relie ses deux affaires éloignées géographiquement? Quel rapport entre le monopole de la drogue et un assassinat d’enfants?

    Le roman est rythmé par des chapitres égrenant le funeste compte à rebours qui doit marquer la mort de Badria, alimentant l’angoisse et le suspens de l’issue de cette enquête qui va entraîner Kandar bien au-delà du drame humain et du simple petit pervers solitaire qui en est responsable. Il va devoir démêler les enjeux des luttes de pouvoirs financiers, ethniques, religieux, politiques et diplomatiques d’un pays dévasté et du monopole d’un trafic de drogue à l’échelle mondiale…

    L’Islam et son cortège de terrorisme, de pays en guerre, d’a priori, d’intolérance et de racisme se retrouve bien trop souvent à la une des médias pour que ce soit un thème que j’affectionne… et pourtant…

    J’ai grandement apprécié cette incursion dans ce pays islamique, l’Afghanistan, si souvent stigmatisé.
    L’auteur n’a pas versé dans le voyeurisme, dans le pathos ou le discours partisan. Au contraire, il nous plonge dans une situation qui semble inextricable mais où l’espoir n’est pas mort, il émaille les détails historiques réels et actuels d’une touche de cynisme et d’ironie, d’une pointe d’humour, parfois, qui allège la chape qui pourrait nous écraser, tant ce lieu ressemble à un nœud de vipères et concentre tous les combats. C’est un tour d’horizon d’une société gangrenée, un portrait pudique et véritable d’un pays blessé et fragile, un portrait très bien documenté, loin des clichés médiatiques et politiciens.

    De la géo-politique, un narco-état, des guerres intestines, des interventions internationales, de la corruption, de la religion, de la violence, des trafics, de la fragilité de la condition féminine… et des combats, toujours des combats… Et malgré tout, de l’espoir et de la beauté…

    Le qomaandaan Oussama Kandar n’a pas perdu espoir, il a été de toutes les guerres, il combat le crime en se soumettant à certaines entorses incontournables, en se jouant du système autant que faire se peut, en priant son Dieu et en aimant sa femme… Un homme simple qui s’entoure d’une équipe soudée, une bulle d’oxygène dans ce brouillard d’hypocrisie, de violence et de manigances politiques et de corruption.
    C’est un personnage droit dans ses bottes, discret, volontaire, tenace, attentif et qui ne se laisse pas troubler par les menaces qu’il attire. Un personnage attachant et lucide que j’ai eu plaisir à suivre. Un personnage récurrent qui m’a d’ailleurs donné envie de découvrir les autres romans de Cédric Bannel.

    L’auteur laisse la part belle aux éléments secondaires qui sont loin d’être passifs, nous faisons connaissance avec les adjoints de Kandar, leurs vie, passé et tempérament. Ils sont partie intégrante de l’enquête et pas seulement les faire-valoir de leur chef.
    Entre Gulbudin, l’ancien mojahid auprès de Massoud, et Babour, le geek, le mélange des générations, des ethnies et des genres au sein même d’une équipe illustre finement le tissu social de ce que l’Afghanistan offre aujourd’hui.

    Malalai, l’épouse de Kandar, est une militante des droits de la femme qui permet d’aborder la condition féminine, entre traditions ancestrales, excès sectaires, radicalisation religieuse et modernité à l’occidentale.
    « Baad »: se dit d’un homme mauvais, violent, cruel envers les femmes (dixit les Éditions R. Laffont).
    Il est bien évident que mettre les pieds en Afghanistan ne prédispose pas la gente féminine à entrer dans un pur paradis… Nous sommes prévenus d’emblée…

    Le Mollah Bakir synthétise à lui seul toutes les contradictions des différents courants religieux, des plus modérés ou plus radicaux, toutes les alliances opportunistes entre anciens ennemis et nouveaux concurrents, toutes les magouilles et pressions politiques et politiciennes. Il a des contacts partout, des espions partout et nage très bien au milieu des requins avec une complaisance élastique lui conférant une autorité incontournable.

    Même les ennemis de Kandar occupent une place importante dans l’intrigue, pour ce qu’ils sont, entre désirs et actions, pour leur rôle qui ne se limite pas à Kaboul ou une banale vengeance personnelle.

    Nahid, jeune afghane, est touchante dans sa fragilité d’épouse rejetée et de mère. Obligée de survivre dans un état islamique qui ne lui laisse que peu de libertés et de champs d’action, elle refuse toutefois son sort et celui qui attend une de ses filles, Badria. Elle va se battre pour son enfant… Nicole aussi va se battre, elle est mère aussi et forte. En pure occidentale, avec toutes ses armes, beaucoup plus solides que celles auxquelles Nahid peut prétendre.
    Tout sépare ces deux mères et pourtant elles sont unies pour la force animale et viscérale de défendre leurs petits. La confrontation des deux cultures et des deux expériences de ces femmes est subtile, les comparaisons n’apparaissent pas, elles sont suggérées… Qu’importe la couleur, la culture et la religion, les bonnes mères sont toutes animées par la même force: leurs enfants. Et elles ne reculent devant rien pour les protéger…

    L’environnement humain et social est donc riche, entre héritage russe, interventionnisme des français et des américains, conflits entre les seigneurs de guerre et chef de clans, entre les mouvements religieux, talibans, djihadistes, entre hommes et femmes…

    Mais si l’essentiel de l’action se situe en Afghanistan, l’enquête en parallèle de Nicole Laguna, française, ancien agent des Services Secrets, spécialisée dans la poursuite des fugitifs, va nous entraîner dans la mafia italienne qui n’est pas de tout repos également!

    Le trafic de drogue est une hydre aux multiples ramifications internationales et on ressort de cette lecture avec un éclairage plus lumineux sur les diverses mafias du monde, de leurs affrontements dans la conquête d’un monopole véreux. De la Cupola italienne chapeautant la Cammora, la Casa nostra et j’en passe… aux champs de pavots afghans, il n’y a qu’un pas que Nicole va franchir pour rejoindre Kandar dans son enquête…

    Ce roman est un grand coup de coeur pour moi car j’ai trouvé une plume talentueuse qui jongle habilement avec la connaissance précise et documentée d’un pays et d’un contexte complexes et une intrigue policière trépidante. J’ai appris et je me suis divertie… un régal. C’est un roman riche de divers thèmes habilement dosés autour de l’émotion, de la violence, de la beauté, de la réflexion… Une aventure sur les chapeaux de roue, tout en rebondissements, suspens et angoisse qui ne vous laissera aucun répit! Un page-turner magistral!

    Et si vous tentiez vous aussi un petit voyage en Afghanistan?

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