Au revoir là-haut

Couverture du livre « Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre aux éditions Lgf

4.3125

144 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Lgf
  • EAN : 9782253194613
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
  • Nombre de page : 624
  • Collection : Ldp litterature & documents
  • Genre : Littérature Romans Poche
Résumé:

Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d'eux. Désarmés, condamnés à... Lire la suite

Ils ont miraculeusement survécu au carnage de la Grande Guerre, aux horreurs des tranchées. Albert, un employé modeste qui a tout perdu, et Edouard, un artiste flamboyant devenu une « gueule cassée », comprennent vite pourtant que leur pays ne veut plus d'eux. Désarmés, condamnés à l'exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l'amertume, les deux hommes que le destin a réunis imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe... Fresque d'une rare cruauté, remarquable par son architecture et sa puissance d'évocation, Au revoir là-haut est le grand roman de l'après-guerre de 14, de l'illusion de l'armistice, de l'État qui glorifie ses disparus et se débarrasse de vivants trop encombrants. Dans l'atmosphère crépusculaire des lendemains qui déchantent, peuplée de misérables pantins et de lâches reçus en héros, Pierre Lemaitre compose avec talent la grande tragédie de cette génération perdue.Prix Goncourt 2013

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  • 0.25

    Prix Goncourt 2013

    Plongé instantanément dans les derniers jours de cette Première guerre mondiale qui a débuté il y a cent ans, le lecteur ressent tout de suite la fracture entre les soldats et les officiers. Les premiers entendent parler d’armistice et, on le comprend facilement, sont impatients de voir ce cauchemar se terminer, alors que ceux qui commandent veulent toujours en découdre afin de gagner encore du galon.

    Albert Maillard, sur le front, ne veut pas faire partie des derniers morts : « Il savait que la guerre n’était rien d’autre qu’une immense loterie à balles réelles dans laquelle survivre 4 ans tenait fondamentalement du miracle. » Alors qu’il se retrouve en très fâcheuse posture, au fond d’un trou d’obus, il pense à Cécile et lui envoie un « Au revoir là-haut » pathétique.
    L’autre personnage que nous suivons jusqu’au bout de cette passionnante histoire, c’est Henri d’Aulnay-Pradelle. Arriviste sans scrupules et débordant d’ambition, il n’hésite pas à déclencher l’attaque de la côte 113, le 2 novembre 1918.
    Le troisième protagoniste se nomme Édouard Péricourt, grand jeune homme, fils d’un riche bourgeois. Jusque-là, il a eu de la chance mais « il confirme l’adage selon lequel le véritable danger pour le militaire, ce n’est pas l’ennemi, mais la hiérarchie. »
    Après nous avoir plongés au cœur des derniers jours de guerre, Pierre Lemaitre passe assez vite aux années qui vont suivre grâce aux aventures de ces trois héros permettant enfin d’en savoir plus sur cette période trop longtemps négligée. Qui peut imaginer qu’après l’Armistice signée en novembre 1918, nos soldats attendraient toujours leur démobilisation quatre mois plus tard ? « Voilà comment ça finit une guerre, mon pauvre Eugène, un immense dortoir de types épuisés qu’on n’est pas foutu de renvoyer chez eux proprement », écrit Albert.
    Pourtant, le pire reste à venir car « Tout le nord et tout l’est du pays étaient constellés de tombes de fortune creusées rapidement parce que les morts ne pouvaient pas attendre, pourrissaient vite, sans compter les rats. » L’État veut regrouper les tombes dans de grands cimetières mais il faut des cercueils et l’on embauche des Chinois, des Sénégalais pour déterrer les corps car ils travaillent pour une bouchée de pain. C’est le début d’une scandaleuse affaire que l’auteur nous fait vivre de l’intérieur : « Pour le commerce, la guerre présente beaucoup d’avantages, même après. »
    L’autre affaire concerne les monuments aux morts dont toutes les communes de France veulent se doter pour y inscrire les noms des victimes de cette guerre. Il y a aussi cette incompréhension envers ceux qui en sont revenus : « L’État refourguait aux anciens poilus de vieilles vareuses militaires reteintes à la hâte. » Entre les démobilisés et ceux qui sont restés à l’arrière, l’incompréhension est totale : « Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis des survivants. »
    1919. 1920. Pour faire plus de bénéfice, on fait fabriquer des cercueils trop petits, les corps sont mélangés, des soldats allemands sont inhumés sous une plaque française…

