Article 353 du code pénal

Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

4.46875

32 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707343079
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Roman francais minuit
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les... Lire la suite

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

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  • 0.25

    http://contemplerlesvivants.blogspot.fr/2017/03/article-353-du-code-penal-de-tanguy.html

    UN HOMME A LA MER

    "[...] on aurait dit que le ciel essayait de traverser le grillage pour se mettre à l'abri lui-aussi, et ça faisait comme un rideau de tulle qu'on aurait posé sur la ville et qui ressemblait à notre histoire, oui ça ressemble à notre histoire, j'ai dit au juge, ce n'est pas du brouillard ni du vent mais un simple rideau indéchirable qui nous sépare des choses."


    Le roman s'ouvre sur une partie de pêche quelque peu particulière : Martial Kremeur, Breton pur souche, jette Antoine Lazenec à la mer...
    Il se retrouve ensuite face au juge chargé d'envisager sa peine, et ce dernier lui demande de raconter l'histoire du début. Alors Kremeur le taciturne se met à témoigner. Il décrit tout d'abord son parcours : licencié de l'arsenal, il attend désespérément la prime de licenciement promise par l'Etat. En attendant, il s'est arrangé avec le maire et habite une petite maison posée sur un grand terrain qu'occupe le "Château" sorte de propriété locale appartenant à la ville. En échange d'un loyer, Kremeur s'occupe des espaces verts et des visites. Car ce château, le maire a pour projet de le vendre, afin de faire gagner de l'argent à la ville. L'histoire se situe aux environs de la rade de Brest, ville portuaire, industrielle, mise à mal avec la fermeture de l'arsenal. Une ville en train de mourir à petit feu, tout comme ses habitants.
    Lorsque Lazenec débarque, une promesse d'espoir apparaît : il s'agit d'un important promoteur immobilier, très riche, côtoyant le gratin de la région. Quand Kremeur lui fait visiter le château pour la première fois, il n'y croit pas : comme tous les autres acheteurs potentiels, Lazenec va renoncer quand il va voir l'état de la bâtisse. Mais Lazenec a de grands projets pour la petite ville portuaire : il veut la transformer en cité balnéaire, raser le château pour le remplacer par un complexe hôtelier de luxe. Avec ce projet, c'est toute la ville qui va renaître de ses cendres. Attirés par la promesse d'un avenir meilleur que leur fait miroiter Lazenec, tous les habitants finissent pas tomber dans le piège, y compris Kremeur. Car Lazenec sait parfaitement s'insinuer dans l'esprit humain et convaincre les anciens pêcheurs d'investir leur prime de licenciement dans son projet fou.
    Le rêve ne dure qu'un temps, Lazenec se révèlant finalement un escroc...
    dont l'escroquerie va emporter toute la ville avec lui.

    A partir de là, la vie de Kremeur bascule complètement : il s'enferme dans ses regrets, cesse de s'intéresser à son fils, totalement emporté par cette histoire d'investissement raté. Il perd peu à peu tout ce qui faisait de lui un homme, entraînant son fils à sa suite.
    C'est ainsi l'histoire d'une déchéance que nous conte Article 353 du Code Pénal.
    On y suit la trajectoire d'un homme modeste, qui s'est laissé grisé par l'appât du gain une fois dans sa vie. A travers la description de plusieurs épisodes marquants, Tanguy Viel parvient à nous décrire quel genre d'homme est Kremeur. Marqués par plusieurs échecs (la perte de son emploi, son divorce, et un tragique épisode de Loto raté, hautement symbolique), il devient une proie facile pour le requin qu'est Lazenec, habitué à séduire.
    La précision du récit lui donne une véritable authenticité, et Kremeur inspire rapidement la compassion. De là, il n'y a qu'un pas à franchir pour dire que son témoignage justifie son crime...
    C'est à ce titre une véritable fable sur la nature humaine que nous propose Tanguy Viel.

