Pierre Astier, agent littéraire : interview

lundi 21 novembre 2011

« L’éditeur ne peut plus tout faire »

Pierre Astier, agent littéraire : interview

Ancien éditeur, Pierre Astier est devenu agent littéraire.

Il représente une cinquantaine d’auteurs, dont Yasmina Khadra, Héléna Marienské ou Dany Laferrière

 

 

Parlez-nous de votre parcours… 
J’ai créé Le Serpent à plumes en 1988, une revue littéraire d’abord, qui est devenue une maison d’édition en 1993. Nous avons publié 500 livres en une quinzaine d’années, de la littérature contemporaine française et étrangère.

Vous étiez éditeur, pourquoi avoir choisi de monter une agence littéraire ?
Quand j’étais éditeur, je travaillais bien avec eux. Je devais certains succès du Serpent à plumes au flair de certains agents qui savaient recommander les livres. Quand la maison d’édition a été rachetée, je me suis posé la question : pourquoi si peu d’agents en France, alors que la littérature est importante dans notre pays ? Surtout avec les évolutions du marché de l'écrit. En 2006, nous avons donc créé l’agence Pierre Astier & Associés, avec Laure Pécher, la cogérante. Ce qui a provoqué un certain scepticisme chez les éditeurs. 

Pourquoi une telle méfiance ?
Certains éditeurs sont hostiles aux agents. Historiquement, la France a mis en place une chaîne du livre dans laquelle le couple auteur/éditeur est très fort. Mais tout bouge aujourd’hui. Nous sommes dans une révolution permanente. Ce tandem ne peut plus faire face à ce qui s’offre aux auteurs avec la globalisation : les traductions, les adaptations, le numérique, la multiplication des exploitations possibles. L’éditeur est incapable de tout faire. Les auteurs ont conscience de ce problème.  

Les auteurs se tournent de plus en plus vers les agents ?
Oui. Ceux qui sont en demande sont ceux qui ont déjà un certain succès. Mais des auteurs débutants viennent également vers nous. Plutôt que d’envoyer des manuscrits aux éditeurs tels des bouteilles à la mer, ils se disent : « Peut-être que ca ira plus vite si je passe par un agent ».

C’est donc aussi un métier de découvreur… 
Lors de la rentrée de septembre, nous avions sept nouveautés publiées. Tout est ouvert. 

Vous effectuez un travail sur le texte ? 
Oui, il faut que ce soit présentable, que ça tienne debout. Nous faisons un bout du chemin avec les auteurs. 

Quel est le profil de vos auteurs ?
Il y a de la fiction et de la non-fiction dans notre catalogue. Nous représentons une cinquantaine d'auteurs. Une moitié de francophones, l’autre non, des écrivains d’Europe centrale, de Scandinavie, du monde arabe, d’Afrique… Pas trop d’anglo-saxons ou d’hispanophones, ils ont déjà leurs agents. Notre chiffre d'affaires est aux trois quarts à l'étranger. 

Vous définissez votre entreprise ainsi : « Literary and film agency ». Quel est votre rapport au cinéma ? 
En France, les producteurs et les réalisateurs cherchent des idées pour faire des films. Il y a une demande de l'audiovisuel. Mais il n’existe pas beaucoup d’éditeurs qui prospectent. Nous nous en occupons. 

Vos ambitions pour l’avenir ?
Avoir de plus en plus de bons auteurs. Vendre de plus en plus de droits. Travailler avec un maximum de pays, y compris les émergents et les plus pauvres. Faire circuler les textes au maximum. Il ne faut pas avoir peur de l'avenir. L'écrit a de beaux jours devant lui.

 

Sur le même sujet : A quoi servent les agents littéraires?

 

Photo Pierre Astier DR

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