Pépites de la rentrée littéraire 2017 "Article 353 du Code Pénal" de Tanguy Viel : Confession et intime conviction

mercredi 01 février 2017

La chronique de Nath Bertrand

Pépites de la rentrée littéraire 2017  "Article 353 du Code Pénal" de Tanguy Viel  : Confession et intime conviction

Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel, paru le 3 janvier aux éditions de Minuit.

 

Pour Nath Bertrand, Article 353 du Code Pénal de Tanguy Viel, nous plonge dans un huis-clos, au cœur de l’âme.

Nous sommes à Brest, dans le bureau d’un juge. Face à face, un homme, Martial Kermeur, et un magistrat.

Lui, le présumé coupable, monsieur « Tout le monde » est là  pour avoir jeté à la mer et abandonné à une mort certaine Antoine Lazenec, promoteur véreux. Il va dérouler le fil de sa vie,  expliquer le pourquoi de ce geste, expliquer que toutes ses économies ont été englouties dans l’achat d’un appartement somptueux avec vue sur la mer. ..

Sauf que l’appartement ne verra jamais le jour.

Envahi par la honte, Martial Kermeur, n’ose pas porter plainte. Il n’est pas le seul à avoir été victime de cet être sans foi ni loi, qui lui, continue à faire le bellâtre, la tête haute. Nous suivons Martial et le juge tout au long de cette poignante confession, et page après page, le voile se lève. Le lecteur devient forcément cet ouvrier lambda, qui a tout perdu, même sa dignité.

La plume de Tanguy Viel claque comme les vagues un jour de tempête sur les côtes bretonnes, elle est incisive, pertinente, percutante.

On entend la douleur sourde de Kermeur, on sent le poids de cette chape silencieuse, autour d’un contexte politico-social (la fermeture de l’Arsenal, les licenciements) dont on ne peut faire abstraction.

Un superbe roman, qui  se lit d’une traite, un coup de griffe envers une société où le capitalisme outrancier peut conduire au pire. Au bout du compte,  une interrogation en filigrane : la violence sociétale peut-elle légitimer la violence physique ?

Du très  grand Tanguy Viel, une pépite de cette rentrée littéraire de janvier 2017 !

« Et quel cerveau......quel cerveau il nous faut, à nous autres les gens normaux, pour admettre qu’il existe sur terre une catégorie de personnes comme ça, dépourvues de cette chose que vous et moi, j’ai dit au juge, je suis sûr qu’on partage, quelque chose qui normalement nous empêche ou nous menace, quelque chose –une conscience peut-être, et qui naît assez vite pourvu qu’on ait dans la tête ce miroir mal fixé qui fait que même Adam s’est couvert d’une feuille de vigne, quelque chose qui nous entrave, oui, mais peut-être aussi, nous honore. Et le fait est que certains en sont dépourvus, de cette chose-là, comme d’autres naissent avec un bras en moins, certains naissent atrophiés de, je ne sais pas, de...

Et le juge a dit : D’humanité ?

Oui, peut-être au fond c’est ça, d’humanité. »

 

© Nath Bertrand

 

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Ce roman est également dans la sélection Ma librairie pour Un roman noir !

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