Article 353 du code pénal

Couverture du livre « Article 353 du code pénal » de Tanguy Viel aux éditions Minuit

4.45

20 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707343079
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 176
  • Collection : Roman francais minuit
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis... Lire la suite

Pour avoir jeté à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec, Martial Kermeur vient d'être arrêté par la police. Au juge devant lequel il a été déféré, il retrace le cours des événements qui l'ont mené là : son divorce, la garde de son fils Erwan, son licenciement et puis surtout, les miroitants projets de Lazenec.
Il faut dire que la tentation est grande d'investir toute sa prime de licenciement dans un bel appartement avec vue sur la mer. Encore faut-il qu'il soit construit.

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  • 0.25

    « C’est peut-être cela la principale chose que j’ai apprise ces dix dernières années : qu’on finit toujours par aimer qui nous aime. »

    Article 353 du code pénal de Tanguy Viel est avant tout un roman politique et humaniste, une magistrale étude de la société d’aujourd’hui. Avec une finesse remarquable, l’auteur nous offre un huis clos addictif de plus en plus pesant, très prenant et rempli d’humour.

    « […] Sans doute c’est le sort des parents, j’ai dit, c’est le sort des parents d’un jour se retourner et craindre avoir failli ».

    Que vaut la parole d’un homme face à la justice ? Doit-on se fier aux preuves ou à son intime conviction ? Doit-on rester dans les clous de la justice ou suivre ce que dicte sa conscience ?

    «Parce que le problème, c’est que même un gars mauvais, même la pire des crapules, il y a des moments où elle n’est pas une crapule, des moments où elle ne pense pas à mal. Et croyez bien que ça ne simplifie pas les choses pour les gens comme moi. Les gens comme moi, ils ont besoin de logique, et la logique voudrait qu’un gars méchant soit méchant tout le temps, pas seulement un tiers du temps.»

    Toutes ces questions sont merveilleusement amenées et traitées par le récit d’un homme, Martial Kermeur, qui narre au juge l’assassinat de Antoine Lazenec, jeté volontairement à l’eau durant une partie de pêche. Véritable scénario de sa vie, l’accusé déroule tous les événements de cette dernière : son travail à l’arsenal puis son licenciement, le départ de sa femme, les promesses de Lazenec, son investissement, comment il s’est fait avoir et comment il a ensuite réagi…

    « Oui, c’est vrai, il y a eu un début pour moi, je devrais dire : une faille. Il y a eu une faille en moi et il y est entré comme le vent, parce qu’il soufflait autant que le vent, toujours prêt à se jeter dans toute brèche ou fissure du faux mur que j’avais pourtant essayé de faire passer pour de la brique, mais enfin je ne suis pas en granit. Sinon, comment expliquer qu’un jour je me sois retrouvé à côté de lui sur le siège passager de sa Porsche, à longer la mer sur la quatre-voies pour aller boire une bière sur le port, sous le seul prétexte de parler de pêche et de bateau, oui, surtout ça, de bateau, puisque justement il venait de s’en offrir un, de bateau, du genre même de celui que je pensais m’acheter avec l’argent de l’arsenal-oui, quelle coïncidence, j’ai dit un jour à Lazenec, parce que je pensais m’acheter le même modèle »

    Le style est particulier puisque très oral avec de nombreuses répétitions. S’il peut surprendre au premier abord, il est parfaitement compatible avec la narration. Mieux il se marie idéalement à la volonté de l’auteur dans sa quête de faire passer des messages, de pousser le lecteur dans ses retranchements et dans ses réflexions. On s’identifie et même on prend la place du juge, on est en face de Kermeur, on assimile les faits de manière brute et on se fait au fur et à mesure des révélations sa propre opinion. Un véritable tour de force tant c’est fluide, juste et fort. On est littéralement immergé dans cette salle du tribunal, capté par le monologue de l’accusé qui ne nie pas sa culpabilité (sur la forme) tout en justifiant ses actes (sur le fond).
    L’écriture est précise, pointilleuse, les mots soigneusement choisis.

