Attachement féroce

Couverture du livre « Attachement féroce » de Vivian Gornick aux éditions Rivages

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3 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Rivages
  • EAN : 9782743638672
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 266
  • Collection : Litterature etrangere rivages
  • Genre : Littérature Anglo-Saxonne
Résumé:

Une mère, une fille. Elles s'aiment profondément. Se haïssent éperdument. Impossible de vivre ensemble, impossible de se séparer pourtant. De ce lien unique, Vivian Gornick tire un texte bouleversant, qui va bien au-delà du récit intime. Tandis que sa mère et elle arpentent les rues de New York... Lire la suite

Une mère, une fille. Elles s'aiment profondément. Se haïssent éperdument. Impossible de vivre ensemble, impossible de se séparer pourtant. De ce lien unique, Vivian Gornick tire un texte bouleversant, qui va bien au-delà du récit intime. Tandis que sa mère et elle arpentent les rues de New York et leurs souvenirs, défilent des personnages, des moments de comédie, des amants, des rêves, des déceptions. Autant de portraits de femmes et de destins inoubliables, recréés par une conteuse à la lucidité tranchante, Vivian, gamine du Bronx devenue écrivain. Attachement féroce est le puissant roman d'une vie. La sienne, la nôtre.

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  • 0.1

    Voici la première publication française d’un texte écrit en 1987 par une illustre bjournaliste américaine et essayiste féministe, Vivian Gornick
    Attachement féroce alterne le présent avec les déambulations dans les rues de New York d’une mère et sa fille et le passé qui nous donne à comprendre les raisons d’un attachement aussi puissant et destructeur entre les deux femmes.
    Vivian est née dans le Bronx et a vécu avec ses parents dans les années 30 dans un immeuble peuplé d’immigrés juifs et italiens. La description des lieux est assez évocatrice avec de petits appartements, des voisins particuliers et surtout cette cour centrale si pittoresque où entrent le soleil et les cancans de l’immeuble.
    La mère, immigrée russe est une femme à l’esprit développé, dit-elle qui voue une adoration à son mari. Son bonheur en ménage la surclassait.
    « Certes, ma mère avait un statut particulier dans l’immeuble à cause de son anglais sans accent et de ses manières affirmées, mais aussi grâce à sa position de femme heureuse en ménage. »
    Elle idéalise son mariage, elle a renoncé au travail pour plaire à son mari. Le jour où il décède, son univers s’effondre. Elle n’ a que quarante-six ans et elle est dévastée. Après les crises d’hystéries spectaculaires, elle s’allonge inerte des journées complètes sur son canapé.
    » Pleurer papa devint son activité, son identité, son rôle. »
    La fille, dix neuf ans, la regarde pensivement. Pourquoi sa mère refuse-t-elle de vivre? N’aime-t-elle donc pas ses enfants pour les ignorer enfermée dans son malheur?
    « Elle ne comprend pas ce qui me détruit. Elle ignore que je prends son angoisse sur moi, que je suis dévastée par sa dépression. »
    Comment une fille peut-elle se construire? L’amour est-il indispensable au bonheur ou est-il la promesse d’une douleur liée à la perte?
    Lorsque la fille quitte la maison, elle se marie avec un artiste peintre. L’incommunicabilité provoque rapidement une tension oppressante. Plus tard, elle vivra une aventure pendant six ans avec un homme marié, solaire, de vingt ans son aîné. Cette lutte érotique entre le féminisme et le gauchisme sera aussi vouée à l’échec.
    » On devint, la mère et moi, des femmes conditionnées par la perte, troublées par la lassitude, liées par la pitié et la colère. »

