Au commencement du septième jour

Couverture du livre « Au commencement du septième jour » de Luc Lang aux éditions Stock

4.333333333

15 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Stock
  • EAN : 9782234081857
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 540
  • Collection : Bleue stock
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

4 h du matin, dans une belle maison à l'orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se... Lire la suite

4 h du matin, dans une belle maison à l'orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d'avoir un très grave accident, sur une route où elle n'aurait pas dû se trouver.
Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu'il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d'abîmes sous ses pas.
De Paris au Havre, des Pyrénées à l'Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines.Un roman d'une ambition rare.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Prometteur en 4e de couv l'auteur n'a pas su s'arrêter à temps. Une jolie 2e partie néanmoins.

  • 0.2

    C'est vraiment un beau roman que celui-ci, et certainement plus profond que ne le laisserait penser la 4ième de couverture.
    Il est partagé en 3 « livres ». On y voit comme une inspiration biblique, le titre et les prénoms des personnages le font penser.
    Le premier « livre » voit une famille confrontée au grave accident de la mère, la nuit, à un endroit où elle n'avait rien à y faire. Le père,Thomas , brillant informaticien, mettra toutes ses connaissances au service d'une vérité, qui, en fait restera cachée. Par contre, lui, se découvrira père à plein temps.
    Second « livre », Thomas repart sur les lieux de son enfance, dans les montagnes des Pyrénées ,renoue avec son frère,Jean , redécouvre sous un autre œil son enfance avec sa sœur Pauline qui s'est enfuie très tôt pour faire de l'humanitaire en Afrique. Et c'est en parlant avec son frère qu'il découvre un effrayant secret de famille.
    Troisième « livre » l'Afrique, les « tracas » inhérents à ce continent (prison par exemple).
    Il réapprend à s'occuper et à écouter les autres, en retrouvant Pauline.
    La dernière phrase est très belle et résume bien cette histoire.
    En bref , un excellent roman , mais dans lequel hélas je me suis parfois ennuyée, en particulier dans les montagnes où les descriptions de paysages sont un peu longues. Certes à ce moment là du roman le temps est à la réflexion profonde, mais tout de même...
    Cette grosse somme de travail aurait peut-être gagné à être un peu allégée, à mon très humble avis.

