Chronique

Virginie Vuidart le 18/06/2013 à 19h54 sur le livre L'Ile De Amours Eternelles

Bonjour, je voulais vous parler de ce livre qui m'a particulièrement plus et boulversée. L'île des amours éternelles de Daina Chaviano. L'auteure est cubaine mais vit aux Etats Unis depuis 1991 (un peu comme son héroine). Ce roman est le premier de l'auteure à être traduit en français, foncez. Résumé: Miami, 1998. Pour fuir sa vie de solitude et d’ennui, Cecilia, jeune journaliste cubaine exilée, trouve refuge un soir dans un bar musical où elle rencontre Amalia, une vieille femme exilée elle aussi mais prête à révéler une longue chronique d’étonnants secrets. Au cours des prochaines nuits rythmées par la guaracha et le boléro, enfumées par les Cohiba, Cecilia reviendra, subjuguée, écouter Amalia lui conter trois histoires de famille vieilles de plus d’un siècle et constitutives de la trame du roman. Cette saga de destins croisés dans le Cuba des 19ème et 20ème siècles résonnera étrangement dans le cœur de Cecilia, elle-même sur la piste d’un mystère à résoudre aux limites du paranormal dans le Miami d’aujourd’hui. Entre chronique familiale, fiction historique, roman des origines et de l’exil qui mêle les fantômes du passé –des confins de la Chine, de l’émancipation des Noirs à la révolution cubaine- aux énigmes du présent, L’île des amours éternelles s’inscrit dans la tradition latino américaine du réalisme magique qui sait faire triompher l’éternité des sentiments sur la fatalité de la mort. Un roman historique: En effet, car il raconte, par l'intermédiaire de différentes familles, l'histoire de Cuba et la façon dont s'est peuplée cette île, les esclaves africains, les colons espagnols, les colons chinois, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de... chut... il n'est jamais vraiment nommé dans ce livre sauf sous certains surnoms comme Barbe Bleue... Des histoires plus qu'une simple histoire: Amalia raconte à Cécilia, jeune journaliste, l'histoire de différentes familles, surtout axée sur les femmes. Les femmes sont très importantes dans ce livre. Pendant ce temps, entre les moments où Cécilia rejoint Amalia, elle se débat avec sa propre vie, hésite entre amour et haine pour son île natale, (personnellement, je pense que c'est l'avis de l'auteure et de nombre de ses compatriotes exilés), poursuit une maison fantôme dans Miami pour un article. Elle rencontre des jeunes gens, encore des femmes, (je rassure, il y a aussi des hommes) fascinées d'ésotérisme, qui vont l'aider à comprendre ce qu'elle est vraiment. Un roman musical: Chaque chapitre porte le nom d'une chanson cubaine (en espagnol dans le texte). La musique berce les protagonistes. Cecilia et Amalia se rencontre dans un club où l'on passe de la musique cubaine. Amalia a travaillé dans un magasin de disques. On rencontre même dans l'histoire d'Amalia des vrais chanteurs et chanteuses cubain(es), qui ont existé, qui auraient pu agir de la sorte. Mon avis: Un roman qui oscille entre histoire, ésotérisme, magie (je ne dirai pas fantastique, même si on peut le considérer comme tel). J'avoue, au début, j'ai eu du mal à comprendre et à me laisser porter. Cependant, une fois rentrée dans l'histoire, elle ne vous lâche plus. Je voulais savoir ce qui arriverait à Caridad, Angela, Kui fa (désolée si l'ortographe est mauvaise) et leurs familles. Une aura de mystère flotte autour des personnages. Par exemple, on ne sait jamais vraiment ce que Mercedes a en tête, elle reste un personnage mystérieux, presque inaccessible, comme une apparition. Je l'ai lu 2 fois tellement il m'a plu. Aucune phrase n'est ecrite à la légère, certains détails ne me sont apparus qu'à la 2ème lecture. La beauté des paysages, l'intrigue si fascinante, le final époustouflant. Bref un moment magique à ne manquer sous aucun prétexte. Bonne lecture