    La vie dans le Bronx, les liens affectifs de la mère juive, dépossédée de sa seule raison d’être, marquent certainement le destin de ces deux femmes. Pourtant, cela ne m’a pas semblé suffisant pour créer un tel lien destructeur. Je suis donc restée perplexe devant la complexité de cette relation mère/fille, embourbée dans leur univers. Je peux toutefois reconnaître le talent de l’auteur à faire passer les sentiments. J’ai perçu cette lourdeur du lien, cette sensation de ne pouvoir ou vouloir en sortir.
    Si quelques personnages secondaires comme Nettie, une voisine ukrainienne ou Joe, le compagnon marié de la fille parviennent à donner un éclat de vie, les deux femmes se referment vite sur leur lien exclusif. Il y a chez ces deux femmes comme une volonté de souffrir, de mener leur attachement jusqu’à la mort.
    L’auteur reste sur le niveau descriptif, me laissant la difficulté ( qui est aussi la richesse) de l’analyse. Mais c’est alors le genre de lecture qui ne me comble pas sur l’instant, d’autant que l’atmosphère est assez pesante. Mais qui peut se révéler dans les jours qui viennent une source de réflexion sur le couple, le bonheur, la nécessité de « rompre le cordon » ou de faire son deuil pour permettre aux enfants comme aux parents de vivre pleinement sa vie.

  • 0.25

    " Qu'est-ce que je t'ai fait pour que tu me haïsses autant ? " Je ne réponds jamais. Je sais qu'elle brûle et je suis contente de la voir brûler. Pourquoi ? Parce que, moi aussi, je brûle intérieurement. "

    New-York, dans les années 80, une mère et une fille se baladent entre passé et présent et nous offrent leurs souvenirs.


    " Elle déteste le présent, tout simplement. Mais dés que le présent se transforme en passé, elle l'adore. "

    Dans cette ville cosmopolite, qui nous offre une altérité gigantesque, on fait la connaissance de ces femmes et de leurs familles. De magnifiques portraits se dévoilent sous une plume puissante, saisissante de véracité .


    "Elle racontait des histoires parce qu'elle aurait rêvé de vivre dans un monde splendide, parmi les gens cultivés et mus par les sentiments. Car les sentiments les filles, c'est la seule chose qui compte. Quelqu'un peut être riche ou pauvre, valoir une rançon ou être bon pour le caniveau, l'important c'est de savoir s'il a accès aux sentiments ou s'il en est privé."

    Vivian grandit auprès de cette mère juive puissante et terrible dans ce quartier du Bronx, aussi proche de ses voisines qu'on peut l'être de ses amies.


    Ayant été moi-même fille puis mère, ayant connu des relations compliquées dans les deux rôles ce roman a résonné en moi et m'a replongé dans mes souvenirs. Quelques soient les liens tissés au fil du temps, ils peuvent s'effilocher et s'étioler à l'approche de l'adolescence notamment. On peut s'aimer souvent mais pas tout le temps. Cordon coupé ou pas la vie continue.

    "Je vivais encore parmi les miens, mais je n'étais déjà plus l'une des leurs."

    Dans ce magnifique roman, Vivian nous offre son regard d'enfant puis de femme sur sa relation avec sa mère, en arpentant cette ville majestueuse qu'est New-York. Une belle histoire d'amour d'une mère pour sa fille, d'une fille pour sa mère avec ses rêves, ses joies, ses peines, ses déboires, ses déceptions. Un histoire, qui pourrait très bien être aussi la nôtre.


    "Je pense que de nos jours l'amour se mérite. Même l'amour filial. "

    Je verrais bien Woody Allen nous faire de cette dose d'encre une magnifique bobine. En attendant je vous invite à le découvrir . Une belle plume, un beau roman dans une ville magique qui risque de vous émerveiller à votre tour.



    Vivian Gornick est née en 1935, c'est une véritable icône en Amérique: journaliste au Village voice, elle est une figure féministe et une critique littéraire respectées. Mais c'est surtout son travail autobiographiquequi l'a fit connaître. Sorti en 1987 aux États-Unis salué par une presse unanime et plébiscité par le public,Attachement féroce est traduit pour la première fois en français.

    Je remercie les Éditions Rivages pour cette balade New-Yorkaise en compagnie de femmes exceptionnelles et inoubliables.

  • 0.15

    « Attachement féroce » est un livre autobiographique aux airs de journal intime, dont le fil rouge est la relation riche mais compliquée entre l’auteure et sa mère.
    Dans une atmosphère très personnelle sans pour autant être trop intimiste, Vivian Gornick délivre ses souvenirs tels qu’ils lui reviennent en mémoire, avec un ordre chronologique parfois bouleversé, émaillant son discours du récit de ses déambulations rituelles dans les rues de New York avec celle qu’elle aime sans pouvoir s’empêcher de la détester.

