Abraham et fils

Couverture du livre « Abraham et fils » de Martin Winckler aux éditions P.o.l

4.111111111

9 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : P.o.l
  • EAN : 9782818035764
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 576
  • Collection : (non disponible)
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Un jour du printemps 1963, une Dauphine jaune se gare devant le monument aux morts, sur la grand-place de Tilliers, petite ville de la Beauce. Elle transporte Abraham Farkas, médecin rapatrié âgé proche de la cinquantaine et son fils Franz, âgé de neuf ans et demi.
Abraham n'a qu'une... Lire la suite

Un jour du printemps 1963, une Dauphine jaune se gare devant le monument aux morts, sur la grand-place de Tilliers, petite ville de la Beauce. Elle transporte Abraham Farkas, médecin rapatrié âgé proche de la cinquantaine et son fils Franz, âgé de neuf ans et demi.
Abraham n'a qu'une seule préoccupation : son fils. Franz, lui, en a deux : son père et les livres. Leur vie a été brisée un an plus tôt par un « accident » qui a laissé Franz amnésique et dont Abraham ne parle jamais à son fils. Ils s'installent rue des Crocus, dans la grande maison où Abraham va se remettre à travailler. Ils vont devoir apprendre a vivre avec le reste du monde et à lui faire face, ensemble et séparément. Pour Abraham, qui n'est pas aussi monolithique que son fils le pense, la situation est simple : soigner est son métier, et il va l'exercer à Tilliers comme il le faisait à Alger. Quant à Franz, il n'est pas aussi fragile que son père le croit.
Comment voit-on le monde quand on n'a que son père comme repère ? Comment comprend-on les sous-entendus des uns, les agressions des autres ? Comment fait-on la différence entre le bien et le mal ? Et comment grandit-on quand on a oublié qui on est, et quand la seule personne qui le sait reste muette ? À défaut de pouvoir explorer les recoins de sa mémoire, Franz se met à explorer la grande maison et la petite ville qui constituent désormais leur univers. Il y débusque des mystères et des silences, un terrain d'exer- cice idéal pour son imagination qui, sous l'influence de ses lectures se débride. À travers deux récits entrecroisés - les souvenirs de Franz et ceux d'un mystérieux narrateur omniscient -, ce roman décrit une relation filiale singulière. C'est aussi une réexploration de la France au début des années soixante à travers les yeux et les oreilles d'un garçon de dix ans qui découvre tout en même temps la cruauté de la vie, les pièges de la mémoire, les secrets enfouis par l'histoire avec sa grande hache, les surprises de l'amour et les forces qui animent notre imaginaire.

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  • 0.25

    Si vous aimez les histoires, alors ce récit est pour vous : vous allez vous y couler, vous y fondre, vous y sentir bien. Les personnages vont devenir des amis, des cousins, des proches que l’on aime et que l’on a hâte de retrouver pour leur demander s’ils ont passé une bonne journée, s’ils ont fait de belles rencontres et s’ils ne sont pas trop fatigués.
    Et des histoires, l’auteur ne s’en cache pas, il en a plein la tête, certainement parce qu’il en a lu beaucoup quand il était jeune. Il a choisi de nous raconter celle d’un père : Abraham et de son fils Franz. Quand on connaît un peu Martin Winckler, on pense que Franz, c’est un peu lui et qu’il va puiser dans ses souvenirs d’enfance pour nous raconter cette belle histoire.
    Le père et son petit garçon ont vécu un drame et lorsqu’ils arrivent dans la petite ville de Tilliers, dans les années soixante, à bord de leur Dauphine jaune qui fait beaucoup de bruit, tout le monde les remarque. Le père a la carrure de John Wayne et le visage d’Edward G.Robinson dans Le Criminel ou de Charles Vanel dans les Diaboliques, la cigarette aux lèvres. Il fait peur ? Non pas vraiment, vous verrez, c’est un homme de cœur…
    Le fils de dix ans, à l’arrière de la voiture, est plongé dans Tintin. Il passe beaucoup de temps à lire un peu partout, à la librairie où les clients manquent de se prendre les pieds dans ses jambes, à la bibliothèque où on lui rappelle qu’il faut rentrer parce qu’il est tard, dans son jardin ou dans sa chambre.
    Le père est médecin, le fils adore lire. Ils sont un peu perdus dans cette petite ville où ils ne connaissent personne et vont loger à l’hôtel avant de trouver une maison…
    Ce n’est pas simple de trouver une maison. C’est comme certains vêtements, on les achète parce qu’on les trouve beaux et finalement, on sera toujours mal à l’aise dedans. A moins qu’on ait de la chance. Eux, ils trouveront la bonne, « un vaisseau immobile » qui les emmènera en voyage, et nous avec. On nous prévient d’ailleurs : « Vous allez peut-être devoir vous faufiler dans des passages un peu inconfortables, vous frotter à des tapisseries poussiéreuses, vous perdre dans des recoins obscurs. Avant de vous sentir chez vous, il faudra vous acclimater à ces bizarreries. Ça peut prendre un moment. » Car, il y en a des coins et des recoins dans cette demeure de la rue du Crocus ou… des Crocus selon le côté où vous vous engagez. La rue a deux noms. Tenez, rien que pour ça, j’aurais acheté cette maison.
    Si vous y entrez, vous découvrirez, le long de ces 565 pages, bien des secrets. Je ne vous en livrerai aucun, comptez sur moi.
    J’ai eu du mal à quitter les lieux, je ne vous le cache pas. J’ai ralenti le rythme, fait quelques marches arrière, attendu un peu. Les pages diminuaient immanquablement. Heureusement, j’ai découvert que je serais de nouveau invitée à y entrer… Martin Winckler prépare une suite. J’espère qu’elle ne va pas trop tarder quand même car « entre ces murs, je m’amuse sérieusement. » et puis, je sais que « les histoires, c’est la spécialité de la maison. »
    Alors, je veux bien attendre mais je ne suis pas très patiente, Monsieur Winckler, non, pas très…

