Article 353 du code pénal

Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

5

8 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707343079
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Roman francais minuit
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis... Lire la suite

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

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Les derniers avis

  • 0.25

    Une très bonne découverte. Un duo en huis clos entre Martial et le Juge qui veut connaitre la vérité sur l'affaire. On suit le déroulement des événements qui ont amené Martial, brave homme ordinaire à devenir un meurtrier.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/02/article-353-du-code-penal-de-tanguy-viel.html

    Dans ce roman le crime est exposé dès les premières pages et son auteur identifié. En effet le récit commence par une scène où Martial Kermeur jette à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec lors d'une sortie en bateau.

    Déféré devant un jeune juge d'instruction, Kermeur raconte comment il en est arrivé là, l'ensemble du livre se passe en un huis-clos avec pour seul narrateur Kermeur, le juge n'intervenant qu'occasionnellement sauf à la fin.
    Dans ce monologue-confession Kermeur retrace la succession d'évènements qui l'ont conduit à ce crime. Son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.

    Lazenec est un promoteur immobilier qui a débarqué six ans plus tôt dans ce coin de Bretagne, une presqu'île en face de Brest, de l’autre côté de la rade.
    Dans cette région économiquement sinistrée où la fermeture de l'Arsenal de Brest a mis sur le carreau nombre d'ouvriers, dont Martial, l'arrivée de ce beau parleur avec ses projets pharaoniques de complexe immobilier apparait comme providentielle. Il veut transformer la presqu'île en station balnéaire de grand luxe.
    Nombreux seront ceux qui lui feront confiance et lui confieront leurs économies. Martial ira jusqu'à investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer dans ce futur Saint-Tropez du Finistère.
    Martial qui a joué toute sa vie au loto rêve de changer de vie. Mais Lazenec se révèle être un escroc...

    Pas possible d'en dire plus... Et surtout ne rien dire sur l'Article 353 du Code Pénal. Un conseil : n'allez pas voir sur quoi porte cet article...

    J'ai aimé la très belle écriture de Tanguy Viel, son goût des détails et sa façon de décortiquer les relations humaines et familiales.
    J'ai aimé la personnalité de Martial, ouvrier floué qui cherche à expliquer au juge mais certainement à comprendre lui-même l'enchainement des faits qui l'ont mené à commettre l'irréparable. Comprendre
    " la somme des omissions et renoncements et choses inaccomplies... la ligne droite des faits, c’était comme l’enchaînement de mauvaises réponses à un grand questionnaire."

    J'ai aimé l'atmosphère faite de brume et de vent de cette région de la Bretagne que Tanguy Viel restitue à merveille. " La lumière si belle qui traverse la roche en fin d'après-midi, le calme des fougères qui ont l'air d'absorber toute la douleur du vent …, la brume qui va et vient devant le soleil pâle...". Le climat social lié au déclin industriel est très bien rendu également.
    L'intrigue est très bien construite, pleine de suspense, jusqu'à l'étonnant épilogue.
    En conclusion, un polar puissant, grave, dense, plein d'humanité qui se lit d'une traite et qui fournit de nombreuses prises de réflexion.

  • 0.25

    Il n'a pas de veine, Martial Kermeur ! Un licenciement, un billet gagnant de loto non validé, un divorce et un gamin à élever seul. Et quand en plus, ledit gamin, six ans plus tard, se retrouve en prison et qu'il comprend que Lazenec l'a escroqué, manipulé, il le balance à la mer. Face au juge d'instruction, Martial va raconter comment il en est arrivé là, à tuer un homme.

    C'est dans une logorrhée dense que l'homme refait l'histoire de sa vie ratée et de ses erreurs de jugement. On a l'impression que Kermeur laisse enfin s'évacuer le trop de ses émotions, de tous ses non-dits, de sa frustration et de sa honte, dans le huis-clos d'un bureau de tribunal. En face de lui, le juge d'instruction n'est finalement qu'un homme comme un autre.

    Une narration très réussie dont le flot emporte le lecteur, elle déstabilise d'abord par ses mots en cascade, comme une soupape ouverte, puis elle enveloppe et affirme la proximité entre le lecteur (qui pourrait alors être juré de ce procès prévisible) et Martial Kermeur, pauvre bougre, anti-héros et héros à la fois (parce que lui seul a eu le courage de mettre un terme à l'humiliation collective, aux abus d'un promoteur véreux), père fragile, laissé-pour-compte de la société. Un pauvre type, mais surtout un brave type dont on ressent toute la simplicité, toute l'humanité et auquel on s'attache de page en page.

