L’Exception d'Audur Ava Olafsdottir

lundi 26 mai 2014

Un mari, une femme et un amant : le nouveau désordre amoureux

L’Exception d'Audur Ava Olafsdottir

Cela s’appelle mal commencer l’année : le soir de la Saint Sylvestre, Maria apprend de son mari qu’il la quitte. L’Exception (ed. Zulma) commence comme une histoire affreusement banale, si ce n’est la manière dont l’écrivaine islandaise Audur Ava Olafsdottir s’emploie à raconter la chute d’une jeune femme.

 

 

 

 

 

 


Ils sont beaux, ils sont encore jeunes, ils font l’envie de leur entourage avec leurs jumeaux de deux ans et demi. Floki est mathématicien, Maria travaille dans l’humanitaire. Et ils s’aiment, c’est certain. Floki ne lui a-t-il pas dit, ce fameux soir de la Saint-Sylvestre, « tu seras toujours la femme de ma vie » ? Oui, mais voilà, Floki est amoureux de son collègue de travail, qui s’appelle Floki aussi. De là à dire qu’il a trouvé son alter ego… Floki mène donc une double vie depuis plusieurs mois. Pourtant, il a conçu son fils et sa fille avec Maria, après avoir entamé une procédure d’adoption pour une petite fille attendue d’au-delà des océans. Pourtant, encore, il quitte le domicile conjugal pour s’installer chez son amant dès le matin du 1er janvier.

KO debout. Maria se retrouve seule dans la maison de famille, coincée entre deux enfants qui ne doivent pas encore savoir, et une voisine de l’entresol, Perla, naine et écrivain putatif qui squatte de plus en plus la maison et joue à merveille les béquilles pour cette mère larguée. La romancière, aussi, joue un rôle déterminant dans cette affaire qui ressemble à un cauchemar domestique. C’est elle qui décide de la couleur de ce roman. Sera-ce le roman désespéré d’une femme qui a tout perdu ? La tragédie d’une épouse vengeresse prête à tout pour empêcher son mari de partir pour de bon ?

L’auteure de Rosa Candida et de L’Embellie marque ses romans d’une fluidité minérale et légère. Ancrant ses personnages dans la nature âpre mais essentielle de l’Islande, rivée au plus près de leur souffle, elle sait leur faire traverser les drames et le temps qui passe, sans pathos. Rien d’extravagant dans ses histoires, aucune solution non plus, juste la vie qui va, au plus vrai de ce que les lecteurs vivent et traversent.
Le livre refermé, on se souviendra longtemps de Maria et Floki, qui sont devenus comme des amis qu’on a bien connus, et de Perla aussi, cette mystérieuse femme qui porte le livre à travers d’intraitables leçons de vie. Un livre qui se partage avant tout.

Karine Papillaud

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