Au pays du p'tit

Couverture du livre « Au pays du p'tit » de Nicolas Fargues aux éditions P.o.l

2.5

4 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818037270
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 240
  • Collection : Fiction
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Le héros et narrateur de ce roman a 44 ans et il enseigne la sociologie à l'université. Il vient de publier un essai violemment anti-français (La France. Ses Pfff, ses Chhht, ses Rhôlâlââ. Ses On va pas s'emmerder, ses Y'en a qui dorment , ses Ça va comme un lundi et ses Avec ceci. Les... Lire la suite

Le héros et narrateur de ce roman a 44 ans et il enseigne la sociologie à l'université. Il vient de publier un essai violemment anti-français (La France. Ses Pfff, ses Chhht, ses Rhôlâlââ. Ses On va pas s'emmerder, ses Y'en a qui dorment , ses Ça va comme un lundi et ses Avec ceci. Les lunettes de ses Jacques François et les barbichettes de ses Cyril Lignac. L'odeur de pieds de ses piscines municipales et de pisse des toilettes de ses cafés. Ses cadenas d'amour, ses belles paroles et ses beaux salauds.). Cela lui vaut d'être invité à l'étranger pour exposer ses thèses et lui donne l'occasion de mener à peu près tranquillement une carrière de Don Juan sur le presque retour. Car il est arrivé à cet âge, à ce moment, où certains, comme lui, se foutent de tout. Sauf, peut-être, des femmes et des voyages. Encore que. s'agissant des femmes, est-ce les aimer que de jouer avec leurs sentiments à des fi ns exclusivement prédatrices ? Quant aux voyages, si c'est par haine de son propre pays qu'il s'y livre.

On l'a compris, ce nouveau roman de Nicolas Fargues n'est pas des plus gais, ou positifs. En fait, il poursuit ici, et amplifi e, la critique de moeurs plus ou moins visible dans ses précédents romans (notamment One man show, Beau rôle, Le Roman de l'été et La Ligne de courtoisie). Mais il le fait de manière d'autant plus cruelle et dévastatrice qu'elle est brillantissime et frappe toujours là où ça fait mal. Et autant le dire sans détours : son héros est extrêmement antipathique. Non pas tant parce qu'il se livre à un véritable festival de « French bashing », sport devenu international et dans lequel il pourrait revendiquer un titre de champion, mais parce que son cynisme envers les femmes (la sienne, ses conquêtes passagères) atteint des sommets rarement lus. C'est d'ailleurs une des jolies bizarreries de ce livre que de fragiliser son propos par la mise en cause radicale de celui qui le porte. Pour fi nir, une sorte de morale sera sauve, une morale étrange, bien dans l'air du temps et comme elle-même contaminée par celui qui va la subir.

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Les derniers avis

  • 0.05

    Ce roman m'a laissée sceptique et perplexe.
    Le narrateur est un odieux personnage, ce qui en soi pourrait être prétexte à un roman ironique et passionnant ; malheureusement, ses méditations stupides exaspèrent plus qu'elles n'invitent à la réflexion, et c'est dommage, car certaines positions défendues dans l'essai qui se retrouve au centre de l'intrigue sont tout à fait intéressantes.
    La romance prévisible avec Janka n'apporte rien au récit, qui perd toute substance lorsque cette dernière en vient à occuper tout l'espace.
    Une lecture qui m'a beaucoup déçue!

    Ma chronique complète est ici : http://viederomanthe.blogspot.fr/2016/03/au-pays-du-ptit-nicolas-fargues.html

