2084 ; la fin du monde

Couverture du livre « 2084 ; la fin du monde » de Boualem Sansal aux éditions Gallimard

3.774193548

31 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Gallimard
  • EAN : 9782070149933
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 288
  • Collection : Blanche
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

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  • 0.15

    Ce n' est pas un roman de fiction anticipative. Si ,comme Boualem Sansal l' explique si bien , les dirigeants et les médias continuent de nous manipuler et de nous mentir , cette société est pour demain .

  • 0.1

    Mettre deux étoiles au grand prix du roman de l'Académie Française, c'est étonnant - je n'aurais moi-même pas imaginé lui mettre une telle note, lorsque je l'avais entre les mains en librairie.
    2084 s'inscrit évidemment dans la filiation d'Orwell et de son 1984 et les références y sont nombreuses, à commencer par le novlangue et Big Brother. C'est peut-être ce qui m'a réellement gênée: je n'ai pas vu, ou pas su déceler peut-être, l'apport de Boualem Sansal à cette réécriture de 1984. On y retrouve la manipulation de masse, un culte de la personnalité démesuré, une restriction des libertés, une langue réduite à son minimum pour réduire le champ de pensée ; l'image a simplement été réactualisée pour coller à l'actualité et aux dérives d'une branche de l'islam (qui serait à l'origine du Gkabul, livre saint en Abistan).
    L'histoire est évidemment travaillée et détaillée, on découvre l'Abistan à travers les yeux, les questionnements et les craintes d'Ati, héros naïf mais volontaire, mais aussi tout le vocabulaire et les rites spécifiques au pays et à sa religion, si bien que je me suis sentie engloutie et empêtrée dans une masse de détails divers et variés qui ne servaient ni ma compréhension du roman, ni le déroulement de l'action. L'écriture ne m'a donc pas donc pas transportée (d'un point de vue stylistique), et je me suis parfois forcée à continuer ma lecture - mais il faut reconnaître que je n'ai pas d'attrait particulier pour les dystopies non plus, et que cela a peut-être influencé mon jugement.
    Si je n'ai pas été séduite par l'intérêt littéraire du roman, je salue pour autant les nombreuses questions philosophiques qu'il soulève et auxquelles il tente d'apporter des réponses - notamment au sujet de la religion, évidemment, mais aussi du rôle et de la fonction de l'histoire ( "Sans personne pour la raconter, l'histoire n'existe pas, il faut que quelqu'un amorce le récit pour que d'autres puissent le continuer." , qui dresse l'histoire comme fil conducteur entres les hommes, à la fois filiation et flambeau, un thème exploité notamment dans les dernières pages du roman) et du langage (les mots réduits à une syllabe pour empêcher les réflexions complexes, le dieu instituant une langue unique, c'est-à-dire: c'est parce que Dieu a nommé les choses ainsi qu'elles sont, or l'homme ne peut désigner les choses que parce qu'elles sont, donc en régissant la langue Dieu régit nécessairement les hommes).

  • 0.2

    2084 est un roman post-apocalyptique où Boualem Sansal extrapole un monde qui se passe en Abistan, soumis à une une dictature religieuse, représenté par le dieu Yolah et son délégué Abi. Tous les hommes se ressemble par leur conduite, leur manière de pensée et même leur langue, instaurée par cette dictature.

    On suit la pérégrination d'Abi, jeune homme tout juste sorti d'un sanatorium et qui a attendu de faits étranges qui l'amène à commencer à douter (ce qui est hors d'usage dans ce pays). En total ignorant, il va commencer à se poser des questions, à vouloir y trouver des réponses et à commencer à penser par lui-même, à avoir une liberté de conscience.
    Il rencontre Koa, qui est un savant et donne des réponses "raisonnées", ou plus en adéquation avec ce qu'on lui a toujours appris mais la liberté de penser entraîne également des doutes chez lui.
    Et on va les suivre dans leur questionnement, dans la révolte pour savoir si certains événements entendus existent. Pourquoi des caravanes disparaissent ? Y a-t-il un autre monde ? La Frontière, existe-elle? Où Mène-t-elle?
    Qui est ce Démoc ou Dimoc, le bien, le mal ? Un mythe, une utopie, une réalité à atteindre ?

    Boualem Sansal a une écriture précise, travaillée, très enrichissante par le fond et la forme. Au delà de son talent d'écrivain, de conteur, il nous pousse à réfléchir en mettant en exergue le conditionnement religieux, la pensée unique, le langage sommaire. Son message est clair : "Prenez conscience du danger des religions totalitaires et liberticides avant que ce livre ne soit une prophétie".