    « Je crois que c’est à ce moment-là qu’il a commencé à pleuvoir un peu, une bruine sans vent qui ne fait pas de bruit quand elle touche le sol et même enveloppe l’air d’une sorte de douceur étrange à force de pénétrer la matière et comme la faisant taire. »

    C’est un vrai plaisir de lecture – on peut comparer cette audition à un thriller page-turner tant la fluidité des explications incite à vouloir en savoir toujours plus. Tanguy Viel excelle. Il maîtrise parfaitement son art de romancier et nous offre un superbe roman qui est un des meilleurs que j’ai lu depuis longtemps. Je recommande très fortement.

    « Vous pouvez appeler ça homicide volontaire ou je ne sais pas quelle expression qui sait dire les choses dans une langue normale mais ce que j’ai fait, monsieur le juge, ça ne me donne pas le sentiment d’être un meurtrier, ce que j’ai fait : je l’ai ostracisé, vous comprenez, ostracisé, comme une verrue qu’on brûle pour régénérer la peau, si la peau ici c’est notre ville, alors il y a un moment, il faut savoir enlever le mal à la racine. Je l’ai fait pour notre bien à tous ».

    5/5 COUP DE COEUR

    https://alombredunoyer.com/2017/02/07/article-353-du-code-penal-tanguy-viel/

  • 0.1

    Bien pour le sujet, déception pour le style (le narrateur en devient même peu crédible).

  • 0.2

    Ce nouveau roman de l’écrivain breton Tanguy Viel est un véritable bijou de la rentrée littéraire 2017 ! En 170 pages, l’auteur nous transporte dans le petit village d’une presqu’île d’un Finistère sauvage où un drame vient de se produire... Dès le chapitre d’ouverture, l’intrigue prend forme : à l’occasion d’une sortie de pêche, Martial Kermeur vient de jeter à la mer le promoteur immobilier Antoine Lazenec. Il est maintenant devant le juge, auquel il relate, en détail, l’enchainement des événements qui ont conduit à ce meurtre. Minutieusement, Kermeur raconte les dernières années de sa vie : la perte de son emploi à l’arsenal, son divorce brutal puis l’arrivée de Lazenec qui amène avec lui un projet pharaonique de construction d’une station balnéaire de luxe.

    Derrière le personnage du juge qui écoute le récit de Kermeur, c’est en réalité le lecteur lui-même qui prête l’oreille à ce témoignage brut, « comme une rivière sauvage qui sort quelquefois de son lit ». Attentif et patient, il voit peu à peu se dessiner l’image d’un quinquagénaire blessé, d’un père de famille humilié, qui n’a commis d’autre faute que celle d’accorder trop facilement sa confiance à un promoteur peu scrupuleux. Mais après le récit, il faudra trancher la question de la culpabilité de Kermeur et, pour y répondre, le juge, comme le lecteur, sont seuls face à leur conscience...

    Ce roman, plein d’humanité, est porté par une écriture rythmée et foisonnante et par un suspens parfaitement maîtrisé, qui monte crescendo. Tanguy Viel, tel un avocat qui plaide, nous y invite à méditer sur la notion de bien et de mal et sur la révolte individuelle face aux injustices. Un très beau livre !

  • 0.15

    Un roman à l'histoire bien vue mais dont le parti pris de restituer intégralement l'histoire par la bouche du personnage principal donc, dans un style oral, m'a laissé un peu de marbre.
    Il me manque un peu de recul, un narrateur omniscient, des phrases moins longues (on se croirait chez Proust par moment !)
    Donc idée bien vue mais pas de révolution en terme de style ! Un long monologue qui manque de relief de pour moi, même si j'avais tout de même envie de connaitre la fin.

