2084 ; la fin du monde

Couverture du livre « 2084 ; la fin du monde » de Boualem Sansal aux éditions Gallimard

3.757575757

33 notes

Résumé:

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophte Abi, "dlgu" de Ylah sur terre. Son systme est fond sur l'amnsie et la soumission au dieu unique. Toute pense personnelle est bannie, un systme de surveillance omniprsent permet de connatre les ides et les actes dviants. Officiellement, le peuple... Lire la suite

L'Abistan, immense empire, tire son nom du prophte Abi, "dlgu" de Ylah sur terre. Son systme est fond sur l'amnsie et la soumission au dieu unique. Toute pense personnelle est bannie, un systme de surveillance omniprsent permet de connatre les ides et les actes dviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions. Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposes. Il se lance dans une enqute sur l'existence d'un peuple de rengats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion... Boualem Sansal s'est impos comme une des voix majeures de la littrature contemporaine. Au fil d'un rcit dbrid, plein d'innocence goguenarde, d'inventions cocasses ou inquitantes, il s'inscrit dans la filiation d'Orwell pour brocarder les drives et l'hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les dmocraties.

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Les derniers avis

  • 0.15

    Beaucoup de lecteurs ont déjà abondamment commenté ce roman qui était sur ma PAL depuis un certain temps, je serai donc brève.
    L’écriture révèle une grande acuité et une analyse précise de la mise en place d’un régime autoritaire, basé sur l’asservissement où « l’ignorance c’est la force », où la peur est omniprésente et surtout le mode d’emploi pour maintenir un régime violent qui ne recule devant aucun mensonge, aucune manipulation, aucun crime.
    En l’occurrence il s’agit d’un monde désormais dominé par le fondamentalisme religieux, thème cher à l’auteur et malheureusement d’actualité, l’histoire d’une mystification d’état.
    Le personnage principal, Ati, joue le rôle du candide car il s’interroge, ce qui est interdit même en pensée, il va mener l’enquête et ses déambulations vont le conduire aux pires découvertes et mensonges. Pourtant, j’avoue m’être un peu égarée dans son cheminement et être restée à distance de ce personnage trop naïf.
    En résumé, une dénonciation trop démonstrative au détriment du scénario et du roman. A méditer cependant.

  • 0.2

    2084, la date n’est pas choisie au hasard car c’est une référence au fameux "1984" de George Orwell. Ici, nous sommes en Abistan, en principe en 2084 mais le temps n’évolue plus sous la surveillance de Yölah, un Dieu impitoyable, et d’Abi, son prophète que personne n’a jamais vu mais qui terrorise une population tentant de survivre tout en étant complice du pouvoir en poussant au paroxysme dénonciations, guerres interminables, bannissements et exécutions. Tout ce qui doit guider la vie des gens est consigné dans le livre sacré, le Gkabul.