    Mais Article 353 du Code Pénal est aussi un roman qui s'ancre dans un décor : Tanguy Viel décrit parfaitement les paysages maritimes, l'influence de la mer et du vent sur cette ville de pêcheurs. Il imagine cette ville mourante, qui pourrait être n'importe laquelle des bourgades du littoral breton, et parvient à donner véritablement corps à la petite communauté qui tend à disparaître.
    Le contexte est ici d'une grande importance, puisqu'il permet à Lazenec d'établir son pouvoir, et Article 353 du Code Pénal prend ainsi une allure plus universelle.


    J'ai trouvé le début du roman un peu âpre, mais passées les premières pages, j'ai lu sans pouvoir m'arrêter. A la fois étude de mœurs, plongée dans les ténèbres de l'humain, mais aussi récit de vie, Article 353 du Code Pénal se révèle puissant. Tanguy Viel parvient à relier le personnel à l'universel, Kremeur se révélant finalement le témoin de toute une partie de la population.
    La fin du livre, lumineuse, fait la part belle à l'humanité et nous propose une ouverture. A découvrir !

  • 0.25

    Ce roman qui est une fiction pourrait être une réalité implacable. La justice est la force de ce livre majeur, émouvant, sublime. Les mots du narrateur Martial Kermeur sont les résonnances d’un tribunal qui sait où se trouve la vérité, dans le cœur de l’homme juste. Les vertus sont cardinales et la beauté de ce récit est transcendante. Ce livre est dans la salle des pas nourriciers et littéraires. C’est un véritable levier pour les désespérés. Les Editions de Minuit viennent de publier un chef d’œuvre qui devient le miroir de la justice. Humaniste, le juge écoute les battements de son propre cœur et les échos de ce dernier rendent grâce à la beauté d’un jugement de haute valeur. Tanguy Viel n’écrit pas, il est là, entre les lignes, puissant et maître du jeu. Les rôles s’inversent, en souplesse et en dignité. Martial Kermeur est symbole. Son récit des faits face au juge est d’une force lumineuse, poétique, juste, humble et authentique. Ce roman rare, quasi Durassien est le point sur la balance, au milieu, en pur équilibre littéraire. « L’Article 353 du Code Pénal » de Tanguy Viel est un outil de valeur. Un roman qui devrait se trouver d’urgence dans les mains de chaque juge en soutien des destinées en devenir. C’est un roman qui est sur la plus haute marche de l’égalité verbale, un futur incontournable. On se rappellera longtemps après le point final du bruit de la mer en bras de fer avec Antoine Lanzenac. De la luminosité du juge, de Martial Kermeur que l’on a envie de serrer dans nos bras. Majestueux

  • 0.2

    Je l'ai lu très peu de temps après " Chanson douce" et, bien que le sujet traité mène à la même conclusion, c'est à dire le meurtre, ce roman m'a semblé presque sain en comparaison de celui de Mme Slimani !
    Une étude inquiétante de notre société pleine de violence(s), de maltraitance et de rancoeur qui mènent jusqu'à l'acte fatal. Au passage, je me pose la question : quel Humain devenons-nous dans cette société chronophage, individualiste, consommatrice sans discernement, qui peut entraîner à commettre n'importe quel acte fou ? Ce dernier n'a pas l'élégance "plumistique" de Chanson Douce,certes, mais pour moi, il reste cependant plus léger(?!)

  • 0.2

    Pour son septième roman, Tanguy Viel dissèque la psychologie de l'escroc et de sa proie. Dès le début, on connaît la fin. Ce que l'on ne sait pas, c'est pourquoi un homme sans histoire usé par une vie de labeur en est arrivé à commettre l'irréparable. Un réel polar psychosocial. Un conseil, ne vous jetez pas sur votre code pénal à la recherche de l'ancien article 353, vous ne comprendriez pas pourquoi Tanguy Viel y fait référence. Ouvrez plutôt votre code de procédure pénale, mais pas avant d'avoir lu la dernière page d'Article 353 du code pénal...

    Martial Kermeur, cinquante ans, père, divorcé, ancien ouvrier spécialisé de l'arsenal, socialiste vient d'être arrêté par la police. Il a jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit...

