Le Sang des fleurs de Johanna Sinisalo

lundi 20 mai 2013

Un syndrome qui donne le bourdon

Le Sang des fleurs de Johanna Sinisalo

 

Originaire de Laponie finlandaise, Johanna Sinisalo a obtenu en 2011, le prestigieux Finlandia prise pour son roman Jamais avant le coucher du soleil (Actes Sud). Très éclectique, elle écrit également nouvelles, livres pour la jeunesse, pièces radiophoniques ou télévisuelles et bandes dessinés.

Avec Le Sang des fleurs, elle nous livre dans la veine poétique qui a fait son succès, un roman fantastique, écologique et engagé sur le phénomène très actuel de l’effondrement des colonies d’abeilles.

 

 

 

 

 

 

Nous sommes en 2025 en Finlande. Orvo, directeur d’une entreprise de pompes funèbres d’un nouveau genre, Port de Partance, est apiculteur amateur et constate que des abeilles ont déserté deux ruches. Il trouve une reine morte et la préserve méticuleusement.
Eero, jeune écolo, qui tient un blog militant, décède. On découvre pudiquement, au fil de la lecture, que c’est son fils.

Désemparé, Orvo se laisse guider par un phénomène étrange auquel il adhère malgré son rationalisme et sa lucidité : dans une paroi du fenil qui lui sert de débarra, il entrevoit une ouverture par laquelle apparaît un paysage apaisé, identique à la réalité mais où l’être humain est absent. Fasciné par ce monde parallèle où seules les abeilles, symbole d’immortalité, auraient le pouvoir de passer d’un monde à l’autre, ne serait-ce que pour fuir un univers trop pollué, il s’imagine qu’il pourrait y retrouver son fils.

Mêlant fantastique, mythologie et écologie, Johanna Sinisalo construit un roman où l’on découvre progressivement les liens entre les personnages et les faits pour nous amener subtilement à une réflexion sur notre environnement et ce, par le biais du blog que tient Eero. Ce blog qui s’immisce entre chaque chapitre, devient une tribune de revendications et d’informations et donne tout son sens à l’intrigue.
S’appuyant sur des recherches très pointues démontrant le rôle essentiel des abeilles et nous alertant sur les causes potentielles du syndrome d’effondrement de leurs colonies, l’auteure aborde avec finesse les conséquences d’une économie mondialisée.
Toute l’habilité de Johanna Sinisalo est d’user de poésie et de surnaturel pour mettre en exergue les travers de notre réalité. Un roman fantastiquement militant !

En mai 2013, d’ailleurs, la disparition massive d’abeilles a encore fait l’objet d’un article dans Le Monde

Hassina Mimoune

Le Sang des fleurs, Johanna Sinisalo, Actes Sud, (2013)

 

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