  • 0.1

    Il y a au moins deux lectures possibles de ce nouvel opus de Nicolas Fargues. La première, très premier degré, en fera le récit très sombre d’un intellectuel déçu de sa carrière, de sa vie et de son pays et qui ne cesse de ruminer cette crise existentielle. La seconde, beaucoup plus jouissive, se lit entre les lignes. Dans les réflexions du sociologue sur ce qu’il aurait pu ou dû faire, sur l’autre regard qu’il pourrait porter sur le presque demi-siècle qui vient de s’écouler, car «rien ne sert d’essayer de devancer le temps, qui a son rythme propre. Il finit toujours par nous rattraper.»
    Des digressions proposées par le narrateur, Romain Ruyssen, sociologue et maître de conférences à l’université qui vient de publier Au pays du p’tit, un essai philosophico-politique qui dépeint une France en dépression et taille en pièces ce pays d’assistés, d’incultes, d’indisciplinés, de laxistes. Un ouvrage qui va jusqu’à être qualifié de «pamphlet poujadiste», mais qui va permettre à son auteur de gagner une certaine notoriété et d’être invité à débattre en Russie et aux Etats-Unis.
    Le ministère des affaires étrangères l’envoie à Moscou pour un colloque à la Maison centrale des écrivains. A 44 ans, il va pouvoir développer ses plus belles diatribes et expliquer que pour un Français « être agacé par les autres et se considérer soi-même supérieur au reste de l’humanité est davantage qu’un folklore national : c’est un mode de vie, une fierté, une conviction, un code génétique, bref, une culture. » On pourra multiplier les qualificatifs pour dépeindre cet aigri de 44 ans – cynique, calculateur, ironique, mordant, désagréable, capricieux, insatisfait, infréquentable, blasé, glaçant ¬–¬ et pourtant on va finir par s’y attacher, à l’image de cette slovaque de 25 ans à la poitrine volumineuse qu’il a repéré dans l’auditoire.
    Janka Kučová n’est toutefois pas une proie facile. Aussi faudra-t-il que notre homme déploie tout son entregent et sorte son portefeuille pour réussir à mettre l’étudiante dans son lit. Mais même dans la séduction, chassez le naturel et il revient au galop : « J'avais pris un plaisir sadique à lui signifier par cette seule réponse que rien de ce que j'entreprendrais avec elle ne serait pour moi une première fois. Si elle avait été plus douce, moins dominatrice et moins cruelle, pensai-je, je lui aurais menti, par charité. Je me serais privé de faire le malin pour ne pas lui gâcher la certitude que c'est peut-être avec elle que j'allais étrenner ceci : faire l'amour dans un hammam, comme au cinéma. Pour l'assurer que, malgré son jeune âge et toutes les vies que je traînais derrière moi, elle avait la possibilité de me faire encore découvrir quelque chose. » Son périple aux Etats-Unis sera du même tonneau.
    L’ analyse froide – d’autres diront lucide – du sociologue n’est pourtant que le miroir de son mal-être. Il finit par tout filtrer à l’aune de son vécu. Encore un effort et ce collègue de David Lodge qui aurait égaré ses antidépresseurs nous livrerait un traité d’optimisme à l’issue de sa promenade sur le campus de l’université d’Iowa : « On se met à respecter les règles et à respecter les autres, on apprend à devenir responsable, à patienter, à remplacer la mauvaise humeur et les frustrations par du dynamisme, et l’on finit par se rendre compte que cela donne du sens à la vie, cela rend la vie plus intense et plus stimulante…» Jubilatoire !
    https://collectiondelivres.wordpress.com/2015/10/28/au-pays-du-ptit/

  • 0.25

    Nicolas Fargues : Je suis FAN!
    Encore une fois, dans "Au pays du p'tit", on retrouve sa maestria à jouer au ping-pong avec les 'pour et contre', les vérités et leurs contraires,les idées reçues et leurs détracteurs, les sentiments mis à nu. Le regard est ascéré sur nos sociétés. On voyage. Le ton est cash. Un peu d'amour et de cruauté et une bonne dose d'humour, me voilà à ne pas quitter le livre et rire seule sur mon balcon parisien un samedi après-midi!
    Moi qui donne mes livres après les avoir lus, je garde les Nicolas Fargues et tout particulièrement ce dernier "p'tit chef d'oeuvre"!

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    • Michèle FINANCE le 02/10/2015 à 08h35

      Merci Dominique ! Je vais suivre vos conseils.

    • Dominique JOUANNE le 01/10/2015 à 20h23

      Michèle,
      Avant de lire son dernier roman, je vous conseille plutôt de lire avant 'Le tour du propriétaire' ou/et 'Rade Terminus' puis 'La ligne de courtoisie' pour comprendre son dernier roman qui est la continuité d'une escalade en force.
      Je n'ai pas lu 'tu verras' qui a été une parenthèse de son œuvre quand son fils a failli se faire renverser par une voiture.
      Personnellement j'adore ses romans proche de l'écrivain voyageur mais avec un regard d'aigle... Ayant beaucoup voyagé et résidé de nombreuses années en Asie du Sud Est, je me retrouve complétement dans son œuvre. Sans compter qu'il manie la langue française avec grand art, finesse et simplicité (sinon, il ne serait pas mis en lice par l'Académie Française...).

    • Michèle FINANCE le 24/09/2015 à 10h22

      Je n'avais pas du tout aimé "tu verras" mais je vais lire celui-ci.

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