Le Cadavre exquis avec Ian Manook, c'est parti !

mercredi 11 mars 2015

Les internautes prennent la plume avec Ian Manook

Le Cadavre exquis avec Ian Manook, c'est parti !

Cette année, lecteurs.com est à nouveau partenaire du festival Quais du polar qui se tient du 27 au 29 mars à Lyon et propose pour l'occasion un cadavre exquis avec Ian Manook.

C'est parti pour 10 jours de suspense intense !

Vous avez été très nombreux à candidater pour participer à ce Défi d'écriture avec Ian Manook.

Nous avons sélectionné 10 talentueux lecteurs qui vont, du 13 au 24 mars 2015, à tour de rôle et selon un ordre de passage précis, continuer l'histoire initiée par Ian Manook.

Le 25 mars, Ian Manook conclura la nouvelle. L'histoire sera lue pendant le festival Quais du Polar (du 27 au 29 mars à Lyon).

Redécouvrez les précédents Cadavres exquis, sous l'égide de Franck Thilliez et d'Emmanuel Grand.

 

Laissez nos lecteurs vous donner la chair de plume... 

"Ici ils appellent ça de la poudrerie. Elle dirait plutôt de la toile Émeri. Un vent de nord et de cent kilomètres heure qui drosse à l’horizontale une neige de flocons râpant comme du verre brisé. Elle ne voit même pas la main qu’elle tend devant pour ne pas se cogner à n’importe quoi. Moins vingt-cinq ressentis. Ressentis mon cul ! Les moins vingt-cinq, ils lui mordent bel et bien la nuque et les reins malgré sa parka polaire ! Mais il fallait qu’elle sorte. Il fallait qu’elle y aille. Il fallait régler ça avant que ça ne dégénère. Elle devait voir Paxi. Ce corps gelé repêché la veille dans le Barachois, à moitié pris dans le magma glacé du crémi, ce n’était pas pour lui déplaire, mais quand même, il ne faudrait pas que ça réveille la guerre. Ça lui avait demandé bien trop de temps pour se refaire une vie. Maintenant elle boit du thé avec des shots de Lagavulin tranquille dans son petit chez elle et joue du Black Sabbath à la basse quand le passé la tabasse. Et ça lui va comme ça. Saint-Pierre et Miquelon, pour échapper à sa vie, c’est tout ce qu’il lui reste. Alors qu’ils ne viennent pas la faire chier ! S’ils s’imaginent qu’elle est aussi seule qu’à l’époque où ils l’ont traquée, ils se gourent. Maintenant elle peut compter sur Paxi. Si elle arrive jusqu’à lui, parce que dans ce foutu poudrin…

Quand la silhouette se cogne contre elle et disparaît, elle ne comprend pas tout de suite qui, dans le choc, s’est blessé dont le sang chaud souille et perce la neige…"

© Ian Manook

 

"Même lorsqu’elle reprend conscience, elle ne comprend pas tout de suite. Le choc, le sang, et puis, plus rien. Elle a froid, son œil est tuméfié, elle essaye de l’ouvrir, mais ne voit pas grand chose. Oh putain, non ! Elle le referme. Elle a soudainement peur. Son cœur s’emballe, ses intestins se serrent. Son corps a pigé avant elle que son passé vient de lui revenir en pleine gueule. Ce n’est pas possible. Elle tente de réguler sa respiration. Mais merde, qu’est-ce que Peter fait ici ! Comment a-t-il pu la retrouver ? Les questions s’emballent. Elle cherche à raccrocher ses points d’interrogations. Ok, le macchab bleuté d’hier, c’était plutôt une bonne nouvelle, un joli dessert glacé, mais c’est quoi le reste du menu ? Peter n’a pas les couilles d’être le cuisinier, il peut exécuter, mais il faut un grand chef. Sauf que depuis qu’elle est partie s’enterrer dans ce coin paumé, il n’existe plus de grand chef. Et soudain, elle entend la voix douce et grave de Paxi. Une vague de chaleur l’enveloppe, et puis, clac, en deux secondes, c’est la douche froide :

- Salut Nelly, tiens, bois ça. C’est bien que tu sois réveillée, j’ai un ami à te présenter."

