Antoine et Isabelle

Couverture du livre « Antoine et Isabelle » de Vincent Borel aux éditions Sabine Wespieser

3

2 notes

  • Nombre de page : 496
  • Collection : Litterature etrangere
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Quand ils se rencontrent à Barcelone en 1925, Antonio et Isabel ont en commun une belle jeunesse et le désir de se construire une vie libre et neuve, à l'image des utopies du temps. Isabel, dont la famille a fui la misère de l'Andalousie, travaille dans un atelier de couture. Antonio, lui, a... Lire la suite

Quand ils se rencontrent à Barcelone en 1925, Antonio et Isabel ont en commun une belle jeunesse et le désir de se construire une vie libre et neuve, à l'image des utopies du temps. Isabel, dont la famille a fui la misère de l'Andalousie, travaille dans un atelier de couture. Antonio, lui, a gravi les échelons au grand hôtel Oriente : affecté au service d'étage, il met à profit ce poste privilégié pour observer les grands de ce monde. Et c'est là, avec ses camarades de rang, qu'il se forge les convictions politiques qui vont infléchir son destin. Il ne jouit que peu de temps en effet de sa nouvelle situation d'homme marié, bientôt père de deux petites filles. L'engagement du côté de la jeune République espagnole a tôt fait de l'entraîner à marche forcée dans le tourbillon de l'histoire : le départ précipité en France avec la troupe en déroute, les retrouvailles avec sa famille dans un camp de réfugiés près de Gap, la Résistance et le maquis, l'arrestation par les Allemands et puis l'extradition dans un camp nazi, tels sont les épisodes de la vie d'un homme somme toute ordinaire auxquels s'attache l'auteur en consacrant une part importante de son livre au portrait de l'individu vaillant et opiniâtre que fut son grand-père. Vincent Borel, en effet, dans un prologue écrit à la première personne, ne cache pas son intention : rendre justice à ceux qui, en s'installant en France, devinrent Antoine et Isabelle. Mais en s'appropriant la mémoire des siens, le romancier prend la pleine mesure de la nécessité pour la littérature de témoigner. C'est ainsi que, se démarquant de la saga familiale, il entreprend d'inscrire le destin de ses proches dans l'épopée du vingtième siècle. L'histoire exemplaire de ses grands-parents, et ce dès le début du livre, il la met en regard avec celle non moins exemplaire d'une famille d'industriels lyonnais qui firent dans la tourmente de l'histoire de tout autres choix. L'écrivain mêle ici avec brio plusieurs registres narratifs : le « je » du prologue, s'indignant devant quelques héritiers des beaux quartiers de leur discours flirtant avec le révisionnisme (conversation ici relatée et qui mit en branle la machine romanesque), reprend la plume au moment de conclure pour consigner, en guise de réfutation, le témoignage brut qu'Antoine rapporta de Mauthausen. Dans l'intervalle, il aura imposé une verve épique pour tisser en parallèle le destin des siens, gens de peu, en opposition avec celui des nantis lyonnais. Car de cet Edmond Gillet aperçu par Antonio quand il était dans la claque à l'opéra de Barcelone, et de sa famille, le romancier retrace brillamment les tribulations : donnant chair et corps au monde des possédants, il s'immisce dans les mariages arrangés et les alliances stratégiques, dépeint avec une ironie certaine la fibre sociale des dames du beau monde, accompagne les capitaines d'industrie dans la course aux brevets, suit les sautes souvent fatales des cours de la bourse, bref retrace l'histoire du monde capitaliste en marche vers la deuxième guerre mondiale. Et rend ainsi lisibles les décisions qui furent prises au moment où la guerre éclata. Il s'agit bel et bien de sauver un empire, et on est loin des idéaux de la Résistance. Le tour de force de Vincent Borel dans ce grand et virtuose roman mêlant destins individuels et histoire collective est l'intelligence de ses personnages : ballotés par le vent de l'histoire, chacun ici a fait des choix que le romancier ne s'arroge pas le droit de juger. Il s'agirait plutôt de dire haut et fort le pouvoir des mots pour comprendre le monde.