    Pierre Lemaitre braque les projecteurs sur ces scandales d’après-guerre et, en plus, c’est passionnant à lire. Jusqu’à la dernière ligne, de rebondissement en rebondissement, le lecteur est tenu en haleine, l’épilogue et les précisions finales de l’auteur complètent parfaitement un Prix Goncourt amplement mérité et à lire d’urgence.

  • 0.2

    Nous sommes en novembre 1918, à quelques jours de l'Armistice. Parce qu'il souhaite sortir glorieux de ce conflit et s'assurer quelques lauriers supplémentaires, le lieutenant Henry d'Aulnay-Pradelle décide de lancer une dernière offensive, celle de la cote 113. Pour motiver ses hommes, las de cette guerre qui n'a que trop duré, Pradelle n'hésitera pas à tuer deux d'entre eux d'une balle dans le dos et à imputer ce crime aux allemands. Témoin de cette mise en scène, Albert Maillard va être enterré vivant par Pradelle dans un cratère. Maillard se voit mourir, jusqu'à ce qu'il soit sauvé par un de ses camarades, Édouard Péricourt, juste avant qu'ils ne se fassent souffler par un obus. Les deux amis seront blessés mais vivants lorsque la fin de la guerre sera sifflée. Le retour à la vie civile s'annonce difficile. Édouard défiguré par le tir d'obus n'envisage pas de rentrer chez lui. Albert qui se sent redevable envers ce dernier décide de l'aider à changer d'identité en usurpant celle d'un poilu mort au combat. C'est donc ensemble que les rescapés tenteront de réintégrer tant bien que mal, la vie civile. Très vite, ils vont comprendre à leur dépends que leur pays ne peut rien pour eux. Désarmés, condamnés à l'exclusion, mais refusant de céder au découragement et à l'amertume, les deux hommes, que le destin a réunis, imaginent alors une escroquerie d'une audace inouïe et d'un cynisme absolu.

    Avec Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre nous livre une fresque teintée de malice et de noirceur en mettant en scène deux rescapés qui se retrouvent dans une France plus soucieuse d'honorer ses morts que de s'occuper de ses survivants. Il dénonce l'abandon des vétérans rentrés au pays sans rien si ce n'est qu'avec une vieille vareuse militaire reteinte à la hâte, la gueule abîmée, les mains tremblantes et accros à la morphine pour atténuer leurs souffrances. Il dénonce les petits arrangements et autres magouilles entre les bourgeois et autres parvenus du Paris du début du vingtième siècle qui ne pensent qu'à exploiter le fameux devoir de mémoire en utilisant leur statut social et leurs soutiens politiques dans le seul but de s'enrichir et de profiter de tous les avantages que leur statut leur procure. Deux mondes que tout oppose et pourtant qui vont se rejoindre autour d'une arnaque.

    Au revoir là-haut est un grand roman que son auteur qualifie à juste titre de populaire. Un roman non pas de piètre qualité littéraire, loin de là, mais un roman écrit pour le plus grand nombre. L'écriture de Pierre Lemaitre est simple, sans être simpliste, le style est rythmé, efficace, impeccable. A n'en pas douter, c'est un auteur qui sait conter. Il a le sens de l'humour et de la tragédie, il fait la part belle à l'action, au rebondissement, en n'oubliant jamais pour autant de soigner la psychologie et la restitution de l'époque. Ce roman est digne des grands auteurs à tel point que l'on a l'impression de lire du Balzac, du Zola, du Dumas, du Hugo. Au revoir là-haut c'est un peu tous ces auteurs à la fois...

