Usage de faux de Philippe Cohen-Grillet

mardi 09 septembre 2014

Mensonges épistolaires

Usage de faux de Philippe Cohen-Grillet

Journaliste, Philippe Cohen-Grillet, qui est né à Paris en 1973, collabore successivement à Sud Ouest, à Info Matin, à VSD, au Figaro et au Canard enchaîné. Son premier roman, Haut et Court,  publié en 2012 est salué par la critique pour son ton grinçant et son humour. Un esprit que l'on retrouve dans son dernier roman, Usage de faux.

 

 

 

 

 


 

Lui c'est Victor Goupille, elle c'est Camille Maybe.
 
Lui, faussaire talentueux, rédige de fausses lettres et autographes littéraires. Un gagne-pain aussi exigent que lucratif. Car qui sait le travail minutieux d'enquête qui se cache derrière ces quelques lignes pastiches qui rapportent plusieurs milliers d'euros à leur auteur ?
Parce que commettre un faux littéraire de qualité impose de connaître celui que l'on fait écrire, son histoire, mieux des anecdotes de sa vie ou de ses relations avec son éditeur.
Et oui, pour revendre à prix d'or une fausse lettre de Céline, de Perec ou de Sagan, rien n'est laissé au hasard. Si certaines écritures sont simples à imiter, la difficulté peut venir de détails matériels, le papier par exemple : "Va trouver comme ça, au débotté des feuilles d'écolier format A6, grands carreaux, marge à gauche, des années 1950-1960, et vierges bien sûr".
Le faux devant être signé d'un auteur mort, sur un papier et avec une encre d'époque. 
 
Elle, jolie brune à la main brisée a passé une annonce dans un journal pour retrouver celui qui mangeait un sandwich dont la mayonnaise débordait. Quelques lignes qui séduisent notre faussaire, qui n'en est pas à une usurpation près et endosse l'imperméable du mangeur de casse-croûte. Coup de foudre, histoire de sensualités complémentaires, entre Victor et Camille s'engage un jeu de l'amour fait de secrets, de faux semblants et presque de rêves de conjugalité heureuse.
 
Un ton léger et sarcastique qui distille un souffle critique sur notre époque, sur ses auteurs fraîchement passés de vie à trépas et sur le monde de l'édition. Personne n'est épargné, pas même Hergé : "Céline, Tintin, Hergé, Haddock, les pseudonymes et les masques s'entrechoquaient sous mon crâne."
 
Mais la plus étonnante lettre de ce roman reste la dernière, celle qui est adressée à notre faussaire et lui réserve une surprise. Peut-être a-t-il trouvé son maître !
 
 
Agathe Bozon

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