14

Couverture du livre « 14 » de Jean Echenoz aux éditions Minuit

3.88

25 notes

  • Date de parution :
  • Editeur : Minuit
  • EAN : 9782707322579
  • Série : (non disponible)
  • Support : Papier
  • Nombre de page : 128
  • Collection : Roman francais minuit
  • Genre : Littérature française Romans Nouvelles Correspondance
Résumé:

Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état.

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Le courrier des auteurs

Jean Echenoz répond à nos questions ! (10/12/2012)

«Le choix des mots» par Jean Pruvost, grand amoureux des mots... Cher Jean Echenoz, Les noms de vos personnages, la précision des chiffres, voilà qui me touche profondément dans vos romans. C'est en orfèvre que vous les choisissez. Et, destin oblige, le nom que vous n'avez pas pu choisir, le vôtre, gagne tout autant à être radiographié. Il nous installe en effet en Gaule profonde puisqu'il s'agit du diminutif de Echene, «en les chênes», ès chênes, que les étymologistes situent initialement en Franche-Comté sous la forme Echenoz, en passant donc par une variante orthographique du mot gaulois, le chêne. On ne trouvera pas 39 dans nos dictionnaires, mais on n'échappe pas à 14, le titre de votre roman, la langue est passée par là, avec «repartir comme en quatorze», attesté - seulement - en 1962. Dans 14, ils sont 5 amis à partir au front. Et Blanche, qui reste, évidemment. Elle fait partie de l'ABC du roman : A, comme Anthime, B comme Blanche et C comme Charles, frère aîné d'Anthime. Anthime, c'est le héros discret, avec un prénom désignant en latin la camomille odorante, très fleurie et fébrifuge : anthemis nobilis ; quant à Charles qui, pour son uniforme fera «arrogamment toute une histoire», il a un prénom germanique signifiant «mâle, vigoureux». Entre les deux frères, il y a Blanche, «prénom fréquent au siècle dernier», Blanche Bonne, antinomie de la guerre, qui espère leur retour rapide, prévu dans les 15 jours. Mais qui reviendra ? Au bout des 4 années... Au front, tout se mesure, avec une précision qui fait mouche : le sac, vide, 600 grammes, 35 kilos plein, «une tonne» dans l'épreuve. Quant au bras perdu : ce sont 3,5 kg de perdus. L'horreur de la guerre est dans le détail : un pied arraché est encore dans sa chaussure ; ce qui reste d'une tête, un oeil, nous regarde, isolé. Un obus est passé par là. On part sous le signe du sourire. Je m'en vais. J'arrive : voir l'oeuvre antérieure. On revient aveugle ou manchot. Un «atome de sourire», méprisant de Charles à Anthime, avant l'horreur. Et puis Blanche adressant «un sourire fier de son maintien martial» à Charles, mais une «variété de sourire plus grave et même [...] un peu ému» pour Anthime. On n'oubliera pas les animaux. Au départ la pêche et ses poissons d'où l'amitié des 5. Puis la tranchée, boueuse, sans poisson, mais des poux, des rats, des moustiques, «à 13 h», rongeant, pompant la chair humaine, la «chair militaire» dites-vous. Et, chapitre 12, des victimes collatéralement sacrifiées : chevaux, chiens, colombidés, chevreuils, sangliers, hérissons... Il faut survivre. Entre silences et fracas, les oiseaux. Surtout. Tout d'abord «le silence... griffé par des cris d'oiseaux», avant que ne sonne le tocsin de la déclaration de la guerre, ensuite à l'arrivée, en sortant du train, «les oiseaux... commençant de s'accorder, s'apprêtant à sonner la fin du jour», puis encore les oiseaux, plantant leur bec dans la «chair militaire». Enfin Blanche apprenant qu'elle est enceinte d'un homme «qui ne reviendra pas», regardant la fenêtre, «dans le cadre de laquelle rien n'est passé, ni le moindre oiseau ni rien». Quatorze est déjà dans le dictionnaire. 14, par Jean Echenoz, va y entrer, gravé dans le chêne. Magistral, cher Jean Echenoz. Du latin «magister», maître. Et maintenant, 39 ? Jean Pruvost

