Approches occidentales du bouddhisme zen ; la spontanéité efficace

Couverture du livre « Approches occidentales du bouddhisme zen ; la spontanéité efficace » de Michel Larroque aux éditions Harmattan
  • Date de parution :
  • Editeur : Harmattan
  • EAN : 9782747561976
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 150
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Orientalisme / Bouddhisme / Hindouisme
Résumé:

Un soir méditant sous un arbre, sur la rive d'un fleuve, Gotama atteignit l'éveil. Le zen est l'interprétation chinoise de cette illumination, source vivante du bouddhisme. Il se présente comme une expérience informulable. Elle implique cependant un vécu temporel spécifique : l'intuition... Lire la suite

Un soir méditant sous un arbre, sur la rive d'un fleuve, Gotama atteignit l'éveil. Le zen est l'interprétation chinoise de cette illumination, source vivante du bouddhisme. Il se présente comme une expérience informulable. Elle implique cependant un vécu temporel spécifique : l'intuition de la durée décrite par Bergson. C'est la voie d'accès à la doctrine. On doit, à partir de cette hypothèse, comprendre la spontanéité efficace propre au zen telle qu'elle se manifeste, par exemple, dans l'escrime, le tir à l'arc ou la peinture Sumiye. On peut aussi saisir par là sa parenté avec des spontanéités analogues, développées dans des contextes différents, comme le quiétisme chrétien et l'activité hystérique, ou sa radicale opposition à la définition occidentale du comportement volontaire. Ainsi le zen n'est pas une originalité irréductible de l'Orient mais une expérience que l'on peut cerner en la situant par rapport à d'autres, semblables ou opposées, de la pensée universelle.

EXTRAIT : Le "maintenant" mobile du zen correspond à la synthèse spontanée du mouvement. C'est ce dont témoignent les conseils donnés par le maître Takuan à un escrimeur son disciple. Le combattant, dit-il doit conserver sans cesse un esprit « fluide ». Car s'il s'arrête de couler, c'est le signe qu' il est entravé et le guerrier est alors en danger de mort. Par fluidité de l'esprit, il faut entendre une spontanéité heureuse, en vertu de laquelle l'escrimeur vit ses gestes c'est-à-dire coïncide avec leur essence mobile, sans les figer par la considération réfléchie de leur trajectoire. Il s'identifie alors à ce que Bergson appelle le « se faisant » du mouvement, le progrès. Le contraire de cette fluidité est la pensée consciente du devenir : elle le fractionne alors en étapes ordonnées entre elles en fonction d'un but. Ainsi, l'escrimeur prévoit que telle feinte prépare telle attaque. Mais cette réflexion peut le rendre extérieur à l'acte et pétrifier le mouvement comme on le voit chez le débutant, gauche par souci démesuré de contrôle. C'est pourquoi dans l'escrime inspirée par le zen, l'esprit ne doit ni hésiter, ni interrompre le mouvement, ni s'interposer. Le geste doit jaillir immédiatement, « comme le son lorsqu'on tape des mains, comme l'étincelle du choc de deux silex ». On aurait tort de considérer ces images comme une simple apologie de la rapidité. Ou du moins, la rapidité est seulement un signe : elle indique la parfaite coïncidence de l'agent avec son acte impliquéedans la synthèse spontanée du temps et du mouvement. C'est dans cette perspective qu'il faut comprendre l'aphorisme célèbre selon lequel « être délivré de l'idée de la mort est l'ultime secret de l'art de l'épée ». Si le maître zen avait seulement voulu dire que la peur paralyse et qu'il convient de l'éviter, l'observation serait des plus banales et le conseil verbal. Plus profondément, il faut comprendre que la peur de la mort est un signe : elle témoigne que le temps cesse d'être naïvement vécu, qu'il est étreint dans la totalité de son cours par la pensée. Car il faut bien prendre quelque distance à l'égard de la durée pour en prévoir le terme. La simplicité native commence alors à se fêler, et l'animal, qui lui, ignore sa mort inéluctable, fait place à l'homme. Mais cette conquête de la réflexion a sa rançon : considéré de l'extérieur, le mouvement est réduit à la trajectoire. L'agent n'accède plus à sa réalité ; il en donne une reconstitution artificielle et figée. Il devient un pharisien de l'acte car il est maintenant étranger à son essentielle mobilité. Et, bien sûr, l'inefficacité et la maladresse s'ensuivent nécessairement. Le guerrier sera alors tué, non pas parce qu'il craignait la mort, mais parce qu'il pensait le temps au lieu de le vivre.

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