  • 0.25

    Avec son dernier roman, AU COMMENCEMENT DU SEPTIÈME JOUR, Luc Lang a rencontré un succès unanime, aussi bien de la part de la Presse que des Libraires et il serait trop long de vouloir relater tous les éloges reçus.
    Lors d’une rencontre, dernièrement, avec Luc Lang, celui-ci a expliqué avoir voulu donner une connotation biblique à son livre (d’abord avec le titre car le septième jour correspond au dimanche, jour de repos instauré par Dieu ; puis par les noms des principaux personnages : Thomas = Saint Thomas – Jean = Saint Jean – Pauline = féminin de Saint Paul).
    Ce livre est le fruit de cinq années de travail et il est composé de trois parties : Livre 1, Livre 2, Livre 3. Il pourrait presque s’agir de trois livres réunis en un seul de 538 pages.
    En effet, dans chaque Livre (ou chapitre), l’auteur nous emmène d’abord à Paris, puis dans les Pyrénées et enfin, en Afrique.
    C’est d’abord l’histoire de l’accident incompréhensible de Camille (l’épouse de Thomas Texier, brillant informaticien), qui se trouvait, en pleine nuit, sur une petite route de campagne où, apparemment, elle n’avait aucune raison d’y être.
    Thomas est donc réveillé à 4 heures du matin avec cette nouvelle sur l’accident et part avec l’intention de retrouver Camille à l’hôpital. Et là, commencent d’incessants allers-retours pour suivre l’état de santé de Camille, plongée dans un coma profond. Thomas ne sait pas comment annoncer la terrible nouvelle à ses deux jeunes enfants, Anton et Elsa. Il essaie toujours de reculer cette échéance et tente de trouver une explication pour savoir ce que faisait Camille en ce lieu alors qu’elle était attendue chez elle.
    Tout de premier Livre est donc consacré à cela et on n’en apprend guère plus sur l’état de santé de Camille, à part que du coma profond elle est passée à un coma plus léger. Mais c’est tout (ou presque). Il faut lire l’ouvrage.
    Dans le Livre 2, on se retrouve dans les Pyrénées avec Jean, frère de Thomas, dans leur région d’enfance où seul Jean est resté pour continuer sa vie de berger. Leur sœur Pauline est partie en Afrique depuis longtemps et on verra cela dans le Livre 3.
    Donc, dans ce Livre 2, Thomas repense à toute son enfance dans ces Pyrénées natales et il renoue des liens qui s’étaient un peu estompés, avec son frère aîné qui lui reproche d’être parti à Paris et de l’avoir laissé régler l’héritage.
    Thomas en profite aussi pour faire de longues randonnées mais au cours de l’une d’entre elles il frôle un grand danger et va jusqu’à l’épuisement total. On apprend également un peu de ce qui est arrivé à Camille mais rien n’est bien certain.
    Enfin, dans le Livre 3, Thomas part en Afrique, au Cameroun, pour retrouver sa sœur Pauline qui se consacre aux plus démunis et il la qualifie même d’être une sorte de Mère Thérésa.
    C’est dans ce dernier chapitre que Thomas apprend le lourd secret de famille qu’ont porté Jean et Pauline en voulant épargner Thomas. Mais celui-ci n’a de cesse de vouloir faire revenir sa sœur en France et là aussi il va connaître de multiples incidents, notamment avec la police africaine.
    Il va tomber des nues quand Pauline lui révélera la vérité sur son départ pour l’Afrique, quand elle lui dira la vérité sur Jean, ce que Thomas a du mal a comprendre et à accepter.
    Cela fait beaucoup de choses à admettre et, au milieu de ce drame familial, se mêle le drame politique de l’Afrique avec les terroristes et Boko Haram.
    Il n’est pas facile de parler de ce livre sans en dévoiler certaines parties et, pour l’auteur, c’est peut-être le meilleur de ceux qu’il a écrits précédemment. C’est certainement le plus profond avec ses multiples questions : origines, héritage, politique, quête de soi-même…
    C’est un roman qui doit se lire tranquillement, en savourant chaque page, le style avec toutes ces phrases terminées par des points de suspension ;
    A noter la dernière ligne : Voilà. Je dois vous dire quelque chose. C’est important.
    Oui, ce livre est très important et puis cette dernière phrase veut-elle nous faire revenir au début ?

    AU COMMENCEMENT DU SEPTIÈME JOUR a d’ailleurs fait partie d’un gros coup de cœur de la rentrée littéraire 2016 et il est vraiment à découvrir car il pose des questions fondamentales. Je constate que je suis arrivée à ne pas en raconter la moitié. Et cela permettra au futur lecteur de faire une jolie découverte d’un auteur qui sait captiver son public.
    A signaler que ce n’est jamais ennuyeux, on a vraiment envie de toujours aller plus loin dans cette histoire si riche et empreinte d’une grande tension. On se laisse prendre par l’atmosphère et on ne lâche jamais Thomas dans sa quête pour trouver des réponses à toutes ses questions.
    Une fois de plus, Luc Lang subjugue le lecteur avec son écriture bien à lui mais si simple aussi.
    J’avais hâte de lire ce livre et je reconnais l’avoir dévoré – on peut appeler cela un page turner mais aussi un road movie. Je n’ai jamais trouvé aucune longueur et le fait d’avoir nommé chaque chapitre par Livre, était bien justifié et très original. En effet, nous avons trois histoires qui ont, évidemment, un point commun, mais comme elles ont lieu, chacune, dans un lieu différent, et ont, chaque fois, une trame particulière, le lecteur reste toujours passionné par l’histoire et il est hors de question de s’arrêter de lire un Livre et de ne pas vouloir connaître la suite.

    J’ai tout de même relevé deux critiques parmi tant d’autres:
    ELLE : L’écrivain excelle à rendre compte de la cartographie des sentiments et de la profondeur de nos paysages intérieurs.
    TELERAMA : Par sa saisie immédiate de l'instant, de la beauté des choses, de l'écoulement du temps, son roman devient une forme d'intelligence du monde. Luc Lang se sert des mots comme un peintre de ses couleurs.
    Luc Lang peut chômer, comme Dieu. Son roman est très bon.