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  • 0.15

    Vincent BOREL profite d'un séjour en Jamaïque, invité par le patron de presse Michel Ferlié. Lors d'une soirée plutôt arrosée, il est pris à partie par Florian, un jeune branché parisien, futur animateur-télé. Porté par l'inconscience de sa jeunesse et un brin de crânerie, le jeune homme nie avec véhémence l'existence des chambres à gaz face à un Vincent BOREL excédé par de tels propos. Il sait bien que les chambres à gaz ont existé, lui qui y accompagnait son grand-père lors de son pèlerinage annuel à Mauthausen. Un grand-père qui s'activait pour perpétuer la mémoire des horreurs des camps de concentration et dont la seule crainte était qu'un jour le monde oublie.
    Alors, pour apporter sa pierre à l'édifice et laisser son propre témoignage, Vincent BOREL décide de raconter ses grands-parents, Antonio le catalan et Isabel l'andalouse, leurs rêves, leurs idéaux, leurs combats, leurs guerres. Entre l'enfance marquée par la pauvreté à l'exil forcé en France, il y a eu l'espoir d'une vie meilleure, d'une société plus juste, l'engagement républicain, la guerre civile, la défaite. En France, ce sera les camps, la résistance et pour Antonio, le communiste, la déportation. La guerre terminée, Antonio, devenu Antoine, parcourras son département pour apporter son témoignage au sujets des camps.
    Michel Ferlié, l'hôte de Vincent Borel, est quant à lui issu d'une grande famille d'industriels lyonnais: les Gillet. Ils ont bâti leur fortune sur le textile, la chimie, les relations et l'opportunisme. Cynisme et sens des affaires, coups bas et retournements de veste, les Gillet ont su tourner à leur avantage aussi bien la crise de 1929 que des deux conflits mondiaux.

    Petite-fille d'un républicain espagnol, je suis toujours très touchée quand je lis sur le sujet de la guerre d'Espagne. En découvrant la vie d'Antonio, j'ai bien sûr pensé à mon grand-père. Chaque histoire de vie est différente mais j'ai reconnu un parcours assez similaire. Comme Antonio, mon grand-père s'est engagé très jeune aux côtés des républicains. Il a connu la guerre civile, les combats, la bataille de l'Ebre et bien sûr la Retirada. Comme lui, il s'est retrouvé dans les Alpes, dans un camp dont il s'est enfui pour lutter contre le nazisme...
    Pourtant, malgré une histoire familiale si proche de la mienne, rien ne m'a émue dans l'écriture de Vincent BOREL. Sans doute pour rester au plus proche de la vérité historique et éviter le pathos, il a mis de la distance entre lui et ses personnages et du coup ils sont peu attachants. Ils traversent les évènements sans qu'on ressente de l'empathie et c'est bien dommage.
    De plus, il a choisi d'alterner les chapitres de la vie d'Antonio et d'Isabelle avec celle des Gillet. Je n'ai pas compris pourquoi. Jamais les deux familles ne se rencontrent et le lien entre elles est ténu. Et puis, j'avoue que ces chapitres m'ont moins intéressée.
    Côté émotions, BOREL se rattrape sur la fin. Laissant la parole à son grand-père, il retranscrit les textes écrits par Antonio sur son expérience à Mauthausen. Sans prétention littéraire, comme il le dit lui-même, le républicain espagnol livre un témoignage poignant, sans concessions et sans souci d'édulcorer l'horreur, sur ce qu'ont du subir les prisonniers des camps.
    Mon avis est donc mitigé mais je pense qu'il faut lire Antoine et Isabelle pour en apprendre plus sur notre histoire récente mais sans en attendre le souffle romanesque qui fait d'un bon livre un grand livre.

  • 0.15

    Une belle histoire humaine qui permet d'approcher le franquisme et ses conséquences.

