#Partenariat : une belle journée à Manosque pour une seule passion, le livre.

jeudi 01 octobre 2015

#Partenariat : une belle journée à Manosque pour une seule passion, le livre.

Merci à Christophe Robert, fidèle lecteur, explorateur de la rentrée littéraire 2015, pour son reportage sur cette rencontre littéraire aux Correspondances de Manosque, le dimanche 27 septembre.


Une belle journée à Manosque, comme un été indien littéraire, la rencontre de deux femmes, deux ambiances, deux styles, deux visons pour une seule passion, le livre.

Le matin, Delphine de Vigan s’expose dans une lecture d’extraits de son dernier livre «D’après une histoire vraie», suivi d’un échange avec un animateur.

Il est étrange d’assister à un tel exercice, dans un petit théâtre plongé dans le noir, l’auteur seule sur scène, debout, son livre à la main, derrière un micro. Une sorte de performance artistique, sauf que Delphine de Vigan n’est pas comédienne. Du coup, elle hésite un peu, se confronte à ses mots à haute voix. Déroutant pour un lecteur, face à l’écrivain qui tente de donner corps à son œuvre. Mais les mots de Delphine de Vigan sont là, envoûtants, troublants, inquiétants et font vite oublier le léger embarras.

L’échange avec l’animateur se révélera du coup plus intéressant, car il permet de rentrer dans le vif du sujet, l’œil de l’auteur sur son œuvre, un vrai débat littéraire sur le fond du livre, sur son travail, son rapport à l’écriture.

Choix des organisateurs ou format non adapté à ce type de rendez-vous, il n’y aura pas échange direct avec le public et cela manque. Cette rencontre se termine cependant par une séance de dédicaces où Delphine de Vigan sera, de fait, plus accessible.

 Sur scène, elle se livre sur sa perception du travail d’écriture :  

"Je m’interroge sans cesse sur pourquoi j’écris..."

"Une narratrice face au doute vertigineux de l’écriture..."

"Quel petit grain de sable fait qu’on se scotche à une table de travail ? "

 Pour conclure, à la question de l’animateur sur un roman de cette rentrée littéraire 2015 qu’elle pourrait conseiller, Delphine de Vigan nous donne son coup de cœur : «La Faille» d’Isabelle Sorente

 
L’après-midi, Anne Marie Garat se dévoile dans un décors livresque avec son dernier livre "la source". En plein air, sur la place de l’Hôtel de Ville, un débat vif, enjoué, passionné et passionnant entre Anne Marie Garat et une animatrice.

 

L’auteur nous offre tout son talent, tout son éclat, son style, son charme et son humour. Une heure de passion pour cette amoureuse des mots, de la littérature, sur fond d’histoires.

Cette fois, le format est adapté à l’échange littéraire, on est emporté par la fougue d’Anne Marie Garat, par son don de conteuse, par le savoir-faire de l’animatrice à renvoyer vers les points clés de l’œuvre, cette «Source», roman magistral, foisonnant et brillant de maitrise littéraire.

Le public est conquis, applaudi, vibre, participe. Un pur délice, une bulle de bonheur, d’inspiration dans ce monde où tout est toujours urgent. Prendre le temps, même simplement une heure, d’écouter les mots de l’auteur par la lecture de courts extraits et ses précisions, ses ramifications, ses digressions.

Installée sur un fauteuil-livre, Anne Marie Garat (amusée de s’assoir sur Victor Hugo) partage elle aussi sa vision de l’écriture :

"Les mots ont cette puissance... Il faut les aimer, il faut les approcher. Les mots à eux seuls portent toute leur histoire de mots. Ce n’est pas de la préciosité que d’honorer la langue française."

"Il faut un pacte avec le lecteur, ne pas le perdre...."

"C’est grave, c’est sérieux d’écrire, mais c’est jubilatoire d’inventer des histoires... La littérature nous pousse toujours plus loin."

A ma question sur une filiation littéraire avec les auteurs du XIXe siècle comme Maupassant ou Balzac, Anne Marie Garat reconnait, en effet, que Maupassant et Hugo l’ont marquée.


Résultat du «combat» du jour, deux visions qui s’opposent :

D’un côté Delphine de Vigan et l’autofiction (néologisme créé en 1977 par Serge Doubrosky et évoqué par l’animateur) :

Où se situe le réel ? Où se situe l’imaginaire ? Que donne l’auteur à dévorer à son lecteur et que garde-t-il pour lui dans sa part d’ombre, de secrets, de mystère ?

De l’autre Anne Marie Garat et le roman, dans la tradition des grands auteurs français :

Une histoire construite, inventée de bout en bout, jusqu’à la géographie des paysages, des personnages de fiction comme une galerie de portraits, tout un univers déployé et porté par des mots d’une puissance évocatrice dont dépend le lecteur.

 
(c) Christophe Robert 

Un grand merci à Christophe pour ce passionnant reportage sur sa rencontre avec ces deux auteurs incontournables, et pour ses photos souvenirs d'une belle journée.

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