  • 0.2

    Le couple que Thomas 37 ans forme avec Camille traverse une crise. Les enfants, le boulot, la routine, Thomas lutte pour que rien ne casse. Ce soi-là, il a même préparé un repas en amoureux pour leur dix ans de mariage tout en sachant que Camille n’aura sûrement pas envie, qu’elle sera encore trop fatiguée par ses aller-retour incessants entre son job à responsabilités qu’elle occupe au Havre et leur maison en banlieue. Mais cette nuit-là, c’est la gendarmerie qui appelle à quatre heures pour prévenir que Camille a eu un accident de voiture, très grave, qu’elle est hospitalisée en réa au CHU de Rouen. Alors Thomas confie les enfants à la nounou et file sur l’autoroute au petit matin. Le doute s’installe très vite, mais que faisait Camille sur cette petite route de Normandie ? N’aurait-elle pas dû se trouver sur l’autoroute pour rentrer ? Mais Camille ne pourra répondre à ces questions puisqu’elle est dans un coma de stade 3, un coma profond. Thomas veut comprendre, il cherche tous les indices qui pourraient expliquer pourquoi Camille se trouvait là. Après 28 jours, Camille se réveille enfin, complètement absente. C’est la fin de la première partie de ce roman qui m’a happée littéralement, par son rythme soutenu, impossible de reprendre son souffle, les phrases s’enchaînent, la mise en page est dense, comme un bloc, aucun retour à la ligne, les dialogues ne sont pas matérialisés, contraints dans l’urgence, les mots courent, ils s’échappent. J’étais essoufflée et abasourdie en commençant la deuxième partie dans lequel je m’attendais à faire la connaissance de Camille, à participer à sa renaissance, à trouver quelques réponses. J’ai donc été très étonnée de me retrouver dans les Pyrénées, avec Thomas, sac au dos, gravissant les sommets avec peine mais détermination. Les enfants sont restés en bas, chez leur oncle Jean et jouent aux petits bergers. Dans les montagnes sur un chemin de randonnée, Thomas se raconte son enfance de petit dernier, la rudesse de son frère aîné Jean le berger, Pauline sa sœur partie en Afrique, la mort de son père victime d’une chute près du lac d’Anie quand il avait 7 ans. Et Jean qui met l’horreur en mots, et Thomas qui enfin comprend, les non-dits, l’infâme secret de famille, la fuite de sa soeur. De Camille, on ne parle plus, ou si peu, mais l’on comprend qu’elle n’est plus, sans savoir ni quand ni comment. Une deuxième partie qui, encore une fois m’a laissée pantelante. Où allait donc me conduire Thomas pour ce dernier livre 3 ? En Afrique évidemment, où il rejoint Pauline, qui a crée un dispensaire au Cameroun. Un saut dans l’inconnu pour Thomas, d’autres paysages, les retrouvailles avec sa soeur depuis si longtemps perdue. Il voudrait la ramener en France, maintenant qu’il sait, qu’il a tout compris. Le Cameroun est un pays en guerre, la vie y est dangereuse, il en a fait les frais puisqu’il s’est retrouvé emprisonné pour quelques jours. Il a besoin d’elle, lui qui a tant perdu, pourtant il repartira sans elle mais avec Aliou, un autre trésor, pour reprendre sa vie avec Anton et Elsa, ses enfants chéris et Claire, la mère de Camille, qui a été son grand soutien.

    C’est un livre comme on en rencontre parfois, qui touche profondément, qui laisse une empreinte sans que l’on sache vraiment pourquoi. Une universalité, la course existentielle, les histoires de famille, de fratrie, d’enfants, de pertes, de retrouvailles, un livre qui parle de la mort et finalement de la vie. Un roman magnifique !

    C’est un livre comme on en rencontre parfois, qui touche profondément, qui laisse une empreinte sans que l’on sache vraiment pourquoi. Une universalité, la course existentielle, les histoires de famille, de fratrie, d’enfants, de pertes, de retrouvailles, un livre qui parle de la mort et finalement de la vie. Un roman magnifique !

