86, année blanche

Couverture du livre « 86, année blanche » de Lucile Bordes aux éditions Liana Levi

3.928571428

14 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Liana Levi
  • EAN : 9782867468131
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 136
  • Collection : Litterature liana levi
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Au printemps 1986, le monde découvre Tchernobyl. Sous le nuage radioactif qui traverse l'Europe, trois femmes se racontent. Lucie, dans le sud de la France, se demande s'il va passer la frontière et bouleverser sa vie d'adolescente. Ludmila, dans la ville ultramoderne qui jouxte la centrale,... Lire la suite

Au printemps 1986, le monde découvre Tchernobyl. Sous le nuage radioactif qui traverse l'Europe, trois femmes se racontent. Lucie, dans le sud de la France, se demande s'il va passer la frontière et bouleverser sa vie d'adolescente. Ludmila, dans la ville ultramoderne qui jouxte la centrale, veut croire que tout est sous contrôle dans l'invincible URSS. Ioulia, à Kiev, rêve d'indépendance et de son jeune amant français. Un moment crucial pour chacune d'entre elles, un moment crucial de notre Histoire. Trente ans après la catastrophe de Tchernobyl, Lucile Bordes se souvient de la peur, de l'attente et du silence. Dans une langue affûtée et poignante, elle dit aussi l'amour, l'engagement et le sens du sacrifice.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Avril 1986. Lucie a 15 ans, elle vit dans le sud de la France. Elle raconte ses peurs d’adolescente, entre le chômage de son père et la probable avancée du nuage radioactif de Tchernobyl, elle imagine sa propre mort.


    Ludmila mène une vie aisée à Pripyat. La ville flambant neuve vit de l’activité de la centrale voisine. Mais quand un incendie s’y déclare, c’est toute sa vie qui s’en trouve bouleversée. Entre incrédulité, croyance indéfectible en la grandeur de son pays, puis évacuation et finalement veillée de son mari irradié, pour les 15 jours de vie qui lui restent, elle raconte la décadence d’un état, la présence mortifère et les rêves envolés.

    Ioulia quant à elle vit à Kiev. En visite chez ses amis Ludmila et Vassyl, elle assiste à l’incendie de la centrale et quitte dès que possible cette ville, pour retrouver la sécurité de son foyer. Mais la catastrophe nucléaire fait également fuir son jeune amant français, rapatriée avec les autres étrangers, marquant un tournant dans sa vie faite de rêves et de promesses, non tenues. Elle ne peut se résoudre à retrouver son mari russe, lui annonce son infidélité. Il part alors « nettoyer » la zone sinistrée, noyant son chagrin dans le travail et le sacrifice.

    Lucile Bordes nous offre trois jolis portraits croisés. Si Ioulia et Ludmila se connaissent, Lucie n’est reliée à elles que par sa fascination morbide pour la catastrophe nucléaire, qui met à mal son optimisme, et son éducation communiste. Toutes trois ont cependant en commun de vivre un moment fort, voire crucial, de leur existence.

    Ce roman écrit avec beaucoup de sensibilité nous fait réfléchir sur la tragédie bien sûr, mais aussi sur ce qui fait le sel de nos vies, nos peurs et nos espoirs.

    Une jolie découverte.

    https://mesmotsmeslivres.wordpress.com/2016/12/03/86-annee-blanche-de-lucile-bordes/

  • 0.2

    Chacun d’entre nous ne se rappelle peut-être pas comment il a appris la nouvelle, quel a été sa réaction au moment de la catastrophe.
    Lucile Bordes, donne la parole à trois femmes, chacune d'entre elle a vécu cet événement avec émotion, elle nous les raconte. En leur donnant la parole, elles expriment leurs choix, amours et sacrifices.
    Nous sommes plongés le temps de la lecture en plein cœur du drame. Ce sont trois femmes de caractère, attachantes, parfois troublantes. Nous partageons leurs moments de vie, réflexions, visions du drame.