    http://lireaulit.blogspot.fr/

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/10/21/34446569.html

    « – P’pa, pourquoi on meurt quand on meurt?

    D’abord, il ne dit rien. Je sais qu’il a entendu la question, qu’il réfléchit, qu’il se demande d’où ça vient, encore une fois. C’est vrai, ce n’est pas la première fois que je l’interroge sur la mort. Il faut dire que ça me préoccupe beaucoup. S’il me demandait pourquoi, je ne saurais pas quoi lui répondre. Je ne sais pas d’où me viennent des questions comme celle-ci, qui surgissent aux moments les plus inattendus, parfois quand je suis en train de lire qu’un personnage est blessé et meurt, sans qu’on sache pourquoi. Enfin, dans les livres, je sais pourquoi. Parce que la personne qui a écrit le livre a choisi de faire ça comme ça. Moi, il y en a que je n’aurais pas laissé mourir. »

    Mars 1963. Abraham Farkas, un médecin veuf, arrive avec Franz son fils de neuf ans à Tilliers, une petite ville du Loiret. Il a quitté l’Algérie suite à un accident où sa femme a perdu la vie et son fils la mémoire. Pour se reconstruire, il s’installe ici après avoir racheté le cabinet d’un médecin qui part à la retraite. La vie s’écoule paisiblement d’autant plus qu’ils sont soutenus moralement par Claire Délisse, une veuve qui travaille pour Abraham. Abraham et Claire tombent progressivement amoureux et cette dernière finit par s’installer avec sa fille Luciane dans la maison. Dans un second temps, Martin Winckler nous entraîne dans l’histoire, les secrets de la maison d’Abraham et Franz. On y découvre que celle-ci a été un lieu important pendant la Seconde Guerre mondiale…

    Dans ce très gros roman, Martin Winckler nous offre un récit d’une grande poésie et sensibilité. On se prend vite d’affection pour le père et le fils qui ont une relation de confiance et d’amour formidables : chacun veille et écoute l’autre. Abraham est un personnage très humain et cela se ressent dans sa relation avec ses patients. On ne peut que penser à l’auteur à ce moment-là qui est lui-même praticien. Les thèmes de la mort, de la mémoire, de la politique et de la religion sont présents. Enfin, l’auteur rend hommage à la littérature avec ce petit Franz qui dévore les livres.

    Certains lecteurs pourront être rebutés par la lenteur de l’action mais cette lenteur permet d’approfondir les personnages. De plus, le découpage en court chapitres et l’alternance des narrateurs permettent d’avaler ces pages facilement et plaisamment. Enfin, il est intéressant de se plonger à la fois dans la France des années 60 et celle de l’Occupation.

    Un roman que je recommande.

  • 0.2

    J'aime la manière dont Martin Winckler raconte des histoires qui nous emmènent toujours ailleurs et plus loin que là où nous pensions aller. Ainsi, "Abraham et fils", au titre biblique et peut-être trompeur, intègre le lecteur à cette première histoire d'amour, celle d'un père et de son fils de 10 ans que la voix de Franz, le jeune garçon, nous fait vivre de l'intérieur. Le récit commence lorsqu'ils emménagent tous deux à Tilliers, dans une grande maison qui recèle bien des énigmes et d'autres histoires qu'une seconde voix nous dévoile peu à peu, à mesure que Franz découvre des pièces secrètes dans une demeure où - justement - demeurent les traces d'autres vies, d'autres amours, d'autres chagrins et d'autres drames.