  • 0.25

    C'est un couple contemporain. Lui, Thomas, ingénieur informaticien, et elle, Camille, femme d'affaires en pleine ascension, avec deux enfants, Anton et Elsa, vivent cette existence où le temps est sans cesse rentabilisé, essoré par leurs multiples activités entre la Normandie et la région parisienne. Et puis il y a cet appel téléphonique qui apprend à Thomas que Camille sa femme est dans le coma après un accident de voiture sur une route normande où elle n'avait rien à faire. Et le temps tout à coup devient élastique, malléable, comme ce septième jour biblique que Dieu consacra au repos après avoir inventé un univers. Thomas parcourt des trajets affectifs, mentaux et géographiques afin d'éclaircir les raisons de l'accident. Ce-faisant il découvre le temps de Camille, un temps hors de leur couple, un temps dont il ne savait rien et qui vient réécrire leur histoire. Des mystères de la jeune femme, nous ne connaîtrons, comme Thomas, que des bribes, des fragments à ordonner, à interpréter et à organiser en récit. Le lecteur s'empare de ces ellipses dont Luc Lang joue magistralement, s'y glisse pour y insérer son propre point de vue et donner vie à ce temps vide qui lui est attribué. Et c'est une démarche absolument passionnante que ce tissage entre un lecteur, une histoire et un auteur.

    Le cheminement de Thomas se lit à travers des paysages, des espaces géographiquement signifiants : aux villes, routes et autoroutes du début succèdent les montagnes pyrénéennes et leurs horizons déchiquetés, accidentés, où l'on risque la chute mortelle en cas d'imprudence. C'est ensuite l'Afrique qui déploie ses déserts et sa sècheresse. Le danger prend alors une autre nature, totalement inédite pour Thomas, si ancré dans la modernité et le futur. Cette traversée de paysages différents coïncide avec une sorte de reconquête de sa propre histoire familiale : son frère, Jean et sa soeur, Pauline, participent au dévoilement des secrets de famille dont il a été éloigné mais qui, finalement, ont pétri sa personnalité.

    "Au commencement du septième jour" est de ces livres qui ne se satisfont pas d'une seule lecture. Remarquablement construit et écrit, le roman de Luc Lang joue du dépouillement psychologique et des vides narratifs et met ainsi puissamment en branle l'imaginaire du lecteur. De même que pour Thomas, le sens se construit par un parcours à travers des lieux, des rencontres, des situations et peu à peu l'errance s'organise en trajectoire, en connaissance de soi et des autres, sans démonstrations ostentatoires. Rien n'est donné à l'avance, tout est à construire sans fatalité, au rythme des mots et des phrases à peine ponctuées du roman. Une lecture passionnante !

  • 0.15

    Quoi dire de plus il y a déjà beaucoup d'avis j'ai eu du mal avec les 100 dernières pages c'est dommage la vie de cet homme est intéressante mais je me suis essoufflée
    Ce qui est sure pour moi c'est loin d'être le meilleur ouvrage de la rentrée

  • 0.25

    C'est un roman qui laisse groggy, éreinté mais heureux. Comme après une bonne séance de running, avec l'impression d'avoir été au-delà de la souffrance pour atteindre cette pleine conscience de son corps, cet état de semi béatitude qui permet de tout pardonner. Luc Lang attrape son lecteur dès les premières lignes et ne le lâche plus, le menant à un rythme effréné sur les chemins de la connaissance de soi. Car c'est de cela dont il est question au fil de ces 500 pages que l'on dévore. Éplucher, couche après couche, tout ce qui nous sépare de la quintessence de notre être. Se dépouiller des querelles, des faux-semblants, des mensonges, des chimères, de tout ce qui nous cache aux autres et à nous-mêmes. Renouer. Se réconcilier. Revivre.

    C'est au moment où sa vie bascule que nous débarquons dans la vie de Thomas, la petite quarantaine, informaticien toujours débordé, mari de Camille elle-même cadre hyper dynamique chez un opérateur de téléphonie et père de deux enfants, Elsa et Anton. Une vraie publicité ambulante cette famille. Jusqu'à ce coup de téléphone, en pleine nuit. Camille, victime d'un terrible accident sur une route de Normandie est dans le coma. Problème : elle n'aurait jamais dû se trouver sur cette route. A partir de cette situation que l'on peut qualifier de classique et même de déjà vue, Luc Lang bâtit un roman exceptionnel, dans lequel le lecteur chemine constamment aux côtés de Thomas, à son rythme, au rythme de son souffle, tantôt haletant, tantôt résigné mais toujours tourné vers l'avant, même lorsqu'il s'agit de replonger dans le passé.