© Laure de Micmelo

 

"Peter n'a pas changé, toujours la même gueule de petite frappe. Il pue la suffisance et la satisfaction médiocre. Elle les regarde, et elle se dit qu'encore une fois, elle s'est bien gourée ! Non seulement la guerre n'est pas finie mais elle a un nouveau pierrot.

- Pas très serviable de se faire la malle, ma belle, on avait encore besoin de toi. T'as pas oublié, j'espère ?

Non, justement, elle n'a rien oublié. Elle tremble, elle voudrait que le regard puissant de Paxi la réchauffe. Seule. C'est bien ça. Les paroles de War Pigs résonnent dans sa tête. Now in darkness world stops turning. Sa petite vie tranquille s'arrête là, elle a intérêt à reprendre du service, et vite. Un poêle d'un autre temps chauffe misérablement la pièce sale et presque vide. Paxi se tient dans l'encadrement de la porte, sa sérénité habituelle semble ébranlée. Nelly sait qu'il guette, qu'il est à l'affût. Peter lui tend un chiffon maculé :

- Refais-toi une beauté, le capitaine nous attend.

Au loin un bourdonnement perce à travers le sifflement du vent. Pourtant, avec cette poudrerie, l'aéroport est fermé depuis hier."

© Marie Rios

 

"Nelly avait tenté tant bien que mal, devant le miroir suspendu au mur, poussiéreux et fissuré de part en part, d’élaborer une coiffure respectable. Pourquoi faisait-elle cela ? Qui donc, désormais, était le « capitaine » ? Elle remarquait dans ses propres yeux un éclat d’intrigue, et d’excitation. Elle retombait, déséquilibrée, dans son goût pour l’aventure, et pour la guerre.

Elle regarde alors Paxi du coin de l’œil, se demandant depuis combien de temps il avait décidé de revenir dans les rangs. Une volonté âpre de comprendre lui râpait la langue. Mais avant qu’elle ne dise quoi que ce soit, Peter la prend par le bras et la tire dehors, avec un empressement presque violent. Et dans un brouillard fataliste où les flocons glacés se heurtent entre eux, l’ombre d’un rapace de fer inonde le ciel immaculé, et se pose, impérialement, sur le sol gelé. Un mastodonte céleste. Nelly se retourne ; ils étaient dans le vieux cabanon de secours, près de la piste d’atterrissage. Et alors que Peter était parti en reconnaissance jusqu’à l’avion, Paxi s’approche jusqu’à elle, et la regarde fixement, apathique. Un flash traverse son esprit remué, un pressentiment lui tord l’estomac. Peter revient en courant. Paxi pousse Nelly sur le côté, il sort de sa veste en fourrure un Beretta 92, vise, Peter s’arrête. Paxi tire. Les pupilles de Nelly s’élargissent, effarées. Une balle entre les deux yeux. Peter s’effondre sur l’asphalte transi.

Paxi fait alors signe à Nelly de le suivre, elle se redresse fébrilement, et ils s’enfuient en courant, laissant derrière eux les voix stupéfaites qui prolifèrent, près de l’avion."

© Lucas Perrier

 

"Dans leur course effrénée Nelly a le souffle coupé. La peur lui bouffe le ventre à la vitesse d’un Pac-Man affamé, alors que le Labrador polaire lacère le Gulf Stream qui se glisse dans son courant. La guerre affronte la paix. Droit devant eux, le brouillard nimbe soudain les phares d’un pick-up qui se range rapidement à leur hauteur. Deux silhouettes râblées en descendent et embarquent précipitamment les naufragés haletants. Les portières claquent et le véhicule repart en trombe. Nelly, exténuée, glisse doucement vers les quais brumeux de son passé, mais la voix chaude et calme de Paxi la retient. A défaut d’un « t’as d’beaux yeux, tu sais » inapproprié, il lui murmure :

- Bois, ça va te remonter. T’es en sécurité, ce sont de vrais amis cette fois !

Nelly retrouve son pâtre grec. Emportée par des gorgées de Heidsieck cocaïné, l’écorchée vive mute en déchirée pétillante. C’est exquis. Ses lèvres ourlées affichent un rouge franc qui fait rosir ses joues et sa paupière enflée opte pour un bleu jaune. La poudre blanche réchauffe ses veines et glace sa cervelle, lentement ; le blanc ensevelit les couleurs, sa vision partielle se trouble et les hymnes heavy de Snowblind prennent tout leur sens.