    Parce qu'en plus, au-delà de la grande vague de mots que déversent le presqu'accusé, c'est aussi un beau regard sur la Bretagne (la mer, les nuages noirs et les vents contraires) qui nous est offert. Dans les mots simples comme déroulés d'une longue bobine de fil, il y a surtout des fragments de poésie pure !

    Une belle maîtrise de la langue, une tension dans l'intrigue et Martial Kermeur comme un justicier dans un roman franchement réussi !
    Coup de cœur, évidemment !

  • 0.25

    Ah, en voilà un grand, un très grand, très fort, très beau aussi, un qu’on n’oublie pas parce que les mots du personnage principal résonnent encore dans notre esprit bien longtemps après qu’on a fini le livre.
    Ces mots, ce sont ceux de Martial Kermeur et celui à qui ils sont destinés, c’est un juge qui veut comprendre pourquoi cet ancien ouvrier spécialisé de l’arsenal de Brest, licencié depuis peu, comme beaucoup d’autres gars du coin « en trois ans ils avaient divisé le personnel par cinq », a balancé par-dessus bord, lors d’une gentille partie de pêche, un certain Antoine Lazenec.
    Volontairement ? Oui, oui, tout ce qu’il y a de plus volontaire. Il l’a regardé un peu s’agiter dans l’eau, bien alourdi par le poids de ses vêtements, et puis, il l’a laissé, il a mis les gaz, est rentré au port et a attendu bien tranquillement que la police vienne le chercher.
    Un meurtre donc ? Oui, sans aucun doute, un meurtre. Et le juge aimerait comprendre ce qui s’est passé dans la tête du gars Martial pour qu’il en arrive là, lui qui n’a jamais eu affaire à la police.
    Alors, Martial va demander l’autorisation de tout expliquer, en reprenant depuis le départ car c’est l’unique façon de se faire comprendre : tout dire. « Depuis le début, monsieur Kermeur, depuis le début » l’invite le juge qui semble lui aussi vouloir prendre son temps.
    Elle est étrange l’impression que ressent Kermeur ce matin-là alors qu’il est devant le représentant de la justice : soudain, il se sent « à sa place ». Oui, « à sa place », comme s’il avait fait ce qu’il avait à faire. Presque soulagé.
    Immédiatement, il prévient : « Une vulgaire histoire d’escroquerie, monsieur le juge, rien de plus. » Non, c’est vrai, rien de plus, mais quand même de quoi bousiller une vie, enfin, des vies.
    Quand ils l’ont vu arriver sur leur presqu’île, le gars Lazenec, Antoine Lazenec, avec ses chaussures à bout pointu, ses projets et son mot « potentiel » qui réchauffait tous les cœurs, ça a été soudain comme une bouée qu’on leur aurait jetée et qu’ils ont attrapée avidement, sans trop réfléchir, parce que des gars comme Lazenec, il n’en arrive pas tous les jours dans ce bout du monde. Alors ils lui ont sauté dessus, le maire en premier. Il était fier, Le Goff, d’avoir trouvé un gars comme ça avec des mots comme « complexe immobilier », « parc résidentiel », « station balnéaire » plein la bouche. Des bonbons, ces mots…
    Alors, Martial Kermeur va parler au juge, longuement, très longuement : « Mais alors laissez-moi raconter mon histoire comme je veux, prévient-il, qu’elle soit comme une rivière sauvage qui sort quelquefois de son lit, parce que je n’ai pas comme vous l’attirail du savoir ni des lois, et parce qu’en la racontant à ma manière, je ne sais pas, ça me fait quelque chose de doux au cœur, comme si je flottais ou quelque chose comme ça, peut-être comme si rien n’était jamais arrivé ou même, ou surtout, comme si là, tant que je parle, tant que je n’ai pas fini de parler, alors oui, voilà, ici même devant vous il ne peut rien m’arriver, comme si pour la première fois je suspendais la cascade de catastrophes qui a l’air de m’être tombée dessus sans relâche, comme des dominos que j’aurais installés moi-même patiemment pendant des années, et qui s’affaisseraient les uns sur les autres sans crier gare. »
    Comme le juge, nous écoutons Kermeur raconter son histoire : ce sont les mots (faussement simples d’ailleurs) d’un homme simple, usé par la vie, un homme qui n’en peut plus de se taire et d’encaisser et de voir que rien ne se passe, rien ne bouge. Les injustices demeurent impunies, les criminels se désaltèrent aux terrasses des cafés, se baladent tranquillement mains dans les poches ou vont pêcher le homard dans leur « Merry Fischer » qu’ils ont payé cash. Limite si on ne leur déroule pas le tapis rouge.
    Alors, Kermeur parle face à son juge, face à nous-même, déballe tout, hésite parfois, se reprend, se corrige, précise sa pensée, ose quelques images pour mieux se faire comprendre. Et là, on est cloué, saisi, scotché par la force, la fulgurance de son propos, sa poésie même, par la terrible densité de ses paroles qui nous touchent en plein cœur parce qu’elles disent de façon poignante l’absolue détresse des « petits », des « gens de peu », de ceux qui n’ont rien et à qui on enlève tout, même la dignité.
    Dans le souffle puissant du gros temps breton, tout ressemble soudain à une tragédie : l’unité de lieu, de temps, d’action et le long monologue-confession d’un homme dont on partage le dernier sursaut nous serre le cœur profondément et durablement.
    Magistral et terrible !

