Les Derniers Jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik

mercredi 14 avril 2010

Homo austrico-judaicus

Les Derniers Jours de Stefan Zweig de Laurent Seksik

Avec 60 millions de livres vendus de son vivant, il était l’auteur le plus lu dans le monde, traduit dans trente langues, adapté dans de nombreux films.

Pourtant, le 22 février 1942, tandis que les nazis brunissent peu à peu l’Europe, Stefan Zweig décide contre toute attente de mettre fin à ses jours avec sa compagne. Laurent Seksik a imaginé un roman de l’une des tragédies de la vie littéraire du XXe siècle.

 

 

 

 

 



Il avait fait le constat que les juifs autrichiens n’existaient plus dès lors que le IIIe Reich avait englouti Vienne. Sur l’impulsion d’un horrible pressentiment de l’époque qui s’annonçait, Stefan Zweig a fui Salzbourg dès 1934, passant pour un couard aux yeux de ses amis. Quelques années plus tard, les faits lui donnent raison.

Laurent Seksik a décidé de raconter les derniers mois de la vie de Stefan Zweig, s’efforçant de tirer le fil qui a conduit l’écrivain à se donner la mort. Le livre commence en 1941, quand Zweig vient d’arriver à Petropolis au Brésil, avec sa femme. Il est à court d’argent, sa jeune femme, gravement atteinte d’asthme, est à bout de forces.

Ses amis Ernst Toller et Walter Benjamin se sont donné la mort. Bernanos, qu’il rencontre au Brésil, l’encourage à se battre pour son peuple. Au fur et à mesure que s’accumulent les désillusions, Zweig prend conscience de sa faiblesse et de son impuissance, prisonnier d’un sentiment d’horreur, exilé à cause d’une judéité que cet anti-sioniste reconnaît à peine comme sienne.

Seksik s’est placé juste au-dessus de l’épaule de Zweig pour en raconter la chute. De ce point de vue, il porte le regard sur une vie littéraire européenne en plein désarroi, disséminée entre le Brésil et New York. Mais ce qui émerge de façon la plus émouvante de son roman, c’est sans doute la figure de Lotte, la jeune femme de Zweig, troublante par l’amour qu’elle porte à un grand homme qu’on soupçonne de ne pas être toujours à la hauteur de cet amour.

C’est bien le plus grand des amours qui l’a poussée à suivre Zweig « vers cet inconnu dont on ne revient pas ». Peut être Lotte est-elle le vrai grand personnage de cette grande tragédie vraie.

Karine Papillaud

Les Derniers Jours de Stefan Zweig, Laurent Seksik (Flammarion), 2010
 

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