Le Linguiste était presque parfait de David Carkeet

mardi 23 avril 2013

Du rififi à la crèche

Le Linguiste était presque parfait de David Carkeet

 

Jusqu’à présent sa vie se bornait à décrypter les «m’boui» du fils de son collègue de travail favori ainsi que les balbutiements d’enfants. Cook, le héros du Linguiste était presque parfait, de David Carkeet (Monsieur Toussaint Louverture), est en effet linguiste dans un établissement curieux, un centre de recherche sur le langage implanté dans une garderie du Sud de l’Indiana.

 

 

 

 

 

Content de lui, détestant tout le monde à l’exception d’un seul de ses congénères, Ed Woeps, doté quant à lui d’une mauvaise étoile tenace, Cook est ce qu’on peut appeler un séducteur débonnaire et un scientifique brillantissime. Un matin, on retrouve le cadavre de l’un de ses vieux collègues, Arthur Stiph, dans le fauteuil de son bureau. Une enquête démarre sous l’égide de Leaf, un enquêteur obèse et inquiétant, doublée par la contre-enquête de Cook qui ne tarde pas à mettre au jour que le suspect se trouve parmi les six linguistes du centre.

Imaginons une enquête menée par des linguistes. C’est cela et mieux encore. Le Linguiste était presque parfait met en scène une farandole de personnages étonnants, très typés, dont une histoire criminelle vient interroger les liens. L’amitié, la place de chacun, les secrets des hommes sont le vrai sujet du livre, avec un hommage évident à la langue, revenue à ses fondamentaux sémantiques.

Est-ce un polar ou une fantaisie ? On hésite tant David Carkeet s’enchante à mailler le burlesque à l’enquête policière. Ecrit en 1980, Le Linguiste était presque parfait est le premier roman de cet écrivain qui rappelle Lodge par la forme et le portrait d’une petite communauté scientifique, mais aussi Wodehouse dans la poésie du personnage. Les amateurs de séries américaines pourront aussi bien trouver des analogies avec le personnage de Gregory House de Dr House : misanthrope, célibataire, ami avec un seul homme qu’il sait dominer, même si ce Cook évoque le physique avantageux mais un peu maladroit d’un Cary Grant.

Le Linguiste était presque parfait est un roman épatant et attachant, qui sait dérouter le lecteur au bon moment, l’entraîner dans un suspens jamais pesant, se jouant avec bonheur des codes du policier et semant les sourires au gré de ses pages. Détente intelligente assurée.

Karine Papillaud

Le Linguiste était presque parfait, David Carkeet, Monsieur Toussainbt Louverture, (2013)

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