    Lien: http://chezsabisab.blogspot.fr/2016/06/2084-boualem-sansal.html

  • 0.15

    Je n'ai pas été transportee par le récit de cette fin du monde qui relate malheureusement les événements actuels et met en exergue le pouvoir de la religion sur des gens en quête de raison de vivre,.

  • 0.15

    « Il s'était passé bien des choses depuis, il y avait eu des invasions et des Guerres saintes dont une, nucléaire, la mère de toutes les batailles, avait provoqué dans le monde le plus grand pullulement de bandits et de mutants de toute l'histoire humaine, il y avait eu des révolutions grandioses et des répressions titanesques qui avaient engendré des fous et des errants par millions, il y avait eu des famines et des épidémies planétaires qui avaient ruiné des régions entières et chassé devant elles des millions de miséreux, et il y avait eu un changement climatique de taille qui avait fait le reste, il avait bouleversé la géographie de la planète, plus rien n'était à sa place, les mers, les terres, les montagnes et les déserts avaient été tourneboulés comme ils ne l'avaient jamais été au cours des âges géologiques, et tout ça en une seule vie d'homme. »
    Un beau programme à l'actif de l'Abistan, une dictature religieuse post-apocalyptique féroce et terrifiante ! Nous sommes en 2084 et l'existence n'a plus rien à voir avec notre monde encore (un peu) civilisé : guerre permanente, plus de frontières, exécutions publiques, langue unique et pauvre (l'Abilang), bouillie infâme pour unique nourriture, et partout la police et les mouchards… un vrai cauchemar que l'auteur décrit avec lyrisme et force détails pour dans… 50 ans !
    Boualem Sansal ne fait pas dans la dentelle quand il veut prévenir des dangers du radicalisme religieux : déjà dans « le village de l'allemand », il alertait sur la puissance et les dangers de l'islamisme radical qui ravageait nos banlieues.
    Cette fois, c'est le monde entier qui sera ravagé et soumis à la peste de l'Abistan, un pseudo-Daech, cependant jamais nommé.

  • 0.2

    Un roman dont je recommande la lecture. Un livre assez effrayant, rappelant évidemment Orwell, qui décrit la vie dans un pays (l'Abistan) au sein duquel le fanatisme religieux (le culte du prophète Abi) est poussé à son extrême : l'histoire du pays commence en 2084 et personne ne sait ce qui s'est passé avant, les habitants sont fichés et récompensés (ou sanctionnés avec des mises à mort très nombreuses) tous les mois, il est très bien vu de dénoncer ceux dont on pense qu'ils ont un comportement non conforme, les frontières du pays sont inconnues du peuple, la langue (l'abilang, obligatoire) a été créée afin de supprimer toute référence au passé et constitue un mode de communication dénué de toute finesse qui utilise un nombre réduit de mots très simples...Nous suivons le questionnement d'Ati, un citoyen de ce pays imaginaire qui, aidé par d'autres protagonistes qu'il va rencontrer, ne peut pas ne pas se poser des questions sur ce régime particulier.

  • 0.2

    La dystopie nom un peu barbare a le vent en poupe en ces périodes d’incertitudes et de violences multiples, économique, politique, sociale… ARTE a diffusé ces semaines une glaçante série de science-fiction autour du travail « Trépalium », Sansal s’attaque à la dystopie politico-religieuse.

    Dans « 2084 » le monde vit dans une après guerre sainte nucléaire dont personne ne connait les frontières ni l’histoire soigneusement effacée et remodelée pour mieux contrôler les esprits dévots des habitants de l’Abistan (le pays du prophète Abi) à qui on ne laisse aucun loisir pour penser, douter, mécroire. La langue réduite à des mots de deux syllabes, les prières, cérémonies, examens, préparation au pèlerinage que commande le régime religieux dictatorial de l’Abistan servent de prison invisible au peuple de l’Abistan.
    Ati le héros est envoyé dans une montagne très éloignée pour se faire soigner, c’est durant son séjour puis lors de la traversée de retour du pays et la rencontre avec un fonctionnaire qui a fait une découverte majeure qu’il va commencer à douter, se poser des questions et entrouvrir la porte d’un autre monde qui se cache au delà de ses murs et de sa cité.

    On sent chez l’auteur une jubilation à construire cet univers si loin si proche, avec ses rites, sa langue, son architecture, ses traditions, ses banlieues mécréantes découpées comme sur un échiquier. On se perd un peu avec les noms des personnages qui se ressemblent, on peut trouver que les héros manquent de chair et les paysages de souffle mais l’auteur pose des questions essentielles, montre et nomme clairement les dangers qui menacent notre monde et pour cela son livre est d’utilité publique.