    Lucie 15 ans, la fille du sud, amoureuse, qui construit avec son petit frère un abri antiatomique en Lego , elle attend l'arrivé du nuage et observe la descente aux enfers de son père, licencié des chantiers navals.
    Ludmilla, qui regarde fascinée, de manière inconsciente les aurores boréales provoquées par l'incendie de la centrale nucléaire, évacuée vers Moscou elle comprendra qu'elle ne reviendra jamais. Elle accompagnera dans la mort son mari ingénieur irradié.
    Ioulia, dont le mari deviendra liquidateur. Femme d'un sacrifié pour la patrie, pour la nation, par sens du devoir.

    30 ans après, ce livre mémoire est touchant, fort, aux personnages attachants et touchés au plus profond de leur chair , un livre contre l’oubli. Un roman réaliste et émouvant .

    Un livre voyageur prêté par Leiloona de Bricabook : "Un roman essentiel, un memorandum, un linceul pour ces hommes enterrés dans des cercueils de plomb."

  • 0.1

    J'ai découvert ce livre grâce à lecteur.com. J'avais envie de lire ce livre car au moment de la catastrophe j'avais 8 ans et en gardait de vagues souvenirs. Tout ce que je savais sur le sujet, je l'avais appris lors des différents reportages télévisés au fil des années.
    J'ai été très déçue par ce livre. Pour moi le récit de Lucie jeune varoise est obsolète. Elle nous raconte le combat de son père, syndicaliste qui se bat pour la survie des chantiers navals, ses sorties en famille, son premier amour mais seulement quelques allusions au nuage toxique. Celui de Ludmila est un peu plus poignant car son mari succombera d'irradiation quelques jours après la catastrophe. Elle nous raconte l'évacuation de la ville, les colmatages d'urgence de la centrale.
    Je n'ai pas aimé le style de Lucile Bordes et ne suis pas tentée de lire ses autres romans. J'espère que celui de Svetlana Aliexievith me touchera plus.

  • 0.25

    Tout le monde se souvient du dimanche 27 avril 1986, un incendie éclate dans le réacteur numéro quatre à Tchernobyl. Un nuage radioactif traverse l'Europe.

    A travers la plume de Lucile Bordes, ce sont trois femmes qui vont nous faire le récit d'un morceau de leur vie de ce printemps 86.

    Lucie a quinze ans, elle vit près de Marseille. Elle entend parler de l'incident pour la première fois le mardi 29/04/86 soit ironie du sort le lendemain de l'essai atomique des Français à Mururoa. Elle est paniquée, elle a vraiment peur que ce ne soit la fin du monde. Et ce nuage qui s'arrête comme par magie dans le Sud de la France ! Elle est inquiète, voit la mort qui s'approche. C'est le chaos dans sa famille mais pour d'autres raisons : son père sent approcher le spectre du chômage et la fermeture des chantiers navals, un autre cataclysme.

    Ludmila a 25 ans, elle est mariée à Vassyl. Ils ont une petite fille Marina. Ils vivent à Prypiat, une sorte de ville moderne, la vitrine de la Russie, ultra moderne, fleurie. Une caractéristique : tous travaillent à la centrale de Tchernobyl. Ce dimanche 27, Vassyl a été appelé pour donner un coup de main pour circonscrire l'incendie. Ludmila pense au baiser qu'ils n'ont pas échangé. On vient les chercher pour évacuer les lieux par précaution. Il ne faut prendre des affaires que pour deux jours., mesures provisoires, ils ne rentreront jamais...

    Ioulia vit à Kiev, une centaine de kilomètres de la centrale, avec son mari Petro et leur fille. Le ménage bat de l'aile depuis qu'elle a rencontré un français. Au lendemain de l'incident, lâcheté ou sécurité, il est rappelé en France. Petro va partir, il s'engage comme liquidateur.

    Trois voix, trois femmes s'expriment. Elles nous content leur amour, le sens du devoir, le sens du sacrifice, leur peur, leur désespoir.

    Un récit poignant, dur, émouvant, réaliste ou comment par sens du devoir, du sacrifice, tant d'hommes ont fait abandon d'eux-mêmes pour les autres, par amour, par choix, par obligation.

    Ce récit m'a remuée, retournée comme aucun livre auparavant. Quel claque.

    Cela fait peur, pousse à la réflexion lorsque aujourd'hui nos dirigeants prolongent le nucléaire sans tenir compte de certains signaux minimisant les risques. Comment une région est anéantie, les familles déchirées, à tout jamais.

