Avec les hommes

Couverture du livre « Avec les hommes » de Mikael Hirsch aux éditions Intervalles

4

2 notes

Résumé:

Les destinées se lient quand les langues se délient A Brest, deux anciens amis se retrouvent après vingt années de séparation. Le premier, en devenant écrivain, semble avoir réussi sa vie; le second, en dépit de débuts prometteurs, n'est jamais devenu ce qu'on attendait de lui. Et si l'amertume... Lire la suite

Les destinées se lient quand les langues se délient A Brest, deux anciens amis se retrouvent après vingt années de séparation. Le premier, en devenant écrivain, semble avoir réussi sa vie; le second, en dépit de débuts prometteurs, n'est jamais devenu ce qu'on attendait de lui. Et si l'amertume rattrape souvent les grandes espérances, l'idée même de réussite peut parfois s'avérer illusoire. De Tel-Aviv à la presqu'île de Crozon, de la cour de Normale Sup' aux monts d'Arrée, ces deux destins parallèles nous racontent la soif d'exotisme, la passion qui dévore et la littérature qui consume. Variation jubilatoire sur le thème du voyage en Orient, réflexion sur la honte et la cruauté, Avec les hommes est aussi et surtout un magistral roman d'amour. EXTRAIT La toute première chose dont il voulut se délester fut l'amour malheureux, comme autrefois les dockers, sur les quais de Recouvrance, vidaient le ventre des navires avant d'engrosser les filles. Je l'écoutais distraitement, refusant tout à fait de transvaser sa peine, habitué que j'étais au harcèlement des souvenirs. Avec l'écriture, j'étais devenu la proie des mythomanes et des assoiffés. Partout m'attendaient inévitablement les aphasiques et les frustrés, les notaires poètes et les dentistes cocus cherchant un réceptacle pour leur litanie. La France entière semblait habitée par des hordes d'écrivains déçus, jaloux, envieux, toute une nation de conteurs tristes au répertoire invariable. Il leur manquait uniquement le temps libre pour s'adonner enfin à la littérature, pour produire le grand oeuvre mûri depuis toujours. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - "Un roman profond et féroce." (François Perrin, TGV Magazine) - "Un livre fort, amer et passionné." (Dominique Le Bian-Rivier, Le Télégramme) - "On lit Avec les hommes d'une traite." (Aïnhoa Jean-Calmettes, Mouvement.net)- "Les choses simples de la vie, Mikaël Hirsch les décrit directement, avec justesse et sans fioritures... Avec les hommes est un joli texte, à déguster en l'honneur de la langue française et des femmes de coeur." (Yaël Hirsch, Toute la culture.com) A PROPOS DE L'AUTEUR Mikaël Hirsch est un écrivain français, né à Paris en 1973. Il a déjà publié plusieurs romans et notamment OMICRoN (Ramsay, 2007), Le Réprouvé (L'Éditeur, 2010), qui fut particulièrement remarqué par la critique, sélectionné pour le prix Femina puis repris en poche (J'ai lu) et Les Successions (l'Éditeur, 2011). Il est aussi actuellement libraire à Paris. Il est également le co-auteur (avec Émile Brami) d'une pièce de théâtre intitulée Faire bouillir le chevreau dans le lait de sa mère, composée à partir de textes de Marcel Proust et Louis Ferdinand Céline et mise en scène par Ivan Morane pour le festival d'Avignon en 2012.

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Le courrier des auteurs

Mikaël Hirsch répond à nos questions ! (07/09/2013)

1) Qui êtes-vous ? ! Un écrivain 2) Quel est le thème central de ce livre ? La honte 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? "Après le crépuscule, la lueur rouge des caséyeurs qui rentraient au port de Camaret dansait sur les flots sombres dans un ballet aussi imprévisible qu'hypnotique tandis que le double panache de la comète Hale-Bopp balafrait la nuit d'une entaille mystérieuse et pâle." 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? "Vertige de l'amour" d'Alain Bashung 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Un sentiment de communauté.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Michael Hirsch sonde l’âme humaine comme personne. On ne peut être léger et complaisant avec l’amour, semble-t-il nous dire. C’est un sentiment trop noble pour être galvaudé, maltraité. L’histoire de Paul et Valérie échappe à la banalité, au quotidien. Extra-ordinaire, elle nous paraît pourtant si familière.
    Extrait :
    Tout ce qu’on fait, et jusqu’à ce livre, ne le fait-on pas pour plaire à l’être aimé ? On croit provoquer des guerres pour le contrôle du pétrole, le pouvoir et l’argent, mais en réalité, secrètement, on cherche à rabrouer les filles qui nous ont autrefois rabroués : « tu vois que je ne suis pas un minable ; regarde, chérie, j’ai envahi la Pologne ! » Soumission totale de l’histoire à la domesticité. Voilà pourquoi je crois à Priam, à Hélène de Troie, bien plus qu’en n’importe quelle bondieuserie.

