Le Coiffeur de Chateaubriand d'Adrien Goetz

mercredi 14 avril 2010

Passionnément traître

Le Coiffeur de Chateaubriand d'Adrien Goetz

Faisons confiance à un expert du XIXe siècle, passé maître en intrigues historiques, pour trousser une histoire aussi véridique qu’inventée autour de Chateaubriand dans Le Coiffeur de Chateaubriand.

 

 

 

 

 

 

 



Délaissant pour quelques mois seulement sa désormais fameuse Pénélope, héroïne d’Intrigue à l’anglaise et Intrigue à Versailles, l’écrivain Adrien Goetz s’offre une petite récréation pour revenir à ses amours de toujours, la période du romantisme français dans un roman court, primesautier et passionnant.

Cette fois-ci, il s’empare d’un personnage qui a bel et bien existé, Adolphe Pâques, et qui fut coiffeur de têtes célèbres au milieu du XIXe siècle. Parmi ses clients, il comptait le vieux Chateaubriand.

François-René a 72 ans quand Adolphe, 24 ans, commence à le coiffer : cette « révolution romantique » telle qu’il la nomme lui-même consiste à transformer les maigres mèches blanches du vénérable crâne en toupet ébouriffé, plus propre à illustrer le tumulte intellectuel et la rage littéraire du vieil homme. Il sera son confident pendant huit ans, jusqu’en 1848, date de la mort de l’écrivain. Huit ans pendant lesquels, selon Goetz, le coiffeur nourrira une admiration passionnée pour l’œuvre du grand homme, sans jamais lui avouer qu’il en connaît des pans entiers par cœur.

Le coiffeur a un secret, il cultive une mémoire impressionnante : « Abandonné sur une île, je serais capable de faire à Vendredi des bouclettes à la dernière mode et de lui offrir une petite bibliothèque ».

Mais tout se complique quand Chateaubriand lui demande d’héberger au sein de son gentil couple une jeune femme malouine et mulâtresse qui lui a tapé dans l’œil par correspondance interposée. La jeune femme est intelligente, belle, un trio muettement amoureux se tisse. L’intrigue se noue, le coiffeur achète un fusil.

Goetz égrène l’anecdote historique en gourmand érudit. Comme d’habitude chez ce romancier qui est aussi professeur d’histoire de l’art en Sorbonne, on apprend autant qu’on se distrait. Mais l’auteur n’a pas la prétention et la lourdeur de l’historien. En vrai dandy, il sait habiller des connaissances impressionnantes d’une nonchalance enjouée pleine d’humour.

Le Coiffeur de Chateaubriand
Adrien Goetz (Grasset),  2010

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