    Alors si vous avez aimé La chambre des officiers de Marc Dugain, Les âmes grises de Philippe Claudel, vous devez absolument lire Au revoir là-haut avant d'aller le voir au cinéma puisque ce roman a été adapté par Albert Dupontel. Et si d'aventure il était besoin de vous réconcilier avec le Goncourt, je ne peux que vous inciter davantage. Pierre Lemaitre a bien fait de faire des infidélités au genre polar, il a réussi à faire rimer littérature populaire avec littérature tout court, pour notre plus grand plaisir.

    http://the-fab-blog.blogspot.fr/2016/08/mon-avis-sur-au-revoir-la-haut-de.html

  • 0.25

    À travers ce roman, nous suivons les aventures de deux hommes ayant survécus à la grande guerre. Nous avons d'un côté Albert, homme courageux au grand cœur qui va prendre soin d'Edouard, une gueule cassée sans aucune estime pour lui-même qui préfère se terrer plutôt que de voir du monde. Ces deux hommes ont tous deux été traumatisés par la guerre. Cette histoire nous plonge dans la post guerre, et pose une question que peu de roman aborde : que deviennent les héros de guerre dans une société qui tend à oublier les massacres ?

    Ce roman est une perle, qui allie émotion, réalité abominable et complots de l'après-guerre. Pierre Lemaitre arrive à travers cette amitié émouvante à nous montrer les vices cachés de cette guerre.

    Son écriture est très fluide et se lit sans modération. Malgré le nombre élevé de pages, il n'y a aucun moment plat qui pourrait s'avérer lassant, on est plongé dans l'intrigue du début à la fin.

    Néanmoins, nous avons à faire à deux personnalités bien différentes. En effet, tandis qu' Albert commence à se réintégrer et à retrouver une vie sociale, Edouard lui n'a plus aucun espoir, et va vers l'escroquerie. Il n'a plus rien à perdre, de son point de vue la guerre lui a tout pris, alors pourquoi ne peut-il pas reprendre ce qui lui appartient ?

    Nous allons alors commencer à prendre beaucoup de recul face à cette guerre. En effet, cette guerre était absurde, la vie après la guerre pour une gueule cassée est absurde, alors pourquoi ne pas continuer dans l'absurde ?

    ❀ Pour conclure ❀



    Ce roman nous offre énormément de réflexions, c'est pour cela que je lui mets cinq étoiles, parce qu'il ne fait pas que témoigner d'un événement horrible, il réussit à atteindre le lecteur au plus profond de son âme. Il allie l'écœurement de cette guerre à l'émotion, et nous montrer que malgré les actions dérisoires faitent par les hommes, il reste encore beaucoup d'humanité dans le monde.

    https://uneetoilereveuse.blogspot.fr/2016/07/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre.html

  • 0.25

    Je n’avais pas l’habitude de lire des romans à prix et puis je me suis laissée tenter. J’ai bien fait. Ce roman mérite son prix Goncourt. Il est très bien écrit, l’auteur nous invite dans un ascenseur émotionnel fantastique. On a peur, on sourit, on se réjouit on angoisse, on souffre avec les personnages de ce roman à la fois tragique et si bien pensé. Parler de la guerre 14-18 c’est sur ce n’est pas une base très joyeuse. Mais dès le départ on sent qu’on va vivre plusieurs des grandes injustices françaises qui ont eu lieu pendant et après cette tuerie. Les termes utilisés sont saisissants, la détresse des survivants est palpable, leur folie aussi. Et pourtant leur sentiment sont si vifs, que l’on s’attache très rapidement. Et cette supercherie, brillante idée, on en vient même les comprendre et les encourager. C’est un grand roman que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.

  • 0.2

    Un livre qui commence très fort avec une plongée au coeur des tranchées en cette fin de 1ère guerre mondiale. Puis le récit suit les deux jeunes hommes meurtris autant physiquement que moralement dans cet après carnage parisien. Une intrigue qui tarde un peu à se mettre en place et qui parfois est peu trop manichéenne à mon goût.