    L’histoire débute dans la montagne de l’Ouâ, lugubre et oppressante où passent les pèlerins traversant la région du Sîn : « Quel meilleur moyen que l’espoir et le merveilleux pour enchaîner les peuples à leurs croyances, car qui croit a peur et qui a peur croit aveuglément. »
    Dans ce sanatorium construit en 1984, Ati tente de soigner ses poumons mais les conditions de vie sont déplorables sauf l’endoctrinement religieux avec neuf prières quotidiennes psalmodiées chaque jour. Les caravanes de ravitaillement n’arrivent pas toujours. Certaines disparaissent et l’on retrouve parfois des soldats mutilés et ceux qui survivent aux attaques d’ennemis très mystérieux, sont exécutés à leur retour.
    Ati, âgé de 32 ou 35 ans – il ne se souvient plus - est déjà un vieil homme. Il était bien physiquement mais c’est considéré comme une tare. Il se souvient des femmes derrière leurs voiles épais, leur burquinab et ces bandages comprimant leurs formes. Le mot mécréant le terrorise : « Dans son infinie connaissance de l’artifice, le Système a tôt compris que c’était l’hypocrisie qui faisait le parfait croyant, pas la foi qui par sa nature oppressante traîne le doute dans son sillage, voire la révolte et la folie. Il a aussi compris que la vraie religion ne peut rien être d’autre que la bigoterie bien réglée, érigée en monopole et maintenue par la terreur omniprésente. »
    Enfin, Ati revient dans l’immense capitale, Qodsabad, qui englobe la cité interdite gardée par les Fous d’Abi dont on a enlevé le cerveau à la naissance. Au cours de son retour qui a duré un an, il a vu beaucoup de choses qui ne cessent de le hanter.
    Sa vie à Qodsabad permet de découvrir l’ensemble de mesures destinées à museler complètement la population. Ati sympathise avec Koa qui va l’accompagner et tenter de découvrir les mystères de l’Abilang, la langue simpliste imposée à tous : « Elle ne parlait pas à l’esprit, elle le désintégrait et de ce qu’il restait (un précipité visqueux), elle faisait de bons croyants amorphes ou d’absurdes homoncules. »
    L’histoire se poursuit avec les investigations menées par Ati et Koa et permet de découvrir comment les gens vivent ou tentent de survivre dans des conditions déplorables. « Le grand malheur de l’Abistan était le Gkabul : il offrait à l’humanité la soumission à l’ignorance sanctifiée comme réponse à la violence intrinsèque du vide ,et , poussant la servitude jusqu’à la négation de soi, l’autodestruction pure et simple… La religion, c’est vraiment le remède qui tue. »

    "2084" est un livre emballant et décevant à la fois. D’abord emporté par la vision d’un avenir dont certaines réalités sont déjà bien visibles, j’ai été déçu ensuite par les détours que prend l’histoire, les complications alambiquées et l’embrouillamini dans lequel Boualem Sansal nous perd mais c’est sûrement volontaire car l’impression de malaise profond s’amplifie et le but recherché est atteint.

  • 0.15

    Ce n' est pas un roman de fiction anticipative. Si ,comme Boualem Sansal l' explique si bien , les dirigeants et les médias continuent de nous manipuler et de nous mentir , cette société est pour demain .

  • 0.1

    Mettre deux étoiles au grand prix du roman de l'Académie Française, c'est étonnant - je n'aurais moi-même pas imaginé lui mettre une telle note, lorsque je l'avais entre les mains en librairie.
    2084 s'inscrit évidemment dans la filiation d'Orwell et de son 1984 et les références y sont nombreuses, à commencer par le novlangue et Big Brother. C'est peut-être ce qui m'a réellement gênée: je n'ai pas vu, ou pas su déceler peut-être, l'apport de Boualem Sansal à cette réécriture de 1984. On y retrouve la manipulation de masse, un culte de la personnalité démesuré, une restriction des libertés, une langue réduite à son minimum pour réduire le champ de pensée ; l'image a simplement été réactualisée pour coller à l'actualité et aux dérives d'une branche de l'islam (qui serait à l'origine du Gkabul, livre saint en Abistan).
    L'histoire est évidemment travaillée et détaillée, on découvre l'Abistan à travers les yeux, les questionnements et les craintes d'Ati, héros naïf mais volontaire, mais aussi tout le vocabulaire et les rites spécifiques au pays et à sa religion, si bien que je me suis sentie engloutie et empêtrée dans une masse de détails divers et variés qui ne servaient ni ma compréhension du roman, ni le déroulement de l'action. L'écriture ne m'a donc pas donc pas transportée (d'un point de vue stylistique), et je me suis parfois forcée à continuer ma lecture - mais il faut reconnaître que je n'ai pas d'attrait particulier pour les dystopies non plus, et que cela a peut-être influencé mon jugement.
    Si je n'ai pas été séduite par l'intérêt littéraire du roman, je salue pour autant les nombreuses questions philosophiques qu'il soulève et auxquelles il tente d'apporter des réponses - notamment au sujet de la religion, évidemment, mais aussi du rôle et de la fonction de l'histoire ( "Sans personne pour la raconter, l'histoire n'existe pas, il faut que quelqu'un amorce le récit pour que d'autres puissent le continuer." , qui dresse l'histoire comme fil conducteur entres les hommes, à la fois filiation et flambeau, un thème exploité notamment dans les dernières pages du roman) et du langage (les mots réduits à une syllabe pour empêcher les réflexions complexes, le dieu instituant une langue unique, c'est-à-dire: c'est parce que Dieu a nommé les choses ainsi qu'elles sont, or l'homme ne peut désigner les choses que parce qu'elles sont, donc en régissant la langue Dieu régit nécessairement les hommes).

