Spécial Salon du Livre 2015 : "L'or de Quipapá" de Hubert Tézenas

lundi 09 mars 2015

Entre moiteur et corruption

Spécial Salon du Livre 2015 : "L'or de Quipapá" de Hubert Tézenas

Lecteurs.com, à nouveau partenaire du Salon du Livre de Paris, sera présent du 20 au 23 mars 2015, porte de Versailles à Paris.

Retrouvez-nous au Café littéraire lecteurs.com (stand S64) et venez assister à nos rencontres !

Né en 1962, Hubert Tézenas le normalien part sur un coup de tête au Brésil en 1984. Pour vivre, il devient traducteur de romans à l'eau de rose, de nouvelles… et de romans noirs, notamment de Mo Hayder et Robert Crais. Un univers qui le fascine et lui fera prendre la plume avec L'Or de Quipapá, son premier et magistral roman noir, qui reçut le prix du Goéland masqué 2014, décerné par le festival éponyme, de littérature noire et policière et de BD.

 

Alberico Cruz, agent immobilier, fait visiter un meublé sordide dans un immeuble qui l'est tout autant à un homme sans papiers, qui lui explique "Bon sang, je … j'ai dû laisser mes papiers à l'hôtel. Non mais quel con."

Alberico commence par refuser d'établir le contrat de bail. Les papiers sont obligatoires et d'ailleurs l'agence "a eu récemment de gros ennuis avec la police civile pour avoir loué une temporada de Boa Viagem à un trafiquant de coke évadé du Carandiru. Calmer les flics leur a coûté cher."
L'homme, qui dit s'appeler Silva insiste, propose de l'argent, beaucoup d'argent… qui aiderait tant Alberico à éponger ses dettes et s'acquitter de son loyer. Au moment où il commence à rédiger le contrat, alors que l'homme part chercher sa veste qu'il a abandonnée sur le lit de la chambre, deux hommes font irruption dans l'appartement. Deux détonations plus tard, l'homme sans papiers est mort. Terrorisé, Cruz caché entend les hommes "Tu es sûr qu'il a son compte ?" 'T'as pas vu comment ça pissait ? Je lui ai tranché la carotide".
Cruz parvient à s'échapper, dévale l'escalier, court à en perdre haleine et s'effondre aux pieds de deux policiers militaires. Soulagé !
 
Un répit de courte durée. Car commence pour lui une descente aux enfers. Pourquoi courait-il ? Que fuyait-il ? A-t-il volé ? Les policiers s'interrogent, l'interrogent et, découvrant le cadavre égorgé de Silva au fond de la baignoire, embarquent Cruz qui clame son innocence et le jettent en prison.
L'auteur nous dépeint alors l'enfer des geôles brésiliennes où les caïds règnent en maître, où les viols et la torture sont le quotidien des faibles, dont il est… et qui finissent par avouer des crimes qu'ils n'ont pas commis. Une peinture réaliste, cruelle, sans concession et d'une violente rudesse.
 
Quelques pages plus loin, l'atmosphère est moite, plus ouatée et la corruption palpable, sur l'empire des Carvalho et de leurs champs de canne à sucre. Ces derniers temps, après que les dettes se sont accumulées, la rébellion y gronde, car six repris de justice se sont évadés de prison. L'un d'eux n'est autre qu'Alberico Cruz, "l'assassin présumé du président du Syndicat des travailleurs ruraux de Quipapá ".
 
Entre violence, corruption, folie, trahisons, disparitions et règlements de compte, le Brésil apparaît ici sous un jour sombre, avec des passages à la limite du supportable, notamment les descriptions de l'univers carcéral et de ses "lois" du milieu. Un roman qui tient le lecteur en haleine de la première à la dernière page, avec des personnages hauts en couleurs et des changements de points de vue qui donnent au récit une épaisseur et une richesse narrative digne des grands. Un premier roman dont on ne ressort pas indemne et qui place la barre très haut pour les suivants !
 
Agathe Bozon

 

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