Article 353 du code pénal

Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

4.733333333

15 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707343079
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Roman francais minuit
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis... Lire la suite

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

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Les derniers avis

  • 0.25

    J'avais aimé Viel avec la disparition de Jim Sullivan. Je l'ai adoré avec Kermeur

  • 0.2

    Nécessairement, un titre comme celui-là ne pouvait que m'intriguer. Quel sorte de roman peut bien se cacher derrière un article du Code pénal? 174 pages plus tard, j'avais la réponse.

    ARTICLE 353 DU CODE PENAL relate le face à face entre Martial KERMEUR et le juge d'instruction qui doit le mettre en examen pour avoir tué le promoteur immobilier Antoine LAZENEC en le jetant par-dessus bord de son propre bateau. Dans le secret du bureau du juge, Martial va expliquer la genèse de son crime, et raconter comment tout a basculé le jour où LAZENEC est venu troubler la quiétude de son petit village du FINISTERE où, divorcé, il vit seul avec son fils. Le promoteur promet, fait miroiter un avenir radieux et le fait si bien qu'il convainct Martial KERMEUR d'investir le peu qu'il détient - sa prime de licenciement - dans son projet. Avant de souffler brutalement la flamme de l'espoir qu'il avait allumé dans le coeur asséché par les mésaventures de vie de Martial. En perdant le peu qu'il avait, Martial a en fait tout perdu, et son fils avec lui.

    Ce livre est tout simplement un petit bijou. L'auteur a une plume sublime et un sens de la métaphore extraordinaire, et il les met au service de son récit, un parcours de vie déchirant et touchant. Celui d'un homme ordinaire que rien ne prédestinait à en arriver là, et qui essaie de comprendre, autant pour lui-même que pour le juge, l'agencement des faits, leur "ligne droite".

    Un sens de la métaphore qui nous imprime des images précises sur la rétine au fur et à mesure des paroles de Martial KERMEUR, qui crée un roman extrêmement riche et poétique, mais jamais pompeux, d'une délicatesse absolue.

    ARTICLE 353 DU CODE PENAL m'a donné l'impression d'une petite bulle; pendant sa lecture, j'avais l'impression d'être moi-même à coté de KERMEUR dans le bureau du magistrat, un moment hors du temps, suspendu au récit de cet homme abîmé par la vie mais qui regarde et décrit son chemin de vie sans concession, sans se chercher d'excuses, en essayant seulement de comprendre.

    Chronique sociale d'une région de la FRANCE minée par la fermeture de l'arsenal qui a plongé tant de gens dans le chômage et la désespérance, ce livre raconte combien il est facile pour un homme "qui parle bien" de faire croire à des hommes et des femmes désabusés, résignés, que tout serait de nouveau possible, mais aussi combien il peut être dangereux de briser leurs modestes rêves.

    Tanguy VIEL termine son histoire de manière surprenante; la fin est d'une élégance à l'image de tout le récit et en définitive, j'ai fait taire mes réserves de professionnelle du droit psycho-rigide et j'ai refermé ce livre avec un soupir, mais un soupir d'espoir, comme une sorte de soupçon de foi en l'humain; petit prodige qui démontre la grandeur, la force, l'intensité de ce récit au-délà de sa noirceur.

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2017/03/12/35032970.html

  • 0.2

    Martial Kermeur tue Antoine Lazenec en le jetant en pleine mer et en partant avec le bateau sur lequel ils étaient en train de pécher. Le lendemain, les gendarmes l’interpellent à son domicile et le mettent en garde à vue pour homicide.

    Martial Kermeur raconte au juge sa version des faits et comment il en est arrivé à ce geste meurtrier. Pour cela, il remonte six ans auparavant et dévoile l’escroquerie qui a fait sombrer tout son village. Lazenec a acheté un propriété de la commune pour y construire un complexe balnéaire. Il a vendu des appartements aux habitants de la commune à prix d’or mais n’a jamais rien construit ni remboursé les acquéreurs. Martial fait partie de ceux qui se sont laissés escroquer sans rien dire et a tout perdu : les 400 000 francs touchés lors de son licenciement, son fils et sa femme.

    Alors non, il ne regrette pas ce meurtre, qu’il ne nie pas.

    J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman, alors même qu’il m’a pourtant plu.La narration de Martial Kermeur est prenante, on y accroche immédiatement. Cet homme est un assassin mais il est plein de doutes, de douleurs et d’humanité. A travers ses mots, on lit une histoire banale et sordide qui pourrait faire la une d’un journal local, celle d’une escroquerie contre un village breton.

    La réussite de Tanguy Viel est d’arriver à faire un roman à partir de cette fiction qui ressemble à un fait divers « classique ». Malgré mon adhésion à ce roman et la facilité et rapidité de lecture, il m’a manqué quelque chose pour en faire un coup de coeur. En effet, je n’arrive pas à m’enthousiasmer pour ce livre. Je ne saurais identifier ce qu’il m’a manqué mais je vous recommande cette lecture.

