Apprendre à finir

Couverture du livre « Apprendre à finir » de Laurent Mauvignier aux éditions Minuit

4.666666666

6 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707318572
  • Série : (non disponible)
  • Support : Poche
  • Nombre de page : 126
  • Collection : Double minuit
  • Genre : Littérature Romans Poche
Résumé:

Il avait dit : ici, je n'en peux plus.
Avec toi je ne peux plus. alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. elle a repris confiance et elle s'est dit, je serai celle qui... Lire la suite

Il avait dit : ici, je n'en peux plus.
Avec toi je ne peux plus. alors après son accident, les semaines dans la chambre blanche, son retour à la maison pour la convalescence, ça a été comme une nouvelle chance pour elle, pour eux. elle a repris confiance et elle s'est dit, je serai celle qui donnera tout, des fleurs, mon temps, tout. pour que tout puisse recommencer. il y a, comme ça, des pages à couper le souffle. et des phrases d'autant plus envoûtantes qu'elles ont beau être longues, elles portent en elles le rythme de la coupure, brèches de la virgule mais aussi reprises de souffle par celui qui s'emporte.
Coupures et emportements d'un monologue schizophrène - et c'est là une réussite : restituer toute la schizophrénie qu'implique la douleur, qu'implique toute rupture, quand on veut encore ce que l'autre ne peut plus en vrais symptômes d'un deuil rétrospectif. amour et haine, espoirs et doutes, culpabilité. nelly kaprièlian, les inrockuptibles. laurent mauvignier fait admirablement parler les silences, sentir les hésitations, les doutes, la peur de la solitude, l'obsession du malheur.
On la voit, cette femme dans son manteau râpé d'un marron défraîchi, le cheveu mou, le visage ravagé d'angoisse, cherchant à deviner sur les traits apaisés d'un époux qui va de mieux en mieux le reflet d'un bonheur dont elle sera bientôt exclue. michèle gazier, télérama. rarement un écrivain aura donné une voix aussi forte à ce déchirement et à cette douleur qu'aucune raison n'allège ni console. une voix directe et nue, elle-même déchirée, qui ne cherche pas à prendre le relais de la réflexion, qui n'explique rien, qui se contente de pâtir.
Patrick kéchichian, le monde.

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  • 0.25

    Le récit est entièrement constitué d’un monologue intérieur, celui d’une femme trompée, dont le mari, suit à un accident, revient au domicile, handicapé et complètement dépendant d’elle. Elle organise toute sa vie autour de lui, le soignant et veillant à son confort, recouvrant peu à peu force et espoir d’être à nouveau aimée. Sauf qu’il s’agit d’un mensonge, que le lecteur le devine et le sait avant elle. Encore une fois, la force de l’écriture de Mauvignier c’est de rendre la pluralité des voix, des visions du petit monde de cette femme modeste et mère de famille, à travers le seul prisme de son regard. Il lui faut voir et comprendre ce que disent aussi les yeux de son fils aîné, plus lucide plus tôt.

    Un extrait, une phrase…

    Combien de temps il m’a fallu pour comprendre qu’au contraire c’était le bon moment pour que j’entende ce qu’il disait, pour entendre ce que ça voulait dire contre moi, ce qu’il aurait aimé que j’entende : maintenant tu baignes dans cet espèce de bonheur idiot, tu te vautres, là, dans tout ce mensonge, et tu as tout oublié, tout oublié, mais moi je n’oublie pas, je n’oublierai pas les dimanches où tu me suppliais de prendre mon vélo pour aller voir s’il était par chez elle parce que tu avais compris qu’elle habitait dans l’allée des Acacias puisque je t’avais dit que j’avais vu sa voiture là-bas, je n’oublierai pas ta tête, ta déconfiture et ta salive qui pourrissait dans la bouche, sur les lèvres, avec les colères que tu piquais contre nous pour un oui pour un non, quand tu t’en prenais au chien parce qu’il était toujours dans tes pattes et que tu lui jetais un coup de pied dans les côtes juste pour te calmer, oui, pour te calmer de ton air triste, tes cheveux qui tombaient dans tes yeux, de nous que tu traitais comme si on était des boulets, on était ton malheur, nous – je n’oublierais pas les soirs où il ne rentrait pas, je n’oublierai pas les jours où tu ne pensais pas à faire les courses et où on se réveillait tous les deux seuls le matin parce que ça voulait dire qu’il n’était pas rentré et que tu avais attendu toute la nuit, d’une pièce à l’autre, en marmonnant, en gueulant toute seule contre lui, contre ce salopard de bon dieu, tu disais y a pas de bon dieu pour moi et on entendait ça des heures, des heures avec tes larmes qui tombaient sur tes pas, sur la moquette, tes sanglots qui nous réveillaient en sursaut en pleine nuit… (p. 72-73)

    la phrase court encore sur plus d’une page…
    Pas certaine que ce soit le livre par lequel il faille commencer à s’initier à Mauvignier (peut-être commencer par Continuer) mais pour les mordus, c’est un indispensable.

  • 0.2

    Encore une belle réussite pour Mauvignier, qui décortique avec justesse et délicatesse les sentiments les plus intimes.

  • 0.2

    Dans le genre intimiste, belle réussite. Belle écriture, beau rythme.

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