  • 0.2

    je ne connaissais pas du tout cet auteur, je n'avais donc aucun à priori mais une envie folle de découvrir sa plume. Je n'ai pas été déçu, son roman m'a tenu en haleine du début à la fin (fin qui est d'ailleurs très intéressante et auquel je ne m'attendais pas.

    comment ne pas s'identifier au personnage principal, Martial Kermeur, qui est accusé du meurtre d'un promoteur immobilier véreux.

    Martial Kermeur va retracer les moments de sa vie qui l'ont poussé à avoir ce geste,

    j'ai beaucoup apprécié l'écriture de l'auteur

  • 0.25

    J'avais aimé Viel avec la disparition de Jim Sullivan. Je l'ai adoré avec Kermeur

  • 0.2

    Nécessairement, un titre comme celui-là ne pouvait que m'intriguer. Quel sorte de roman peut bien se cacher derrière un article du Code pénal? 174 pages plus tard, j'avais la réponse.

    ARTICLE 353 DU CODE PENAL relate le face à face entre Martial KERMEUR et le juge d'instruction qui doit le mettre en examen pour avoir tué le promoteur immobilier Antoine LAZENEC en le jetant par-dessus bord de son propre bateau. Dans le secret du bureau du juge, Martial va expliquer la genèse de son crime, et raconter comment tout a basculé le jour où LAZENEC est venu troubler la quiétude de son petit village du FINISTERE où, divorcé, il vit seul avec son fils. Le promoteur promet, fait miroiter un avenir radieux et le fait si bien qu'il convainct Martial KERMEUR d'investir le peu qu'il détient - sa prime de licenciement - dans son projet. Avant de souffler brutalement la flamme de l'espoir qu'il avait allumé dans le coeur asséché par les mésaventures de vie de Martial. En perdant le peu qu'il avait, Martial a en fait tout perdu, et son fils avec lui.

    Ce livre est tout simplement un petit bijou. L'auteur a une plume sublime et un sens de la métaphore extraordinaire, et il les met au service de son récit, un parcours de vie déchirant et touchant. Celui d'un homme ordinaire que rien ne prédestinait à en arriver là, et qui essaie de comprendre, autant pour lui-même que pour le juge, l'agencement des faits, leur "ligne droite".

    Un sens de la métaphore qui nous imprime des images précises sur la rétine au fur et à mesure des paroles de Martial KERMEUR, qui crée un roman extrêmement riche et poétique, mais jamais pompeux, d'une délicatesse absolue.

    ARTICLE 353 DU CODE PENAL m'a donné l'impression d'une petite bulle; pendant sa lecture, j'avais l'impression d'être moi-même à coté de KERMEUR dans le bureau du magistrat, un moment hors du temps, suspendu au récit de cet homme abîmé par la vie mais qui regarde et décrit son chemin de vie sans concession, sans se chercher d'excuses, en essayant seulement de comprendre.

    Chronique sociale d'une région de la FRANCE minée par la fermeture de l'arsenal qui a plongé tant de gens dans le chômage et la désespérance, ce livre raconte combien il est facile pour un homme "qui parle bien" de faire croire à des hommes et des femmes désabusés, résignés, que tout serait de nouveau possible, mais aussi combien il peut être dangereux de briser leurs modestes rêves.

    Tanguy VIEL termine son histoire de manière surprenante; la fin est d'une élégance à l'image de tout le récit et en définitive, j'ai fait taire mes réserves de professionnelle du droit psycho-rigide et j'ai refermé ce livre avec un soupir, mais un soupir d'espoir, comme une sorte de soupçon de foi en l'humain; petit prodige qui démontre la grandeur, la force, l'intensité de ce récit au-délà de sa noirceur.

    http://cousineslectures.canalblog.com/archives/2017/03/12/35032970.html

  • 0.2

    Martial Kermeur tue Antoine Lazenec en le jetant en pleine mer et en partant avec le bateau sur lequel ils étaient en train de pécher. Le lendemain, les gendarmes l’interpellent à son domicile et le mettent en garde à vue pour homicide.