  • 0.2

    Je tiens dans un premier temps à remercier lecteurs.com, qui m’a donné l’opportunité de découvrir ce roman et cet auteur. Et il aurait été vraiment dommage de passer à côté !

    La prose de Tanguy Viel est particulièrement juste, il nous embarque (et nous enferme) en quelques pages dans son histoire. Dès la première page, l’intrigue est dévoilée : Martial Kermeur passe par-dessus bord un promoteur immobilier, est arrêté et déféré devant le juge. Au fil des chapitres, l’auteur, par la bouche de Martial, nous explique les raisons de cet acte et ce qui a poussé cet homme à commettre un crime : l’important n’est donc pas ce qui s’est passé ni comment cela s’est passé, mais pourquoi cela s’est passé.
    L’écriture de Viel est remarquable en ce qu’il ne porte pas de jugement, et propose un récit dénué de toute forme d’exotisme ou de misérabilisme. Il décortique et raconte simplement, mais avec force détails et beaucoup de justesse, les enchaînements de la vie de cet homme, mais aussi de sa communauté, qui au fil des ans a tout perdu. N’essayez pas de sortir la tête du livre avant d’avoir terminé la dernière page, c’est peine perdue !

  • 0.25

    Région brestoise. Martial Kermeur a tué Antoine Lazenec. Il raconte au juge les évènements qui l’ont poussé à cet acte. Des évènements qui concernent entre autres son fils Erwan, le maire Le Goff…
    Ce livre se lit d’une traite et fait, pour moi, partie des belles surprises de ce début d’année. Tanguy Viel dépeint très bien tout le poids des évènements sur les épaules de Kermeur. Il y a mis les tons qu’il fallait, du gris, du bleu très profond, juste ce qu’il faut pour décrire ce magnifique bout de Finistère mais aussi, et surtout, l’état d’âme du narrateur. Et pourtant ce dernier reste un homme lucide qui a tenté de faire ce qu’il fallait pour vivre mais s’est retrouver face à une situation qui n’est pas de son monde. Dans ces cas-là, parfois, la situation la plus extrême en est la conséquence.
    Et puis il y a cette fin, presque magistrale, qui pourrait semblée logique. Et pourtant j’étais bien à mille lieues d’y songer, ne serait-ce qu’à quelques pages du but.
    C’est très bien écrit, c’est tout un environnement, un univers qui est créé tout au long du livre. A lire!

  • 0.25

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2017/02/07/34895793.html

    « Avez-vous une intime conviction ? »

    C’est cette question de l’article 353 du code de procédure pénale que le juge se pose quand Martial Kermeur se retrouve dans son bureau. Il a jeté par-dessus bord Antoine Lazenec, un promoteur immobilier véreux qui l’a ruiné ainsi que toute la ville bretonne où il vit. Alors que le juge interroge Kermeur pour comprendre son geste meurtrier, celui-ci déballe toute l’histoire méticuleusement sans fard, sans chercher à se dédouaner mais tout en dévoilant un Lazenac salaud, pervers, manipulateur, profiteur des petites gens. Il raconte comment Lazenec a été vu comme un homme providentiel avec son projet de complexe immobilier devant faire de la petite ville bretonne une grande station balnéaire. Il avoue ses failles, sa faiblesse qui lui ont causé un achat insensé avec l’argent récolté de son licenciement de l’Arsenal. Il évoque ses problèmes personnels : le divorce avec sa femme, la difficulté d’élever seul son fils Erwan à qui il tente de tout cacher. Il raconte comment les plus riches peuvent écraser davantage les plus pauvres avec un cynisme effroyable et une fausse empathie. Ce sont les propos forts, sans concessions d’un homme qui fait son bilan avec une très grande lucidité.

    J’ai été emportée par ce roman au rythme soutenu, qui enchaîne les événements au fil de la parole qui se libère de Kermeur. Une très belle découverte que je vous conseille chaudement.

    Si nul n’est censé ignorer la loi, nul n’est censé ignorer l’humanité capable du pire comme du meilleur.

  • 0.25

    Une très bonne découverte. Un duo en huis clos entre Martial et le Juge qui veut connaitre la vérité sur l'affaire. On suit le déroulement des événements qui ont amené Martial, brave homme ordinaire à devenir un meurtrier.

  • 0.25

    http://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2017/02/article-353-du-code-penal-de-tanguy-viel.html

    Dans ce roman le crime est exposé dès les premières pages et son auteur identifié. En effet le récit commence par une scène où Martial Kermeur jette à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec lors d'une sortie en bateau.

    Déféré devant un jeune juge d'instruction, Kermeur raconte comment il en est arrivé là, l'ensemble du livre se passe en un huis-clos avec pour seul narrateur Kermeur, le juge n'intervenant qu'occasionnellement sauf à la fin.
    Dans ce monologue-confession Kermeur retrace la succession d'évènements qui l'ont conduit à ce crime. Son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.

