Allegra

Couverture du livre « Allegra » de Philippe Rahmy aux éditions Table Ronde

3

1 note

  • Date de parution :
  • Editeur : Table Ronde
  • EAN : 9782710378563
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 192
  • Collection : Vermillon
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Londres, été 2012. Tandis que les Jeux olympiques se préparent dans l'effervescence, Abel erre à travers la ville, un carton sous le bras. Jeune trader plein d'avenir, père attentionné, il vient de tout perdre. Lizzie, sa compagne, l'a chassé de leur appartement et Firouz, son ami, son... Lire la suite

Londres, été 2012. Tandis que les Jeux olympiques se préparent dans l'effervescence, Abel erre à travers la ville, un carton sous le bras. Jeune trader plein d'avenir, père attentionné, il vient de tout perdre. Lizzie, sa compagne, l'a chassé de leur appartement et Firouz, son ami, son mentor, l'a viré de la banque où il l'avait fait embaucher. Échoué dans un hôtel au milieu d'autres laissés-pour-compte, migrants et réfugiés, Abel décide de remettre de l'ordre dans sa vie. Il se heurte à l'hostilité de Lizzie, qui refuse de le laisser voir Allegra, leur petite fille, et au chantage odieux que Firouz exerce sur lui. Quel prix devra-t-il payer pour redevenir celui qu'il était?
Dans ce roman sous haute tension, Philippe Rahmy brosse le portrait d'un homme consumé à la fois par le désir et le déni.

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Le courrier des auteurs

Philippe Rahmy répond à nos questions ! (17/02/2016)

1) Qui êtes-vous ? ! Un type ordinaire, musulman par mon grand-père, juif par ma grand-mère, chrétien par baptême, athée par défaut, contradictoire par la force des choses, révolté par principe, fraternel par conviction, écrivain par nécessité. 2) Quel est le thème central de ce livre ? «Allegra» est un roman d'amour, une déclaration à l'enfant que je n'ai jamais eu. 3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? «Le lion a rugi avant l'aube», première phrase du livre. 4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? Les Nocturnes de Chopin par Daniel Barenboïm. Le premier Nocturne commence sans commencer. Six notes arrivent d'on ne sait où, si bémol, do, ré, la dièse, si, sol bémol, liées à la septième que Barenboïm isole dans un soupir, retardant le début, laissant ces six notes, plus une, orphelines, portées vers la suite par le besoin d'amour, un tourbillon vital, saisi au vol et comprimé avant d'être libéré dans la mélodie. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? Le temps présent, même quand il est aussi dur qu'aujourd'hui, même quand ceux qui en parlent se laissent aller au simple constat du pire, sans faire l'effort de voir au-delà de leur plainte, de leur peur, parler au lecteur avec les armes de la littérature, lui offrir une perspective dans le marasme ambiant, s'emparer ensemble du mistigri, du chat noir, du diable peint sur la muraille, de la figure du migrant, du musulman, du terroriste, pour réinventer une fiction de l'étranger, en cherchant toujours, d'abord, l'individu sous le masque des apparences, la complexité derrière la solution à l'emporte-pièce du discours officiel. Au fond, je voudrais simplement suggérer à mes lecteurs que nous partageons la même humanité. 6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ? Changer de lieux et de supports, écrire dans l'inconfort d'une situation provisoire, à la guerre comme à la guerre, n'importe où, car le monde n'attend rien ni personne, il est aveugle et sourd, il n'existe que pour lui-même et dévore tout un chacun. Ce monstre, cet animal, il serait illusoire de vouloir l'amadouer au moyen de rituels ; il faut écrire sans se soucier d'autre chose que des phrases, du texte en cours, jeter toutes ses forces dans la bataille de l'écriture, sans penser à soi. Bricoler chaque jour ce qu'on peut avec ce qu'on a ; mettre un pied devant l'autre, un mot devant l'autre. Cela dit, je travaille le matin durant cinq jours par semaine, avant de basculer dans un rythme nocturne, le samedi et le dimanche, pour exposer mon écriture à la fois à la clarté de l'aube et à l'épaisseur de la nuit. 7) Comment vous vient l'inspiration ? Je préfère parler d'invitation. Invitation au voyage. M'abandonner au mouvement de l'écriture. Un geste en appelle un autre, tout est affaire de rythme, chaque phrase naît de la manière de poser les mains sur la page ou sur le clavier, de la manière de leur faire confiance, de les laisser courir en sachant qu'elles vont trébucher, s'égarer, mais qu'elles ont acquis suffisamment d'expérience pour vous mener quelque part, comme un cheval indiscipliné peut quitter le sentier, s'engager dans la forêt, sans pour autant perdre le sens de l'espace et du temps. Malgré tout, il ne faut pas se lancer à l'aveugle. Je sais, par exemple, que je peux écrire un texte lorsque j'en connais la première et la dernière phrase, les points d'entrée et de sortie. Au bout du compte, ce sont les autres qui m'inspirent : j'écris pour connaître toutes ces vies que je ne vivrai pas. 8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ? Le vendredi après l'école (j'étais en pension chez les Jésuites à Genève durant la semaine), mon père me faisait apprendre une fable de La Fontaine. Je devais avoir une dizaine d'années. Je passais la soirée à mémoriser le texte, avant de le réciter à mon père qui semblait le connaître par coeur, m'interrompant à la moindre hésitation, avant de me renvoyer dans ma chambre. «Tu reviendras quand tu seras prêt. S'il le faut, on y passera la nuit !» Ces allers-retours duraient parfois jusqu'au petit matin. Je m'effondrais enfin sur mon lit, libéré, après avoir dit le texte d'une traite, sans trembler, avec l'intonation voulue. Un jour, réalisant l'étendue de la corvée qui m'attendait (je découvris que La Fontaine avait pondu 240 fables, et que j'aurais, sans doute, connaissant la rigueur de mon paternel, à les apprendre toutes), et trébuchant, ce jour-là, toujours sur le même mot (il s'agissait du la fable Le Cierge qui débute ainsi : «C'est du séjour des dieux que les abeilles viennent»), j'ai décidé de le remplacer par un autre qui me venait naturellement. Ni une ni deux, «abeilles» se transforma en «abbesses». Je me présentai devant mon père sur le coup des 22 heures. Il était, comme toujours, plongé dans un San-Antonio. Je me suis lancé, le coeur battant. C'est du séjour des dieux que les abbesses viennent. Aucune réaction. J'ai récité la fable jusqu'à la fin. J'étais en nage. J'exultais. Mon père m'a congédié d'un geste de la main. C'est ainsi que je suis devenu écrivain. J'ai poursuivi mon travail de substitution les semaines et les mois suivants. D'une fois sur l'autre, je changeais davantage de mots, jusqu'au jour où j'ai produit une fable entièrement inventée, la 241e fable de La Fontaine. Je n'en garde aucun souvenir, mais je me souviens de mon père. Il m'a souri.