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Les derniers avis

  • 0.15

    En une centaine de pages, pas tellement plus, Jean Echenoz fait le tour de la Grande Guerre, vue par ceux qui la font, vu par celles qui les attendent. Le roman, commence le jour de la déclaration de guerre et se termine (assez brusquement) le jour de l’armistice. Cinq hommes d’un même village de Vendée partent la fleur au fusil sur le front, une femme, enceinte de l’un deux attend leur retour. Certains vont mourir rapidement, ou tardivement, sous les balles allemandes ou devant les pelotons d’exécution français, d’autres revenir mais blessés. Personne n’en sortira indemne, comme si c’était tout simplement impossible. Alors évidemment, en 124 pages, il faut tout le talent d’Echenoz pour ne pas se sentir un peu floué : des mois passent d’un paragraphe à l’autre, des années passent d’un chapitre à l’autre, c’est un peu déroutant quand on est habitué comme moi aux romans longs ou l’intrigue avance doucement. Ces petits à-coups de ne sont pas les seuls étrangetés de « 14 », l’humour noir très présent pendant tout le récit désarçonne aussi. Echenoz raconte l’enfer des tranchées avec un vocabulaire décalé, qui n’édulcore rien mais au contraire enlève le côté « plombant » (sans mauvais jeu de mot) du récit de guerre comme on n’en à maintenant l’habitude. Je ne peux pas dire qu’en 125 page on ait le temps de s’attacher aux personnages, ni même de les cerner vraiment. On peut presque lire « 14 » d’une traite, c’est une vision différente de la guerre de 14-18 et comme le style est très fluide, très agréable, cela peut plaire même à ceux que l’histoire fait soupirer d’emblée. Et il y a quelques réflexions, lâchée çà et la, particulièrement intelligentes sui donne à ce tout petit roman une vraie profondeur.

  • 0.25

    Actualité oblige, gageons que les célébrations du centenaire de l'entrée dans la première guerre mondiale seront accompagnées de nombreux écrits et publications. C'est pour moi l'occasion de redire à quel point j'ai apprécié ce court roman de Jean Echenoz, paru en 2012, et dont le titre - "14" - et la quatrième de couverture - "Cinq hommes sont partis à la guerre, une femme attend le retour de deux d'entre eux. Reste à savoir s'ils vont revenir. Quand. Et dans quel état." - résument bien la sobriété. Voici donc la guerre de 14-18 en moins de 120 pages. Mais quelles pages ! Époustouflantes de précision et de maitrise.

    "Le tocsin, vu l'état présent du monde, signifiait à coup sûr la mobilisation. Comme tout un chacun mais sans trop y croire, Anthime s'y attendait un peu mais n'aurait pas imaginé que celle-ci tombât un samedi."

    Anthime et Charles sont mobilisés, quittent leur terre de l'ouest pour rejoindre le front du nord-est comme des milliers de leurs compatriotes. Là, les destinées de certains se croisent, se soutiennent parfois quelque temps, sans autre réel horizon que le moment présent. De son côté, Blanche attend. A travers l'histoire de ces anti-héros, personnages ordinaires parmi tant, Jean Echenoz raconte la guerre, sans rien sacrifier à l'émotion ni à l'histoire. En quelques phrases, l'essentiel est dit, à hauteur d'homme. La naïveté ("c'est une histoire de quinze jours"), l'impréparation, l'impuissance, la violence, l'injustice, le chaos, la camaraderie malgré tout... Et le triomphe de la vie.

    "Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas tellement l'opéra, même si, comme lui c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux." Tout le contraire de ce livre, en fait.

    Plaisir de la langue et du style, fluidité du récit. Incroyable chapitre 12 sur les animaux dans la guerre. Voila une façon agréable de réviser ses classiques tout en s'offrant un vrai grand moment de lecture.

