Au moins il ne pleut pas

Couverture du livre « Au moins il ne pleut pas » de Paula Jacques aux éditions Stock

4

1 note

  • Date de parution :
  • Editeur : Stock
  • EAN : 9782234075603
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 356
  • Collection : Bleue stock
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Hiver, 1959. Nous sommes à Haïfa et il fait froid. Un temps auquel ni Solly (14 ans) ni Lola (15 ans) Sasson, orphelins et juifs d'Égypte, ne sont habitués, un temps à ne pas mettre un enfant dehors. Comme ils sont différents ! Mais pareillement apeurés : Solly, c'est de la graine de... Lire la suite

Hiver, 1959. Nous sommes à Haïfa et il fait froid. Un temps auquel ni Solly (14 ans) ni Lola (15 ans) Sasson, orphelins et juifs d'Égypte, ne sont habitués, un temps à ne pas mettre un enfant dehors. Comme ils sont différents ! Mais pareillement apeurés : Solly, c'est de la graine de voyou, qui séduit et se débrouille pour survivre à tout ; Lola, c'est une littéraire, romanesque, rêveuse, entière. Où aller ? Où les portera cette nouvelle vie de déracinés ? À Wadi Salib, sur les hauteurs de Haïfa, chez deux femmes étranges, Ruthie Schreiber la silencieuse et Magda la bavarde, qui vivent comme des soeurs, liées par un pacte de la mémoire : ce sont deux rescapées des camps. Du moins, c'est ce que le lecteur va croire au début de ce roman foisonnant, humain, émouvant et provocateur à la fois. Les déportées le furent-elles vraiment ? Quel est le prix à payer pour survivre ? Et dans l'Israël des colons et de la coexistence difficile des communautés, comment s'adapter, que choisir et qui être ?

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Le courrier des auteurs

Paula Jacques répond à nos questions ! (04/03/2015)

1) Qui êtes-vous ? ! Je suis en vie. La vie est extraordinairement intéressante quand on est en vie. Autrement, je suis née en Égypte dans une famille juive expulsée par la révolution Nassérienne, arrachée à sa terre natale et qui après moult errements s'est trouvé une patrie d'adoption naturelle dans la langue Française. 2) Quel est le thème central de ce livre ? L'élan vital des survivants. Ce qu'il faut faire et quel est le prix à payer pour survivre. Israël en 1959. Deux jeunes orphelins frère et soeur ballotés par les évènements (leurs parents sont morts au Caire dans un accident de voiture) trouvent refuge à Haïfa dans une maison habitée par deux femmes survivantes du camp de concentration de Ravensbrück. Elles ont d'étranges rapports amies-ennemies et semblent cacher de lourds secrets coupables, surtout la plus âgée, Magda qui est toute bonté pourtant et générosité pour les deux adolescents. En butte à nombre de péripéties dangereuses, orphelins et rescapées des camps de la mort vont, se liguant contre l'adversité, réussir à construire une chaude famille humaine. A s'offrir envers et contre tout un avenir où : «Au moins il ne pleut pas». 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Tout ce qui est terrible a besoin de notre amour,» selon la phrase de Rainer Maria Rilke. 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Une chanson de Nina Simone : Cinnerman Oh, pécheur, où iras-tu te cacher
 Pécheur, où iras-tu te cacher
 Où iras-tu te cacher ?
 Ce jour là 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? La chaleur humaine, l'empathie pour les personnages, et bien sûr le plaisir éblouissant des lectures qui vous embarquant dans leur univers, vous ravissent au monde réel. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Je fonctionne avec la régularité d'un clerc de notaire. Tôt le matin, après la promenade des chiens, je suis à mon bureau jusqu'à 14 H. Pas de musique. Alors je suis sourde à tous les bruits du monde. Une telle concentration, une bombe exploserait, je ne l'entendrais pas. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Je ne sais pas trop. Parfois je vois une scène se dessiner sous mes yeux. A d'autres, mes personnages se mettent à dialoguer dans ma tête librement. Quand ça m'arrive dans la rue par exemple, les gens doivent me prendre pour une folle car mes lèvres s'agitent de muettes paroles. Mais la plupart du temps, l'écriture est une petite brique qui s'ajoute à la construction d'une maison sans savoir si, le lendemain, la maison sera encore debout. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ? Par la lecture. La folle passion de lire des romans. J'ai toujours voulu écrire, aussi loin que je me souvienne. Je n'imaginais pas de plus beau destin. Enfant, mon prof de Français me trouvait douée, forcément, lisant énormément j'avais plus de vocabulaire que mes petits camarades. 9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ? «Poil de carotte» à neuf ans au Lycée Français du Caire, pour cause d'identification à l'enfant mal-aimé de sa mère. Et plus tard, à 16 ans, deux livres essentiels : «Le dernier des Justes» de André Schwartzbart et «Belle du Seigneur» d'Albert Cohen. 10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? ! A éclairer la complexité de l'âme humaine. A maintenir le goût de miel des mots sur la langue. A restituer, mieux que l'historien parfois, la mémoire des choses du passé. A vivre les mille vies qu'on ne connaitra jamais. A mieux se connaître soi-même.

