Alice Droz ; Emma, Rosa, Ada et Cléo, la substitution

Couverture du livre « Alice Droz ; Emma, Rosa, Ada et Cléo, la substitution » de Miguel Angel Sevilla aux éditions L'amandier
  • Date de parution :
  • Editeur : L'amandier
  • EAN : 9782907649476
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 80
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Théâtre
Résumé:

C'est Raymond Queneau, je crois, qui le premier a écrit, à peu près, que les oeuvres de fiction se divisaient en deux grandes catégories : les oeuvres-Iliade et les oeuvres-Odyssée. Les secondes se resserrent sur un seul personnage, qui devient le lieu de ce qui lui arrive, ou de ce qu'il... Lire la suite

C'est Raymond Queneau, je crois, qui le premier a écrit, à peu près, que les oeuvres de fiction se divisaient en deux grandes catégories : les oeuvres-Iliade et les oeuvres-Odyssée. Les secondes se resserrent sur un seul personnage, qui devient le lieu de ce qui lui arrive, ou de ce qu'il fait. Les premières s'ouvrent sur tout un monde, un espace, que traversent différents personnages. Dans l'un des cas, le personnage est plus grand que son lieu, dans l'autre, c'est le lieu qui comprend les personnages. Dans l'un, c'est le sujet qui est le monde, dans l'autre, c'est le monde le sujet. Ainsi, par exemple, L'Etranger d'Albert Camus est une oeuvre-Odyssée, quand La Peste est une oeuvre-Iliade. L'Idiot est une oeuvre-Odyssée ; Guerre et Paix une oeuvre-Iliade, etc.

Dans les textes de Miguel Angel Sevilla, c'est la barre de séparation entre Iliade et Odyssée qui devient elle-même folle, flottante, qui "joue". C'est elle, semble-t-il, l'héroïne de la pièce, et Sevilla dit d'autant mieux le monde - le lieu, le temps-, qu'il dit le sujet, et le sujet d'autant mieux qu'il dit le monde. Il n'y a jamais pour lui, semble-t-il, linéarité, frontalité, mais plutôt dérobement, ou "substitution". L'un est de l'autre la "suite", comme on dit aussi en musique, son développement cabré. Le sujet et ce qui n'est pas lui se suivent et se confondent infiniment sur le ruban de Moebius.
Cette barre qui joue -et sur laquelle toute l'écriture de Sevilla, tantôt réaliste, tantôt surréaliste, tantôt romantique, tantôt classique, semble douter-, cet espace au coeur même de l'espace du monde, et au coeur même de l'espace du sujet, cet espace au coeur même du coeur, donc, porte un nom. Il se nomme théâtre.
Au fond, dans le théâtre de Sevilla, rien n'aura eu lieu. que ce lieu.
Les sujets, alors, les personnages, ne sont jamais égaux à eux-mêmes. Ils ne tiennent littéralement pas en place, et s'ouvrent infiniment, incertains. Ce sont des trous noirs qui attirent irrésistiblement, irrémédiablement, non plus toute matière, comme ceux de l'astro-physique, mais toute âme, et toute identité. Ils indiquent toujours, en même temps que la vie, la vraie vie, son origine insaisissable. (Dès, par exemple, que l'une n'est plus qui elle est, son père non plus).
"Qui est qui", demande inlassablement Sevilla.
"Un est un nombre infini", lui répondent ses textes, comme la cible qui est l'oeil qui regarde l'archer.

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