Angéline

Couverture du livre « Angéline » de Michel Jeury aux éditions Robert Laffont

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  • Nombre de page : 390
  • Collection : Romans francais
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Sous le Second Empire, dans le Périgord, une «demoiselle de compagnie» fait l'apprentissage de la vie03001857. Angéline, fille d´un forgeron républicain, est engagée par les Gardiency, «bourgeois éclairés» et bonapartistes prudents. Élevée dans la tradition républicaine qui... Lire la suite

Sous le Second Empire, dans le Périgord, une «demoiselle de compagnie» fait l'apprentissage de la vie03001857. Angéline, fille d´un forgeron républicain, est engagée par les Gardiency, «bourgeois éclairés» et bonapartistes prudents. Élevée dans la tradition républicaine qui vénère le savoir comme arme de l'indépendance, Angéline a le goût des romans et de la réflexion, la curiosité du monde et un bon sens solidement étayé par la volonté. Cependant, rien n'est plus dépaysant que cet univers où la plonge son emploi: dans une maison confortable et d'apparence sage, elle découvre les eaux troubles des secrets de famille, des haines anciennes, des rivalités politiques et des amours.Son arrivée chez les Gardiency déclenche, bien malgré elle, des jalousies et des passions jusqu'alors enfouies dans les silences de la bienséance bourgeoise. Robert Gardiency, le maître de maison, se veut un homme «moderne». Mais ses rapports avec sa mère et son épouse ne résistent pas à l'attirance qui le pousse vers Angéline. Alors qu'il se fait de nombreux ennemis parmi les habitants du Périgord qu'il veut convaincre de son idéal de progrès et d´hygiène, c'est à l'intérieur même de sa maison que le drame se noue. Angéline, amoureuse de lui autant qu'elle ose l'être, met sa vie entière à sa disposition.Dans un roman où fourmillent les détails réalistes sur une époque agitée et les personnages secondaires forts, Michel Jeury parvient à donner toute son ampleur humaine à la vérité d'un lieu autant que d'une période où se construisait la «France moderne».0400Une femme dans la soixantaine apparut, assez grande, les épaules larges, un visage étroit, anguleux, la peau tendue sur ses pommettes osseuses. Elle était vêtue d'une robe noire, allongée par la taille très haute. Elle se tourna vers moi et me toisa sans aménité.? Ah, c'est vous, Angéline? Il n'y a jamais eu d'Angéline ici. Mais il faut un commencement à tout!Sans doute, la douairière de Vaillac, cette Mme Henriette qui, selon marraine Clo, menait son monde au doigt et à l'oeil et me ferait la vie dure. Je répondis sèchement que je m'appelais bien Angéline et que je ne comptais pas changer de prénom. Elle pinça un peu plus sa bouche serrée, puis releva sa lèvre supérieure en une moue de mépris.? Ça vaut la peine d'avoir des oreilles à la tête pour entendre une jeune fille pauvre parler sur ce ton!Je sentis le rouge de la honte et de la colère me brûler les joues. À mon tour, je pinçai les lèvres, retins la réplique que j'avais sur le bout de la langue. Elle frotta son nez pointu d'un long index, qui n'était qu'un os enveloppé de peau sèche. Puis elle secoua une bourse où tintèrent l'or et l'argent. Elle en sortit une pièce de dix sous, regarda la face de Napoléon comme si elle allait la baiser, en retenant un soupir, la tendit au valet qui avait porté ma malle.? Voilà pour toi, Félix. Tu peux t'en aller, maintenant. Cette jeune personne n'est pas une vraie demoiselle. C'est une paysanne un peu dégrossie qui se croit instruite. Elle est sûrement assez forte pour monter son bagage toute seule!Marraine Clo m'avait prévenue. «Tu boiras les affronts doux comme lait et tu feras mine d'avoir avalé ta langue!» Je regardai Mme Henriette en face.? Je ne me crois pas instruite, dis-je. Mais il est vrai que je suis une paysanne. Oui, je peux monter mon bagage toute seule!Mme Henriette se dérida un peu et je crus presque, une seconde, qu'elle allait sourire.? Nous verrons bien ce que vous êtes. Quant à moi, vous savez sans doute que je suis Mme Joseph. Mais on m'appelle familièrement Mme Henriette. Vous me direz «madame» tout court. Pour ce qui touche la maison et les gens, la nourriture, les vêtements, c'est moi qui tiens le timon et je veux tout à mon mot. Il en ira de même pour votre vie avec nous, vos obligations et toutes vos affaires. Ce midi, vous vous reposerez dans votre chambre, car vous devez être fatiguée. Marie-Petite vous apportera un bol de soupe et vous ne perdrez pas de temps pour vous installer. Emmanuel va vous conduire à la chambre verte, que je vous ai donnée.Elle joignit les mains devan

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