Ainsi les jours

Couverture du livre « Ainsi les jours » de Jean-Luc Sarre aux éditions Le Bruit Du Temps
  • Nombre de page : 192
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Lettres et linguistique Critiques et Essais
Résumé:

« Contrairement à la seiche, si je crache de l'encre, ce n'est pas pour protéger ma fuite mais pour assurer ma progression. » C'est ainsi que Jean-Luc Sarré écrit des notes dans ses carnets : pour avancer encore, quand le poème fait défaut, « afin de ne pas tout perdre ». Les rares... Lire la suite

« Contrairement à la seiche, si je crache de l'encre, ce n'est pas pour protéger ma fuite mais pour assurer ma progression. » C'est ainsi que Jean-Luc Sarré écrit des notes dans ses carnets : pour avancer encore, quand le poème fait défaut, « afin de ne pas tout perdre ». Les rares moments d'épiphanie, de paix, sont conquis de haute lutte sur toutes les contrariétés de l'existence qu'il dénonce avec une acuité qui le place dans la tradition, toujours vivace des moralistes français. Mais dans cette impatience, dans cette rage parfois, le regard impitoyable (et drôle) porté sur les moeurs du temps relèvent moins d'un quelconque jugement dont lui-même serait exempt que d'une sorte d'hygiène mentale qui fait irrésistiblement penser à Baudelaire « bourreau de soi-même ». Il y a un plaisir de la destruction - « Un souffle d'air a déniché sur le bureau puis amené sous mes yeux le fragile copeau d'un crayon de couleur (rouge) que j'avais pris soin de tailler délicatement afin qu'il fût le plus long possible. J'ai eu plaisir à le détruire entre le pouce et l'index, à l'effriter au-dessus de la corbeille à papier, comme j'avais eu plaisir à le conserver. » - il y a une tentation du vide, de l'ennui (« enfant j'aimais sentir en moi l'ennui »), ou de la paresse. « Ces notes, ces modestes petites proses, frayent mine de rien avec la paresse et quand elles sentent qu'un vers voudrait leur en remontrer, qu'une amorce de poème pointe son nez, elle n'hésitent pas à sortir leur pistolet. » C'est le refus, porté à l'extrême, des « écoeurants brouillards d'un certain lyrisme ». Mais sans doute aussi, le revers d'un besoin de légèreté que lui-même sait déceler jusque chez Kafka. Le plaisir de la note réussie, la rapproche du poème. Il réside dans sa justesse, dans son caractère « vivant ». « Parce qu'une note me semblait y respirer encore, j'ai rouvert ce cahier que je m'apprêtais à jeter. Il ne s'agissait que d'un vilain embryon dont un trait de plume, par compassion sans doute, avait interrompu la croissance. S'il y avait toujours là quelque vie, elle résidait dans la rature. » Elle acquiert alors quelque chose qui l'apparente à une phrase musicale. C'est d'ailleurs, ces dernières années, la musique (de Dallapicola à Brahms et à Lester Young) qui, le plus souvent, semble échapper à la fureur iconoclaste de Sarré. Le titre est un discret hommage à Henri Dutilleux.

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