Sombre dimanche d'Alice Zeniter

samedi 18 mai 2013

Une histoire hongroise

Sombre dimanche d'Alice Zeniter

 

Il y a une chose qu'Alice Zeniter a assimilé très vite : depuis Rimbaud ou Françoise Sagan, la grande littérature s'accommode bien d'une certaine forme de précocité.

La jeune femme raconte qu'elle a commencé à écrire dès l'âge de 7 ans, en se promettant de devenir écrivain à l'adolescence – et en effet, elle publia un petit opuscule à 16 ans, aux éditions du Petit Véhicule, aujourd'hui épuisé.

L'interview-portrait d'Alice Zeniter.

 

  

 

 

Dix ans plus tard, la jeune fille, rentrée à l'école Normale, récolte déjà les fruits de cette passion dévorante. Son « véritable » deuxième roman, « Sombre Dimanche » (faisant suite aux réflexions identitaires de « Jusque dans nos bras », paru en 2010), récolte en effet tous les honneurs, tout en suscitant une impressionnante unanimité critique.

Les spécialistes ont en effet été émus par cette fresque familiale basée en Hongrie, avant et après la chute de l'URSS, qui tire son nom d'une chanson traditionnelle interdite en son temps parce qu'elle poussait au suicide ! « Un dimanche matin, poursuivant mes chimères / La charrette de ma tristesse est revenue sans toi » : ces terribles vers ouvrent donc ce roman qui décrit les espoirs et les frustrations de six personnages confrontés à la chute du communisme et à l'arrivée du capitalisme sauvage.

Un monde où « rien n'avait été lavé, rien n'avait disparu », un éloge du changement déceptif inspiré à l'auteur par ses quelques années passées en Hongrie pour y enseigner le français. Et si la thématique reste relativement classique, la langue précise et dépouillée d'Alice Zeniter pourrait bien la faire rentrer de plain-pied dans la catégorie des grands auteurs français.

C'est en tout cas l'avis des jurés des principaux prix littéraires du printemps. « Sombre Dimanche » a ainsi récolté les Prix de la Closerie des Lilas, du Livre Inter et des Lecteurs d'Inter, et figure même sur la sélection du Prix Renaudot. Une vraie consécration pour la jeune femme qui a écrit son roman en parallèle de sa thèse de doctorat sur « le féminin et la violence dans l'œuvre de Martin Crimp » !

Sombre Dimanche, Alice Zeniter, Albin Michel, (2013)

 

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