    Des raisons de l'accident, de la présence de Camille sur cette route, nous ne saurons rien parce qu'on ne met pas toujours des éléments rationnels sur des questionnements existentiels. Thomas a beau être un as de l'informatique, pénétrer le système informatique de la voiture accidentée, il n'aura pas de réponse à ses questions. L'essentiel est ailleurs. Dans le déséquilibre que crée désormais cette absence. Dans les questions qui pèsent sur tout ce qui faisait jusqu'à présent l'environnement de Thomas. Avec la mort de Camille, les failles du passé ressurgissent, l'envie pour Thomas de renouer les liens distendus avec sa fratrie. Camille était plus proche de son frère Jean que lui-même, il y avait une compréhension entre eux qui n'existait pas entre les deux frères. Thomas commence par se rapprocher de Jean, qui a repris la ferme familiale dans les Pyrénées et mène une vie sobre de berger producteur de fromages au milieu des brebis. Ce n'est que le début de sa quête qui le conduira ensuite en Afrique, dans un Cameroun en proie aux incursions armées de Boko Haram, là où sa sœur, Pauline est installée en tant que médecin depuis une quinzaine d'années.

    La grande réussite de ce livre c'est la façon dont l'auteur nous donne à comprendre, à ressentir même la longue mais profonde transformation de Thomas, confronté à tout ce qu'il n'a jamais voulu voir ou savoir, obligé de se frotter à des interrogations qu'il a jusque-là totalement mises de côté, de sortir de sa zone de confort. Il est question d'identité, de métissage, de transmission, d'origines, d'héritage, de ce qui sépare ou soude une famille. L'écriture, le ton, le rythme, tout converge vers ce chemin que Thomas se doit d'accomplir jusqu'au bout. Mais ce que nous raconte Luc Lang, c'est la vie. C'est notre monde, complexe, violent, trop rapide. Les choix que l'on fait. Les multiples dimensions d'un homme. Il nous dit que nous avons les moyens de reprendre les choses en mains. A condition d'accepter la souffrance et d'affronter ses démons.

    "...il songe qu'un nouvel ordre mathématique étalonne sa vie, que les mesures sont à reprendre, qu'il a vécu dans une obscurité insouciante qui aurait pu durer jusqu'à ses derniers jours peut-être, si Camille... puis Jean... La clairvoyance. Qui vient trop tard."

    Oui, on sort totalement groggy de ce livre. Essoufflé mais ravi. Impressionné par la performance de l'auteur, ce fil narratif qui ne rompt jamais, l'émotion qui affleure au fur et à mesure que Thomas se débarrasse des scories qui polluent son esprit, et ces personnages, tous ces personnages auxquels on s'attache, qu'on a l'impression de connaître, qui deviennent des compagnons dont on a peine à se séparer.

    Une réussite totale. Qui ferait un superbe Goncourt. Mesdames et messieurs les jurés...

  • 0.25

    Thomas, Camille et leurs deux enfants Anton et Elsa forment en apparence une famille exemplaire.
    Le couple a réussi sa vie professionnelle mais celle-ci est envahissante et lorsque l'accident de Camille arrive il faut composer avec un monde qui n'accepte pas que le privé entrave le professionnel.
    S'ensuit la description minutieuse d'un quotidien familier, d'une quête d'expliquer l'inexplicable, cette solitude qui est propre à celui qui est frappé par la tragédie, cette perte de repères et d'appuis...
    La seule personne dont Thomas ressent le besoin, à ce moment-là, c'est son père mort lorsqu'il avait six ans. Et ce bref éclair dans la narration semble d'une importance capitale.
    Cet accident est mystérieux jusqu'à quel point?
    "Son hypothèse ne tient pas, Camille ne s'est engagée dur aucune déviation. C'est une autre raison qui lui fait emprunter ces départementales dérobées à 3h du matin."
    Cette première partie nous révèle combien l'être humain est seul face aux catastrophes.
    Pour Thomas commence une course contre la montre qui laisse le lecteur halétant, épuisé, troublé, et déboussolé et totalement emphatique.
    Le sentiment d'urgence est prégnant et envahissant et il ne nous dévoile rien de cette histoire qui, nous en sommes sûrs, est exceptionnelle.
    Si ce roman débute sur quelque chose qui est usité, le lecteur est happé par un talent d'écriture où aucun mot n'est superfétatoire, un ensemble dense qui nous fait comprendre que la vie est un tout.