  • 0

    L’Allemagne nazie concentre logiquement l’attention, singulièrement celle des romanciers ces dernières années et fait oublier d’autres tragédies du siècle passé. C’est un premier mérite du roman que d’animer le souvenir de l’une d’elles : la guerre civile espagnole, en hors d’œuvres sanglants de l’affrontement des idéologies. "Fronte popular" contre révolution nationale, socialisme international versus fascisme nationaliste… La restitution historique passe naturellement par le croisement de deux destinées, celles d’Antonio et d’Isabel dont les familles ont fui la misère à la campagne pour rejoindre les rangs du prolétariat à la ville – Barcelone, capitale d’une Catalogne en pleine mutation économique. La restitution passe aussi – et c’est une belle originalité du livre – par la sage de la famille lyonnaise des Gillet, chefs de file d’un capitalisme familial sans frontières que les guerres enrichissent plus qu’elles n'effarouchent. Ils ne sont pas faits pour se rencontrer mais, chacun à un bout de l’échelle sociale ils illustrent le double fracas historique des nations et des classes.
    Les grands-parents de l’auteur ont été de ces espagnols républicains réfugiés en France où, génération maudite, ils croisent une seconde fureur, nazie celle-là : ne cédant rien, le grand-père s’engage dans la Résistance, fait prisonnier il est interné au camp de Mauthausen auquel il survit. Les deux époux sont naturalisés français en 49. C’est un hommage que leur rend leur petit-fils écrivain, il le fait dans la générosité d'une langue classique dont, j’imagine, la pudeur a réfréné l’envolée. “Antoine et Isabelle” est moins un roman épique qu’un témoignage chargé d’émotion. Le lecteur que je suis, moins "à fleur de peau" que l’auteur, se permet de le regretter.

  • Lechoixdeslibraires.com

    La grande force de ce roman est d'avoir su construire un récit mettant en parallèle deux forces contradictoires de l'histoire du 20ème siècle : les empires industriels textiles puis chimiques d'un côté et les milieux ouvriers d'origine paysanne de l'autre. A travers l'histoire de quelques familles, non sans tendresse et hors des sentiers battus, Borel observe la confrontation des idéologies, en particulier dans l'avènement puis le déroulement de la guerre d'Espagne.

    Extraits :
    "Parmi les livres endormis, il entame une lente descente en soi, nourrie de ses pérégrinations et de l'abattement de ses camarades qui ont le mal du pays. Le Maroc lui paraît si semblable à l'Espagne rurale avec son cortège d'ignorance, de féodalité, d'oppression et de rage rentrée. Mais partout, dans les deltas de la Chine ou du Pô, dans les mines des Asturies ou les aciéries de la Ruhr, il y a une foi neuve et puissante qui se lève. Elle aspire au progrès, à l'amélioration du sort de l'humanité. Elle souffle avec les vents du large chassant la poussière déposée sur les pages. Son espérance succède aux dieux morts."

    "Barcelone arrache les pages des siècles pour apprêter les langes d'un monde sans visage, au futur incertain et aux gestes impardonnables, qui a pour nom Révolution. A minuit, il n'y a plus aucune lumière dans la ville pour en montrer la gésine, sauf les torchères des dizaines de bâtiments incendiés qui éclairent d'un jour fuligineux les terrasses où courent les assassins solitaires."

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    La grande force de ce roman est d'avoir su construire un récit mettant en parallèle deux forces contradictoires de l'histoire du 20ème siècle : les empires industriels textiles puis chimiques d'un côté et les milieux ouvriers d'origine paysanne de l'autre. A travers l'histoire de quelques familles, non sans tendresse et hors des sentiers battus, Borel observe la confrontation des idéologies, en particulier dans l'avènement puis le déroulement de la guerre d'Espagne.

    Extraits :
    "Parmi les livres endormis, il entame une lente descente en soi, nourrie de ses pérégrinations et de l'abattement de ses camarades qui ont le mal du pays. Le Maroc lui paraît si semblable à l'Espagne rurale avec son cortège d'ignorance, de féodalité, d'oppression et de rage rentrée. Mais partout, dans les deltas de la Chine ou du Pô, dans les mines des Asturies ou les aciéries de la Ruhr, il y a une foi neuve et puissante qui se lève. Elle aspire au progrès, à l'amélioration du sort de l'humanité. Elle souffle avec les vents du large chassant la poussière déposée sur les pages. Son espérance succède aux dieux morts."

