Portrait d'Etienne Davodeau auteur de la BD "Le Chien qui louche"

mercredi 18 décembre 2013

La voix des petits

Portrait d'Etienne Davodeau auteur de la BD "Le Chien qui louche"

Etienne Davodeau est longtemps resté ce petit secret que s'échangeaient les amateurs de romans graphiques. L'auteur, né dans une famille ouvrière de la campagne angevine, donnait l'impression, et il ne s'en cache pas, d'établir un lien privilégié avec son lecteur, manifestant une empathie exceptionnelle pour ses personnages ordinaires, mêlée à un goût de l'observation délicate et passionnée.

 

 

 


Il a fini par être remarqué une première fois, en 2005, grâce aux « Mauvaises Gens », prix du public et du scénario au festival d'Angoulême : il y retraçait, toujours avec sa douceur caractéristique, la jeunesse de ses parents, syndicalistes de la première heure dans les années 60. Mais depuis deux ans, sa carrière a connu une ascension fulgurante, pour devenir l'une des figures de proue de la bande dessinée indépendante française.

En 2011, « Les Ignorants » lui permet de connaître un succès public formidable, grâce à cette enquête sensible dans les vignes de son ami Richard Leroy – dans cette région des Mauges qui lui est si chère. Un récit d'initiation croisée qui s'écoulera à près de 150 000 exemplaires. Cette année, le dessinateur prend encore une nouvelle dimension puisque sa série « Lulu, Femme nue » vient d'être adaptée au cinéma par la réalisatrice Solveig Anspach (avec Karin Viard dans le rôle titre), dont le passé de documentariste convient bien au style empathique de Davodeau.

Faut-il donc y voir une simple coïncidence si, dans son dernier album, Davodeau interroge justement la question de « notoriété artistique » ? « Le Chien qui louche », qui fait partie d'une série de bande dessinées sur le Louvre coréalisée par Futuropolis et les Éditions du musée, le voit aborder son sujet par le petit bout de la lorgnette : celle d'un simple surveillant à qui sa belle-famille demande de faire rentrer une croûte anonyme aux côtés de « La Victoire de Samothrace » et de « La Joconde ».

Avec cette question sous-jacente : les œuvres « stars » de l’établissement devraient-elles à ce point phagocyter toute l'attention des visiteurs, qui se priveraient de toute la richesse d'une collection de travaux moins connus, mais tout aussi estimables ? Une problématique qu'il a toujours essayé de détourner dans ses propres créations, sur le plan social.

Le Chien qui louche, Etienne Davodeau, éd. Futuropolis, (2013) 

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