Au sous-sol d’un immeuble miteux de Chicago, le tatoueur grave la peau de Pedro et le capitaine s’impatiente. Brusquement, la porte s’ouvre et Jake pose son regard vitreux sur Ralph :

- Capitaine, elle s’est tirée avec le grec ! Et Pierrot… il a pris un aller simple pour la lune.

En jurant, Ralph arrache au tatoueur son nouveau soldat et sort, le mobile collé à l’oreille :

- Patron, on a un putain de problème !"

© Martine Bonald

 

"Nelly flotte dans un univers parallèle. La coke fait son œuvre. Elle voit bien Paxi à côté d’elle. Elle voit aussi les deux hommes à l’avant, typés façon basque, d’une ressemblance inouïe. Elle entend le bourdonnement du pick-up fendre la brume neigeuse. Et ce bourdonnement lui parle. « Tu ne seras plus en sécurité nulle part, Nelly. » « Ces hommes qui disent être tes amis, ne te conduisent-ils pas en fait dans l’antre du démon ? ». Un court instant, elle croise le regard noir de Paxi. Ses yeux la fuient, comme s’ils détenaient un secret inavouable. « Que cache-t-il, Nelly ? » « Pourquoi était-il avec Peter pour le flinguer l’instant d’après ? » « Tu trouves pas ça louche ? ». Soudain, une évidence lui saute à la gueule : Paxi et les deux frères basques sont terrifiés. Le pick-up s’enfuit, s’enfonce dans la tourmente, les essuie-glaces balaient en vain le voile blanc insondable.

La consigne est on ne peut plus claire. Ramener la fille vivante, tuer tous les autres. Concis, simple, efficace… sur le papier. C’est à peine si la voix monocorde du boss, aux accents d’Irlande, a laissé échapper une pointe infime d’exaspération. Ce calme à toute épreuve, c’est sa signature, ce qui a fait de lui sa renommée, lui a donné son surnom d’homme de glace, "The Iceman". Il a clos l’entretien téléphonique par cette question fermée pleine de sous-entendus : « Faut-il que je m’en occupe moi-même ? ». Ralph, le Capitaine, a retrouvé Jake et Pedro dans la rue. Pas de temps à perdre. Si Peter, alias Pierrot, a soufflé sa dernière chandelle, c’est que ça a merdé grave. Tous trois s’engouffrent dans une grosse cylindrée aux vitres teintées. Direction : l’aéroport O’Hare, où un jet est déjà prêt à décoller."

© Francois Lefebvre

 

"« C'est foutu » soupire Nelly le corps plié sur l'accoudoir central, la nausée au bord des lèvres. Le véhicule tangue, le moteur s'emballe et mugit à chaque secousse. Le conducteur impassible dirige l'engin toute son attention braquée sur la brèche que lui ouvrent les faisceaux lumineux des phares. La nausée l'assaille. L'angoisse encore plus mais aussi les effets de la blanche qui brûle dans ses veines et la contraignent au silence. A quoi bon poser l’inutile question sur son devenir ? Et pour cela il lui faudrait se faire entendre des trois hommes enfouis dans leur doudoune qu'une capuche de fourrure isole. Elle relève péniblement la tête vers Paxi. Une soudaine lueur bleutée fait courir sur le tissu blanc de l'anorak d'étranges petites lucioles. Paxi le sauveur. Par delà le trouble de sa vision, elle distingue l'écran allumé d'une tablette. Au dehors la météo leur chie dans les bottes. Paxi se rapproche des deux passagers. Sa main posée sur l'épaule du chauffeur, il crie. « Merde, pas en basque Paxi ! » marmonne Nelly, pourtant elle a reconnu deux mots : Fortune et Traversier.

O'Hare - Chicago, direction terminal B, tandis qu'un Hummer noir amorçait violemment un dernier virage en bout de piste à peine éclairée, une ombre silencieuse s'éloignait du jet. A la faveur de l'obscurité, la silhouette quitta le lieu par ce qui ne semblait pas être la sortie du personnel. Une simple issue taillée dans le grillage, ou l'attendait une autre ombre sur un scooter électrique.

L'écran bleuté de la tablette éclaira le visage de Paxi. Il sourit. Nelly perçut « Biarritz domine » et sombra dans un sommeil libérateur qui l'empêcha de vomir. Elle n'entendit pas le..."

