Philida d'André Brink

mardi 28 octobre 2014

De l'esclavage à la liberté

Philida d'André Brink

Écrivain sud-africain d'expression afrikaans et anglaise né en 1935, André Brink est descendant de colons. À l'occasion d'un séjour en France, fin des années soixante, il prend conscience de l'horreur de l'apartheid et fait de son œuvre littéraire le porte-voix de son engagement.

Récompensé du prix Médicis pour son roman Une saison blanche et sèche, en 1980, il nous livre cette année un roman poignant, Philida, qui retrace la vie de ses aïeux et de l'une de leurs esclaves, l'année qui précéda l'abolition de l'esclavage. Bouleversant. 

André Brink est décédé le 06 février 2015. Philida est son dernier ouvrage paru chez Actes Sud en septembre 2014.
 

 

 

 

 


Philida, esclave noire sur la propriété de Zandvliet, a eu quatre enfants avec le fils de son maître blanc. En échange de ses faveurs, il lui a promis de l'affranchir… et des chaussures, symboles de liberté. Philida se plaît à croire que leur histoire d'amour finira bien : "Un jour je sais que je serai plus ici. Je serai loin dans un endroit à moi, un endroit comme Zandvliet mais différent, avec Frans (le fils du maître) et Kleinkat (son chat), et nos enfants, rien que nous, libres jusqu'à la fin des temps, chaussés de souliers".

Mais le maître connaît des difficultés financières et, avec sa femme, fomente le mariage de son fils avec Marie, héritière d'une riche famille voisine. Philida, qui comprend que Frans ne pourra pas tenir sa promesse, part déposer plainte contre la famille Brinck auprès du Protecteur des esclaves. Un protecteur qui n'a de protecteur que le nom. Philida n'est pas crue et Frans s'oppose à son père. Mais le maître règne par la terreur sur ses esclaves et les siens.
 
Pour avoir osé jeter l'opprobre sur la famille, Philida quitte l'exploitation pour être vendue avec ses enfants : "À cent vingt-trois livres, deux shilling et six pence, l'enchère pour Philida et ses enfants est conclue et un homme au souffle un peu court, du nom de Bernabé Jan Gerhard de la Bat, arrivé à la dernière minute prend possession de ses nouveaux esclaves."
 
Une nouvelle vie commence pour Philida, pleine de rebondissements et d'espoir dans une quête permanente de liberté.
Un roman magistral dans lequel souffle l'énergie obstinée d'une femme blessée, parfois terrassée mais qui toujours se relève et connaît enfin la liberté :"Lundi, 1er décembre, an de grâce 1834. Les esclaves sont libres".
 
La construction chorale du roman, permet de pénétrer la vérité psychologique des personnages et comprendre leurs destins contrariés. La langue, poétique et rugueuse, qui s'apprivoise au fil des pages, donne au récit la force du vécu.
 
Agathe Bozon

 

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