Artefact ; machines à écrire 1.0

Couverture du livre « Artefact ; machines à écrire 1.0 » de Dantec-M.G aux éditions Albin Michel

3

1 note

  • Date de parution :
  • Editeur : Albin Michel
  • EAN : 9782226179753
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 565
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

« Deux tours américaines fracassées par le ciel. Une mystérieuse valise violette dans les mains d'un homme libre. Un tueur impitoyable prétendant être le frère du Diable
diffuse en direct ses propres crimes sous les yeux du monde entier... » Trois fictions encore plus vraies que la... Lire la suite

« Deux tours américaines fracassées par le ciel. Une mystérieuse valise violette dans les mains d'un homme libre. Un tueur impitoyable prétendant être le frère du Diable
diffuse en direct ses propres crimes sous les yeux du monde entier... » Trois fictions encore plus vraies que la vérité, trois fictions qui n'en font qu'une seule, où vous descendrez vous-même les escaliers de la tour Nord du World Trade Center dans les hurlements des aciers vaporisés. Une Trinité où vous ouvrirez vous-même la valise violette à la recherche de votre futur. Une dualité où vous laisserez vous-même le Diable pénétrer douloureusement votre corps. Vous n'avez pas fini d'en apprendre sur vous-mêmes.

Donner mon avis

Le courrier des auteurs

Maurice G. Dantec répond à nos questions ! (26/09/2007)

