Rafael Reig, l’Ibère arrive

mercredi 26 mars 2014

Rafael Reig, l’Ibère arrive

Ce sera l’une des grandes trouvailles de la 10e édition du festival lyonnais Quais du polar, du 4 au 6 avril prochain. S’il a déjà publié une dizaine de romans depuis le début des années 1990, Rafael Reig bénéficie, à cinquante ans, d’un début de reconnaissance internationale grâce à son dernier ouvrage,  Ce qui n’est pas écrit (« Lo que no está escrito », en version originale), son premier à être traduit en français. Tout reste encore à découvrir sur ce touche-à-tout à la fois professeur de creative writing, libraire et critique littéraire.

 

 

 

Si l’on sait qu’il est rentré dans le polar un peu par effraction (« je suis innocent » ! s’amuse-t-il), par goût pour la lecture de Raymond Chandler ou de Jean-Patrick Manchette (« La Position du tireur couché »). Mais « Ce qui n’est pas écrit » révèle une proposition si singulière qu’elle devrait pousser les éditeurs francophones à rééditer les précédentes œuvres du Madrilène. Plus qu'un simple polar, ce livre se présente comme un méta-roman, où le suspense se mêle à une réflexion sur l’écriture et sur l’utilisation de l’ellipse. Il y mêle deux, voire trois histoires : celle de Carlos, auteur raté et porté sur la bibine, « borné par la mauvaise humeur des autres », essayant de renouer avec son fils Jorge lors d’une randonnée en montagne, et celle de Carmen, son ex-femme éditrice, à qui il laisse son manuscrit, un thriller glauque auquel elle finit par s’identifier.

La lecture de ce texte, « Sur la Femme morte », qui entrecoupe l’intrigue principale, produit un sentiment de malaise chez Carmen tout autant que chez le lecteur, en imbriquant fiction et réalité. « C’est tout le problème avec la lecture, vous projetez sur le texte l'ombre de vos désirs ou de vos craintes [...], et tout parle de vous... », écrit Rafael Reig, interrogeant le pouvoir de l’auteur de polar, tout en l’égratignant gentiment. Autant d’interrogations qu’il semble se poser à lui-même tout autant qu’au lecteur, constamment sollicité pour combler les ellipses qui jalonnent la progression inévitable vers le climax final des deux narrations. Construction remarquable et style aussi aiguisé que sa moustache : ce n'est pas encore écrit, mais Rafael Reig devrait refaire parler de lui très vite.

Ce qui n’est pas écrit, de Rafael Reig, éd. Métailié Noir.

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