    Martial Kermeur raconte au juge sa version des faits et comment il en est arrivé à ce geste meurtrier. Pour cela, il remonte six ans auparavant et dévoile l’escroquerie qui a fait sombrer tout son village. Lazenec a acheté un propriété de la commune pour y construire un complexe balnéaire. Il a vendu des appartements aux habitants de la commune à prix d’or mais n’a jamais rien construit ni remboursé les acquéreurs. Martial fait partie de ceux qui se sont laissés escroquer sans rien dire et a tout perdu : les 400 000 francs touchés lors de son licenciement, son fils et sa femme.

    Alors non, il ne regrette pas ce meurtre, qu’il ne nie pas.

    J’ai beaucoup de mal à parler de ce roman, alors même qu’il m’a pourtant plu.La narration de Martial Kermeur est prenante, on y accroche immédiatement. Cet homme est un assassin mais il est plein de doutes, de douleurs et d’humanité. A travers ses mots, on lit une histoire banale et sordide qui pourrait faire la une d’un journal local, celle d’une escroquerie contre un village breton.

    La réussite de Tanguy Viel est d’arriver à faire un roman à partir de cette fiction qui ressemble à un fait divers « classique ». Malgré mon adhésion à ce roman et la facilité et rapidité de lecture, il m’a manqué quelque chose pour en faire un coup de coeur. En effet, je n’arrive pas à m’enthousiasmer pour ce livre. Je ne saurais identifier ce qu’il m’a manqué mais je vous recommande cette lecture.

  • 0.2

    Je tiens dans un premier temps à remercier lecteurs.com, qui m’a donné l’opportunité de découvrir ce roman et cet auteur. Et il aurait été vraiment dommage de passer à côté !

    La prose de Tanguy Viel est particulièrement juste, il nous embarque (et nous enferme) en quelques pages dans son histoire. Dès la première page, l’intrigue est dévoilée : Martial Kermeur passe par-dessus bord un promoteur immobilier, est arrêté et déféré devant le juge. Au fil des chapitres, l’auteur, par la bouche de Martial, nous explique les raisons de cet acte et ce qui a poussé cet homme à commettre un crime : l’important n’est donc pas ce qui s’est passé ni comment cela s’est passé, mais pourquoi cela s’est passé.
    L’écriture de Viel est remarquable en ce qu’il ne porte pas de jugement, et propose un récit dénué de toute forme d’exotisme ou de misérabilisme. Il décortique et raconte simplement, mais avec force détails et beaucoup de justesse, les enchaînements de la vie de cet homme, mais aussi de sa communauté, qui au fil des ans a tout perdu. N’essayez pas de sortir la tête du livre avant d’avoir terminé la dernière page, c’est peine perdue !

  • 0.25

    Région brestoise. Martial Kermeur a tué Antoine Lazenec. Il raconte au juge les évènements qui l’ont poussé à cet acte. Des évènements qui concernent entre autres son fils Erwan, le maire Le Goff…
    Ce livre se lit d’une traite et fait, pour moi, partie des belles surprises de ce début d’année. Tanguy Viel dépeint très bien tout le poids des évènements sur les épaules de Kermeur. Il y a mis les tons qu’il fallait, du gris, du bleu très profond, juste ce qu’il faut pour décrire ce magnifique bout de Finistère mais aussi, et surtout, l’état d’âme du narrateur. Et pourtant ce dernier reste un homme lucide qui a tenté de faire ce qu’il fallait pour vivre mais s’est retrouver face à une situation qui n’est pas de son monde. Dans ces cas-là, parfois, la situation la plus extrême en est la conséquence.
    Et puis il y a cette fin, presque magistrale, qui pourrait semblée logique. Et pourtant j’étais bien à mille lieues d’y songer, ne serait-ce qu’à quelques pages du but.
    C’est très bien écrit, c’est tout un environnement, un univers qui est créé tout au long du livre. A lire!

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