    Toute la force d'Article 353 du code pénal tient à sa construction. Un huis-clos entre un juge et un présumé coupable de crime, celui d'avoir commis un meurtre en jetant par dessus bord à neuf kilomètres des côtes brestoises un promoteur immobilier. C'est dans le bureau du juge et sans effets de manche, que Martial Kermeur va, avec beaucoup d'humanité et de sincérité, peu à peu dérouler sa vie, raconter sa rencontre avec Lazenec et son cheminement le faisant passer du statut de victime, à celui de coupable.

    La force de l'écriture de Tanguy Viel restitue parfaitement la tension entre les deux hommes. L'un est d'une froideur absolue, taiseux, l'oreille dressée, ne cherchant qu'à établir la vérité, ne posant que quelques questions comme pour mieux faire parler l'autre. Cet autre justement, cet homme paumé qui se livre sans filtre avec la sincérité de l'homme juste que la vie n'a pas épargné, cet homme honteux d'avoir cédé à la tentation pour finalement se rendre compte qu'il s'est fait abuser au point de tout perdre, non pas le matériel car Kermeur n'a pas ce genre d'attache, perdre ce qu'il a de plus précieux, son Erwan.

    Article 353 du code pénal de Tanguy Viel est un roman magistral et d'une puissance absolue, un roman digne du fabuleux film de Sidney Lumet, Douze hommes en colère.

    Un conseil, lisez-le !

    http://the-fab-blog.blogspot.fr/2017/04/mon-avis-sur-article-353-du-code-penal.html

  • 0.25

    Voici certainement le roman de la rentrée d’hiver 2017 le plus commenté et salué dans la presse et le plus apprécié des blogueurs. A sa lecture, je ne peux que me rallier à la majorité.

    Martial Kermeur, ouvrier licencié suite à la fermeture de l’arsenal de Brest, abandonne en mer Antoine Lazenec,, lui assurant une mort certaine sous le seul regard compréhensif des mouettes.
    » Cinq milles, c’est sûr, ça ne sa fait pas à la nage, encore moins dans une eau fraîche comme elle l’est sur nos côtes au mois de juin, et quand bien même, cinq milles nautiques, ça fait dans les neuf kilomètres. »
    Arrêté le lendemain , Kermeur se laisse emmener calmement par la police.
    Le roman est la longue confession de Kermeur auprès du juge. De la simplicité d’un ouvrier confiant et honnête, de la rage d’un homme enlisé dans un avenir sombre, le récit puissant, direct s’intensifie au fil des pages.
    Et s’il en fallait davantage pour ferrer le lecteur, Tanguy Viel lance des » flèches comme autant de récits futurs » intensifiant l’intrigue et donnant l’envie de percer tous les mystères.

    Un homme comme Kermeur ne devient pas un assassin du jour au lendemain.
    Facile de voir en fin de parcours les coups durs qui convergent vers ce point où tout bascule, ce moment où l’on ne peut plus faire marche arrière.
    Opportunité ratée, divorce, chômage, se retrouver seul avec un jeune fils dans une demeure délabrée du parc du château en attendant la prime de licenciement comme un espoir de pouvoir enfin acheter un bateau et pêcher. Tout aurait pu s’arranger si Antoine Lazenec n’était pas arrivé avec sa Porsche dans ce petit bourg breton voué à la morosité depuis la fermeture de l’arsenal.

    » Comme un marseillais » ( dit le breton Tanguy Viel mais je dirais comme un politique nanti), Antoine Lazenec est familier, chaleureux, promet monts et merveilles, inspire confiance. Il représente la promesse d’avenir pour un village en perte de vitesse. Mais comment supporter cette façon d’ afficher sa richesse acquise avec l’argent volé aux crédules travailleurs sans aucune conscience, aucun remords.
    Des excuses, un jugement, personne n’en veut.