    Lucile Bordes nous démontre également la manipulation ou rétention d'informations des autorités. Mesdames, Messieurs les politiques réveillez-vous car ceci n'est pas une fiction et Fukushima n'est pas si loin.

    Un livre fort qui remue les consciences. Une écriture directe, prenante, puissante chargée en émotions.

    Encore un joli coup de coeur ♥♥♥♥


    Les jolies phrases

    Au coeur du chaos, on nous répétait que tout était sous contrôle.

    C'était ça, le plus dur, le temps qu'on nous volait en ne nous disant rien.

    En nous raccompagnant au bas de l'immeuble, Vassyl s'était exclamé qu'il n'arriverait rien à l'homme russe tant qu'il aurait assez de vodka pour s'y noyer, radiations ou pas, et il nous avait donné deux bouteilles pour la route.

    Et ma voix était d'autant plus assurée qu'il fallait étouffer la rumeur intérieure, celle qui disait que nous tenions nos vies de l'atome et qu'il était peut-être normal que l'atome nous les demande en retour, un jour ou l'autre.

    Quand je lui ai demandé pourquoi il avait fait du zèle, il m'a répondu que ce n'était pas du zèle, mais le sentiment du devoir à accomplir, la conviction d'être à sa place, l'évidence - qui fait l'homme - d'être plus que soi, la main et le coeur de millions d'autres. Dans son délire, il n'était pas loin de se considérer comme un privilégié : qui a dit que c'est au moment de donner sa vie que l'homme fait la preuve de ce qu'il est ?

    Il allait là-bas pour en finir. Liquider son couple avec la catastrophe, puisque la vie qui avait été la sienne lui semblait à présent un mensonge.

    Comment un presque mort peut-il se soucier d'un vivant au point de lui souhaiter une bonne nuit ?

    L'absence de Petro était à ce point libératrice que je ne pouvais pas m'empêcher de souhaiter sa disparition pure et simple, définitive. Qu'il ne revienne pas.

    A la manière des enfants qui se sentent incompris et se rêvent orphelins, parce que l'orphelin a cet avantage, à ce moment là, de pouvoir s'inventer les parents qui lui vont, je ne voulais pas qu'il meure vraiment, je me plaisais simplement à imaginer comme ce serait bien s'il mourait.

    Ces gens avaient tout perdu. Il ne leur restait que la chance d'appartenir à un pays qui n'abandonnait pas les siens.


    https://nathavh49.blogspot.be/2016/07/86-annee-blanche.html

  • 0.15

    En cette année anniversaire des 30 ans de la catastrophe de Tchernobyl, j'ai eu envie de lire un récit sur ce drame. La parution de 86, année blanche, sélectionné pour le prix orange du livre, est tombé à point.

    Lucile Bordes nous parle de trois femmes pendant les 15 jours qui suivent l'explosion, une française et deux ukrainiennes. Chacune essaye de comprendre la catastrophe

    Lucile Bordes a choisi de parler du silence autour de cet évènement.

    Lucie, une jeune fille de 15 ans, vit dans le sud de la France. Quand elle entend parler à la télévision de ce qui est d'abord nommé accident grave avant d'être appelé catastrophe, elle a la sensation de vivre la fin du monde, elle guette le nuage, pensant être frappée d'une mort foudroyante, essaye de rassurer son petit frère en l'aidant à construire un abri anti-atomique en légo. A cette période, le père de Lucie, employé sur les chantiers navals et délégué syndical très engagé, vit une période très difficile avec la fermeture des chantiers navals qui devient inévitable.
    Lucile Bordes avait 15 ans en 1986 et vivait dans le sud de la France, elle a certainement mis beaucoup d'elle-même dans le personnage de Lucie.

    Ludmila, vit à Prypiat, une ville nouvelle qui jouxte la centrale. Son mari est ingénieur sur le site.
    Au lendemain de l'accident, inconscients du danger, ils admirent avec des amis l'aurore boréale provoquée par l'incendie au dessus de la centrale mais son mari est appelé le lendemain, il devient un liquidateur.
    Ludmila est évacuée, elle part à Moscou avec sa fille chez ses parents emportant des affaires pour 2 jours. Peu à peu elle va comprendre qu'elle ne reviendra jamais chez elle. Elle va retrouver son mari à l'hôpital de Moscou atteint du mal des rayons qui ne lui laisse que 14 jours à vivre.