    Architecte de cet édifice aux multiples replis, l'auteur nous invite à entrer dans cette fabuleuse construction, à la parcourir au rythme lent des jours qui s'écoulent apparemment sans heurt et à la peupler de personnages-acteurs dont on ne sait s'ils sont doublement fictionnels ou juste sur le fil entre réel et imaginaire. Ce jeu avec les noms - Rochefort, Rosay, Signoret, Barrault, Von Homer, Philipe, Meurisse... - va bien au-delà du simple clin d'oeil complice entre un auteur et son lecteur car, d'une part il complète le portrait de Franz, amoureux de films d'aventures, de Zorro et de Comics, et, d'autre part, il nous engage dans un Labyrinthe des Miroirs où l'Histoire collective se reflète dans des histoires individuelles, où la fiction s'enracine dans la réalité et où la mémoire se répercute à l'infini entre les murs accueillants d'une maison qui protège et qui réunit.

    J'ai lu "Abraham et fils" en éprouvant des émotions contrastées, parfois impatientée par la lenteur de la narration, souvent émue par la force d'un amour entre père et fils, finalement époustouflée par la cohérence du roman et par la mélodie qu'il laisse entendre. Une belle mélodie, aux accents joyeux et mélancoliques, qui court sur le fil des vies qui passent et dont la littérature, le cinéma, la télévision gardent une mémoire réinventée.

  • 0.25

    Printemps 1963 : alors que l’Algérie sort à peine de sa guerre d’indépendance, un médecin et son fils choisissent de s’installer dans un village beauceron, Tilliers.
    Le médecin, c’est Abraham. Son fils , c’est Franz.
    Deux âmes écorchées et unies par un deuil, une culpabilité pour l’un, des questions sans réponse pour l’autre. La mémoire pour l’un , l’amnésie pour l’autre.
    « Des questions, il m’en venait tellement que j’avais peur de les oublier ».
    L’aménagement dans la maison de la rue du Crocus (ou des Crocus) marque pour eux le début d’une nouvelle vie. Du moins, l’espèrent-ils, après une errance douloureuse.
    Deux voix alternent dans ce somptueux et intimiste récit, véritable hymne à la vie, à l’amour, à la filiation. Il y a celle de Franz, ce petit garçon passionné par les livres, cherchant dans la lecture réconfort et évasion. Et puis, il y a cette voix mystérieuse, celle d’un narrateur dont nous découvrons l’identité à la fin du roman.
    Deux voix pour deux secrets.
    Deux voix pour deux vies, deux histoires, deux époques que presque vingt années séparent.
    Une enquête posthume, sur un drame survenu dans cette même maison pendant l’occupation, va unir père et fils, en quête de vérité. Tous deux vont lever des secrets, des mystères, trouvant ainsi leur propre vérité.
    Mais toute vérité est-elle bonne à dire ?
    « Il faut savoir se réjouir de ce qu’on sait et qui fait du bien. Pour le reste, il faut savoir attendre. – La vérité est fille du temps – dit le proverbe . »
    Au fil des pages, et sur fond de tendresse infinie, on se laisse embarquer par la plume de Martin Winckler. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement ? Les mots coulent, les mots portent, les mots émeuvent, les mots transcendent.
    Ce roman-là est aussi celui d’une époque. Rajoutez à cela un brin de nostalgie, Zorro, les bandes dessinées, la radio d’avant la tnt, les mots doux d’un père désemparé pour son fils qu’il aime plus que tout (« mon petit chat »), une histoire d’amour, de renaissance, du mystère, un générosité de coeur propre à cet immense auteur, des personnages auxquels on ne peut que s’attacher… Mélangez le tout et vous obtiendrez ce bijou absolument incontournable selon moi.
    J’ai aimé, beaucoup aimé…
    J’ai aimé cette douce nostalgie, pas triste du tout, bien au contraire.
    J’ai aimé ce lien père/fils, cette tendresse du bout des yeux, du bout du cœur.
    J’ai aimé cette écriture pudique et si belle, si belle.
    J’ai aimé ces histoires entrelacées, ces personnages, leurs vies en filigrane. Ces histoires d’amour, qui ne finissent pas toujours mal mais qui peuvent faire mal.
    C’est à regret que j’ai refermé ce roman, dont j’attends impatiemment la suite (à venir en octobre 2017).
    Pour la petite histoire, Martin Winckler a fait de la maison de Tilliers et du village l’exacte copie de son lieu d’enfance.
    L’auteur remercie à la fin celles et ceux qui ont contribué à l’écriture de son roman, et ce, sur un peu plus de deux pages.
    Je serai plus brève que lui, je me contenterai juste de « Merci, Martin ! »

  • 0.1

    Des longueurs
    L'auteur derrière son histoire père fils, puis la rencontre avec cette veuve mêle trop d'événements parallèles qui font que l'on s'y ennuie un peu

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