L'Ultime Auberge d'Imre Kertész

lundi 26 janvier 2015

L'ultime œuvre

L'Ultime Auberge  d'Imre Kertész

 

Né en le 9 novembre 1929 à Budapest dans une famille juive modeste, Imre Kertész n'a que 15 ans quand il est déporté à Auschwitz, avant d'être transféré à Buchenwald puis dans le camp de travail de Zeitz.

Une période qui imprègne toute son oeuvre littéraire et lui a valu de recevoir le prix Nobel de littérature en 2002.
Il vit aujourd'hui à Budapest avec sa femme. L'Ultime Auberge, son dernier titre, sera-t-il l'ultime ?

 

 

 

 

 


Dans ce long monologue Imre Kertész, qui a traversé le siècle tandis que l'Europe de l'Ouest "connaissant 40 années de prospérité heureuse et insouciante, de possibilités unique", invite le lecteur dans l'intimité de sa pensée. Une pensée qui flâne, bondissant d'une description triviale à une interrogation essentielle, sans chronologie, avec pour seul lien de transcrire les réflexions que le monde d'hier et la lecture de celui d'aujourd'hui inspirent à un auteur majeur, un penseur lumineux.
 
Ces confidences, comme un monologue intérieur, ne sont pas sans rappeler le Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas.
Dès les premières pages, Imre Kertész s'interroge sur le sens qu'il donne à ce dernier opus : "que je considère ce travail comme la conclusion, le couronnement de toute mon œuvre prouve-t-il qu'il est nécessaire ?"
 
Mais derrière chaque mot, chaque phrase de l'esprit vagabond poignent la révolte, la douleur, la dépression. La vieillesse et ses humiliations s'est invitée dans la vie d'Imre Kertész et, envahissante le projette 86 ans en arrière quand il avait 8 ans et que son père lui infligeait sa première gifle.
 
Il se souvient et s'explique. Éblouissante analyse, l'Ultime Auberge nous emmène là où aucun écrivain n'avait jusqu'alors invité le lecteur. Féroce avec lui-même et les autres, toujours digne et jamais complaisant, Imre Kertész se confie sur ses rapports avec la Hongrie son pays natal avec lequel il entretient des relations difficiles "(…) mon malheur c'est que j'écris en hongrois, ma chance c'est que mon œuvre a été traduite en allemand".
 
Son regard acéré jauge l'actualité ; il nous livre sa réflexion sur l'évolution du monde, un pêle-mêle sombre, entre tentative de suicide, sidération devant le terrorisme dont il observe "la passion exhibitionniste de sacrifices humains sanglants" et étonnant télescopage quand il constate en regardant la télé que des œuvres de Wagner seront montées en plein air au fort de Breendonk… qui fut le siège de la gestapo.
 
Un esprit libre qui livre une parole fondamentale dont il nous dit "J'ai toujours considéré mon art comme une distraction solitaire qui ne concerne que dans une très faible mesure le prétendu et inexistant lecteur."
 
Agathe Bozon

 

Photo : ©Guenter Vahlkampf/AFP

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