    Ce long monologue ( ou presque car le juge intervient très peu) est parfaitement travaillé dévoilant tous les sentiments de ce père finalement transformé » en rocher absent » pour un adolescent qui, pourtant voudrait l’empêcher de tomber face au manque d’humanité de beaux parleurs.
    Difficile de ne pas être indigné, révolté, touché par ce récit.
    » Même, à force de cette noirceur ou nuisance ou maléfice dont les gens comme ça enferrent le monde autour d’eux, à force je ne saurais pas vous expliquer comment, mais ils parviennent à ôter aux autres ce qui leur reste de dignité ou simplement de logique. »

  • 0.25

    Au large des côtes bretonnes, deux hommes dans un bateau, Martial Kermeur, ex de l'Arsenal et Antoine Lazenec promoteur immobilier.
    Seul Martial rentre à bon port.
    Martial Kermeur a jeté à l'eau Antoine Lazenec, sous l'œil rieur des mouettes il l'a laissé se débattre puis il est parti.
    Après cette scène maritime et quasi surréaliste, le lecteur se retrouve dans un huis-clos, l'affaire Lazenec débute ainsi :
    « Donc vous êtes revenu seul, a dit le juge.
    Oui, on était deux et puis voilà, je suis revenu seul.
    Alors vous savez pourquoi vous êtes là.
    Oui.
    On a retrouvé le corps ce matin.
    Je sais.
    Le mieux, a dit le juge, ce serait de reprendre depuis le début... »
    Et Martial en homme décavé, va raconter son histoire, avec ses mots, ses images et ses gestes qu'il adapte, d'instinct, à la situation et à l'espace, celui du bureau du juge.
    Donc Martial à la cinquantaine se trouve privé d'emploi et il élève son fils d'une dizaine d'années, seul. Seul il l'est, sa situation l'éloigne de la vie de son bourg, trop de soucis, un peu honte d'être sur la touche, c'est un tout qu'il faut vivre et qui finalement laisse peu de place à la vie « normale ».
    « Marginal » c'est une étiquette marquant un état auquel Martial n'avait que peu de risques de se voir appliquée, lui l'ouvrier ponctuel, besogneux et honnête. Il a toujours fait partie de ceux dont on ne parle pas, ces « cols bleus » qui créent de la richesse mais n'en profitent pas.
    Et l'arrivée de Lazenec et de son fabuleux projet immobilier, c'est comme si Martial Kermeur avait creusé un trou dans le sable et que le sable se refermait sur lui.
    En verbalisant les évènements de ces sept dernières années, il réalise le processus d'enlisement et l'aveuglement dont il a fait preuve, car ce n'est pas son monde «ces gens-là».
    La construction amplifie le sentiment d'inexorable fatalité, le réalisme politique, social est dans toutes les phrases, sans fausse note.
    La réflexion sur le mal est en filigrane, illustrant les propos d'Hegel : « Le mal n'est pas autre chose que l'inadéquation de l'être au devoir être. »
    L'écriture est précise, fluide et empathique.
    Un livre virtuose, dans l'acception de « virtus » : compétence, virilité, excellence.
    ©Chantal Lafon-Litteratum Amor 16 mai 2017.

  • 0.2

    Un homme à la mer.Une garde à vue. Et un prévenu déféré face à un juge dans la lumière faiblissante d'un bureau au sein d'un tribunal. Le monologue de l'un fait office de récit, rarement interrompu par les questions de l'autre. La justice qui se met à "boîter" parce qu'elle ne trouve pas d'équilibre dans cette histoire de meurtre, d'accident, de vengeance, de juste retour des choses. Histoire d'un dilemme. Histoire d'hommes.
    Toujours depuis Brest, Tanguy Viel confirme son style et son talent d'écrivain. Sa précision presque maniaque. Sa justesse dans la manière de tracer le trait des caractères. On a l'impression d'être tapi dans l'ombre au fond de ce bureau et d'assister à cette confrontation extraordinaire, comme nous étions spectateurs du duo Serrault-Ventura dans le film de Claude Miller "Garde à vue". C'est dire si la qualité est au rendez-vous.

  • 0.25

    Coup de coeur en puissance. Ce livre est génial.


    Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police pour avoir jeté à la mer un promoteur immobilier, Antoine Lanzac. Le juge écoute attentivement son parcours.

    Comment Kermeur en est-il arrivé là ?


    C'est à la première personne qu'il racontera sa vie au juge.


