Adrienne Thomas ; le fantôme oublié de la gare de Metz

Couverture du livre « Adrienne Thomas ; le fantôme oublié de la gare de Metz » de Jacques Gandebeuf aux éditions Serpenoise
  • Date de parution :
  • Editeur : Serpenoise
  • EAN : 9782876927889
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 200
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Biographies historiques
Résumé:

Un fantôme. Comment ressentir autrement cette lueur de lointain reproche dans le regard d'Adrienne Thomas, une Messine devenue célèbre dont les Messins n'ont jamais entendu parler ? Dans les années 30, son « Catherine soldat » avait été publié en quinze langues. Vous en avez lu... Lire la suite

Un fantôme. Comment ressentir autrement cette lueur de lointain reproche dans le regard d'Adrienne Thomas, une Messine devenue célèbre dont les Messins n'ont jamais entendu parler ? Dans les années 30, son « Catherine soldat » avait été publié en quinze langues. Vous en avez lu beaucoup, des « romans de gare » brûlés par Hitler ? Le sien était un reportage qui toucha toute l'Europe. Elle dénonçait le nationalisme à tête de bois. Engagée en août 1914 comme aide-infirmière, elle racontait ce qu'elle avait vu dans une Gare de Metz devenue zone interdite. Jusqu'à sa mort à Vienne en 1980, au terme d'une vie remplie de risques et d'honneurs, elle resta marquée par son passé mosellan. Hélas, Metz n'a gardé qu'une imagerie d'Epinal de ces « Prussiens » de la première annexion. C'est de bonne guerre. Mais comment expliquer la froideur d'une ville habituellement si accueillante, envers une femme de cette envergure à qui l'on n'a même pas offert une plaque de rue ? Une seule réponse : Adrienne était allemande. L'idée qu'une Berlinoise puisse, pendant cinquante ans, clamer son amour pour un pays qui n'était pas le sien, cette idée fut longtemps insupportable. Adrienne Thomas est une orpheline de Metz. Il est temps de la reconnaître.

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Le courrier des auteurs

Jacques Gandebeuf répond à nos questions ! (17/09/2009)

1) Qui êtes-vous ? Jacques GANDEBEUF, ancien grand reporter et éditorialiste au "Républicain Lorrain", de 1966 à 1992. Auteur depuis de onze ouvrages. De souche auvergnate, je suis resté à Metz avec mon épouse après ma retraite. Durant 25 années de voyages autour du monde, je restai intrigué, à chaque retour, par la complexité des mentalités mosellanes, du fait des deux annexions et des trois guerres que la population a subies. En me promettant de creuser le sujet un jour... Et du coup, je me suis "mosellisé". J'ai donc cherché depuis à comprendre les mécanismes de cette humiliation. On peut parler d'un blocage, très peu connu du reste de la France. D'ailleurs, on ne parle jamais de la Moselle, puisque l'Alsace le fait à sa place. J'ai déjà écrit trois ouvrages et un roman sur ce sujet très particulier Le silence rompu 1996 La parole retrouvée 1999 Planète Moselle 2007 L'accent de mon père 2002 Le livre sur Adrienne Thomas 2009 qui vient en effet de sortir, est donc ma cinquième publication sur le même thème. A ma grande surprise, car je bousculais des idées reçues, ils ont tous été bien accueillis et lus. Et le Conseil général de la Moselle m'a demandé il y a deux ans de figurer dans un comité d'éthique à propos de la mémoire mosellane ! J'anime depuis 2007 un site http ://mosellehumiliee.free.fr/ qui va vers ses 60.000 consultations, autre surprise. 2) Quel est le thème central de votre lire ? "Adrienne Thomas, le fantôme oublié de la gare de Metz" veut réparer un oubli, une injustice. Il s'agit en effet d'une écrivaine connue dont le premier livre a raconté aux Messins une tragédie qui se passait dans leur ville, pendant la première annexion. J'ai cherché à comprendre la froideur des Mosellans envers cette jeune juive Allemande qui vivait chez eux à la Belle époque et leur a laissé une oeuvre majeure, publiée à Berlin au début des années trente et traduite en français sous le titre de «Catherine soldat», avec une préface de Jean Giraudoux. Engagée comme aide-soignante à la Gare de Metz entre 1914 et 1916, elle racontait les horreurs qu'elles avaient vues. Son témoignage fut un cri universel et prémonitoire contre la monstruosité des guerres et la bêtise des nationalismes. Hitler ne s'y trompa guère, puisqu'il fit brûler le roman dès sa parution. Il ne put empêcher l'ouvrage d'être traduit en quinze langues et de faire le tour du monde. Enfermée à Gurs par les Français en 1939, la jeune femme traquée put s'évader à temps vers l'Amérique, échappant ainsi aux futurs trains de Papon. On avait peu d'informations objectives sur le climat qui régnait en Moselle entre 1871 et 1919. Engluée dans le narcissisme revanchard de Barrès, Metz refoula tout travail de mémoire. Adrienne Thomas n'a même pas une plaque de rue. Devenue célèbre en Europe, l'écrivaine pacifiste eût beau, pendant les cinquante années qui suivirent, crier son amour de la ville, ce fut en vain. Son ombre légère continue de planer sur la Gare. 3 Si vous deviez mettre en avant une phrase de votre livre, laquelle choisiriez-vous ? L'idée qu'une Allemande ait osé se considérer comme une Messine, cette idée resta longtemps insupportable en Moselle. 4) Si votre livre était une musique, quelle serait-elle ? Un air de harpe sur fond de bruits de bottes. 5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ? La triste solitude de cette femme, a chacun de ses retours à Metz, en voyant que personne ne voulait la connaître.

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