Comment faites-vous ?

Sophie Gauthier le 19/10/2015 à 12h14

Bonjour, Une question me turlupine depuis un moment : lorsque vous rédigez une chronique sur un livre que vous n'avez pas aimé, retenez-vous votre plume ? Pour en avoir beaucoup parlé avec différents auteurs, je sais que certaines critiques négatives de leurs livres les blessent et leur semblent très péremptoires à partir du moment où ils ne peuvent véritablement discuter avec le lecteur. Y pensez-vous lors de la rédaction ? Le prenez-vous en compte ? Cette question, un peu "bateau", parce que je me demande si je posterai encore des chroniques lorsque je n'ai pas du tout aimé un livre.

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  • muriel bouche le 26/10/2015 à 10h47

    j'avoue ne pas me poser la question lorsque je donne un avis sur un livre ...par contre
    1 j'insiste sur la personnalisation de mon avis en mettant du "je " et du "de mon point de vue" ou "à mon avis" pour bien montrer, non pas que mon avis compte, mais bien que cet avis n'est QUE le mien avec toute sa subjectivité ...
    2 je ne "canarde" quasiment jamais un livre sauf si vraiment il m'a soulée ...et d'ailleurs dans les rares cas où ça m'est arrivée ( je pense aux "bienveillantes" et à "50 nuances de Grey", que j'ai allumés sur une autre communauté de lecteurs) c'est plus l'emballement médiathique autour du livre qui m'a exaspérée et que j'ai largement critiqué ...
    et cela m'est déjà arrivé de dire à des auteurs que leur livre ne me tentait pas (je pense à la Comédie du Livre où beaucoup d'auteurs sont présents et où je prends le temps de feuilleter devant eux , en achetant ensuite ou pas )...
    Tout comme cela m'est arrivée de défendre bec et ongles des livres et des auteurs "maltraités" par des amis ou même des "libraires " (me souviens d'un moment houleux dans une FNAC il y a quelques années maintenant ...)

  • Sofi C le 24/10/2015 à 11h38

    Je trouve ça très courageux d'aller dire à un auteur pourquoi on n'aime pas son livre. À partir du moment où l'on fait un métier dont le résultat est lu, vu, entendu par des milliers, centaines de milliers ou millions de personnes il est évident qu'une partie de ce groupe de personnes ne va pas aimer. L'auteur devrait apprendre à avoir une certaine distance avec ça et à mettre son égo de côté (chose qui est plus facile à dire qu'à faire). Et une critique négative mais bienveillante et éclairée fait souvent plus avancer que la dithyrambe.

  • Mireille BROCHOT le 23/10/2015 à 16h08

    Il m'est déjà arrivé d'être un peu mordante sans être blessante j'espère, dans un avis -je préfère aussi ce mot à "chronique" qui peut paraître moins personnel. J'aurais tendance à nuancer davantage une chronique qu'un avis. Pourtant, de ma récente expérience à l'occasion d'une rencontre avec plusieurs écrivains dans un salon du livre, en leur posant la question, à savoir "portez-vous beaucoup d'intérêt aux critiques faites par des lecteurs sur un site (ex:lecteurs.com, un petit coup de pub au passage!). J'ai été très étonnée de leur réponse, unanime : oui, car les lecteurs sont sincères et n'hésitent pas à donner leur avis. Dans ce même cadre, j'ai avoué à un auteur que je n'avais pas aimé son style, avec commentaires à l'appui bien sûr. J'ai été surprise de sa réaction, je l'avais blessé. Ayant pu m'entretenir avec lui un long moment, il m'a expliqué comment il avait écrit son livre, comment il avait vécu l'histoire, pourquoi il avait choisi ce style...etc.... Aujourd'hui, je pense qu'il est important de bien connaître le contexte et la position de l'auteur pour mieux se faire son opinion. Mais comme ce n'est pas toujours possible, j'éviterai désormais d'être trop négative. Et puis, je suis entièrement d'accord pour dire que le respect doit toujours l'emporter sur la blessure.

  • Sofi C le 20/10/2015 à 20h38

    Je ne sais pas ce que vous appelez blesser. Pour ma part il y a une grosse catégorie de livres que je n'aime pas et que je lis rarement mais quand ça m'arrive même s'il s'agit de trois lignes je ne me gêne pas pour dire que je n'aime pas comme pour "cinquante nuances de grey" qui en plus est un roman grosse Bertha qui nous a été survendu pendant des mois, des années. L'important c'est de garder une certaine distance car agonir d'injure un livre et son auteur ne fait pas avancer l'art ni la culture. Mieux vaut passer du temps à dénicher et défendre les petits romans formidables. :-)

  • Geneviève Munier le 20/10/2015 à 13h16

    De mon point de vue, rien ne vaut jamais la peine de blesser qui que ce soit. Il faut cependant être en mesure de faire part de son point de vue même mitigé, même négatif. Tout réside alors dans l'expression...quand on peut. Mais les sites ne sont-ils pas là pour nous modérer ?

  • Sophie Gauthier le 20/10/2015 à 12h42

    Merci, merci à vous tous de partager vos avis... et vos doutes !

    Pour rebondir sur la dernière remarque de Danièle, il peut y avoir deux cas de figure : le pain est objectivement mauvais (pain industriel) ou ce pain est bon mais je ne l'aime pas (ma fille face à du pain de campagne amoureusement pétri par l'artisan boulanger du coin). Et il n'est pas toujours très facile de savoir pourquoi on n'aime pas (c'est plus simple avec du pain qu'avec un roman !).