    "Barcelone arrache les pages des siècles pour apprêter les langes d'un monde sans visage, au futur incertain et aux gestes impardonnables, qui a pour nom Révolution. A minuit, il n'y a plus aucune lumière dans la ville pour en montrer la gésine, sauf les torchères des dizaines de bâtiments incendiés qui éclairent d'un jour fuligineux les terrasses où courent les assassins solitaires."

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    La grande force de ce roman est d'avoir su construire un récit mettant en parallèle deux forces contradictoires de l'histoire du 20ème siècle : les empires industriels textiles puis chimiques d'un côté et les milieux ouvriers d'origine paysanne de l'autre. A travers l'histoire de quelques familles, non sans tendresse et hors des sentiers battus, Borel observe la confrontation des idéologies, en particulier dans l'avènement puis le déroulement de la guerre d'Espagne.

    Extraits :
    "Parmi les livres endormis, il entame une lente descente en soi, nourrie de ses pérégrinations et de l'abattement de ses camarades qui ont le mal du pays. Le Maroc lui paraît si semblable à l'Espagne rurale avec son cortège d'ignorance, de féodalité, d'oppression et de rage rentrée. Mais partout, dans les deltas de la Chine ou du Pô, dans les mines des Asturies ou les aciéries de la Ruhr, il y a une foi neuve et puissante qui se lève. Elle aspire au progrès, à l'amélioration du sort de l'humanité. Elle souffle avec les vents du large chassant la poussière déposée sur les pages. Son espérance succède aux dieux morts."

    "Barcelone arrache les pages des siècles pour apprêter les langes d'un monde sans visage, au futur incertain et aux gestes impardonnables, qui a pour nom Révolution. A minuit, il n'y a plus aucune lumière dans la ville pour en montrer la gésine, sauf les torchères des dizaines de bâtiments incendiés qui éclairent d'un jour fuligineux les terrasses où courent les assassins solitaires."

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    La grande force de ce roman est d'avoir su construire un récit mettant en parallèle deux forces contradictoires de l'histoire du 20ème siècle : les empires industriels textiles puis chimiques d'un côté et les milieux ouvriers d'origine paysanne de l'autre. A travers l'histoire de quelques familles, non sans tendresse et hors des sentiers battus, Borel observe la confrontation des idéologies, en particulier dans l'avènement puis le déroulement de la guerre d'Espagne.

    Extraits :
    "Parmi les livres endormis, il entame une lente descente en soi, nourrie de ses pérégrinations et de l'abattement de ses camarades qui ont le mal du pays. Le Maroc lui paraît si semblable à l'Espagne rurale avec son cortège d'ignorance, de féodalité, d'oppression et de rage rentrée. Mais partout, dans les deltas de la Chine ou du Pô, dans les mines des Asturies ou les aciéries de la Ruhr, il y a une foi neuve et puissante qui se lève. Elle aspire au progrès, à l'amélioration du sort de l'humanité. Elle souffle avec les vents du large chassant la poussière déposée sur les pages. Son espérance succède aux dieux morts."

    "Barcelone arrache les pages des siècles pour apprêter les langes d'un monde sans visage, au futur incertain et aux gestes impardonnables, qui a pour nom Révolution. A minuit, il n'y a plus aucune lumière dans la ville pour en montrer la gésine, sauf les torchères des dizaines de bâtiments incendiés qui éclairent d'un jour fuligineux les terrasses où courent les assassins solitaires."

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    "Il n'y a jamais eu de chambre à gaz à Mauthausen, affirme posément Florian". Première phrase du roman et sa motivation première : le grand-père de l'auteur a été déporté à Mauthausen, il a vu les chambres à gaz, comme des milliers d'autres, et pourtant son témoignage est mis en question des années plus tard. Répondre à l'ignoble par un roman.
    Un roman qui n'est cependant pas seulement un roman sur la guerre. Il va également au-delà de la chronique familiale, même si le point de départ est de rendre hommage à ses grands-parents. Il prend plutôt la forme d'une épopée : celle des hommes qui ont fui la misère de l'Andalousie, qui ont cru en la République espagnole, qui ont participé à la guerre d'Espagne pour sauver cette liberté dont ils avaient tant envie et besoin, qui ont connus une autre guerre, une autre barbarie, sont morts ou ont survécus, comme Antonio. Au destin d'Antonio et Isabel répond celui des Gillet, riche famille d'industriels lyonnais qui traversent les crises à leur manière, pas toujours très propre.
    Antoine et Isabelle est un roman chorale où se mêlent destins individuels et familiaux, où l'histoire de chacun donne son relief à l'Histoire avec un grand H et inversement.
    Un formidable roman à la construction complexe, à l'écriture incisive qui retrace avec virtuosité l'histoire du premier quart du XXe siècle.