    Deuxième acte : le chaos est total. Thomas va préserver ses enfants en les amenant pour toutes les vacances chez leur oncle Jean. Ce dernier a repris, il y a longtemps, la bergerie familiale, après le décès du père. Entre les deux frères il y a de l'amour mais beaucoup de non-dits et d'incompréhension sur le sens d'une vie. Thomas va se ressourcer en parcourant la montagne, prendre de la distance et entrevoir des points obscurs de cette enfance. Points qu'il n'a pas essayé d'appréhender et qui vont engendrer un processus irréversible.
    L'éveil se fait avec lenteur, car de retour chez lui le quotidien reprend ses droits sur tous les fronts.
    Noël et une famille presque au complet est comme une bombe à retardement, dans la ouate de l'hiver montagneux, les dissonances se répandent comme l'écho.
    "Un sentiment sinue, de dispersion et de solitude, qui danse et creuse le fond des flammes, ici, dans l'âtre, un retour d'enfance où les trois s'emboîtaient sans le moindre soupçon d'un horizon d'adultes éparpillés, avec ce besoin qui monte et taraude de refaire l'emboîtement des présences, Jean-Pauline-Thomas."

    Troisième acte : l'Afrique, le Cameroun ne l'accueille pas à bras ouvert. Des femmes en boubou aux backchich, la chaleur qui vous enveloppe de sa moiteur, le temps qui semble suspendu, la certitude de pouvoir disparaître sans laisser de traces.
    Le chemin qui mène Thomas à Pauline est plus long que les avanies du voyage.
    "C'est le troisième soir qu'ils partagent sur la terrasse. A la lumière d'une lampe à gaz posée sur la table parmi les restes du dîner. Ils demeurent assis, sans ces étreintes de naufragés les premiers jours quand il fallait se rassurer dans la chaleur des bras l'un de l'autre. Ils ont pleuré silencieusement ce soir, se tenant simplement la main, chacun tassé dans son fauteuil d'osier défoncé."
    Le lecteur est à Douala, entre luxuriance et misère.
    Le combat se déroule partout et tout le temps, pour survivre, pour ne pas se faire tuer ...Et pour Thomas c'est intérieur d'une profondeur abyssale.

    Rien de convenu dans le final de cette bouleversante histoire, de la finesse jusqu'aux tréfonds de l'être qui se replit sur le lecteur pour mieux le submerger.
    Un livre qui vous cueille pour mieux vous recentrer sur ce qui est essentiel pour vous.
    C'est un voyage aux confins de l'âme humaine que nous offre l'auteur et l'écriture de chacune des trois parties est à la fois la même merveille de précision mais aussi différente dans l'évolution des émotions.
    Un pélerinage dans les méandres du cerveau au rythme changeant des battements du coeur.
    Une totale réussite qui vous laisse sous emprise par l'universalité de l'histoire.
    Un roman qui donne des lettres de noblesse à la rentrée littéraire.

    @Chantal Lafon de Litteratum Amor 18 octobre 2016

  • 0.25

    A bout de souffle

    Thomas et Camille forment un couple en pleine ascension professionnelle, ils vivent dans une jolie maison à St Mandé avec leurs deux enfants, Elsa et Anton. Ils se sont rencontrés lors de leurs études d'ingénieurs informaticiens et depuis c'est le parcours sans faute avec 10 ans mariage.
    Thomas, 37 ans, travaille dans une grosse entreprise et fabrique un logiciel pour tracer les faits et gestes du personnel en situation mobile. Camille est directrice d'une agence Orange au Havre.

    De retour à St Mandé pour le week-end, Camille a un accident de voiture très grave sur une ligne droite d'une départementale perdue, sur un lieu où elle n'avait aucune raison d'être.

    Thomas ne comprend rien et va éprouver le besoin de retrouver les paysages de son enfance et de s'appuyer sur son frère Jean de 10 ans son aîné. Il va ainsi découvrir des secrets de famille.

    Le roman est divisé en trois livres et trois lieux, la Normandie, les Pyrénées lieu d'enfance de Thomas, un monde fini pour lui "le décor exotique de son enfance" et enfin le Cameroun où vit sa sœur Pauline.