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    « Que de fois n'arrive-t-il pas, dans le cours de notre vie, que le mal que nous cherchons le plus à éviter, et qui nous paraît le plus terrible quand nous y sommes tombés, soit la porte de notre délivrance, l'unique moyen de sortir de notre affliction ! ». Cet extrait, emprunté au début du roman à Daniel Defoe, illustre parfaitement les sentiments d'Abel, le narrateur.


    Londres, à la veille de l'ouverture des JO.

    Abel, français expatrié, est en plein marasme professionnel et personnel : Firouz, son mentor, le vire de la banque où il travaille comme trader et il traverse une grave crise conjugale avec Lizzie depuis la naissance de leur fille Allegra.

    Abel finit par se retrouver seul dans une chambre d'hôtel où vivent des réfugiés mais aussi des âmes errantes comme lui. On découvre au fur et à mesure à la fois l'événement qui a déclenché la chute d'Abel mais aussi les conséquences psychologiques l'amenant à penser, concevoir l'inimaginable. C'est l'histoire d'un homme désespéré mais aussi en colère.

    Allegra, plus qu'un prénom d'espoir, un mot qui s'effiloche, se dilue dans les méandres de la vie d'Abel.

    J'ai eu beaucoup de mal à entrer dans l'histoire d'Abel, à savoir où l'auteur souhaitait m'amener. Petit à petit, on se demande comment il en est arrivé au choix qui est le sien. La fin, brutale, nous livre la clé et nous laisse abasourdis.

    Un roman qui montre ce que la colère, la douleur, le désespoir peuvent engendrer de pire.

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