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    Lors de leur rencontre en 1925 à Barcelone, Antoine et Isabelle, grands-parents de l'auteur, ne sont encore qu'Antonio et Isabel, lui, venant d'un village des bords de l'Ebre, elle, fuyant la misère de son Andalousie natale. Ils jettent toute leur fougueuse jeunesse dans l'espoir d'une humanité plus juste, pour une république espagnole, combat mené avec d'autres qui aboutira à une parenthèse enchantée qui ne durera que peu de temps avant que n'éclate la guerre, césure brutale pour tous les républicains.

    En parallèle, nous suivons le destin d'une riche famille industrielle lyonnaise, les Gillet. Pour cette famille de joyeux reconvertis dans la chimie, l'embrasement de l'Europe est plutôt une bonne affaire, la grande Guerre de 1914 leur a apportée fortune avec le gaz moutarde ancêtre du Zyklon B et la guerre civile espagnole mettra à mal toutes les velléités socialistes qui commencent à poindre dans les quartiers populaires des grandes villes.

    Ce parallèle peut être envisagé de façon verticale, là où Antonio et Isabel grâce à leur appétit de connaissances et leurs lectures vont s'arracher à leur condition misérable, les Gillet, bien que prospérant économiquement, vont sombrer dans une errance morale.

    Ce récit nous replonge dans un genre tombé en désuétude, la chronique familiale. Le classicisme de l'écriture, les descriptions parfois baroques, notamment celle de l'insurrection de Barcelone, rendent ce texte rafraîchissant, exotique et délicieusement anachronique. Courant sur un siècle, cette fresque réussit grâce aux portraits de ces deux familles aux antipodes à rendre juste et intelligible cette période. Vincent Borel rend en quelque sorte justice à tous les humiliés, les réprouvés, l'honneur et la fierté n'est parfois pas là où nous l'attendons.

    Réserver : Antoine et Isabelle

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    Lors de leur rencontre en 1925 à Barcelone, Antoine et Isabelle, grands-parents de l'auteur, ne sont encore qu'Antonio et Isabel, lui, venant d'un village des bords de l'Ebre, elle, fuyant la misère de son Andalousie natale. Ils jettent toute leur fougueuse jeunesse dans l'espoir d'une humanité plus juste, pour une république espagnole, combat mené avec d'autres qui aboutira à une parenthèse enchantée qui ne durera que peu de temps avant que n'éclate la guerre, césure brutale pour tous les républicains.

    En parallèle, nous suivons le destin d'une riche famille industrielle lyonnaise, les Gillet. Pour cette famille de joyeux reconvertis dans la chimie, l'embrasement de l'Europe est plutôt une bonne affaire, la grande Guerre de 1914 leur a apportée fortune avec le gaz moutarde ancêtre du Zyklon B et la guerre civile espagnole mettra à mal toutes les velléités socialistes qui commencent à poindre dans les quartiers populaires des grandes villes.

    Ce parallèle peut être envisagé de façon verticale, là où Antonio et Isabel grâce à leur appétit de connaissances et leurs lectures vont s'arracher à leur condition misérable, les Gillet, bien que prospérant économiquement, vont sombrer dans une errance morale.

    Ce récit nous replonge dans un genre tombé en désuétude, la chronique familiale. Le classicisme de l'écriture, les descriptions parfois baroques, notamment celle de l'insurrection de Barcelone, rendent ce texte rafraîchissant, exotique et délicieusement anachronique. Courant sur un siècle, cette fresque réussit grâce aux portraits de ces deux familles aux antipodes à rendre juste et intelligible cette période. Vincent Borel rend en quelque sorte justice à tous les humiliés, les réprouvés, l'honneur et la fierté n'est parfois pas là où nous l'attendons.

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