    Tout commence environ sept années plus tôt. Nous sommes dans une presqu'île de la région de Brest. Kermeur est conseiller communal socialiste et il vient de se faire licencier de l'arsenal en empochant une prime équivalente à un achat immobilier ou à un bateau. Sa femme France l'a quitté et il vit avec son fils Erwan âgé de dix ans à l'époque. Le maire lui proposera de le loger dans une petite maison vide attenante au parc du "Château" appartenant à la commune. En contrepartie, il entretiendra la propriété.


    Arrive Lanzenac avec un projet immobilier; une station balnéaire. Le projet sera voté, le "château" sera détruit pour permettre le développement économique de la région. Lanzenac joue le grand prince, toute la région y croit.


    Socialiste d'origine et de conviction, il est impensable pour Kermeur à l'époque d'investir sa prime dans de l'immobilier, il succombera pourtant à un appartement trois chambres avec vue sur mer. Cependant l'appartement tarde à sortir de terre.


    Un roman magnifiquement construit qui décortique les tréfonds de l'humain. Manipulation, à la recherche de la faille de l'humain. Une plume dynamique, agréable. La tension monte progressivement au fil du récit. Il y décrit la noirceur de l'être et ce jusqu'à l'impensable.


    Au plus profond de l'âme humaine.


    Je l'ai lu d'une traite, retenant mon souffle à l'approche du dénouement final. Excellent roman. Un très grand livre couronné par le Grand Prix Lire de RTL.


    Un gros coup de ♥


    Les jolies phrases

    On aurait dit qu'on le regardait en souriant piétiner nos plates-bandes, ces mêmes plates-bandes où nous tous on avait cultivé nos vies sans même connaître son existence, et où c'est sûr qu'on n'avait pas besoin d'engrais pour que ça pousse plus vite.

    Et maintenant je dis : si on pouvait seulement entrevoir le démon dans le coeur des gens, si on pouvait seulement voir ça au lieu d'une peau bien lisse et souriante, cela se saurait n'est-ce pas ?

    Peut-être que c'est Le Goff qui avait raison, que j'étais trop isolé ces derniers temps, alors le premier qui s'approche et rompt la solitude, on s'en fiche de savoir qui c'est, pourvu que tout s'engouffre et s'encastre en vous comme une pièce de puzzle que vous auriez découpée exprès pour qu'elle épouse les contours de votre âme. Voilà. C'est peut-être ça, la principale chose que j'ai apprise ces dix dernières années : qu'on finit toujours par aimer qui nous aime.

    Ce soir j'ai eu le sentiment que tout s'enveloppait d'un seul mouvement, comme un tissu très serré dont on ne verrait plus les mailles, à cause de la façon dont ses paroles ont fini par sédimenter comme des alluvions au fond d'un fleuve.

    J'ai refait cent fois le chemin dans ma tête, je vous jure que j'ai cherché quand les choses avaient basculé entre lui et moi et tout ce que j'ai trouvé six ans plus tard, là, devant vous, j'ai dit au juge, tout ce que j'ai trouvé, c'est d'ajouter "pour ainsi dire". Parce que c'est un problème insoluble, de savoir quand quelqu'un comme lui s'approche de vous, de savoir à quel instant la piqûre a eu lieu.

    C'est comme si le capitaine qui était censé habiter avec moi dans mon cerveau, c'est comme s'il avait déserté le navire avant même le début du naufrage. Et peut-être d'un lointain rocher, les yeux hagards, le capitaine qui a habité mon corps pendant plus de cinquante ans sans jamais trébucher, d'un coup il s'est éclipsé et alors, depuis la rive, il a regardé le bâtiment sombrer.

    C'est vrai, il a bien fallu que tout tombe en même temps, vu que dans la vie si on regarde bien, tout converge en quelques points et puis le reste du temps rien, ou plutôt si, le reste du temps on paye les pots cassés.