  • 0.2

    2084 est un roman post-apocalyptique où Boualem Sansal extrapole un monde qui se passe en Abistan, soumis à une une dictature religieuse, représenté par le dieu Yolah et son délégué Abi. Tous les hommes se ressemble par leur conduite, leur manière de pensée et même leur langue, instaurée par cette dictature.

    On suit la pérégrination d'Abi, jeune homme tout juste sorti d'un sanatorium et qui a attendu de faits étranges qui l'amène à commencer à douter (ce qui est hors d'usage dans ce pays). En total ignorant, il va commencer à se poser des questions, à vouloir y trouver des réponses et à commencer à penser par lui-même, à avoir une liberté de conscience.
    Il rencontre Koa, qui est un savant et donne des réponses "raisonnées", ou plus en adéquation avec ce qu'on lui a toujours appris mais la liberté de penser entraîne également des doutes chez lui.
    Et on va les suivre dans leur questionnement, dans la révolte pour savoir si certains événements entendus existent. Pourquoi des caravanes disparaissent ? Y a-t-il un autre monde ? La Frontière, existe-elle? Où Mène-t-elle?
    Qui est ce Démoc ou Dimoc, le bien, le mal ? Un mythe, une utopie, une réalité à atteindre ?

    Boualem Sansal a une écriture précise, travaillée, très enrichissante par le fond et la forme. Au delà de son talent d'écrivain, de conteur, il nous pousse à réfléchir en mettant en exergue le conditionnement religieux, la pensée unique, le langage sommaire. Son message est clair : "Prenez conscience du danger des religions totalitaires et liberticides avant que ce livre ne soit une prophétie".

    Lien: http://chezsabisab.blogspot.fr/2016/06/2084-boualem-sansal.html

  • 0.2

    Relire ce roman, en faire un livre de chevet permet d'aiguiser son analyse sur les évolutions de société.
    2084 en roman d'anticipation se fait sans cesse poser des questions sur le monde de demain.
    abistan est un pays, gouverné par une pensée unique et exclusive, une religion tout aussi unique et totalitaire, guerrière et vindicative qui n'admet rien, sauf elle-même et sa surpuissance.
    Abi voit tout, entend tout, régente tout, comme un Big Brother du 21e siècle. Avant 2084 il n'existait rien, après non plus. Et lorsque le doute s'insinue dans l'esprit d'Ati, jeune homme tuberculeux, naïf et curieux, le monde en est soudainement bouleversé. Le dogme religieux est remis en cause. Le concept de liberté soudainement entretenu et réfléchi dévaste son esprit et lui fait entreprendre le chemin de la connaissance
    Qui est-il réellement ? Qu'est-ce que l'Abistan ? Qu'est-ce que le croyance abusive, destructrice et mensongère ?
    2084 est un roman fabuleux, une expérience littéraire intelligente et furieuse qui par le biais de la fable apocalyptique et futuriste dénonce l'emprise de la religion sur les masses ignorantes et dociles. La religion et la foi ne sont plus que des prétextes, seul le pouvoir absolu et totalitaire compte.

  • 0.15

    Je n'ai pas été transportee par le récit de cette fin du monde qui relate malheureusement les événements actuels et met en exergue le pouvoir de la religion sur des gens en quête de raison de vivre,.