... Comme vous le savez tous et toutes, nous sommes en pleine rentrée littéraire. Donc un écrivain, j'allais dire, est un peu dans l'obligation de faire son service après-vente comme je dis. Et parmi les univers qu'il est, dans ce cas précis, obligé de côtoyer - obligé, oui, obligé de côtoyer -, bon, il y a les médias, évidemment : télé, radio, presse ; et puis, il y a quand même, j'allais dire, l'infanterie d'une certaine manière des livres, que sont les libraires. Je ne sais pas quels sont les rapports qu'entretiennent les autres auteurs avec les libraires. Moi, j'ai un rapport, j'allais dire assez schizoïde, pour changer, à savoir que, de toute façon, je ne peux pas entrer dans une librairie sans ressortir avec moins un bouquin. C'est de l'ordre même peut-être de la maladie, si vous voulez. Là, par exemple, je peux vous en parler très précisément. Je sors de La Procure, rue Saint-Sulpice, dans le coin là, à Paris. Je m'étais dit : «je vais aller un petit coup d'oeil», comme je fais tout le temps. Et évidemment, je suis ressorti avec une dizaine de livres de Patrice Stick, Maxime le Confesseur, Nicolas de Cues, etc. Et alors, effectivement, on peut se poser la question : est-ce que la librairie, en y incorporant - c'est le cas de le dire - les humains qui y travaillent, est un espace disons réservé aux grandes opérations marketing, à ce qu'on appelle les grands auteurs, ou est-ce que c'est une sorte de vaisseau spatial qui traverserait le temps et l'espace et nous permettrait à chacun, et selon nos désirs et nos besoins, d'établir des connexions parfois pas évidentes, qui peuvent être secrètes d'une certaine manière, ou qu'on n'a pas encore saisies avant justement de tomber sur deux livres placés côte à côte ou placés pas loin l'un de l'autre et qui soudainement, se mettent à raisonner entre eux. Moi, je pense a priori qu'une librairie, en fait, c'est un peu les deux, comme le monde d'aujourd'hui. Tout ça est extrêmement dédoublé, c'est-à-dire qu'effectivement, il faut bien l'admettre, le métier de libraire aujourd'hui est, je pense, un métier marchand, il faut vendre des livres. On sait quels sont les livres qui se vendent, on sait à peu près à quelle époque ils se vendent, dans quelles conditions il se vendent, et ils se vantent même parfois... Et puis, vous avez, j'allais dire, la Sainte-Barbe, là où s'accumule la poudre. Et c'est généralement là que vous allez tomber sur un auteur que vous ne connaissiez pas, ou sur un genre de livre que vous n'aviez pas encore approché, ou une collection qui, pour une raison ou pour une autre, vous semblait rébarbative ; puis, un événement quelconque qui s'est produit dans votre vie avant, ou qui peut même se produire sur l'instant dans la librairie, va vous faire vous approcher de ça. Là, si vous voulez, c'est comme pour tout le reste, c'est-à-dire que c'est un moment qui échappe au processus marchand, qui est nécessaire à la survie de l'entreprise, chose que je comprends totalement, il faut bien vendre quelques Paulo Coelho pour, j'imagine, arriver à faire des bilans positifs. Et puis, malgré tout, je pense, parfois, un humain, un lecteur, quelqu'un, va s'aventurer, comme on dit chez nous, hors de la traque, hors de la piste, et va tomber sur quelque chose qui va lui révéler la littérature telle qu'il ne l'avait jamais encore connue. Et pour moi, la librairie, c'est ça. Encore une fois, je remercie tous les auditeurs d'avoir bien voulu prêter l'oreille à mes divagations. Ensuite, je dirai qu'en cette journée anniversaire de la date qui, je pense, ouvre le XXIe siècle, il ne s'agit pas d'aller dans le commémoratif ; il s'agit plutôt de faire un effort pour affronter le réel. Il est temps d'arrêter de dédaigner le réel. Parce que bizarrement il y a quelque chose dans la littérature qui a été faussé, je pense en particulier ces dernières années : c'est qu'on pense que la littérature dite réaliste est celle qui nous donne le mieux à voir et à comprendre le réel. Or, le réel est un mystère, par définition. Donc, si le réel est un mystère, il n'y a que la littérature d'imagination poussée à ses limites qui est capable d'en rendre compte. Et c'est ça que j'aimerais éventuellement que les auditeurs de votre émission pensent aujourd'hui, c'est-à-dire que les gens qui sont susceptibles de rendre compte d'un événement, c'est-à-dire d'une brisure ultime à l'intérieur du monde, que cet événement s'appelle «11 septembre 2001», ou qu'il s'appelle Auschwitz, ou qu'il s'appelle Hiroshima, doivent comprendre que le réel s'impose comme ça, comme un mystère qui fait craquer le monde ; parce que Hiroshima est un mystère, parce que Auschwitz est un mystère, et même les attentats du 11 septembre sont un mystère, non pas dans le sens d'un complot, d'une théorie de la conspiration à deux euros cinquante, mais dans le sens où le réel avance toujours masqué par ce qu'on appelle la réalité, ce qu'on en voit. Mais pour pénétrer le réel, il faut que votre cerveau soit libre de toute attache, qu'il soit capable de rentrer dans les tours et de les affronter par exemple. En disant ça, je me rends compte que je déblaie peut-être d'un geste sans doute péremptoire toutes ces, j'allais dire, polémiques bidons qui ont l'air de courir dans Paris au sujet de quelques livres, concernant la légitimité de l'auteur d'écrire des livres sur des sujets qu'il n'aurait pas vécus. Je pense, en particulier, à des morts d'enfants, à des choses comme ça. Précisément, le seul moyen de parler peut-être de la mort d'un enfant, c'est précisément de passer par l'imagination. Il n'y a que l'imagination qui peut vous faire pénétrer dans le domaine de l'horreur, comme dans le domaine de la rédemption ou de l'espérance.

Contenu proposé par lechoixdeslibraires.com

Les derniers avis

Ce livre n'a pas encore d'avis. Donnez le vôtre et partagez-le avec la communauté de lecteurs.com

Où trouver ce livre en librairie ?

Service proposé en partenariat avec Place des Libraires

Les dernières discussions

Il n'y a pas encore de discussion sur ce livre
Soyez le premier à en lancer une !

Lancez une discussion

Pour lancer une discussion, vous devez être connecté...
Vous n'avez pas encore de compte ? Rendez-vous ici et laissez-vous guider !

Du même auteur

Comme le fantôme d'un jazzman dans la station Mir en déroute Dantec-M.G ALBIN MICHEL

2

Voir tous les livres de Dantec-M.G

Autres éditions

Artefact ; machines à écrire 1.0 Dantec-M.G ALBIN MICHEL

3

Voir toutes les éditions

Récemment sur lecteurs.com

Les livres les mieux notés de la semaine