  • 0.25

    Echenoz part d’une balade à vélo, une balade bucolique ; le tocsin sonne, nous arrivons sur la place où toute la population est rassemblée « Tout le monde avait l’air très content de la mobilisation : débats fiévreux, rires sans mesure, hymnes et fanfares, exclamations patriotiques striées de hennissements ». La joie, l’impatience sont palpables, on verra ce qu’on verra !
    L’attente commence pour les 5 vendéens : Anthime, Padioleau, Bessis, Arcenel se retrouvent à la caserne, ainsi que Charles, sous-directeur de l’usine où Anthime est comptable. Puis vient le moment d’aller au front, d’affronter l’ennemi. Tous ne reviendront pas. Echenoz résume fort bien cette connerie cruelle : « Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas l'opéra, même si, comme lui, c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux. »

    Dans ce livre, pas de grandes envolées lyriques, pas de longues descriptions mais du quotidien, du palpable. Nous suivons la guerre à travers Anthime. « De fait, Anthime s’est adapté. Ne se fût-il pas adapté, d’ailleurs, eût-il montré du mal à supporter les choses et voulu le faire savoir, la censure du courrier n’aidait pas trop à ce qu’on se plaignît. Oui, Anthime s’est plutôt vite fait aux travaux quotidiens de nettoyage, de terrassement, de chargement et de transport de matériaux, aux séjours en tranchée, aux relèves nocturnes et aux jours de repos. » En peu de mot, beaucoup est dit.

    Dans le chapitre 7, Jean Echenoz écrit : « Propulsons-nous vers cet insecte : à mesure qu’on l’approche, il grossit peu à peu jusqu’à se transformer en petit avion, biplan biplace de modèle Farman F37 Mené par deux hommes, un pilote et un observateur assis l’un derrière l’autre dans des fauteuils bruts, à peine protégés par deux pare-brises rudimentaires. » Il ne reste plus qu’à lancer la caméra de notre imagination et on voit le ballet mortel s’engager entre cet avion et l’appareil orné de la croix de Malte.

    Dans un entretien, Jean Echenoz raconte comment l’idée de ce livre lui est venue en trouvant les carnets d’un combattant dans une malle. Il décrit les choses comme on les note dans son cahier « son havresac, modèle as de carreau 1893 et dont l’infrastructure était un cadre en bois couvert d’une enveloppe de toile épaisse du berg wagon au brun cachou ».

    C’est un livre court mais puissant, dense, bouleversant, concret. En peu de mot, il démarre notre caméra mentale pour un voyage dans l’enfer du quotidien de la guerre. Un superbe livre, je ne me lasse pas de la belle écriture de jean Echenoz.

  • 0.2

    C'est un diaporama que nous offre ici Jean Echenoz, une succession de photographies de "La Grande Guerre", comme on peut se la figurer d'après les récits des survivants. Une plongée dans cette réalité cruelle qu'apporta ce conflit, aux moyens militaires encore balbutiants, on a la sensation, à la lecture de cet ouvrage, que cette guerre était expérimentale.

    Les cinq soldats, subitement plongés dans cette guerre qu'ils ne pouvaient imaginer, ont subi des sorts différents. Des jeunes hommes, tout simplement, perdus dans les tranchées, loin de leur Vendée natale. L'un d'entre eux, plus "chanceux", expérimentera la guerre en l'air...

    La promptitude de l'écriture se prête bien à cette succession de tableaux qui faisaient le quotidien de cette Première Guerre Mondiale.

  • 0.15

    Roman court où l'on parle forcément de la guerre, mais qui n'est pas un livre sur la guerre de 14. Intrigue intimiste au milieu d'évènnements tragiques.

  • 0.2

    J'ai bien aimé ce très court roman (124 pages) d'une belle écriture minimaliste sur l'intérieur de la guerre à hauteur d'homme.

  • 0.15

    Récit minimaliste et subtil loin du botox verbal sur le mythe d'Icare où Anthime qui "n'y pige rien" est le bénéficiaire du bonheur terrestre au détriment de son frère qui se fera brûler les ailes par l'aviation allemande.

  • 0

    Sur un sujet aussi rebattu que la guerre de 14, Jean Echenoz arrive encore à nous surprendre: il se place du point de vue du simple soldat avec une analyse fine des sentiments. Il n'y a pas de grande description des horreurs de la guerre mais il s'attache plutôt ce que cette événement extraordinaire peut imprimer sur l'homme. La scéne initiale de la mobilisation est une merveille de simplicité. Ce qui est aussi remarquable c'est qu'en si peu de page, Jean Echenoz arrive à glisser une "intrigue", un mini drame au milieu de ce drame immense.

