Le livre de poche : toute une culture

mardi 14 février 2012

Un phénomène XXL

Le livre de poche : toute une culture

 

Il a révolutionné la lecture, permis l’émergence de certains genres littéraires et fait le bonheur de générations de lecteurs, d’auteurs et d’éditeurs. Décrié à ses débuts, le livre de poche est aujourd’hui essentiel dans le paysage éditorial. Et plus personne ne s’en plaint.

 


  

 

« Les livres de poche sont-ils de vrais livres ? », se demandait Jean-Paul Sartre lors de la popularisation de ce nouveau format de l’édition. Nous sommes dans les années 1950 et c’est une révolution qui s’opère, accompagnant la culture pop en gestation. Comme les tablettes numériques aujourd’hui, le livre de poche est décrié, accusé de tuer la culture. Presque 70 ans plus tard, il a, au contraire, permis à des générations de lecteurs de découvrir le patrimoine littéraire sans se ruiner. Le livre de poche désigne à la fois un format et une marque (Le Livre de Poche, qui aurait à elle seule diffusé près d’un milliard de volumes depuis sa création). On compte aujourd’hui de nombreux éditeurs spécialisés dans le petit format : J’ai lu, Folio, Pocket, Points… 

En 2010, les « poches » représentaient un quart des ventes de livres en France (110 millions d’exemplaires), pour 14 660 titres (dont 5 246 nouveautés), en grande majorité de la littérature. Ils ont également permis l’émergence et le succès de tout un pan de la littérature de genre, comme le polar, le thriller ou le fantastique. Pour les auteurs, ce format XXS est une importante déclinaison de leur travail. Car un livre ainsi publié connaît une deuxième vie commerciale et multiplie les lecteurs. Sur le long terme, il devient l’édition de référence, celle qui reste disponible. Mais tous les titres ne passent pas le fameux cap. Les éditeurs de petits formats font leur choix parmi les nouveautés. Puis, ils achètent les droits aux éditeurs initiaux, les prix de cession étant négociés en fonction du succès ou du potentiel de l’ouvrage. Ces droits se révèlent donc également une manne importante (parfois vitale) pour les éditeurs grands formats. 

Les versions poches sont ainsi publiées, en général, au moins un an et demi après la première parution, pour ne pas affecter les ventes du grand format. Une aubaine pour le public. Avec son prix environ trois fois moins élevé qu’un grand format, il est accessible à tous, notamment aux lecteurs les moins argentés. Une démocratisation précieuse, à l’heure où le budget culture des ménages tend à se réduire comme une peau de chagrin. Tout le monde peut ainsi goûter le plaisir de dénicher un classique à deux ou trois euros chez un bouquiniste. Un livre de Jean-Paul Sartre, par exemple.

Sur le même sujet : Interview de Louis Chevaillier, responsable éditorial chez Gallimard

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