Tendance : Les recueils de nouvelles à ne pas manquer

lundi 16 février 2015

Tendance : Les recueils de nouvelles à ne pas manquer

 

Alors que l’immense Russell Banks s’offre une respiration entre deux romans avec le recueil « Un membre permanent de la famille », tour d’horizon des dernières histoires courtes qui permettent de revisiter en quelques pages l’absurdité du monde.
 

 

 

 

 

Deux visions de l’Amérique
De son aveu même, il avait besoin de « respirer » : après quatre romans, Russell Banks, l’écrivain américain toujours engagé du côté des laissés pour compte, revient à la nouvelle. Avec « Un membre permanent de la famille », son premier recueil en quinze ans, il explore par petites touches les souffrances ordinaires de son pays. Ses textes ramassés et cinglants mettent en scène un vieil homme sur son lit d’hôpital, accessoirement braqueur de banque, prêt à être arrêté par ses fils ; un paumé en quête de réconfort sexuel dans le casino d’une réserve indienne ; une femme noire harcelée par le chien de garde d’un concessionnaire automobile... Si l’on est happé par ces courts récits, on peut prolonger l’expérience en se plongeant dans un autre recueil d’un auteur moins connu, George Saunders. Dans « 10 décembre », le Texan décrypte les rêves impossibles de ses contemporains et dénoue des fractures irréconciliables. Comme dans la nouvelle « Le Chiot », où il confronte famille bourgeoise et modeste autour de l’achat d’un chien...
- « Un membre permanent de la famille », de Russell Banks, éd. Actes Sud.
- « Dix décembre », de George Saunders, éd. de l’Olivier.
 
Les mondes absurdes de Kusturica
Serbe né à Sarajevo, Emir Kusturica se penche en six nouvelles sur l’histoire de l’ex-Yougoslavie, en suivant les mésaventures de l’adolescent Aleksa Kalem, entre les années 1970 et 2000. Malgré la noirceur apparente de ses récits, marqués par le froid, l’alcoolisme ou la guerre, les amateurs du cinéaste doublement récompensé à Cannes y retrouveront son grain de folie habituel, entre deux situations burlesques, à l’image de la nouvelle « Que du malheur » où le personnage se retrouve dans une cave... pour y tailler bavette à une carpe.
« Étranger dans le mariage », d’Emir Kusturica, éd. JC. Lattès.
 
Les paraboles algériennes de Kamel Daoud
Si Kamel Daoud a manqué de peu le prix Goncourt 2014 avec « Meursault contre-enquête », sa place de finaliste aura permis de faire découvrir aux lecteurs français cet auteur algérien acerbe, chroniqueur ironique au « Quotidien d’Oran ». Merci donc à Actes Sud de rééditer ici ses premières nouvelles, qui nous plongent dans les affres de l’Algérie contemporaine. Entre un chauffeur de taxi vétéran de la guerre au monologue déchirant, un officier de l'armée de l’air ayant conçu un avion révolutionnaire (mais qui n’intéresse personne !) et un coureur de fond divaguant pendant son 10 000 mètres aux JO d’Athènes, toutes les histoires décrivent une société sans repères et, surtout, sans projet collectif. Un recueil bouleversant. 
« La préface du nègre. Le Minotaure 504 et autres nouvelles », de Kamel Daoud, éd. Actes Sud.

Timothée Barrière

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