    Je sais que tu n'achèteras rien, je sais que tu n'as jamais su prendre une décision, mais n'oublie seulement pas qu'un jour il y en a une qui saura en prendre pour toi, de décisions, et celle-là, elle ne te demandera pas ton avis.

    https://nathavh49.blogspot.be/2017/05/article-353-du-code-penal-tanguy-viel.html

  • 0.25

    Il y a des livres que l’on referme avec regret, en ayant l’impression d’abandonner quelque chose de précieux et à coup sûr, celui-là en fait partie.
    Certes, l’histoire n’est pas des plus gaies puisque l’auteur nous raconte la descente aux enfers de Martial Kermeur, un homme simple et sans histoire qui vient pourtant de jeter à la mer Antoine Lazenec.
    Qui est Martial? Pourquoi en est-il arrivé là? Quel va-t-être son sort désormais, maintenant que le corps sans vie de Lazenec a été repêché?
    Dans ce septième roman, Tanguy Viel brosse avec brio le portrait d’un ouvrier breton qui a eu le tort de croire au mirage d’un promoteur véreux.
    La plume est magnifique, tout en étant très juste et digne par rapport au personnage de Martial.
    Ce court roman, dense, se lit d’une traite, et s’apparente à un cri de rage, un retour poignant sur une vie qui accumule les ratés, les erreurs d’aiguillage.
    C’est aussi une magnifique réflexion sur la paternité, faite de doutes et d’espoir, de non-dits et d’amour absolu.
    Une réflexion enfin sur le mal, et l’humanité tapie en chacun de nous, jusqu’à cette scène finale incroyable et si belle.
    Un coup de cœur.

  • 0.25

    >> Livre court et puissant. Un homme en tête à tête avec son juge.
    Cet homme simple, sans histoire, raconte les évènements qui vont le pousser à devenir un meurtrier… Il ne regrette rien… il ne nie rien… il se raconte… et nous, les lecteurs, nous l’écoutons, nous le comprenons…
    L’écriture m’a au début gênée par son côté « langage parlé » mais, en même temps, c’est ce même langage qui m’a permis d’entrer en complète empathie avec cet homme.
    C’est pour moi un coup de cœur et je lui mets 5/5

    Yamilé du Club Lecture « Des livres et vous »


    >> Huis-clos intense entre un meurtrier et le juge d’instruction. Martial Kermeur raconte avec ses mots maladroits l’engrenage qui l’a conduit à tuer un promoteur immobilier flambeur : un licenciement, un divorce, la garde de son fils, et surtout le projet immobilier foireux dans lequel Martial Kermeur a investi sa prime de licenciement, toute sa fortune.

    Pose la question de la justice des hommes. Preuves/ conscience. Que décidera le juge d’instruction ?
    Écriture simple, ton juste. Grand roman social. Bouleversant.

    Odile du Club Lecture « Des livres et vous »


    >> Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec. Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement (500 000 francs- histoire se passe dans les années 90) dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

    personnage :
    Homme désenchanté, ouvrier de l'arsenal de Brest sacrifié au nom de la compétitivité et de l'argent-roi, qui se qualifie de "socialiste de 1981", naïf.
    Homme malheureux vivant, depuis son divorce, seul avec Erwan, son fils, qui observe, absorbe comme une véritable éponge, tous les déboires de son père…

    Style:
    Roman rédigé dans un style lipide, sobre, incisif.

    Le récit est raconté à la première personne, cela pousse le lecteur à entrer dans la position d'un juge d'instruction, qui écoute la déposition de Martial Kermeur, qui doit se forger son intime conviction concernant la culpabilité ou la non culpabilité du prévenu.

    Le titre du livre se réfère à l'article du code pénal qui précise que face à un crime, les juges et les jurés doivent uniquement "s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et chercher, dans la sincérité de leur conscience, la réponse à cette seule question : avez-vous une intime conviction?".

    Point positifs :
    - un huis-clos haletant
    - scénario menant implacablement au drame
    - personnage principal qui raconte, essaye de comprendre les événements, les tenants et aboutissants sans complaisance.
    - réflexion sur l’honneur des hommes, sur ce qui nous reste lorsqu’on perd tout

    Point négatifs :
    /

    Nathalie du Club Lecture « Des livres et vous »

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