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  • 0.2

    Nous sommes en 1959, orphelins et rejetés par les oncles et tantes et de l’Egypte, Solly et Lola, deux adolescents, sont mis sur un bateau en partance pour Israël, la Terre Promise. Pour ne pas être séparés, ils acceptent la proposition de Georgie, une petite crapule et débarquent chez Magda, tante de Georgie, et Ruthie. La grande maison du quartier populaire et populeux de Wadi Salib sera le théâtre de leur nouvelle vie.
    Pourquoi ces deux femmes que tout semble séparer qui passent leur temps à se quereller vivent sous le même toit ? Question qui taraude Lola. En dehors de ces cours d’hébreux, elle cherche à découvrir ce que cache l’énigmatique et froide Ruthie. Pendant ce temps, Georgie et Solly se livrent à des trafics lucratifs.
    A travers les habitants de cette maison, j’ai suivi l’installation, l’acclimatation de Lolla et Solly Sasson. Paula Jacques parle de sujets quasiment pas abordé en littérature : les débuts de l’Etat d’Israël, l’ostracisme qui règne entre les juifs européens et les juifs orientaux qu’ils soient marocains, égyptiens…Lire leur mépris face à ces famille nombreuses en enfants, n’ayant pas du tout la même culture, pas aussi « évolués » qu’eux a été, pour moi, un grand étonnement. Tout comme la façon dont a été réglé le problème de la révolte des humbles par la destruction du quartier populaire de Wadi Salib où ils habitaient. Pas contents ? Hop, on vous éparpille aux quatre coins du pays et on rase le quartier ! C’est que ce qui arrivera aux habitants de la grande maison.
    Il est déjà question, au début des années 60, de racisme envers les arabes. Un palestinien s’en prend à Georgie parce qu’il lui avait fourgué une fausse montre qui ne marchait pas. C’est le pauvre homme qui se retrouve les mains menottées et tabassé devant tout le monde. « Un sabra, un natif, le sel de la Terre, avait toujours raison contre un sale Arabe »
    « Quand il se laissa emmener, les mains liées dans le dos, la tête rentrée dans les épaules, le nez sanguinolent, sa figure exprimait la grande souffrance de l’homme humilié dans ses droits et sa dignité ».
    Etonnant aussi la chape de silence sur les juifs rescapés des camps nazis, presque soupçonnés de vilénies envers ceux qui y sont morts. Pourquoi eux et pas les autres ?
    Le procès Eichmann va ouvrir les vannes. Magda, reconnue par une ancienne compagne de misère, sera dénoncée parce que kapo dans les camps. La construction de cette partie du livre est très intéressante. Paula Jacques a écrit les évènements sous forme de procès-verbaux. Magda, en réponse aux questions, raconte sa vérité qui se trouve être la vérité.
    A la question « Vous reconnaissez avoir collaboré avec les nazis ? », voici la réponse de Magda : « Non, je ne reconnais pas avoir « collaboré ». C’est une grave erreur d’employer le mot « collaboration », monsieur le juge. On ne collaborait pas avec le Allemands. Les Juifs étaient au monde pour qu’on les tue et, tôt ou tard, nous allions toutes y passer. »
    « Oui j’ai bien été nommée blokva du block 9 à Ravensbrück. Non, je ne pouvais pas refuser. Oui, si j’avais refusé, j’aurais signé ma propre condamnation à mort. A ma place, Monsieur le Juge vous auriez refusé ? »

    La première partie du livre, mine de rien, à travers la vie des deux adolescents, est une chronique de l’état d’Israël en pleine construction, très pragmatique et froid pour aller jusqu’à séparer une fratrie orpheline à leur arrivée en Israël.
    Un livre qui se lit facilement, mais qui ne s’oublie pas facilement. Un bon livre qui parle de faits que l’on tait facilement.
    J’ai découvert Paul Jacques, qu’il m’arrive d’écouter sur France Inter le dimanche après-midi, en tant qu’écrivain et j’ai aimé son écriture limpide. Une belle découverte.

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