    On s'aperçoit rapidement qu'aussi bien Camille que la famille de Thomas ont le goût du secret. Jean, le frère de Thomas, a assisté à la mort de leur père tombé en montagne lorsque Thomas avait 6 ans. C'est lui qui a ensuite porté son frère et sa sœur, leur mère Valence semblant dans l’incapacité de le faire. Une mère que Jean tient rageusement à distance sans que Thomas comprenne pourquoi. Quant à Pauline elle est partie travailler au Cameroun et ne donne que de rares nouvelles à Jean. Une famille complètement éparpillée où les silences sont lourds...
    Thomas et Jean s'aiment mais ont fait des choix de vie diamétralement opposés. Jean a repris le travail de berger de leur père.

    La particularité de roman tient dans sa narration, Luc Lang détaille avec une précision chirurgicale les faits et gestes de son héros. Il relate ses traversées des paysages sur un rythme haletant, on en ressort épuisé, à bout de souffle...

    Une sorte de roman géographique où la psychologie des personnages n'est absolument pas abordée, à nous de l'interpréter à partir de l'enchaînement des faits racontés.

    Ce roman d'une grande fluidité est magistral, le style de narration est particulièrement impressionnant, on peut imaginer le travail que cela a demandé à Luc Lang.
    L'histoire et les personnages sont très émouvants et attachants et le suspens est très bien mené.
    Le plus remarquable, c'est la facilité avec laquelle se lit cette histoire de vie(s), la facilité avec laquelle on tourne les pages de ce roman foisonnant sans jamais se lasser.

    Ce roman est dans la première sélection des prix Goncourt, Fémina, Décembre et du prix du Style.


    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/09/au-commencement-du-septieme-jour-de-luc.html

  • 0.25

    AU COMMENCEMENT DU SEPTIEME JOUR DE L’AUTEUR LUC LANG 538 PAGES EDITIONS STOCK AOUT 2016

    UN EXCELLENT ROMAN

    Résumé :

    4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas. De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines. Un roman d’une ambition rare. 4 h du matin, dans une belle maison à l’orée du bois de Vincennes, le téléphone sonne. Thomas, 37 ans, informaticien, père de deux jeunes enfants, apprend par un appel de la gendarmerie que sa femme vient d’avoir un très grave accident, sur une route où elle n’aurait pas dû se trouver. Commence une enquête sans répit alors que Camille lutte entre la vie et la mort. Puis une quête durant laquelle chacun des rôles qu’il incarne : époux, père, fils et frère devient un combat. Jour après jour, il découvre des secrets de famille qui sont autant d’abîmes sous ses pas. De Paris au Havre, des Pyrénées à l’Afrique noire, Thomas se trouve emporté par une course dans les tempêtes, une traversée des territoires intimes et des géographies lointaines. Un roman d’une ambition rare.

    Mon avis :

    Thomas, 37 ans est heureux avec sa femme Camille et leurs deux enfants. Lorsqu’elle se retrouve dans le coma à l’hôpital victime d’un grave accident de la route, sa vie va basculer. Pourquoi se trouvait-elle sur cette route en pleine nuit ?
    Que de questions, que de gestion pour survivre avec ses enfants. Comment ne pas tomber dans le vide, maîtriser son travail, vivre comme avant sans elle ?

    Avec ce drame, il va vouloir retrouver sa maison de son enfance où il se sent si bien avec son frère qui a repris le métier du père décédé dans les Pyrénées. Nous rejoindrons également sa sœur Pauline en Afrique noire qu’il n’a pas vu depuis quinze ans. Nous découvrirons comme le héros le secret de famille qui a détruit l’ambiance familiale et chamboulé la vie de tous les êtres qu’il aime. Il a été protégé. Il n’a rien vu et à l’âge adulte la vérité va surgir. A partir de l’accident de sa femme, nous irons de rebondissement en rebondissement.

    L’auteur nous embarque dans des mystères, des paysages, des relations humaines, des régions différentes, des cultures, des religions, la guerre qui nous donne des sensations à chaque fois différentes.

    Un roman très sensible, avec ses joies, ses peines, la vie tout simplement. Mais au bout du chemin tortueux, une lueur d’espoir, un nouvel avenir. 538 pages où nous avançons doucement mais avec beaucoup de plaisir. Une belle histoire avec des personnages attachants. J’ai bien visualisé tous les passages dans ma tête. Une lecture passionnante qui malgré la tristesse, les coups durs, nous donne une belle leçon sur l’amitié, la famille et l’amour.

    A lire absolument. Personnellement, j’ai énormément aimé le héros « Thomas ». Je m’y suis attachée.
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