    Lazenec est un promoteur immobilier qui a débarqué six ans plus tôt dans ce coin de Bretagne, une presqu'île en face de Brest, de l’autre côté de la rade.
    Dans cette région économiquement sinistrée où la fermeture de l'Arsenal de Brest a mis sur le carreau nombre d'ouvriers, dont Martial, l'arrivée de ce beau parleur avec ses projets pharaoniques de complexe immobilier apparait comme providentielle. Il veut transformer la presqu'île en station balnéaire de grand luxe.
    Nombreux seront ceux qui lui feront confiance et lui confieront leurs économies. Martial ira jusqu'à investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer dans ce futur Saint-Tropez du Finistère.
    Martial qui a joué toute sa vie au loto rêve de changer de vie. Mais Lazenec se révèle être un escroc...

    Pas possible d'en dire plus... Et surtout ne rien dire sur l'Article 353 du Code Pénal. Un conseil : n'allez pas voir sur quoi porte cet article...

    J'ai aimé la très belle écriture de Tanguy Viel, son goût des détails et sa façon de décortiquer les relations humaines et familiales.
    J'ai aimé la personnalité de Martial, ouvrier floué qui cherche à expliquer au juge mais certainement à comprendre lui-même l'enchainement des faits qui l'ont mené à commettre l'irréparable. Comprendre
    " la somme des omissions et renoncements et choses inaccomplies... la ligne droite des faits, c’était comme l’enchaînement de mauvaises réponses à un grand questionnaire."

    J'ai aimé l'atmosphère faite de brume et de vent de cette région de la Bretagne que Tanguy Viel restitue à merveille. " La lumière si belle qui traverse la roche en fin d'après-midi, le calme des fougères qui ont l'air d'absorber toute la douleur du vent …, la brume qui va et vient devant le soleil pâle...". Le climat social lié au déclin industriel est très bien rendu également.
    L'intrigue est très bien construite, pleine de suspense, jusqu'à l'étonnant épilogue.
    En conclusion, un polar puissant, grave, dense, plein d'humanité qui se lit d'une traite et qui fournit de nombreuses prises de réflexion.

  • 0.25

    Un homme, Antoine Lazenec, tombe à l’eau… enfin, tombe, façon de parler. Mathias Kermeur raconte, et le lecteur le retrouve rapidement dans le bureau d’un juge pour un huis-clos pas très ordinaire. Kermeur parle, explique l’histoire d’un arnaqueur immoral et flambeur qui a ruiné un village entier du fin fond du Finistère.
    Et dans ce village les ouvriers sont au chômage, remerciés par l’arsenal de Brest. Alors nombre d’entre eux a investi leurs économies dans la belle résidence proposée par Lazenec. Mais la ruine menace, les bâtiments ne seront jamais construits et l’arnaqueur flambe.
    Et le lecteur écoute, essaye de comprendre la bêtise, la manipulation. Et se demande si la victime n'était pas plutôt le coupable, et si le coupable n’était pas finalement le seul courageux de l’affaire ? Voilà assurément un magnifique roman porté par une écriture, un rythme, un style, et du fond, tout y est, il ne peut pas nous laisser indifférent. L’auteur évoque la bêtise, mais aussi les limites de la justice et de l’injustice quand on est victime, ainsi que la profondeur et la complexité des sentiments.

  • 0.25

    Il n'a pas de veine, Martial Kermeur ! Un licenciement, un billet gagnant de loto non validé, un divorce et un gamin à élever seul. Et quand en plus, ledit gamin, six ans plus tard, se retrouve en prison et qu'il comprend que Lazenec l'a escroqué, manipulé, il le balance à la mer. Face au juge d'instruction, Martial va raconter comment il en est arrivé là, à tuer un homme.

    C'est dans une logorrhée dense que l'homme refait l'histoire de sa vie ratée et de ses erreurs de jugement. On a l'impression que Kermeur laisse enfin s'évacuer le trop de ses émotions, de tous ses non-dits, de sa frustration et de sa honte, dans le huis-clos d'un bureau de tribunal. En face de lui, le juge d'instruction n'est finalement qu'un homme comme un autre.

    Une narration très réussie dont le flot emporte le lecteur, elle déstabilise d'abord par ses mots en cascade, comme une soupape ouverte, puis elle enveloppe et affirme la proximité entre le lecteur (qui pourrait alors être juré de ce procès prévisible) et Martial Kermeur, pauvre bougre, anti-héros et héros à la fois (parce que lui seul a eu le courage de mettre un terme à l'humiliation collective, aux abus d'un promoteur véreux), père fragile, laissé-pour-compte de la société. Un pauvre type, mais surtout un brave type dont on ressent toute la simplicité, toute l'humanité et auquel on s'attache de page en page.

    Parce qu'en plus, au-delà de la grande vague de mots que déversent le presqu'accusé, c'est aussi un beau regard sur la Bretagne (la mer, les nuages noirs et les vents contraires) qui nous est offert. Dans les mots simples comme déroulés d'une longue bobine de fil, il y a surtout des fragments de poésie pure !

    Une belle maîtrise de la langue, une tension dans l'intrigue et Martial Kermeur comme un justicier dans un roman franchement réussi !
    Coup de cœur, évidemment !

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