  • 0.2

    Finie la science fiction, voilà la religion fiction!
    Boualem Sansal a choisi de se placer en un 2084 redoutable pour dénoncer les dérives d'un islamisme politique totalitaire, aussi dangereux qu'hypocrite. .
    Tout un univers est inventé, langue, nourriture, religion, gouvernement, vêtements,etc et pourtant le décryptage est assez évident. Tout y est ...en pire!
    Mais il réussit aussi à chanter la beauté des montagnes ou l'amour maternel au hasard des pages, et n'a rien perdu de son humour. Pour preuve, dans cet état où les chaises ont censément disparu, son héros, le Candide-Ati qui parvient à rester assis " sans avoir le vertige".

    Prophétique ce 2084? Grâce à la fiction outrée, Boualem Sansal dénonce haut et fort, il ne crie pas au loup, il démonte des mécanismes que nous avons appris à redouter, et alerte: attention au point de non retour.
    Personnellement, je crains pour lui: il me semble plus pernicieux qu'un Salman Rushdie.

  • 0.2

    Nous sommes en 2084, en Abistan. Après une guerre qui a détruit le monde ancien, pour ceux qui restent, la soumission à Yölah, le dieu unique dont Abi est le prophète, est omniprésente et nul ne peut s’en écarter. Le peuple obéi à ce dictat qui exige une unité de pensée, une croyance unique, une langue exclusive et omnipotente, l’Abilang, créée de toute pièce et imposée à tous, une nourriture infâme servie à tout un peuple, des vêtements identiques pour tous, burnis pour les hommes, burniqab pour les femmes, des déplacements interdits ou au contraire imposés à tout un peuple. Le bonheur est assuré, même si cela implique que chacun soit soumis, observé, guidé, contrôlé.
    Pourtant, à la suite de son séjour aux confins du pays, dans un sanatorium lourdement contrôlé par le pouvoir en place, Ati, le personnage central du roman, se met à douter. Douter du bonheur pour tous, douter de la foi imposée et à priori unique et réelle. Et si la foi n’existait pas, et si le doute était justement la vérité, et si le peuple était prisonnier d’un régime totalitaire. Boualem Sansal fait évoluer son personnage, douter, chercher devant nos yeux un peu effarés par les coutumes de ce pays de rêve !
    Où l’on retrouve les odieuses exécutions publiques dans les stades tristement dévoyés, spectacles horribles mais hélas célèbres aujourd’hui, mais qui rappellent également le pain et le cirque des empereurs romains, pour soumettre le peuple en lui permettant d’aller au spectacle, mais un peuple que l’on va pousser à la délation, à trahir voisins, amis, ou pire, famille, pour un peu de reconnaissance. Où l’on retrouve les ennemis que l’on va envoyer au front se faire sauter avec leur ceinture d’explosif, mais également les disparitions subites de ceux qui savent ou commencent à comprendre. Où l’on retrouve l’omniprésence des ligues de vertu qui soumettent les femmes aujourd’hui mais également hier dans d’autres régions du monde, faible place des femmes d’ailleurs dans ce roman, comme si en 2084 elles avaient totalement disparu de la vie de la cité. Où l’on retrouve enfin les élites, celles qui savent et qui imposent au petit peuple des croyances et des pratiques qu’il ne peut comprendre, mais qui le soumettent encore plus sûrement. Pratiques des dictatures quelles qu’elles soient, religieuses ou pas, on songe aussi bien aux grandes manifestations d’Hitler qu’à celles des pays totalitaires ou extrémistes.
    J’ai par moments été un peu noyée par les termes utilisés, un peu trop nombreux, un peu trop précis, les brigades de ceci ou cela par exemple, même si j’imagine que c’est voulu par l’auteur. Mais j’ai aussi apprécié l’humour mis dans les descriptions des célébrations, le Big Eye qui devient Bigaye, les amoureux de ce qui n’est plus, collectionneurs d’antiquités d’un monde perdu mais sans doute pas pour tous, la curiosité enfin de ceux qui veulent savoir et ne plus se soumettre, au risque de devoir s’exiler pour toujours.
    Que dire de ce roman, si parfois je l’ai trouvé un peu embrouillé, sans doute à dessein, j’ai aimé son côté iconoclaste, qui montre dans une fable épique toute l’absurdité d’un phénomène religieux poussé à l’extrême et qui dépossède une nation entière de son propre pouvoir de réflexion et de décision. A méditer longuement sans aucun doute, pour que 2084 ne devienne pas notre futur !

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