    http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.25

    Enorme coup de coeur pour ce roman magistral ! Une écriture talentueuse pour traduire la voix du cœur d’un homme simple et brave qui raconte le piège qui lui a été tendu et dans lequel il s’est fait avoir ainsi que les conséquences engendrées. Pour rendre justice, Martial Kermeur a fini par tuer son bourreau, un soi-disant promoteur immobilier, un être sans scrupule et dépourvu d’humanité dépouillant de pauvres gens sans défense. Face à un juge, Kermeur relate les moindres détails du mécanisme diabolique qui s’est mis en place et comment d’une vie ouvrière honnête, il en est arrivé au crime. Le récit est poignant et ne se lâche pas d’un mot jusqu’à la fin du livre. Le magistrat l’écoute et l’entend. Puis, nous apprenons par l’article 353 du Code Pénal que son rôle de juge, est d’avoir une intime conviction face aux accusés… Tanguy Viel est un écrivain virtuose.

  • 0.25

    Martial Kermeur est arrêté pour avoir fait passer par dessus bord un riche promoteur immobilier. Le livre est le récit devant le juge de tout ce qui a précédé et a amené cet homme à accomplir un tel acte.
    Au départ l’histoire ne m’attirais pas trop, une histoire d’escroquerie immobilière sur la rade de Brest avec dans le rôle principal un ouvrier licencié de l’arsenal vivant seul avec son fils.
    Mais c’était sans compter sur l’écriture de Tanguy Veil, qui mène son roman d’une main de maître et nous livre un voix pleine d’humanité à travers Martial Kermeur. Attention à nuit blanche, quand on commence ce livre on ne peut plus le refermer.

  • 0.25

    Voilà un livre à lire et relire .
    C'est un homme honnête, qui , après son arrestation, raconte à un juge le scénario d'un drame qui se termine en crime.
    C'est l'histoire d'une arnaque, qui touche tout un village du Finistère . Les élus tombent les premiers dans les rets d'un beau parleur qui veut faire de leur environnement une station balnéaire : le St Tropez du Finistère. Cela est tellement bien amené que tous ces braves gens se prennent à y croire et même à investir.
    Et puis c'est l'attente après la destruction des lieux familiers du bord de côte, une très longue attente, et le doute , pas partagé tout de suite, chacun pensant être le seul à peut-être s'être laissé berner.
    Cet honnête homme, Martial Kermeur , qui vit seul avec son fils, s'aperçoit un peu tard que celui ci , bien qu'ado a tout compris, et qu'une vengeance le conduira en prison.
    Et c'est à la suite d'une énième humiliation de l'escroc « aux chaussures italiennes « que Kermeur se décidera à faire justice.
    Le juge écoute calmement le déroulé des faits et appliquera l'article 353 du code pénal... que le lecteur pas forcément au courant des arcanes de la Justice découvrira avec satisfaction.
    J'ai tout de suite pensé à Chabrol en lisant ce livre , qui est avant tout le récit d'une tragédie humaine , déguisée en polar maritime.
    Un très très grand livre.

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