rendez-vous de la page 100 avec Hugo Boris

Jean-michel Palacios le 13/08/2013 à 18h33 sur le livre Trois grands fauves

4° livre de mes lectures-critiques, je constate que le temps m'échappe surtout quand il n'y a réellement de vacances, juste que le nom, ces dernières à prendre plus tard. Aussi, le voyage s'effectue dans les mots et ceux d'Hugo Boris me plaisent car ils ont un côté charnel, passionnel. Ils prennent aux tripes. Comment rester indifférent au sort de trois grands hommes, connus et reconnus dans nos livres d'histoire et alors que la page 100 ne permet de découvrir que Danton et Victor Hugo, il reste Churchill pour fermer la marche. On se surprend à comprendre que ces "grands" hommes ont eu un mal fou à aimer leurs proches, à passer du temps à côté de leurs enfants, voire à les perdre avant même d'avoir eu le temps de les aimer, à chercher dans les bras d'une autre l'amour qu'il avait déjà...Et pour l'occasion, ils me font penser à Alexandre Dumas dans cette façon de croquer la vie en épicurien "carpe diem". Ils ont pris à bras le corps leur destin incomparable et remué des foules entières, des assemblées, et n'ont pas su gérer de simples émotions. Je retiens cette phrase relative à Adèle posée sur les genoux de son père Victor Hugo (profondément ému) et qui à l'évocation de Léopoldine qui s'est noyée quelques temps plus tôt et dont un artiste a dessiné la chambre à coucher où elle vivait : "Adèle, sa jeune fille de treize ans, qui porte le même prénom que sa femme, reste blottie contre lui tandis qu'il passe en revue les dessins du peintre. Serrée contre lui, penchée sur le dessin d'une chambre à coucher, l'enfant devine qu'il faudra bien mourir pour qu'on la remarque aussi." C'est aussi cette période révolutionnaire de "La Terreur" où l'on guillotine sans cesse avec Sanson à la manœuvre. Danton est dans une charrette qui l'amène avec d'autres à l’échafaud, il s'adresse à Camille Desmoulins : "- Allez va ! dit Danton. Dans peu de temps, il n'y aura plus que le bourreau debout, tu le sais bien. Et comme il n'aura plus personne à guillotiner, il finira par se guillotiner lui-même." La charrette passe devant la maison de Robespierre. "- Tu me suis ! La place sera chaude quand tu y viendras ! - Ta maison sera rasée, on y sèmera du sel !" Et tant d'autres à découvrir par vous-même à la sortie prochaine. Amitiés JM