Lionel Shriver, portrait de auteure de "Tout ça pour quoi"

lundi 16 janvier 2012

Shriver l’Américaine

Lionel Shriver, portrait de auteure de "Tout ça pour quoi"

L’auteur d’Il faut qu’on parle de Kevin, livre fort qui l’a fait connaître en France il y a neuf ans, marque à nouveau la rentrée littéraire avec un livre cette fois-ci nettement plus politique et franchement critique à l’égard du gouvernement américain. L’occasion d’en savoir un peu plus sur un auteur qui se cache volontiers derrière ses livres et la littérature.

 

 

 

 

 

 

Elle est discrète, Lionel Shriver. A part ses romans, on ne sait pas grand-chose d’elle. Un mari, pas d’enfant, un changement de prénom dès qu’elle l’a pu : « Je détestais mon prénom, Margaret Ann », avoue celle qui se présente volontiers comme un ancien garçon manqué. « J’ai grandi avec des garçons, j’étais le garçon honoraire, et ça n’a pas changé ! ». Née en Caroline du Nord il y aura bientôt 55 ans, Lionel Shriver a passé sa vie à écrire, comme romancière ou journaliste. Elle a surgi en France avec Il faut qu’on parle de Kevin, en 2003, adapté au cinéma par Lynne Ramsay en 2011 sous le titre original We need to talk about Kevin.

L’histoire est celle d’une mère qui, sous forme épistolaire, confie ses doutes et ses souvenirs au sujet de l’éducation de son fils, Kevin, après qu’il a tué plusieurs camarades de son lycée. Elle se souvient ainsi de leurs relations difficiles depuis sa petite enfance et de sa propre froideur à laquelle elle donne désormais un autre sens. Le texte, inspiré par la fusillade de Columbine en 1999, d’une lucidité effrayante et d’une maîtrise stylistique parfaite, a concouru à donner une réputation internationale à l’écrivain. 

Cela faisait néanmoins près de vingt ans qu’elle écrivait et publiait aux Etats-Unis. Sept romans ont précédé Il faut qu’on parle de Kevin, dont Double Faute que Belfond a publié en 2010, juste après La Double vie d’Irina. « J’ai commencé à écrire peu de temps après avoir commencé à lire, se souvient-elle. J’écrivais des nouvelles interminables que j’offrais en guise de rédactions à mes institutrices. Quand je les regarde aujourd’hui, j’ai pitié d’elles ! Mais j’étais prise alors par la magie de l’inflation verbale ».

C’est à sept ans que Lionel Shriver décide de devenir écrivain. « Je me souviens d’une de mes premières performances de lectures orales en public, à 8 ans. J’avais inventé une histoire intitulée « Guerre sous marine », où je mettais en scène des dauphins, des pieuvres qui faisaient des tas de choses. Il y avait des meurtres mais pas d’intrigue et c’était long, très long. Je n’ai jamais oublié l’image de ce public, fatigué, mort d’ennui, à la torture sous mes mots. Je me suis juré que cela ne se reproduirait jamais plus. Remarquez, c’est mieux d’avoir connu cela à 8 ans qu’à 40… ».

Dans son nouveau roman, Tout ça pour quoi (Belfond) publié en janvier 2012, Lionel Shriver démonte avec virulence les scandales du système de santé américain à travers l’histoire de deux familles, l’une confrontée à un cancer incurable, l’autre à une maladie génétique rarissime. « Aux Etats-Unis, on paie des impôts au niveau fédéral, mais on ne reçoit rien qui permette de vivre, contrairement aux sociétés européennes. Le sentiment d’une injustice au niveau de l’argent va grandissant aux Etats-Unis, et les réformes d’Obama sur le système de santé n’y changeront rien ». Actuellement, quatre romans de Lionel Shriver sont disponibles en langue française.

Karine Papillaud

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