    Oulia vit à Kiev, à 130 kms du drame. Elle hésite à partir ou rester alors que les autorités affirment qu'il n'y a pas de danger mais demandent aux parents d'éloigner leurs enfants et que les trains sont chaque jour un peu plus bondés...
    Pendant ce temps, la vie continue à Kiev avec la célébration du 1er mai et une course cycliste internationale pour la paix ... C'est surréaliste.

    Le silence traverse tous les chapitres : le silence des médias français, celui des médias russes, celui des gens évacués, celui qui règne dans les rues de Kiev vidées par un couvre-feu implicite, celui dans lequel s'enferme le père de Lucie, celui qui règne sur les chantiers navals et dans la maison de Lucie pendant que son père déprimé dort toute la journée.

    Je n'ai pas vu l'intérêt de l'histoire d'Oulia pour qui cette période correspond à la fin de son couple, son histoire n'apporte rien à l'ensemble du récit selon moi.

    J'ai aimé l'angle du silence choisi par l'auteur pour relater la fin de la vie d'avant de ces trois femmes dans ce court roman où leurs histoires alternent.

    Lucile Bordes a su mettre en écho la fin d'une utopie pour les ukrainiens, fiers de leur pays, et la fin de l'utopie du père de Lucie, un syndicaliste engagé qui se sent liquidé.

    Un livre qui ne manque pas d'intérêt mais qui est loin d'atteindre la force de La supplication, chroniques du monde après l'apocalypse de Svetlana Alexievitch, un livre construit sur les témoignages des victimes de Tchernobyl.

    https://leslivresdejoelle.blogspot.fr/2016/07/86-annee-blanche-de-lucile-bordes.html

  • 0.25

    Roman vif et évocateur. Flashback 30 ans en arrière... Des histoires courtes vues par 3 femmes que l'on accompagne dans leur quotidien. 3 vies, 3 manières d'aborder cette catastrophe nucléaire.
    Passionnant et magnifiquement écrit.
    Merci <3

  • 0.2

    http://www.leslecturesdumouton.com/archives/2016/05/18/33820894.html

    Avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl explose, libérant un nuage radioactif qui traverse toute l'Europe.

    Trois femmes racontent ce qu'elles ont vécu durant cette période. On suit tout d'abord Lucie qui est lycéenne dans le sud de la France. Elle se demande si le nuage va passer la frontière et se décide à vouloir vivre sa vie pleinement avant une mort éventuelle. On suit également Ludmila qui vit à Pripiat, la ville de la centrale nucléaire. Elle veut croire que tout va pour le mieux mais est vite confrontée au sort tragique de son mari qui est l'un des liquidateurs. Enfin, nous suivons Ioulia qui vit à Kiev. Elle ne mène pas la vie qu'elle rêve et elle croit pouvoir lui donner du piment avec un jeune amant français. Cette catastrophe va sceller leur destin rapidement et irrémédiablement.

    Au moment où la catastrophe « fête » ses trente ans, il est intéressant d'avoir un roman qui en parle car on a tendance à oublier à quel point cette catastrophe pose à la fois la question de l'enjeu nucléaire et de ses risques mais également la question de l'enjeu politique avec tous ces non-dits, mensonges autour de l'événement. Si l'URSS a volontairement caché les dangers car il en allait de son image déjà fortement écornée à cette époque, que dire de la France et de son nuage qui n'aurait pas traversé le Rhin ? Ces comportements inadmissibles ont causé de lourdes pertes avec en première ligne les fameux liquidateurs intervenus à la centrale pendant la catastrophe sans aucune protection. Je me demande comment un tel événement aurait été vécu aujourd'hui à l'heure de la communication à outrance.

    J'ai pris plaisir à suivre ces destins de femmes même si j'avoue avoir été moins touchée par la jeune Lucie en France car elle n'était pas au cœur des événements.

