"Puissions-nous être pardonnés" de Amy M. Homes - la chronique #40 du Club des Explorateurs

jeudi 25 juin 2015

"Puissions-nous être pardonnés" de Amy M. Homes - la chronique #40 du Club des Explorateurs

Lancé en janvier 2015, le Club des Explorateurs permet chaque semaine à deux lecteurs de lire en avant-première un même titre que nous avons sélectionné pour eux et de confronter ainsi leur point de vue.

Cette semaine, Florel a choisi Rose pour partager sa lecture et son avis sur le livre Puissions-nous être pardonnés de Amy M. Homes (Actes Sud).

 

L'avis de Florel

Sans être pour autant un coup de cœur, j’ai passé un vrai bon moment de lecture avec ce livre.

Roman d’espoir, roman de lutte, ce bouquin m’a réservé d’innombrables surprises. Exemple d’évolution et de persévérance, ces pages vont rassembler tout ce qui a de pire mais aussi de meilleur dans la nature humaine, tout en montrant par la même occasion les ressources inépuisables que l’esprit humain peut cacher.

Ce que j’ai avant tout apprécié dans ce roman c’est l’aventure en elle-même, bien que pas toujours jojo et un peu exagérée, j’ai été étonnée de voir jusqu’où l’auteure pouvait aller pour révéler les différentes facettes de ses personnages, et ce sur plus de 600 pages et sans jamais tourner en rond.

Franchement à ce niveau-là je dirais juste, car je ne veux pas trop en divulguer, que l’auteure a tapé fort en dotant - et pardon pour l’expression - d’un karma de merde ses personnages. Il est évident que ces derniers ne sont vraiment pas nés pour la chance, ils vont en vivre des vertes et des pas mûres, et rien que pour ça déjà le livre vaut le coup d’œil. (Mais sans blague.)

Cependant l’évolution des personnages vaut aussi son pesant d’or, et surtout celle de notre professeur d’université Harold. Au début homme quelconque presque insipide - bien que je n’aie pas pu m’empêcher de le trouver encore parfois stupide - c’est avec plaisir que je l’ai vu évoluer au fil de ces pages pour devenir un autre homme ; plus mûr, plus adulte, moins peureux, plus responsable, plus combattant.

Je sais que c’est un peu bête dit comme ça, mais pour moi Harold représente vraiment une belle aventure humaine, car l’auteure montre à travers ce personnage que ça peut être aussi grâce au malheur que l’on se découvre, que l’on s’épanouit. Pour faire court, j’ai trouvé qu’il y avait une belle leçon de vie à méditer derrière ce personnage, surtout qu’il entraîne dans ce changement les autres protagonistes. 

Bon tout ça c’est bien beau mais qu'en est-il du reste ? Ben le reste, à part le manque de chapitres je dois dire que je n’ai rien à redire. L’écriture coule toute seule, les pages défilent à une allure folle, ça bouge énormément on ne s’ennuie pas un seul instant, et c’est avec plaisir que l’on suit les tribulations de ce groupe hétéroclite, même si comme je l’ai déjà dit c’est parfois un peu tiré par les cheveux. 

Bref !

En résumé, c’est un livre que je conseille vivement pour ces aventures humaines, même si pour ma part il ne fera pas parti de ces livres qui marquent réellement une vie.

Je remercie encore une fois Karine pour cette découverte, Lecteurs.com et Actes Sud.

Florel Tu sais pas

 

L'avis de Rose

J’ai découvert ce livre en ouvrant le colis des Explorateurs de lecteurs.com et sans hésitation je suis partie à l’aventure dans l’univers de cet auteur que je ne connaissais pas.

Mes appréhensions face à l’inconnu se sont vite envolées lorsque j’ai découvert l’écriture et l’humour de cet auteur. Ce roman est conçu sans chapitres avec juste des sauts de ligne pour passer d’une action à une autre, d’une pensée à une autre. Cela crée une sensation de maillons qui forment une longue chaîne.

Prenons la situation de départ, un professeur d’histoire à l’Université, spécialiste de Nixon, issu d’une famille juive avec tout ce que cela véhicule comme thématique. Nous sommes dans un milieu social où les apparences, les preuves de richesse et de réussite sont gages de bonheur. Tout semble stable, harmonieux et équilibré.

Un petit dérapage et voilà sa vie bouleversée et ces certitudes mises à mal, il est déstabilisé. Ce déséquilibre précipite Harold dans une spirale en chute libre. Pendant un instant, je me suis dit plus de cinq cent pages sur les catastrophes en chaîne cela aller devenir lassant. Mais petit à petit on se rend compte que dans cette descente en enfer il y a des remontézs à la surface avec toutes les modifications qui s’imposent et les paliers de décompression nécessaires pour reprendre sa respiration.

Ce roman aborde de nombreux sujets. On a l’impression d’une vision panoramique sur l’Amérique et sur ses dérives. Traité avec ironie et humour nous suivons les désillusions de cet anti-héros, à commencer par la justice et sa machinerie où les avocats font la pluie et le beau temps, un  système médical à double vitesse, des institutions scolaires privées et leurs arrangements. La religion, et particulièrement juive en prend pour son grade. Tout cela est dominé par l’argent et le pouvoir. Adieu responsabilités et conséquences. Tout part à vau l’eau, les valeurs morales et sociales, tout le monde tire la couverture à soi. Le sexe, la drogue, la violence, les maladies mentales, tout devient banal, négociable, consommable. Cela donne lieu à des scènes loufoques voire surréalistes.

Le fond est très intéressant car le personnage est dans des questionnements avec des situations très pratiques, il ne s’agit pas juste de vues de l’esprit.

En parallèle, on suit les recherches de ce passionné de Richard Nixon. Vaste sujet qui est devenu une part de lui-même. Cela fait tellement partie de sa vie intellectuelle qu’il y voit des parallèles avec sa vie actuelle et ses mésaventures. Cela rejoint la thématique de la manipulation et l’idée de prendre son destin en main.

Le personnage principal garde des valeurs de loyauté et une démarche de réparation. Il essaie de tout arranger, alors il est parfois à côté du sujet. Il se laisse emporter par le besoin de bien faire. En même temps on a le sentiment qu’il veut rattraper le temps perdu comme s’il n’avait pas vraiment vécu jusqu’aux drames. Il essaie de se sentir concerné et impliqué dans ce qui se passe autour de lui. Il sort d’une vie sur rails pour se perdre ou se trouver dans une multitude de petits chemins et de possibles.

En 365 jours, Harold Silver va rencontrer plus de gens "vrais" avec qui il aura des interactions et des histoires, on tend vers l’idée de famille choisie.

Harold se croit investi d’une mission, il se croit animé par l’idée de vengeance mélangé à de la culpabilité alors qu’en fait il est plutôt sur le chemin de la rédemption et de la reconstruction de son être. Ce faisant il a une influence sur les gens qui croisent son chemin. Ce qui donne lieu à une galerie de portraits très hétéroclites.

J’ai pris plaisir à lire ce roman à l’écriture fluide avec ces digressions, parfois touchant et souvent déroutant voire délirant selon les attitudes du personnage.

Je remercie lecteurs.com pour leur confiance.

Rose Ramettes

 

Merci à Florel et Rose pour ces chroniques passionnantes !

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