    La figure de la mère est bien évidemment au centre du livre. Celle de l’auteure est un personnage singulier: immigrée juive, communiste convaincue, elle parle un anglais impeccable ( ce qui lui vaut le respect de ses pairs ), est une femme au foyer insatisfaite mais folle amoureuse de son mari, a un avis sur tout et tout le monde et ne se gêne pas pour le donner en étant persuadée d’être dans le vrai ( et ne prend du coup pas en compte l’avis d’autrui ou le rejette systématiquement ), elle rêve d’une vie hors de son appartement mais se retrouve finalement perdue et profondément déstabilisée le jour où elle doit partir en quête d’un travail… Elle est une somme de contradictions à elle seule et occupe une place immense au sein de sa famille et de son entourage, laissant peu de place à sa fille et à ses proches pour exister.
    Vivian Gornick décrypte leur relation d’une façon particulièrement juste et incisive et, malgré la difficulté qu’elle a eu à vivre aux côtés de cette mère envahissante et par moments terriblement castratrice, elle rend hommage à la femme unique qu’elle était, imposante et intelligente.
    A travers elle et en esquissant le portrait des autres femmes de sa vie ( sa tante, sa voisine de palier… ), c’est également aux femmes en général que son hommage s’adresse, à leur complexité et leur unicité, à leurs forces et leurs faiblesses, à leurs combats quotidiens. Et en distillant ses souvenirs de jeune fille, d’adolescente pleine de questionnements et de femme mariée et/ou amoureuse incertaine, c’est l’histoire de toutes les femmes qu’elle raconte, ce long chemin semé d’embûches qu’elles doivent parcourir pour se construire.
    Elle confie le piège que cela peut représenter de vouloir vivre ses propres expériences en allant contre l’avis de sa mère ( qui est malgré tout un repère ), le rapport au corps, à la sexualité et aux hommes, l’importance de la culture et des études, les introspections sans fin à la recherche du bonheur ou, tout au moins, d’un certain équilibre…

    En contant les longues marches qu’elle et sa mère ont l’habitude de faire dans les rues de New York, Vivan Gornick dit l’amour qu’elle voue à sa ville et, particulièrement, à son identité cosmopolite. Elle la décrit comme une ville bouillonnante, riche, profondément humaine et, à l’image de ses habitants, aux visages multiples.
    Son histoire de fille d’immigrés ayant grandi dans un quartier populaire ( pauvre même ) de la Grande Pomme est celle de millions d’autres new-yorkais, profondément liés à leur communauté tout en s’ouvrant à la modernité, fiers de leur identité unique.
    Elle raconte avec beaucoup de bienveillance et de tendresse la vie dans un immeuble modeste, sa famille à la même enseigne que toutes les autres, le lien étroit entre les femmes qui s’entraident mais savent aussi se critiquer et se juger, la position centrale de sa mère au sein du groupe, le modèle féminin qu’a représenté sa voisine Nettie, l’influence durable qu’elle a eu sur sa vie de femme et d’amante, et, finalement, la façon dont elle s’est peu à peu extraite de cette existence en vase clos sans pourtant jamais vraiment s’en défaire.

    L’attachement du titre est donc multiple et, dans tous les cas, viscéral, et la plume précise et franche de Vivian Gornick – révélatrice de son intelligence et de son érudition – en dresse objectivement les contours ( elle n’est jamais complaisante envers elle-même ou les autres ).
    Je ne connaissais absolument pas cette auteure, journaliste et féministe convaincue avant de lire cet ouvrage, et je dois avouer que j’ai aimé faire sa connaissance, celle de sa mère aussi, et arpenter avec elles les rues de leur ville chérie. J’ai été touchée par ses souvenirs, notamment ceux consacrés à sa vie de femme amoureuse, je me suis presque sentie chez moi dans cet immeuble vivant du Bronx, et j’ai tourné les pages avec empressement.
    C’est en plus un livre qui se lit vite donc je ne peux que vous conseiller d’en faire la découverte par vous-mêmes.

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