  • 0.25

    Quand un libraire dit à une jeune femme " c est un livre sur la guerre de 14-18 " je n ai pu que réagir ! Non ce n est pas un livre sur la guerre, c est un livre sur l apres guerre; l amitié profonde entre 2 hommes que tout separe , entre 1 homme que la guerre à défiguré et un autre qui essait de s en sortir en faisant qq betises; on aborde le devenir de ces poilus, de ces corps dechiquetés. Je crois que c est bien la 1ere fois qu un Goncourt me passionne autant. Lisez le !

  • 0.2

    Livre très original car traite de la guerre sans en faire le sujet principal. Très belle histoire d'amitié aussi. J'ai beaucoup cet auteur qui est capable d'écrire différents styles de romans.

  • 0.25

    Des romans sur la guerre, j’en ai lu beaucoup. Peut-on aimer un livre qui décrit tant de souffrance ? Je l’ai aimé, parce qu’il y a aussi des intrigues passionnantes, de très bons personnages, de l’histoire et de la société après-guerre. Le roman est écrit d’un style simple, transparent, on n’a pas envie de le poser, on veut absolument connaître la fin. Et c’est la fin qui est intriguant sur un point, à mon avis : les lecteurs/spectateurs un peu âgés, traditionnels comme moi n’aiment pas qu’à la fin d’un roman/film le coupable reste impuni. Alors qu’ici, j’étais contente qu’Albert puisse s’enfuir. Et si un roman incite à la compassion, c’est un très grand roman.

  • 0.2

    Si le prix décerné vous fait peur (GONCOURT !!), si l'épaisseur de l'ouvrage vous fait peur (près de 600 pages), si la période vous fait peur (guerre 14-18), surtout passez outre !!
    L'écriture est soignée et agréable à lire, le texte défile sous les yeux, les chapitres s'enchaînent, .. on est déjà à la moitié à la moitié du roman. On a hâte de savoir comment tout ça va se terminer mais on n'est pas tenté de bâcler la lecture pour autant, vu tous les rebondissements, la richesse des personnages avec chacun leurs défauts, leurs richesses (pour certains la balance penche plus d'un coté ou de l'autre). Tous les personnages ont leur part d'importance, ils sont magnifiquement bien travaillés. L'auteur traduit parfaitement cette époque d'après-guerre : les militaires, les aristocrates, les politiques et les pauvres; la survie pour les uns, l'enrichissement pour les autres; la petitesse des grands et la grandeur des petits.
    J'ai aimé les différents thèmes abordes : A qui profite la guerre ? ou comment faire pour qu'elle nous réussisse? La France ne s'est-elle pas trop occupé de ses morts et moins de ses survivants? Arrive-t-on à se détacher du regard de nos parents?Doit-on se sentir coupable, redevable de ce que la guerre a provoqué ?
    et bien d'autres thèmes encore ....
    Le fil rouge est l'escroquerie qu'ils mettent en place est certes, amorale (comme dit dans le 4ème de couverture) mais le comportement du gouvernement ne l'est-il pas tout autant ? .
    Ce cynisme, cette "amoralité" aurait pu se retrouver un plus dans le dénouement mais je n'en dirai pas plus au risque d'en dire trop pour celles ou ceux qui ne l'auraient pas encore lu. Si c'est votre cas, vite, filez chez le libraire !

    Pour aller plus loin : http://chezsabisab.blogspot.fr/2015/11/au-revoir-la-haut-pierre-lemaitre.html

  • 0.2

    Sur le moment, je m'étais dit "Prix Goncourt 2014, un peu facile de primer un livre sur la Première Guerre Mondiale. Voyons s'il le mérite". Finalement je me suis laissée entraîner.
    Lu il y a maintenant deux ans, j'en garde un souvenir ému et une écriture parfaite qui permet une lecture fluide, soutenue et où la tension de la première guerre se fait ressentir. Tout comme les perceptions physiques (douleur, odeur...) qui peuvent être perçues comme réelles à la lecture du roman.
    Effectivement, "Au revoir là-haut" mérite bien son prix Goncourt !
    En partageant mon avis, cela me donne envie de le relire.

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