Peste et Choléra de Patrick Deville

mardi 25 septembre 2012

Mélodie pour un scientifique iconoclaste

Peste et Choléra de Patrick Deville

Patrick Deville célèbre la grande aventure de la science avec son nouveau livre, Peste et choléra (Seuil), qu’il consacre au découvreur du bacille de la peste.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La rentrée littéraire 2012 s’est ouverte avec le Prix littéraire que la Fnac a remis à Patrick Deville lors d’une soirée très chic au théâtre Marigny, fin août. Une façon de placer la rentrée littéraire sous les meilleurs auspices avec cet écrivain singulier. En 24 ans, Patrick Deville n’a écrit que neuf romans. Son dada, c’est le XIXe siècle des aventuriers : William Walker qui a voulu devenir président du Costa Rica dans Pura Vida, Henri Mouhot le chasseur de papillon qui découvre Angkor dans Kampuchea et enfin le franco-suisse Alexandre Yersin, héros de Peste et choléra
 
Alexandre Yersin est d’abord un membre de la bande à Pasteur, le dernier de ses disciples qui s’éteindra au Vietnam en 1943. Plus curieux qu’ambitieux, il préfère le voyage à l’étude de la tuberculose à l’Institut, et part en Indochine. Il se fixera à Nha Trang, où il expérimentera la botanique, l’agronomie, montrant ainsi que ses talents protéiformes ne pouvaient pas se contenter d’une vie de laboratoire. Sa découverte du bacille de la peste à Hong Kong et de son vaccin n’est qu’une des aventures de cet insatiable qui s’est aussi bien intéressé à l’anthropologie qu’à la typographie, et qui a été le premier fournisseur de Michelin en latex après avoir introduit et acclimaté l’hévéa en Indochine.
 
Patrick Deville dessine le profil séduisant d’un surdoué, médecin et explorateur atypique qui horripilait les scientifiques traditionnels. Inclassable, il n’a jamais reçu la reconnaissance des manuels scolaires et c’est la littérature qui lui donne –enfin- une envergure de grand homme, 70 ans après sa mort. Le charme ensorcelant de la langue de Patrick Deville, faite de phrases courtes, fines et blanches, rapides, baignées d’humour quand on ne s’y attend pas, entraîne dans l’aventure généreuse d’Alexandre Yersin. On ne peut s’empêcher de penser à Jean Echenoz évoquant Ravel, dans une langue différente mais avec la même distanciation respectueuse et complice de l’auteur avec son personnage.
 
 
Karine Papillaud

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