  • 0.25

    Je retrouve avec bonheur l'écriture de Mikaël Hirsch que j'avais déjà appréciée dans Le Réprouvé et dans Les Successions. Dans son dernier roman, il reprend les thèmes de son premier, Le réprouvé : la judaïté, l'écriture et la littérature en tant qu'idéal de vie, la rencontre de deux hommes l'un admirant l'autre pour sa réussite littéraire. S'y ajoute là le mal-être d'un jeune homme brillant, Paul Rubinstein, promis à un bel avenir, mais qui peine à se faire une place dans un monde qui n'est pas le sien. Sa mère est alcoolique, il habite en cité et étudie à Normale Sup' auprès de gens de bonnes familles. Il s'amourache d'une fille, qui, mollement, lui rend la pareille, mais lorsqu'elle s'aperçoit qu'il loge en HLM, elle le quitte tout aussi mollement, sans vraiment le lui dire mais lui s'accroche. "Elle ne l'avait pas quitté par déception, regret ou incompatibilité d'humeur. Elle ne s'était pas débarrassée de lui parce qu'en lieu et place d'un amoureux transi, elle aurait préféré un homme confiant et assuré. Elle aurait sans doute pu s'accommoder de la situation et se serait alors enfoncée, comme tant d'autres, dans une vie de couple ordinaire et frustrante, mais à toutes choses, elle avait privilégié l'argent." (p.14/15)
    Mikaël Hirsch n'est pas tendre avec ses personnages, dans la première partie au moins. Pas de compassion, mais d'ailleurs pourquoi en faudrait-il ? Ni pour l'écrivain-narrateur qui recueille les confidences et qui est assez réaliste quant à sa pseudo-réussite sociale sachant et mesurant tout ce à quoi il a dû renoncer pour arriver à une petite reconnaissance. Ni pour la femme aimée qui ne peut envisager rester avec un garçon issu de la classe populaire, aussi brillant soit-il ; les pages consacrées à cette partie sont terribles, sarcastiques, ironiques et très vraies, comme lorsque Paul tente de la revoir après son calamiteux séjour de quelques mois au kibboutz en Israël, et qu'elle est restée étudier à Paris : "Elle vivait là [canal saint Martin], provisoirement, estudiantine, à la marge des quartiers véritablement populaires, comme on s'encanaillait autrefois dans les troquets apaches. Elle attendait le beau mariage qui la propulserait à nouveau vers le standing d'Haussmann, sans avoir à réclamer toujours plus à ses généreux géniteurs. Sans avoir connu la mansarde, le lavabo sur le palier et les toilettes à la turque, elle pourrait tout de même se vanter un jour d'avoir vécu la bohème, telle qu'elle la concevait, c'est à dire supportable, temporaire et délicieusement exotique, précédant l'inexorable migration vers l'ouest, comme ces baleines qui, avant de rejoindre les eaux chaudes du golfe pour mettre bas, se gavent de plancton près du pôle." (p.56/57) Ni enfin, pour Paul Rubinstein qui ne réussit pas à surmonter sa déception amoureuse et qui par dépit se jette dans les situations les plus improbables, les plus humiliantes. Sur un coup de tête, il part trois mois au kibboutz, une sorte de pèlerinage, de point sur sa judaïté, lui qui jusque là ne s'y est jamais vraiment intéressé et sur son désir de construire une œuvre littéraire. On a envie de le secouer Paul, de lui dire de se bouger plutôt que de se complaire dans son mal-être, dans sa dépression. Il est une sorte de bouc émissaire ou de punching-ball universel : tout le monde se fout de lui, le méprise. Il lui faudra tout quitter, femme aimée sans retour, études, Paris et rejoindre Brest pour tenter de revivre.
    C'est un roman sombre avec des personnages de la même teinte, qui néanmoins ne finit pas dans le noir absolu : la Bretagne en rédemption et Brest salvatrice (je vois des sourires bretons aux lèvres qui vont s'agrandir lorsque je vais dire que les descriptions de cette région sont belles -peut-être pas toujours flatteuses pour Brest- mais il me semble que M. Hirsch connaît et aime la région) ! Ce roman est un mélange pour le meilleur des deux précédents de l'auteur : les thèmes du premier avec l'excellence de l'écriture du second : une vraie réussite. La langue est belle, travaillée, sans omettre parfois, au détour d'un virgule, un langage plus direct, franc et cru pour décrire des situations chocs ou gênantes. Aucune phrase, aucun mot ne sont inutiles, tout le superflu a été ôté pour arriver à ce roman de 122 pages. J'aurais pu citer encore plus de passages pour tenter d'appâter le chaland ou dit plus élégamment, pour flatter l'intelligence du futur lecteur, mais je fais confiance à la curiosité et à l'envie de découverte.
    Mikaël Hirsch est un écrivain qui se bonifie de livre en livre, sachant qu'il était déjà parti d'assez haut...

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