    Pierre, c'est vrai que lorsque les auteurs sont déjà reconnus et ont un grand succès, je me sens, comme vous, un peu moins gênée. Cela m'est arrivé avec le dernier Mordillat et je n'ai pas hésité à écrire mon avis... très (pas du tout) mitigé ! Mais c'est aussi parce que j'ai beaucoup aimé les autres livres de l'auteur. Ma chronique a été à hauteur de ma déception !

    En fait, je me demande si l'enjeu (finalement assez restreint) d'une chronique, son impact sur la vente, l'édition, le nombre de lecteurs, vaut la peine de blesser quelqu'un ?
    C'était ma question du jour ;-)
    Vous avez 3 heures et je ramasse les copies à la fin :-)

  • Danièle Lecuppre le 20/10/2015 à 09h15

    J'ai mal dormi cette nuit certes , mais j'y pense, quand votre artisan boulanger ou autre vous vend de la mauvaise qualité, dites vous : " le pain n'est pas bon, ou bien je ne me suis pas adaptée au pain?" Chacun son métier, manuel ou intellectuel, c'est bien ce qu'on nous inculque non?

  • PIERRE DARRACQ le 19/10/2015 à 22h07

    Un bon livre, un mauvais roman, tout cela reste subjectif. Nous sommes tous différents et donc des lecteurs aux goûts et aux appétits divers.
    Quand je n'ai pas aimé un livre je laisse aller ma plume tout en faisant garde à deux choses : ne parler qu'en mon nom et ne jamais oublier que derrière ces pages se cache souvent (mais pas toujours ) un gros travail et un long investissement. Souvent je dis que c'est un univers dans lequel je ne peux pas pénétrer mais je peux faire remarquer que la plume est habile, inspirée même si elle ne me touche pas. Rarement je suis face à une lecture ratée parce que quand même, avec le temps, j'arrive à trier un peu et éviter certains ouvrages trop formatés ou qui ne me correspondent pas du tout. Donc, la critique mordante est rare .... mais peut arriver comme pour le Harry Quebert de Joël Dicker, qui m'avait prodigieusement agacé à l'époque. Pour ce cas là, le livre étant un best seller, je me sentais plus libre de l'égratigner vraiment.

  • Anne-Laure Vaucelle le 19/10/2015 à 18h32

    Bonjour,
    C'est une question que je me suis posée récemment dans les lectures des premiers romans. Comment encourager ou exprimer un point de vue sur des romans pour lesquels je n'ai pas eu d'empathie et comment promouvoir des livres que j'ai aimé?
    Le terme avis sur un ouvrage me convient mieux que critique dans ce sens. C'est mon point de vue de lectrice et uniquement celui ci. Il est toutefois bluffant de découvrir des succès littéraires et de passer complètement à côté de l'écrit, du style et du sujet. Alors dans ce cas proposer en fin d'avis de découvrir un autre ouvrage est la technique que je propose pour découvrir sur le même sujet un autre auteur, une histoire différente.
    Devant l'énorme choix littéraire un livre à découvrir est toujours possible et autant passer son chemin si des lecteurs "de confiance" ont déjà privilégié d'autres itinéraires ou se perdre dans des lectures pour se forger sa propre opinion.

  • Geneviève Munier le 19/10/2015 à 16h24

    Ne pas aimer un livre, pour moi, ne signifie pas obligatoirement qu'il est mauvais. Il peut tout simplement ne pas correspondre au lecteur. Une chronique peut être négative sans être assassine. L'emploi du "je" montre bien, par ailleurs, qu'il s'agit de son seul point de vue. Cela étant, il me semble toujours plus facile de parler d'un livre que j'ai aimé. Alors demain...ce ne sera pas facile et j'essaie de peser chacun de mes mots.

  • Danièle Lecuppre le 19/10/2015 à 14h41

    Comme tout bon artisan, l'écrivain ne pense qu'à se donner à fond pour le plaisir du lecteur(du moins je l'espère) et les critiques cassantes doivent leur faire mal au cœur, mais quand c'est vraiment nul, et parfois cela arrive! la faute en revient à l'éditeur qui a fait miroiter de beaux tirages! peut-être aussi que certains "ego" ont tendance à boursoufler. C'est la personnalité de certains écrivains qui me dérange parfois et de ce fait, je ne les lis plus, ce qui m'évite d'être de mauvaise foi... Hormis pour des premiers romans, où il est de mise d'être plus charitable, il est assez aisé de ne pas se tromper de lectures, les écrivains deviennent des compagnons familiers qui nous sont plus ou moins chers.

  • célia briand le 19/10/2015 à 13h32

    Bonjour!
    Il est rare que je déteste complétement un livre. Et quand c'est le cas, j'essaye de trouver quelques chose de positif à en dire (le style d'écriture, des personnages attachants ou une histoire originale). On ne peut pas toujours tout aimé et on peut se tromper malgré une 4eme de couverture alléchante....
    Parfois je me dis que ce livre et moi ne somme pas fait pour nous entendre, ou qu'on s'est rencontrés au mauvais moment!

  • Michèle FINANCE le 19/10/2015 à 13h16

    Je crois essentiel d'exprimer ce que l'on ressent lors d'une lecture, que ce soit positif ou négatif. Mais, il faut savoir rester correct afin de ne pas blesser l'auteur qui peut cela dit, s'il le souhaite, entrer en contact avec nous via le site. Il m'arrive de simplement dire que je n'aime pas pour ne pas développer un a priori négatif qui pourrait influencer d'autres lecteurs. Mais, quelquefois je me sens le devoir d'aller plus loin si je trouve que c'est vraiment mauvais et que cela me déplaît pour une raison ou une autre.