  • 0.2

    jean echenoz, auteur du merveilleux " je m en vais", sort avec 14 un beau roman. La grande guerre en accéléré, tout y est: le timbre du tocsin, la fievre joyeuse des mobilisés de 14, la marche des poilus, la pluie, le froid, les rats, et le tout sans pathos. Bravo à Jean echenoz, je l ai dévoré d une traite en deux jours. Mon club de lecture de ma commune, l ' aussi plébiscité pour sa qualité d écriture

  • 0.25

    Je crains pour une fois de n'être pas original et de me fondre dans une majorité écrasante tellement les critiques de 14 sont bonnes (voir par exemple chez Babelio). Et oui, j'ai aimé ce roman, court, dense, fin et excellemment écrit. C'est évidemment le premier point que tout le monde aborde, l'écriture de Jean Echenoz. Y abondent les mots un peu tombés en désuétude, les imparfaits du subjonctifs, des tournures de phrases inhabituelles qui font mouche. Tout pour me plaire. Et tout me plaît. J'ai découvert cet auteur avec l'admirable Ravel et j'ai ensuite succombé au charme Des éclairs (et d'autres en passant, comme Je m'en vais). 14 est tout aussi formidable que les précédents même s'il peut parfois manquer d'une toute petite étincelle, celle Des éclairs par exemple : désolé, je n'ai pas pu m'auto-censurer, j'avais cette blague en moi depuis le début du bouquin, car il me manquait un tout petit truc pour adorer. Petit truc ou étincelle qui jaillit vers la moitié du bouquin pour faire de ce qui ressemblait à un très bon roman un excellent livre.
    Jean Echenoz ne s'attarde pas trop sur la guerre, n'en fait pas 400 pages (le roman est court, seulement 124 pages) et c'est parfois ce que lui reprochent certains lecteurs. Moi non. Je lui sais gré de ne pas en rajouter : il sait en quelques lignes décrire la puanteur des tranchées, la peur des soldats, les obus qui tombent tranchant têtes et bras, sans pathos, sans hémoglobine. Il l'écrit lui-même d'ailleurs :
    "Tout cela ayant déjà été décrit mille fois, peut-être n'est-il pas la peine de s'attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n'est-il d'ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d'autant moins quand on n'aime pas tellement l'opéra, même si comme lui c'est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui cela fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c'est assez ennuyeux." (p79)
    Effectivement quoi dire qui n'ait déjà été dit sur cette guerre ? Echenoz ne peut rien inventer, collant à la réalité. Alors, il le dit différemment, avec ses mots et ses si jolies phrases. "Comme tous les premiers arrivés, ils ont eu droit à un uniforme à leur taille alors qu'en fin de matinée le retard de Charles, toujours hautain et détaché, lui a d'abord valu une tenue mal ajustée. Mais vu qu'il protestait avec dédain, faisant arrogamment toute une histoire en excipant de son état de sous-directeur d'usine, on a réquisitionné sur d'autres -Bossis en l'occurrence ainsi que Padioleau- une capote et un pantalon rouge qui ont paru convenir au notable malgré son expression d'écoeurement distant." (p16) Il use parfois d'un style léger pour raconter une mort, pour faire un inventaire de tous les animaux que l'on découvre mangeables alors qu'en temps de paix, il ne serait venu à l'esprit de personne de les avaler. Des paragraphes qui allègent le propos, lourd forcément mais jamais insupportable ni lourdingue.
    Un dernier extrait pour finir qui dit simplement ce qu'a été ce début de guerre que tout le monde croyait facile et gagnée en quinze jours. Comment des jeunes hommes, ruraux pour la plupart, avec peu d'instruction, ont pu à un moment se faire violence pour aller au combat et tuer un ennemi guère plus enclin à tuer que lui ni plus guilleret au moment d'attaquer : "Dès lors il a bien fallu y aller : c'est là qu'on a vraiment compris qu'on devait se battre, monter en opération pour la première fois mais, jusqu'au premier impact de projectile près de lui, Anthime n'y a pas réellement cru. Quand il a été bien obligé d'y croire, tout ce qu'il portait sur lui est devenu très lourd : le sac, les armes, et même sa chevalière sur son auriculaire, pesant une tonne et n'empêchant nullement que s'éveillât encore, et plus vive que jamais, sa douleur au poignet." (p.59)

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