  • 0.15

    « Il s'était passé bien des choses depuis, il y avait eu des invasions et des Guerres saintes dont une, nucléaire, la mère de toutes les batailles, avait provoqué dans le monde le plus grand pullulement de bandits et de mutants de toute l'histoire humaine, il y avait eu des révolutions grandioses et des répressions titanesques qui avaient engendré des fous et des errants par millions, il y avait eu des famines et des épidémies planétaires qui avaient ruiné des régions entières et chassé devant elles des millions de miséreux, et il y avait eu un changement climatique de taille qui avait fait le reste, il avait bouleversé la géographie de la planète, plus rien n'était à sa place, les mers, les terres, les montagnes et les déserts avaient été tourneboulés comme ils ne l'avaient jamais été au cours des âges géologiques, et tout ça en une seule vie d'homme. »
    Un beau programme à l'actif de l'Abistan, une dictature religieuse post-apocalyptique féroce et terrifiante ! Nous sommes en 2084 et l'existence n'a plus rien à voir avec notre monde encore (un peu) civilisé : guerre permanente, plus de frontières, exécutions publiques, langue unique et pauvre (l'Abilang), bouillie infâme pour unique nourriture, et partout la police et les mouchards… un vrai cauchemar que l'auteur décrit avec lyrisme et force détails pour dans… 50 ans !
    Boualem Sansal ne fait pas dans la dentelle quand il veut prévenir des dangers du radicalisme religieux : déjà dans « le village de l'allemand », il alertait sur la puissance et les dangers de l'islamisme radical qui ravageait nos banlieues.
    Cette fois, c'est le monde entier qui sera ravagé et soumis à la peste de l'Abistan, un pseudo-Daech, cependant jamais nommé.

  • 0.2

    Un roman dont je recommande la lecture. Un livre assez effrayant, rappelant évidemment Orwell, qui décrit la vie dans un pays (l'Abistan) au sein duquel le fanatisme religieux (le culte du prophète Abi) est poussé à son extrême : l'histoire du pays commence en 2084 et personne ne sait ce qui s'est passé avant, les habitants sont fichés et récompensés (ou sanctionnés avec des mises à mort très nombreuses) tous les mois, il est très bien vu de dénoncer ceux dont on pense qu'ils ont un comportement non conforme, les frontières du pays sont inconnues du peuple, la langue (l'abilang, obligatoire) a été créée afin de supprimer toute référence au passé et constitue un mode de communication dénué de toute finesse qui utilise un nombre réduit de mots très simples...Nous suivons le questionnement d'Ati, un citoyen de ce pays imaginaire qui, aidé par d'autres protagonistes qu'il va rencontrer, ne peut pas ne pas se poser des questions sur ce régime particulier.

  • 0.2

    La dystopie nom un peu barbare a le vent en poupe en ces périodes d’incertitudes et de violences multiples, économique, politique, sociale… ARTE a diffusé ces semaines une glaçante série de science-fiction autour du travail « Trépalium », Sansal s’attaque à la dystopie politico-religieuse.

    Dans « 2084 » le monde vit dans une après guerre sainte nucléaire dont personne ne connait les frontières ni l’histoire soigneusement effacée et remodelée pour mieux contrôler les esprits dévots des habitants de l’Abistan (le pays du prophète Abi) à qui on ne laisse aucun loisir pour penser, douter, mécroire. La langue réduite à des mots de deux syllabes, les prières, cérémonies, examens, préparation au pèlerinage que commande le régime religieux dictatorial de l’Abistan servent de prison invisible au peuple de l’Abistan.
    Ati le héros est envoyé dans une montagne très éloignée pour se faire soigner, c’est durant son séjour puis lors de la traversée de retour du pays et la rencontre avec un fonctionnaire qui a fait une découverte majeure qu’il va commencer à douter, se poser des questions et entrouvrir la porte d’un autre monde qui se cache au delà de ses murs et de sa cité.

    On sent chez l’auteur une jubilation à construire cet univers si loin si proche, avec ses rites, sa langue, son architecture, ses traditions, ses banlieues mécréantes découpées comme sur un échiquier. On se perd un peu avec les noms des personnages qui se ressemblent, on peut trouver que les héros manquent de chair et les paysages de souffle mais l’auteur pose des questions essentielles, montre et nomme clairement les dangers qui menacent notre monde et pour cela son livre est d’utilité publique.

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