© Régine Berlinski

 

"…choc qui fut pourtant violent. Le tourbillon neigeux s’était fait plus dense et le coup de frein n’avait pas été salvateur, comme l’avait pourtant espéré le conducteur. L’asphalte glacé avait fait sa funeste besogne. Comme guidé par la main invisible du Capitaine, le vieux pick-up avait embrassé violemment un rocher. Le visage tuméfié du pilote malheureux gisait dans les méandres du volant. Le passager fut projeté à l’extérieur du véhicule. Son corps sanguinolent et disloqué reposait sur la route, déjà recouvert par ce linceul blanc naturel. A l’arrière, Nelly reprenait doucement ses esprits puis, devant l’urgence de la situation, ses gestes devinrent plus vifs, comme au bon vieux temps.

Coup d’œil à l’avant. Morts. Plus rien à faire pour eux.

Coup d’œil à sa gauche. Paxi. Son Paxi.

La tablette écrasée sur son visage, sa tête plantée dans l’écusson rouge et blanc du Biarritz Olympique. Elle se revit alors sur les genoux de son grand-père, entourée d’une foule compacte de supporters qui entonnait des chants basques à tue-tête. Elle se revit dans cette période d’insouciance où Blanco était son modèle et où la crainte de mourir n’existait pas. Néanmoins, si elle avait été attentive, elle aurait pu se rendre compte que ce rouge et ce blanc seraient deux couleurs qui marqueraient son destin à jamais."

© Matthieu Parcaroli

 

"- Paxi, merde !

Deux grosses baffes réveillèrent Paxi. Nelly le poussa hors de la voiture et ils se mirent à courir comme des dératés en direction du port de Saint-Pierre. Déjà, ils devinaient les lumières du traversier qui allait appareiller pour Fortune, à Terre Neuve.

En abandonnant le pick-up, ils ne virent pas l’email qui s’affichait sur l’écran de la tablette : « Surtout pas au port, ils vous attendent ». Ralph et ses sbires étaient bien là. Le petit immobilisa Nelly avec une clé au bras tandis que le grand écrasait la tête de Paxi dans la neige. Ralph ricanait.

- Alors Paxi, tu préfères quoi, la poudre ou la neige ? Et toi, la pétasse, tu pisses dans ton froc, hein ? Tiens, c’est le moment de raconter à mes copains pourquoi on se les gèle à vous filer le train sur cette île de merde.

Ralph obligea Nelly à s’agenouiller dans la neige. Foutue pour foutue, elle raconta.

Biarritz. Paxi, le heavy metal et l’ETA. L’attentat de Majorque en 2009. Les deux flics tués et eux, à deux doigts de se faire choper, exfiltrés vers Chicago. La bad girl vautrée dans la poudre et les dollars. L’overdose. Paxi encore, qui l’emmène à Saint Pierre avec le gros paquet de pognon piqué à The Iceman. La vie tranquille. Et puis, le mec gelé dans la rivière. Et l’enfer qui revient en hurlant.

La tempête avait cessé. Nelly espérait que ça irait vite.

© Christine Vaufrey

 

"Ralph se chargea complaisamment d’achever son récit :

- On t’a retrouvée Nelly, et le Capitaine meurt d’envie de s’expliquer avec toi. Tu ne mourras pas vite, ma belle : tu nous supplieras de t’achever. Quant à lui, aboya-t-il, qu’on en finisse.

Une détonation. Le bruit sourd du corps de Paxi s’affaissant dans la neige glacée. Ralph la saisit par le bras et l’entraîna vers un pick up. Il exultait :

- Le Capitaine n’a pas dormi depuis que tu t’es tirée, et nous non plus, par la même occasion.

En quelques secondes, Nelly retrouva ses vieux réflexes, ceux d’avant Paxi : n’envisager ni passé ni futur. Mépriser suffisamment sa vie pour la conserver. Faire abstraction d’autrui. Mieux vaut régner en enfer que servir au paradis...