  • 0.25

    Au printemps 1986, trois jeunes femmes, racontent leur quotidien bouleversé par des événements très graves, le nuage de Tchernobyl et la cessation d'activité des chantiers navals de La Seyne sur Mer.
    On passe d'un personnage à l'autre sans difficulté et tour à tour, ces femmes évoquent leurs souvenirs de cette période où crainte puis angoisse naissent, bousculant la sérénité existante.
    Avec le même intérêt et la même légitimité pour chacune d'elle, le récit mêlant fiction et histoire, nous dévoile comment ces catastrophes retentissent dans ces trois vies.
    A travers une écriture sobre, ciselée et grâce à son phrasé très personnel, Lucile Bordes nous entraîne dans ce roman sans jamais tomber dans le mélodrame, bravo !

  • 0.25

    Tchernobyl, qui a oublié l’explosion de la centrale nucléaire, ce nuage radioactif dont on nous a expliqué qu’il n’avait pas survolé la France, mais l’avait peut-être simplement effleurée… ? Trois femmes se souviennent de ce printemps 1986.
    Lucie a quinze ans et vit à Marseille. Son père, ouvrier du chantier naval, vit sa propre tragédie, avec la fin annoncée des chantiers et son licenciement prévisible, drame qu’il accepte difficilement et qui perturbe la vie de la famille. Lucie quant à elle se demande chaque jour ce qu’il en est de ce nuage, le monde serait-il devenu aveugle ?
    Ludmila à vingt-cinq ans, elle vit avec son mari Vassyl et leur fille, Marina à Prypiat, cette ville sortie de rien qui sert à loger tous ceux qui travaillent à la centrale. Ce matin-là, Vassyl part travailler, aider pendant quelques heures à contenir l’incendie de la centrale. Le même jour, les femmes et les enfants sont évacués de la zone, pour deux jours seulement, pour une éternité en fait… aucun n’y reviendra.
    Joulia vit à Kiev. La relation avec son mari Petro est compliquée depuis qu’elle a rencontré le français, si charmant, si jeune. Pourtant, après l’accident, les étrangers quittent le pays, renvoyés par leurs ambassades, par sécurité ou par lâcheté ? Par dépit, par devoir, et qui sait peut-être parce que son couple est foutu, Petro part à la centrale et devient liquidateur.
    Il y a eu un très grand nombre de liquidateurs, car l’urgence était d’éviter la libération d’une quantité importante de radionucléides dans l'atmosphère. Certains iront par devoir, et sans doute aussi par sacrifice, comme tant de Russes qui n’ont finalement pas d’autre choix. Ce sera eux, ou d’autres, mais il faut y aller pour sauver ce qui peut l’être, pour faire ce qu’il faut faire, en sachant très vite, même si ce n’est jamais officiellement explicité, que leur vie se terminera là-bas, ou très vite après. Bien sûr on a depuis beaucoup parlé de l’accident, de la façon dont la catastrophe a été contenue par le pouvoir en place, des nettoyeurs et des liquidateurs. Mais ici, Lucile Bordes donne vie à ceux qui les accompagnent, qui ont payé un lourd tribu à la catastrophe, et dont on parle moins. Elle donne également vie aux peurs et aux interrogations des européens, alors qu’ils étaient manipulés par l’information qui se voulait rassurante face à un danger non maitrisé.

  • 0.15

    Depuis la France pour Lucie, ou depuis Prypiat et Kiev en Ukraine pour Ludmila et Loulia, trois femmes évoquent le printemps 1986 marqué par l’explosion d’un réacteur de la centrale nucléaire de Tchernobyl.
    Pour chacune d’elle, cette catastrophe est associée à un fait marquant, d’une intensité plus ou moins dramatique, auquel sont associés inquiétude, interrogation, espérances, croyances…

    L’idée de trois témoignages féminins est originale. Ils font resurgir nos propres questions et réactions, nos insouciances ou nos angoisses, au moment où l’Europe occidentale apprenait par bribes l’information.
    Pour ces raisons, j’ai trouvé ces trois femmes attachantes, les accompagnant dans les métamorphoses de leur vie avec empathie. Toutefois, au fur et à mesure, j’avais envie que le romanesque l’emporte sur l’actualité qui a été si longuement commentée à l’époque et aujourd’hui encore, alors que le débat sur le nucléaire, sans dire qu’il n’a pas avancé, engendre toujours autant de préoccupations.

    L’écriture est agréable et la structure du roman, avec ses chapitres courts, donne envie de poursuivre la lecture sans temps d’arrêt.

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