Salons du livre : la sortie du dimanche des écrivains

lundi 05 mars 2012

Tour de France littéraire

Salons du livre : la sortie du dimanche des écrivains

Chaque week-end, des salons du livre réunissent les deux composantes essentielles de l’édition : les lecteurs et les auteurs. Pour ces derniers, il s’agit là de moments de routine, mais aussi de gratification. Récit.

 
 
 
  
  
 
On connaît les plus célèbres. Celui de Paris, peut-être ceux de Nancy, Montpellier ou Brive. Pourtant, il existe près de 400 fêtes et salons du livre, disséminés un peu partout en France. Souvent organisés par les collectivités locales, ils représentent un enjeu important pour toute la chaîne du livre. Les auteurs viennent dédicacer leurs ouvrages et rencontrer leur public, les libraires et les éditeurs réalisent un chiffre d'affaires significatif. Une caravane qui fonctionne toute l’année avec ses petites habitudes et ses rituels. Cela commence en général par un train qui démarre, un vendredi soir ou un samedi matin.
 
La particularité de ces wagons ?
Constitués presque exclusivement d’écrivains, ils se rendent à Nice, Vannes, Saint-Etienne ou ailleurs. Chaque semaine, il y en a un, quelque part. Un salon du livre, où les auteurs, très souvent parisiens, se rendent en grappes. La sortie du week-end, en somme. Arrivés sur les lieux, la troupe de littérateurs guette le panneau « Organisation fête du livre » ou la responsable qui saura les conduire au bus les conduisant sur le site de la manifestation. Souvent un chapiteau sur la place principale. L’écrivain s’assoit derrière le pupitre à son nom, stylo en main, une rangée de ses œuvres devant lui. C’est parti pour un week-end réunissant des centaines d’auteurs, mobilisant des dizaines d’employés et de bénévoles, attirant des milliers de visiteurs.
 
Qui sont-ils, ces spectateurs ?
Pour une bonne part, des curieux qui passent par là et ont aperçu un chapiteau dont l’entrée est gratuite. D’autres sont venus faire leur marché littéraire, et profiter de l’occasion, une fois par an, d’opérer une razzia de titres et voir des auteurs qu’ils ont lus. Certains viennent encore pour féliciter un écrivain admiré ou examiner de près des célébrités. Pour l’auteur, l'événement sera l'occasion de rencontres avec des lecteurs, de discussions avec des libraires ou des voisins de rangée et, souvent, d’attente. On distingue plusieurs catégories. Ceux qui patientent en lisant le journal. Ceux qui interpellent le chaland avec des techniques de poissonnier. Et ceux qui dédicacent leurs best-sellers à tour de bras, contemplant parfois la file de personnes s’amassant devant eux. « Ce week-end, j’ai vendu deux livres », explique dans un sourire un jeune auteur talentueux, mais méconnu, pourtant publié chez Gallimard. Il faut dire que les acheteurs potentiels peuvent être dépassés par l’abondance de l’offre.
 
Pendant ce temps, les stars de la télé, les anciennes gloires sportives et les éditorialistes en vue dédicaceront des centaines d'ouvrages qu’ils n’ont pas (ou rarement) écrits. Après la réception officielle, où le maire viendra serrer quelques mains, il sera temps de partir. Dans le train du retour, celui qui le ramène à sa condition de solitaire confronté aux vertiges de la création, l’auteur réconforté d’avoir été invité dans une manifestation officielle peut rentrer chez lui avec une preuve tangible de son statut social : il est écrivain. 
 
Sur le même sujet : Interview de Christian Giraud, organisateur d'évènements littéraires
 

© Ville de Montpellier

 

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