« Paxi, mon frère, mon double et mon sauveur. Le seul être qui m’ait jamais comprise. »

Ne plus y penser, plus jamais. Se concentrer sur sa survie, ici et maintenant. Reprendre du service pour reprendre le pouvoir. Les envoyer sur une fausse piste. Dans ces instants qui précédèrent ses retrouvailles sanglantes avec Iceman, elle annihila les derniers restes d’humanité qu’elle avait péniblement réussi à rassembler pendant la parenthèse Paxi. Puis elle sourit : elle venait de trouver une solution de rechange. Une putain de bonne solution. Il allait bien y avoir un petit lot d’innocents broyés dans l’affaire, mais on n’est jamais vraiment innocent, pas vrai ?

© Magali Jeannin

 

"Le capitaine était seul, c'était assez rare pour la mettre sur ses gardes. "Ça te dirait un petit voyage au Kazakstan ?" Elle ne répondit pas et attendit la suite. "J'ai acheté un virus modifié de la variole à des Russes, il faut que tu ailles en prendre livraison ainsi que quelques vaccins contre cette saloperie. Peter t'accompagnera." Les cheveux de sa nuque se hérissèrent littéralement, vers quoi avaient-ils dérivé ?

Ça avait été facile d'embrouiller cet imbécile de Peter, la mallette qu'il avait planqué ne contenait rien d'autre que des ampoules d'eau distillée. S'ils avaient sorti les grands moyens pour la retrouver ce n'étaient pas pour le blé qu'elle avait piqué, c'est qu'ils s'étaient rendus compte qu'ils ne possédaient plus le virus, et comment s'en étaient-ils rendus compte ? La réponse semblait évidente, ils avaient voulu tester cette merde.

Son plan devrait marcher, ils voulaient le virus, ils allaient l'avoir. Elle leva les yeux vers les assassins de Paxi, elle regardait des morts en sursis, des morts parmi des milliers d'autres."

© Christian Mauceri

 

"C’était évident. Ça aurait dû l’être depuis longtemps. Nelly entraîna le Capitaine jusqu’au bout du ponton et le laissa parler de fausses promesses en milliers de dollars sans vraiment l’écouter. Le crémi se ressoudait dans le Barachois. Elle pensait à l’antre chaleureux du petit bouge basque de Paxi, derrière le ponton Zaspiak Bat, et les joues de morue succulentes et brûlantes qu’il y cuisinait pour elle. Elle avait cru à tant d’autres promesses, et commis tant d’horreurs en leur nom, et maintenant Paxi était mort. Alors Tchétchènes, Daesh, Nation Aryenne, Boko Haram, ou n’importe quel autre abruti fanatique à qui elle avait ressemblé, elle s’en foutait. Ils s’étaient fait piquer leur virus ? Tant pis pour eux. Tant pis pour tout le monde.

-Alors, tu vas faire quelque chose ? demanda le Capitaine.

-Oui, ça…

Elle ôta sa parka et se déshabilla calmement, complètement, sous ses yeux ébahis. Puis nue dans le froid gris et glacial, d’un seul élan gracieux, sans hésiter, plongea avec élégance dans l’eau gelée. La mort l’engourdit aussitôt. Que ce monde vérolé se démerde avec sa variole, elle, elle allait rejoindre Paxi."

© Ian Manook

 

Merci à nos dix participants ainsi qu'à Ian Manook pour cette histoire passionnante !

 

Et vous, quelle conclusion donneriez-vous à l'histoire ?

 

Crédit photo : Richard Dumas

 

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Commentaires

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  • Michèle FINANCE le 26/03/2015 à 11h30

    Passionnant de bout en bout ! Bravo !

  • martine hagnier vandevoir le 13/03/2015 à 13h29

    - Salut Paxi. Il est où cet ami ?
    Elle regretta aussitôt d'avoir souillé la réputation des flocons de neige et de leur effet scalpel. La main gercée et rugueuse de Paxi avait un goût rance aromatisé à la salpêtre. Privée d'oxygène, Nelly tenta des coups de pieds arrière avant de sombrer, une fois encore, à la merci de ces pourritures de collabos avec cette fois, Paxi en chef d'orchestre.

  • lecteurs.com le 13/03/2015 à 11h24

    L'équipe de lecteurs.com est très fière de cette première contribution, et impatiente de connaître la suite !
    Ian Manook suit de très près le déroulement du Cadavre exquis. Il est bluffé par la qualité d'écriture et l'inventivité des participants !

    Et vous, qu'attendez-vous de la suite de l'histoire ?

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